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Olivier Debeney

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Cybersécurité, une politique fiscale et d’investissements au service de la souveraineté

By Travaux des adhérents

Par Pascal Tierce, adhérent du CRSI  

Cybersécurité : l’urgence d’une stratégie d’investissement

La dangerosité de la cybermenace pour les organisations, qu’elles soient du secteur privé ou public, se révèle souvent très sous-évaluée. Traditionnellement, on estime qu’il y a trois façons de gérer un risque : l’accepter, le réduire (par des mesures appropriées), le transférer (via une assurance par exemple). En sécurité des systèmes d’informations et de protection des données, on a l’impression qu’il en existe une quatrième : l’ignorer, tant certaines entreprises, associations, administrations ou entités publiques apparaissent dans le déni des réalités.

La montée en puissance des cybermenaces contre aussi bien les administrations, les collectivités territoriales ou les hôpitaux que le secteur privé (industries, services) met en danger des milliers d’emplois (fermetures d’entreprises), fragilise le tissu industriel et des services, abîme une image réputationnelle, engendre une perte de compétitivité, désorganise des services publics avec un impact sur les citoyens à travers l’exposition des données personnelles… Le phénomène est d’autant plus prégnant que l’IA, sa puissance et sa rapidité d’adaptation fournissent une aide aux hackers qui n’ont plus besoin de compétences particulières et rares.

Il ne s’agit pas ici de dénoncer telle ou telle organisation que l’actualité récente (ou passée) a mise en lumière, mais de pointer la banalisation du phénomène. La presse se fait l’écho quasi quotidiennement d’attaques, réussies, contre des structures qui précisément ne devraient pas être attaquables (ou difficilement), d’autant qu’à maintes reprises, l’agresseur, quand il peut être identifié, se trouve être un jeune adulte, voire un mineur. On pourrait donc en déduire 3 hypothèses : soit les hackers sont des génies précoces, soit les défenses des entités ne sont pas (plus) au niveau de l’état de l’art, soit ces deux premières agissent comme un effet ciseaux. Il est à craindre que la seconde option soit d’abord celle sur laquelle il conviendrait de se pencher. Pour cela, deux politiques d’ampleur devraient être actionnées, sachant qu’elles sont destinées à s’inscrire dans le temps et à s’adapter à un contexte technologique en évolution rapide. La première a trait à une politique fiscale et d’investissements incitative ; la seconde à la mise en place d’une réelle politique de sécurité des systèmes d’information au sein des entités ; politique indépendante, non rattachée à une vague fonction perdue au milieu de l’organigramme d’une direction du numérique.

Il y a urgence bien que depuis des années les gestionnaires de capitaux et les assureurs tirent la sonnette d’alarme :

– BlackRock place à nouveau le risque cyber en troisième position (cf. Blackrock geopolitical risk dashboard de mars 2026 identifiant les 10 risques majeurs au niveau mondial). Dans le baromètre des risques Allianz 2025, le même risque est au 1er rang des préoccupations ;

– AXA dans son livre blanc cyber de 2025 rappelle que 1/ la menace est désormais mondiale (+30 % d’attaques entre 2023 et 2024 dans le monde), 2/ tous les secteurs d’activité sont exposés, l’attaque n’étant plus forcément frontale mais via la sous-traitance, 3/ les PME/PMI sont aussi ciblées que les grandes entreprises mais avec des impacts vitaux plus forts du fait de leur sous-dimensionnement en cybersécurité (hausse de 53 % des cyber-extorsions sur la même période 2023/2024). En 2025, 36 000 scans automatisés par seconde étaient lancés dans le monde par les cybercriminels pour repérer les failles éventuelles et les exploiter.

Dans son Future risk report 2025, l’assureur AXA relève que si 95% des experts estiment que la vulnérabilité du monde aux menaces de toutes sortes s’est fortement accrue ces dernières années, ils ne sont plus que 20% à considérer que les pouvoirs publics sont bien préparés à faire face à l’émergence des risques cyber.

La présente note propose de traiter de façon synthétique la nécessaire politique fiscale et d’investissements à mettre en place.

Promouvoir une telle politique consiste à aller au-delà des simples constats et dénonciations auxquels nous sommes habitués. Elle ne peut non plus se contenter de juste mettre une amende pour perte de données à ceux qui seraient attaqués, leur infligeant ainsi une double peine. Il faut un cadre d’ensemble où une politique volontariste proactive envoie des signaux économiques forts pour pousser les entreprises à investir durablement dans la cybersécurité plutôt que de réagir après une attaque. L’enjeu n’est rien moins que de sauvegarder notre économie, notre démocratie et notre souveraineté en assurant un cadre de développement sécurisé et de long terme. Pour cela, il est nécessaire que chacun puisse agir à son niveau en dégageant les moyens pour se défendre. Les solutions doivent se rechercher sur le terrain, non par la création d’une énième autorité étatique.

Crédits d’impôt

● Crédits d’impôt pour certaines dépenses en cybersécurité :

– Audits : le recours à des prestataires certifiés ANSSI est nécessaire, PASSI (prestataires d’audit de la sécurité des systèmes d’information) et PRIS (prestataires de réponse aux incidents)

– Solutions de protection (EDR, SIEM, chiffrement, sauvegardes)

– Formation des employés (souvent un point faible, notamment en matière de sensibilisation)

● Extension de dispositifs existants (comme le crédit d’impôt recherche) à la cyber, en particulier pour les PME/PMI

Amortissements accélérés des investissements liés à la cybersécurité

● Déductibilité accélérée des investissements en sécurité numérique et protection des données (logiciels de sécurité, infrastructures comme le cloud sécurisé, les serveurs durcis et ceux intégrant une consommation électrique moindre)

● Amortissement renforcé des équipements de protection (pare-feu, systèmes de détection …)

Il s’agit de réduire le coût réel à court terme pour l’entité tout en encourageant des investissements immédiats

Exonération et allégements d’impôts

● Réduction d’impôts pour les PME/PMI investissant dans des solutions et dispositifs certifiés

● Allégements fiscaux pour les entreprises respectant certains standards de sécurité (avec une condition d’engagement sur 3 ans) ou une certification ISO

Bonus/Malus de dotation annuelle pour les administrations, organismes publics et associations justifiant (ou non) l’atteinte d’un niveau de sécurité suffisant

L’ANSSI est en capacité de juger et décerner un satisfecit en la matière.

Incitations indirectes

● TVA réduite sur certains services de cybersécurité

● Avantages fiscaux pour les primes d’assurance (ou primes partiellement déductibles)

Soutien fiscal à la formation et aux talents

● Mise en place et organisation, conjointement entre le ministère de l’enseignement supérieur et l’ANSSI, d’une filière cyber (avec des partenariats public/privé) incluant primo-formation mais aussi des formations de remise à niveau des personnels. En effet, l’obsolescence professionnelle en matière cyber est particulièrement rapide et impose une remise à niveau régulière tant des cadres que des ingénieurs et techniciens

● Crédit d’impôt pour les formations en cybersécurité

● Exonérations pour l’embauche d’experts

Aides renforcées pour les PME/PMI/associations qui restent les plus vulnérables

● Aides et assistance à la certification (ex. : normes de sécurité)

● Label de confiance pour les entreprises ayant un bon niveau de sécurité

● Procédures simplifiées et guichet unique

Aides à l’adhésion à des plateformes sur les menaces et des centres d’assistance en cas d’incident au travers des CSIRT (Computer security incident response team)

Il en existe actuellement 14 répartis en régions et territoires ultramarins. Ils assurent une réponse de premier niveau à un incident d’origine cyber. Surtout, ils ont vocation à faire des missions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement dans la montée en maturité des acteurs locaux. En plus de ces CSIRT régionaux, certains secteurs sensibles ont déployé des CSIRT sectoriels (maritime, aviation, défense, santé)

Conditionnalité des aides publiques (subventions) et de l’accès aux marchés publics par l’exigence préalable d’une conformité à un standard de cybersécurité

Ce levier puissant est souvent sous-employé. Beaucoup d’entreprises (et associations) dépendent de la commande publique tant au niveau national que local. Si la loi, en particulier au travers du code des marchés publics, impose une conformité préalable, les sociétés/associations/organismes publics n’auront pas d’autre choix que d’obtempérer

Organiser la mesure et les contrôles

La mesure est indispensable car sans évaluation, pas d’incitations réellement efficaces dans le temps. Mais elle ne doit pas être tatillonne. Le référentiel destiné à évaluer le niveau de protection cyber doit donc être simple, facilement compréhensible, même par des non initiés, et sans lourdeur excessive en temps comme en coûts. L’objectif pourrait être l’obtention d’un label valable 3 ans qui, Directive NIS 2 oblige, se déclinerait en trois niveaux : entreprises essentielles, entreprises importantes, entreprises hors NIS 2 ; les entités relevant des deux premières ayant des contraintes d’objectifs naturellement plus fortes que celles de la troisième catégorie.

En complément de cette politique fiscale, il serait judicieux d’étudier la faisabilité de constituer un fonds souverain (français) destiné à investir dans des entreprises françaises, en particulier PME/PMI, afin à la fois :

1 – de leur apporter des capitaux (actions, obligations). En effet, trouver des investisseurs est parfois un parcours du combattant dès lors que l’entreprise n’intervient pas dans des secteurs d’activité “à la mode” (IA, quantique, puces électroniques,…). Le “crowdfunding” a ses limites car il ne peut concerner que les petites structures, surtout les start-up. La BPI, de son côté, ne peut tout faire. Quant aux organismes intervenant dans le “private equity”, l’objectif est avant tout de maximiser le gain sur du court terme (3/5 ans), le côté souverainiste n’est ici pas une variable de décision (ou d’investissement).

2 – de les accompagner dans les transmissions générationnelles.

3 – de les assister dans leurs développements, voire dans des opérations de fusions/acquisitions.

Un tel fonds souverain, qui d’ailleurs peut ne pas être limité au seul domaine de la cybersécurité mais étendu à l’ensemble de la BITD, est susceptible de mobiliser rapidement plusieurs milliards d’euros surtout s’il permet de bénéficier d’une réduction d’impôt, à condition de conserver les parts pendant une période (3 ans par exemple), et de dividendes annuels.

Les esprits chagrins objecteront que cela va coûter de l’argent et/ou réduire les rentrées fiscales. Certes, peut-être à court terme et sur des montants maîtrisés. Mais il faut voir à plus long terme.

La mise en place d’un écosystème (intégration de la problématique par les acteurs, assurance, formation, normes) capable d’organiser la défense de nos entreprises (et de nos administrations) ne peut avoir qu’un effet bénéfique sur le “business” et donc la productivité de l’impôt direct ou indirect.

Le coût de la cybercriminalité mondiale est estimé à 9 220 milliards de USD au titre de 2024 (source : livre blanc AXA). Ce chiffrage seul doit être de nature à engendrer une réelle prise de conscience des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise et des hauts fonctionnaires pour protéger nos industries, nos services, les emplois induits. Il en va de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays

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Le commerce extérieur de la France

By Economie

Par un membre du CRSI

Analyse du 1er trimestre 2026

Chiffres clés :

Au premier trimestre 2026, le commerce extérieur français enregistre une nouvelle dégradation de son solde commercial, après deux trimestres consécutifs d’amélioration. Le solde FAB/FAB s’établit à −14,1 milliards d’euros, soit une détérioration de 2,8 milliards d’euros par rapport au quatrième trimestre 2025. Cette dégradation résulte d’une hausse des importations (+1,8 %) non compensée par la quasi-stabilité des exportations (+0,1 %), qui atteignent néanmoins un nouveau record historique à 157,6 Md€, portées par des ventes d’armement exceptionnelles.

I/ Une dégradation du solde tirée par l’énergie et les matériels de transport

A) Le choc énergétique, principal facteur de dégradation

La moitié de la dégradation du solde commercial est imputable à la composante énergétique. Le solde de l’énergie se replie de 1,8 Md€ pour atteindre −9,9 Md€, sous l’effet conjugué de deux dynamiques :

– Hydrocarbures naturels : hausse des importations de +15,1 %, contribuant à une dégradation du solde de −1,2 Md€. Les prix ont connu une forte flambée en mars 2026 (+63 % pour le gaz naturel, +46 % pour le pétrole brut).

– Produits pétroliers raffinés : dégradation additionnelle de −0,5 Md€ liée à la hausse des importations.

– Électricité : quasi-stabilité du solde malgré une hausse simultanée des exportations et des importations.

Malgré cette dégradation, le solde énergétique reste moins déficitaire que lors de la période précédant la crise Covid (−11,1 Md€ en moyenne trimestrielle en 2019).

B) Le secteur des matériels de transport en repli marqué

Le solde des produits manufacturés se dégrade de 1,7 Md€ pour atteindre −10,2 Md€. La baisse est principalement portée par les matériels de transport (−2,2 Md€), sous l’effet combiné de trois secteurs :

– Aéronautique : −0,8 Md€, en raison d’une baisse des exportations d’avions vers les Émirats arabes unis, après des ventes exceptionnellement élevées au second semestre 2025.

– Automobile : −0,7 Md€, causée exclusivement par la hausse des importations (+3,5 %).

– Navires et bateaux : −0,7 Md€, les exportations s’effondrant (−80,1 %) en contrecoup de la vente d’un paquebot géant au trimestre précédent.

À l’inverse, le solde de la métallurgie progresse sensiblement (+0,9 Md€) grâce à des ventes dynamiques de métaux non ferreux vers l’Italie. Le solde agricole redevient légèrement déficitaire (−0,2 Md€) après deux trimestres excédentaires.

II/ Des dynamiques géographiques contrastées et un contexte international sous pression

A) Forte dégradation avec le Proche et Moyen-Orient et l’Amérique

La plus forte détérioration du solde concerne le Proche et Moyen-Orient (−2,7 Md€), qui reste néanmoins excédentaire de 1,7 Md€. Cette zone, qui avait atteint un excédent historique de 11,4 Md€ en 2025 grâce à l’aéronautique, pâtit du reflux des livraisons d’avions vers les Émirats arabes unis, les exportations aéronautiques vers cette zone passant de 3,4 Md€ au T4-2025 à 1,3 Md€ au T1-2026.

Avec l’Amérique, le solde se dégrade de 1,1 Md€, tiré par la hausse des importations d’énergie depuis les États-Unis. La part américaine dans les approvisionnements français de pétrole brut est ainsi passée d’un quart en 2025 à plus d’un tiers au T1-2026, et les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de pétrole raffiné de la France avec 18 % de parts de marché.

En revanche, le solde avec l’Union européenne continue de s’améliorer (+1,3 Md€), porté notamment par l’Italie et la Belgique, et se rapproche désormais de l’équilibre. C’est la seule grande zone géographique en amélioration ce trimestre.

B) L’effet des droits de douane américains se fait davantage sentir

Depuis l’instauration de droits de douane additionnels par les États-Unis à partir d’avril 2025, les exportations françaises vers ce marché résistent mieux que celles de ses partenaires européens. Sur la période janvier 2025–janvier 2026, elles sont restées stables, contre un recul de 5 % pour l’UE hors Irlande et de 9 % pour l’Allemagne. La France est moins exposée aux taxes sectorielles frappant l’automobile et l’acier.

Cependant, au T1-2026, les exportations françaises vers les États-Unis diminuent de 5 % en glissement annuel, la baisse s’accélérant hors aéronautique (−11 %). Les secteurs les plus touchés sont les boissons (−24 %), le cuir et la maroquinerie (−22 %), et les parfums et cosmétiques (−20 %), avec des baisses de prix significatives sur ces produits emblématiques.

L’accord UE–États-Unis du 27 juillet 2025 a plafonné les droits de douane à 15 % pour la majorité des produits européens, avec des exemptions pour l’aéronautique, les médicaments génériques et certains minéraux critiques. L’acier et l’aluminium restent toutefois taxés à 50 %.

C) Pertes de parts de marché et comparaison européenne défavorable

Après avoir regagné des parts de marché depuis le T2-2025, la France en perd à nouveau nettement au T1-2026 : les exportations en volume reculent de 5,6 % tandis que la demande mondiale adressée à la France progresse de 0,6 %. Le ratio solde commercial/PIB se détériore de 0,5 point, à contre-courant de l’Allemagne (+0,4 point) et de l’Italie (+0,2 point).

Les exportations françaises diminuent de 2,0 % en valeur selon le périmètre européen harmonisé Eurostat, quand elles augmentent en Espagne (+2,2 %), en Italie (+1,3 %) et en Allemagne (+0,6 %). Ce décrochage relatif traduit la dépendance de la France à quelques secteurs cycliques (aéronautique, armement) dont les flux trimestriels peuvent être très volatils.

CONCLUSION

La volatilité des grands contrats aéronautiques et navals continue de rendre difficile la lecture trimestrielle du solde commercial. La dépendance énergétique reste structurelle, même si le solde demeure moins dégradé qu’en 2019 Les exportations vers les États-Unis subissent une pression croissante, notamment sur les produits de luxe et agroalimentaires. L’amélioration du solde intra-UE constitue un signal positif durable depuis 2023.

 

Source : Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI), “Le chiffre du commerce extérieur – 1er trimestre 2026”, ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, et INSEE, Note de conjoncture, 2026.

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Rodéos urbains et rave-parties : le Sénat veut durcir la riposte

By Sécurité/Justice

Par un membre du CRSI

À l’issue de quatre mois de travaux comprenant vingt auditions et un déplacement dans le département de l’Essonne, la mission d’information transpartisane de la commission des lois du Sénat formule 28 propositions concrètes destinées à doter les pouvoirs publics des instruments nécessaires à une lutte efficace contre les rodéos motorisés illégaux et les rave-parties illégales. Ces deux phénomènes, bien que distincts dans leur nature, leur sociologie et leurs dynamiques propres, sont symptomatiques d’un délitement préoccupant du respect de l’autorité de l’État et de la réglementation.

L’approche des rapporteurs repose sur la mobilisation coordonnée de trois leviers complémentaires : la prévention, le renforcement des capacités opérationnelles des forces de l’ordre et une sévérité accrue dans la répression, tant à l’égard des organisateurs que des participants. Les propositions formulées ont vocation à nourrir directement les débats lors de l’examen au Sénat du projet de loi dit « RIPOST » (Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens).

I/ Les rodéos motorisés : un phénomène en expansion continue face à des outils juridiques et opérationnels insuffisants

A) Une expansion quantitative et géographique préoccupante, accompagnée de graves nuisances

Le rodéo motorisé désigne toute pratique consistant à réaliser des figures au moyen d’un véhicule en infraction avec les obligations de sécurité routière (roues arrière, drifts, dépassements de vitesse) que ce comportement soit le fait d’un individu isolé ou d’un rassemblement structuré de grande ampleur.

La mission d’information établit un constat chiffré sans appel : les faits de rodéos motorisés constatés ont plus que doublé entre 2019 et 2025, passant de 1 949 à 4 724, police et gendarmerie confondues. Le nombre d’interventions des forces de l’ordre a lui-même dépassé 38 500 en 2024, soit une intervention toutes les quinze minutes en moyenne. La progression de la gendarmerie nationale est particulièrement révélatrice de l’extension géographique du phénomène, ses interventions ayant augmenté de 247 % en six ans.

Ce qui était initialement circonscrit aux zones urbaines des grandes agglomérations s’est désormais diffusé dans les villes périphériques, les villes moyennes et jusque dans les zones rurales. Les riverains subissent au premier chef une grave insécurité routière et d’importantes nuisances sonores. La terminologie de « rodéos motorisés » recouvre en réalité des réalités très hétérogènes : « rodéos de quartier » à visée d’occupation territoriale, « runs » organisés dans des zones industrielles ou commerciales désaffectées, ou encore processions liées à des événements festifs et productions de contenus pour les réseaux sociaux. Les outils de sensibilisation mis en œuvre en amont n’ont qu’un effet marginal, et le déficit d’offre alternative légale, telle que le développement de circuits sécurisés, constitue un facteur aggravant résiduel, même si le caractère fondamentalement transgressif de ces pratiques en relativise la portée.

B) Des leviers d’action lacunaires et des propositions de réforme ambitieuses

La mission identifie d’importantes lacunes sur chacun des trois volets fondant l’action des pouvoirs publics. Sur le plan de la prévention et du repérage, les forces de l’ordre peinent à détecter les rodéos en amont du fait de leur caractère spontané et des stratégies de dissimulation déployées via des messageries instantanées cryptées. Même lorsqu’un rassemblement est identifié, la crainte d’un suraccident conduit trop souvent à ne pas intervenir sur l’instant, renvoyant la gestion de l’événement à une analyse différée des images de vidéoprotection, au caractère éminemment frustrant.

Sur le plan répressif, le régime issu de la loi du 3 août 2018, qui a délictualisé les rodéos motorisés, souffre de plusieurs failles structurelles. La caractérisation de l’infraction est rendue complexe par la multiplicité des critères requis. Si les saisies et confiscations de véhicules sont unanimement reconnues comme l’outil le plus dissuasif, cette possibilité demeure très largement sous-exploitée en raison du manque de lieux de gardiennage disponibles, du coût qui leur est associé et des manœuvres de contournement développées par des individus parfaitement au fait des failles législatives.

Pour y remédier, les rapporteurs formulent quinze propositions articulées autour de quatre axes. En matière de prévention et de repérage, ils préconisent la systématisation de modules de sensibilisation dans les enseignements conduisant aux attestations scolaires de sécurité routière, l’expérimentation d’infiltrations de « boucles » de messagerie cryptée par des officiers de police judiciaire, et le renforcement des obligations déclaratives pesant sur les vendeurs et loueurs d’engins motorisés. Ils recommandent également d’interdire le remisage de ces engins dans les parties communes des immeubles en copropriété. Afin de simplifier la caractérisation de l’infraction, ils proposent de supprimer la condition de mise en danger d’autrui : toute manœuvre acrobatique intentionnelle enfreignant les règles de sécurité routière devrait être délictuelle dès lors qu’elle est exécutée hors des lieux dûment autorisés. Pour faciliter les saisies, ils appellent à la généralisation de protocoles entre parquets et collectivités territoriales pour le gardiennage des engins confisqués, et à l’opposition systématique au transfert du certificat d’immatriculation pendant la procédure. Sur le plan répressif enfin, ils proposent de porter à trois ans la peine d’emprisonnement pour le délit commis en réunion afin d’étendre les moyens d’enquête disponibles, et d’ouvrir la possibilité d’une amende forfaitaire délictuelle y compris en état de récidive légale.

II/ les rave-parties illégales : des rassemblements sources de multiples nuisances face à un cadre juridique manifestement inadapté

A) Des rassemblements illégaux concentrant de graves nuisances et préjudices

Les rave-parties illégales se caractérisent par leur persistance et leur diffusion géographique, malgré une tendance à la baisse depuis la période Covid. Elles demeurent extrêmement présentes dans certains territoires de l’Ouest et du Sud de la France, Bretagne, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur. En 2025, le vivier total de participants est estimé à plus de 100 000 personnes. Ces rassemblements se tiennent très majoritairement en zones rurales et sur des terrains privés (pour 70 % d’entre eux), rassemblant un public jeune et socialement hétérogène.

Les nuisances et préjudices engendrés sont multiples et sévères. Pour les riverains, les nuisances sonores peuvent s’étirer sur plusieurs jours à des niveaux extrêmes, contraignant parfois des habitants à quitter temporairement leur domicile. Les préjudices économiques touchent en particulier les propriétaires de terrains agricoles utilisés sans leur consentement, avec des dégradations parfois irréparables de leurs outils de travail. Des atteintes environnementales graves sont régulièrement signalées, y compris sur des sites protégés. Enfin, des risques sanitaires importants pèsent sur les participants eux-mêmes, exposés à la consommation massive d’alcool et de substances psychoactives, ainsi qu’à des violences sexistes et sexuelles récurrentes.

Sur le plan juridique, les rassemblements de plus de 500 participants sont soumis à un régime de déclaration préalable auprès du préfet de département. Or, 90 % des rassemblements musicaux illégaux ne dépassent pas ce seuil et se tiennent donc sans obligation déclarative. Ce seuil apparaît manifestement trop élevé aux rapporteurs. De surcroît, l’obligation déclarative est quasi systématiquement ignorée par les organisateurs, de même que les arrêtés préfectoraux d’interdiction de rassemblement ou de transport de matériel sonore.

B) Un cadre juridique à rénover en urgence : diagnostic des angles morts et propositions de réforme

La mission d’information identifie plusieurs angles morts structurants. Les tentatives de médiation conduites dans le cadre du comité de pilotage « Jeunes et fêtes », créé en 2015, produisent des résultats inégaux, leur réussite supposant l’existence de forts liens de confiance interpersonnels au niveau local, aussi difficiles à établir qu’à maintenir dans le temps. La réponse opérationnelle des forces de sécurité intérieure est structurellement limitée : leur capacité à détecter les événements en amont est très faible, et elles ne peuvent que rarement mettre fin à un rassemblement en cours sous peine de générer des troubles à l’ordre public plus graves encore.

Les sanctions existantes sont notoirement insuffisantes. La police nationale n’a verbalisé que 25 organisateurs en 2025 pour manquement aux obligations déclaratives, contre 111 pour la gendarmerie nationale, soit un taux de verbalisation de seulement 40 % des 337 rassemblements recensés. Les simples participants ne font quant à eux l’objet d’aucune sanction spécifique liée à leur seule présence, alimentant un sentiment généralisé d’impunité particulièrement mal vécu par les riverains.

Face à ce constat, les rapporteurs formulent treize recommandations structurées autour de quatre axes. Pour prévenir la tenue des rassemblements illégaux, ils préconisent de renforcer le réseau des médiateurs « Jeunes et fêtes » en limitant la rotation des référents et en développant une plateforme numérique de déclaration simplifiée. Afin de permettre une détection et une entrave précoces, ils proposent d’abaisser de 500 à 250 personnes le seuil déclenchant l’obligation de déclaration préalable, de systématiser le recours préfectoral à des arrêtés généraux d’interdiction et de soumettre les loueurs de matériel sonore à une obligation de vigilance et de signalement des locations suspectes. En matière de sécurité des personnes et des biens, ils souhaitent consolider la formation des forces de l’ordre aux spécificités du maintien de l’ordre dans ce contexte, revoir les modalités d’indemnisation des associations agréées de sécurité civile et garantir l’accès effectif aux intervenants de la réduction des risques, dont plusieurs cas de verbalisation injustifiée ont été signalés malgré la protection pénale dont ils bénéficient en application de l’article 122-4 du code pénal.

Sur le plan répressif, la réforme centrale proposée consiste à délictualiser l’organisation d’un rassemblement musical illégal de plus de 250 personnes sans déclaration préalable, assortie de peines complémentaires : confiscation obligatoire du matériel sonore, suspension du permis de conduire et interdiction d’organiser tout rassemblement musical. Pour les participants, une contraventionnalisation par une contravention de cinquième classe est préférée à la création d’un délit, jugée plus proportionnée et plus aisée à mettre en œuvre sur le terrain. Les rapporteurs proposent également d’autoriser le juge à ordonner, sous astreinte, la remise en état des sites dégradés, et d’inviter l’État à se porter systématiquement partie civile en cas de poursuites judiciaires afin d’obtenir réparation des coûts d’intervention des forces de l’ordre.

CONCLUSION

Le rapport d’information de la commission des lois du Sénat dresse un bilan lucide et documenté de l’insuffisance des dispositifs existants face à deux phénomènes qui portent gravement atteinte à l’ordre public, à la sécurité routière, à la tranquillité des riverains et à l’autorité de l’État. Les 28 propositions formulées constituent un ensemble cohérent et gradué, articulant prévention, renforcement opérationnel et sévérité répressive accrue. Leur traduction législative est envisagée dès mai 2026 dans le cadre de l’examen du projet de loi « RIPOST » au Sénat, qui constitue le véhicule législatif identifié par les rapporteurs pour donner à ces réformes une portée normative rapide et effective.

Source : Commission des lois, Sénat – Rapport d’information n° 583 (2025-2026), déposé le 29 avril 2026 – Rodéos motorisés et rave parties illégales : 28 propositions pour mieux les prévenir, les détecter et les réprimer

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Le réarmement européen finance notre dépendance

By Défense, Travaux des adhérents

– Par Louis Domergue, adhérent du CRSI et consultant en aéronautique et défense

La France doit faire le choix de l’endurance industrielle

Nous réarmons dans l’urgence. Les drones vrombissent et les missiles sifflent à nos portes. L’UE mobilise des centaines de milliards d’euros, près de 400 en 2025.

Avec l’inflation des budgets de défense et la fragilité de notre base industrielle européenne, la tentation est grande d’acheter sur étagère. En effet depuis 2020 les exportations d’armements des Etats-Unis vers l’Europe ont bondi de plus de 200% selon le SIPRI, institut de référence sur les transferts d’armes. Treize pays européens ont commandé le F-35. Certains de nos voisins dépendent à 95% de matériel américain. Chaque milliard qui traverse l’Atlantique est un milliard qui échappe à notre industrie ; c’est un vote stratégique. Moins nous finançons nos usines moins elles sont capables de s’adapter à la guerre du XXIe siècle. Et les prochains achats iront s’ajouter aux précédents.

Le réarmement n’est donc pas, en soi, le moyen de réduire notre dépendance. Il l’accélère.

Et les remèdes aggravent le problème. L’Europe s’est dotée de mécanismes de financement pour son industrie de défense, mais autorise jusqu’à 35% de composants étrangers. Or dès qu’un simple capteur américain entre dans un système d’arme il faut demander un accord, que ce soit pour l’utiliser ou l’exporter. L’argent est européen et le veto à Washington. Cette règle s’applique depuis des années, comme pour notre missile Meteor, dont la modification pour se libérer des composants américains prendrait dix ans et coûterait 900 millions d’euros selon un rapport du Sénat. C’est hors de portée. Nous avons une trappe déguisée en garde-fou : l’Europe finance sa dépendance pour des décennies.

Le problème n’est donc pas budgétaire. Une partie de la classe politique pense toujours la défense européenne comme une réunion de portefeuilles pour pouvoir dépenser plus. Or le SCAF, plus grand programme de coopération industrielle du continent, est en sursis. Non par manque de moyens, mais parce que deux pays n’ont ni la même doctrine, ni les mêmes besoins opérationnels, ni les mêmes intérêts industriels.

Durant les dividendes de la paix, les militaires et les industriels se sont battus pour préserver au mieux les capacités souveraines mises en place il y a 70 ans. L’excellence technologique d’une armée d’échantillons ne suffit plus. Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la capacité à faire fonctionner ensemble des drones à quelques centaines d’euros avec des satellites, des capteurs et du renseignement qui les rendent utiles. C’est la capacité à utiliser l’ensemble du spectre technologique et, surtout, à raccourcir la boucle entre le terrain et l’usine.

Pour cela il faut justement des usines. Aujourd’hui l’Occident redécouvre les vertus du stock et de l’autonomie. Et se rend compte des nombreuses lacunes laissées par les illusions de la mondialisation et des dépendances engendrées par l’exode de son industrie. La France a fermé ses usines de poudres et de munitions pour mutualiser avec ses partenaires européens. Le résultat n’est pas au rendez-vous. Nous reconstruisons à Bergerac, dans l’urgence, une fraction de ces capacités et redécouvrons, vingt ans plus tard, ce que nous avions décidé d’abandonner. Une forme de vision stratégique. Derrière des choix rationnels, la responsabilité est collective.

Quatre ans après le discours sur l’économie de guerre nous sortons progressivement d’hibernation. Les grands programmes d’armement se sont étalés dans le temps pour tenir face aux baisses des budgets post guerre froide. Aujourd’hui l’industrie se prépare au mieux à accélérer mais cela ne sera possible qu’avec des engagements clairs et durables. Sans cela une PME ne peut ni investir ni recruter. Attendre 18 mois entre une annonce et une commande n’est plus une option.

Après la dissuasion nucléaire et la dissuasion conventionnelle, une industrie de défense capable de s’adapter rapidement, avec des volumes importants, et de tenir dans la durée sera le troisième volet dissuasif. La dissuasion par la masse et la profondeur.

La France est aujourd’hui le seul grand pays européen à pouvoir employer ses armes sans demander la permission, avec une dépendance limitée aux équipements américains. La prise de conscience est faite et la direction apparaît : des commandes de munitions, une usine de drones, la reconversion de moyens civils. Nous en sommes au tout début.

L’endurance ne se décrète pas à Bruxelles. Elle se prépare ici, au niveau national. Il y a des vocations à susciter : la défense ne recrute pas assez d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs. Les commandes doivent porter sur plusieurs années pour donner de la visibilité aux industriels et leur permettre d’investir. Et aucune industrie ne peut fonctionner sans énergie compétitive, dont le nucléaire est aujourd’hui le pilier. Être endurant demande aussi d’être lucide sur nos capacités et de faire des choix. Le premier à s’imposer est politique : réindustrialiser la France.

Les conflits qui nous menacent vont tester notre aptitude à former, produire et remplacer dans la durée. Le temps redevient le facteur stratégique, il n’y a pas le luxe d’attendre. Les coopérations sont utiles si elles permettent de produire de meilleurs équipements, plus vite et moins chers. Décider seul pour ce qui est vital, coopérer avec ceux qui sont capables d’agir pour massifier. L’échelle européenne peut servir pour standardiser, financer ou réaliser des achats groupés. Nations, coalitions, Europe. Dans cet ordre.

L’innovation impressionne, la masse dissuade. Sans industrie, réarmer la France et l’Europe revient à acheter leur dépendance et leur incapacité à tenir.

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LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ : « Des centaines de milliers d’euros d’amende pour les organisateurs de Rave Party »

By Ils en parlent !

Rave party « la faiblesse de l’État »

Pour Thibault de Montbrial, président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure, le constat est sans appel : la rave party de Bourges illustre un double échec de l’État, juridique et technique. Faute de texte réellement dissuasif et d’une capacité concrète à empêcher ces événements, les organisateurs agissent en toute impunité. Résultat ? Des milliers de participants convergent sur un terrain militaire, mobilisant d’énormes moyens humains et matériels, pendant que les pays voisins, eux, sanctionnent bien plus sévèrement. Face à cette faillite du maintien de l’ordre, il appelle à une réponse dissuasive digne de ce nom.

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L’incompréhension des cavaliers législatifs

By Travaux des adhérents

Par Chantal Jaquet, adhérente du CRSI

Un « cavalier législatif » est une disposition introduite dans un texte de loi alors qu’elle n’a pas de lien suffisant avec l’objet principal de ce texte.

Elle peut alors être censurée par le Conseil constitutionnel, non pas parce que son contenu est forcément contraire à la Constitution sur le fond, mais parce qu’elle n’a juridiquement rien à faire dans cette loi-là.

Pour une grande partie des citoyens, ce mécanisme est devenu totalement incompréhensible.

Comment expliquer qu’un Parlement vote des dispositions qui seront ensuite supprimées par le Conseil constitutionnel parce qu’elles n’auraient jamais dû être introduites dans le texte ?

Cette incompréhension devient encore plus forte lorsque les dispositions censurées constituaient le cœur politique ou médiatique du projet de loi. Dans ce cas, beaucoup de citoyens ont le sentiment que le texte lui-même a été rejeté ou vidé de sa substance.

Ce fut notamment le cas :

  • de certaines dispositions de la loi immigration ;
  • ou encore de la suppression des ZFE, finalement censurée comme cavalier législatif.

La vraie question devient alors :

Pourquoi introduire dans un texte de loi des dispositions dont le risque de censure paraît parfois prévisible dès le départ ?

Il est inadmissible que des députés, et plus encore les présidents d’assemblée chargés du bon déroulement des débats parlementaires,  puissent laisser voter des textes comportant des cavaliers législatifs sans qu’un véritable contrôle préalable par des spécialistes du droit constitutionnel ait été effectué.

Le Parlement ne devrait pas produire des textes juridiquement fragiles sur des points aussi importants.

Cette situation donne parfois le sentiment que certains responsables politiques peuvent afficher devant leur électorat des mesures qu’ils savent pourtant susceptibles d’être censurées ensuite par le Conseil constitutionnel.

L’épisode de la loi immigration a fortement renforcé ce malaise dans l’opinion publique.
Le Président de la République a lui-même rapidement saisi le Conseil constitutionnel après le vote du texte, et plusieurs dispositions majeures ont ensuite été censurées.

Cette succession d’événements peut donner à certains citoyens le sentiment d’un fonctionnement devenu profondément opaque :

  • des mesures sont introduites ;
  • elles sont votées ;
  • puis elles sont censurées comme prévisible ;
  • et la responsabilité politique finale devient illisible.

Il ne s’agit pas d’accuser sans preuve le Conseil constitutionnel de partialité.
Mais il est légitime de s’interroger sur un système dans lequel des dispositions manifestement fragiles peuvent être introduites, votées puis censurées presque comme si cette issue était déjà anticipée.

Une démocratie moderne ne peut durablement fonctionner avec des mécanismes aussi peu compréhensibles pour les citoyens.

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Paradoxes du Sénat sur des sujets brûlants

By Travaux des adhérents

Par Raphael Piastra, Maitre de Conférences en droit public

Sénat : sécurité publique et immigration, un débat sur le renforcement de la rétention

Lorsque l’on relit les travaux d’élaboration de la Constitution de 1958 ainsi que les Mémoires du général de Gaulle, on remarque que la présence d’une seconde chambre n’allait pas d’elle-même. Bien des pays occidentaux ont un Parlement monocaméral : Portugal, Hongrie, Islande, Suède, Slovénie, Nouvelle-Zélande par exemple. Si, finalement, une seconde chambre a été adoptée en 1958, c’est essentiellement sous l’influence de M. Debré et des anciens ministres de la IVe. Le général a toujours exprimé un certain scepticisme. Et son opposition avec l’incontournable président Monnerville, tout du long de ses mandats, n’y fut pas pour rien. De Gaulle parlait d’ailleurs du Sénat comme d’un «repaire de vieux kroumirs racornis». À l’époque la moyenne d’âge y était il est vrai assez élevée (plus de 75 ans).

Le référendum de 1969, outre une question sur la régionalisation, en contenait une autre sur la fusion de l’inutile Conseil économique et social et du Sénat au rôle ambigu. Malheureusement ce référendum a échoué et occasionné le départ du général.

Depuis le début de la Ve, on a l’habitude de dire que le Sénat est une chambre de réflexion, de modération. C’est sans doute vrai. C’est aussi ce que le regretté doyen Vedel appelait l’« Assemblée du seigle et de la châtaigne » en rapport avec le rôle que lui donne l’art. 24 C : « Il assure la représentation des collectivités territoriales de la République ». Un député de zone rurale le fait aussi.

Mais le principal défaut du Sénat c’est qu’il n’est pas le lieu d’expression d’une véritable démocratie. Une raison assez simple l’explique. Depuis quelque soixante-sept ans de Ve, cette enceinte conservatrice n’a connu qu’une seule période d’alternance : 1er octobre 2011 – 30 septembre 2014, soit 2 ans, 11 mois et 29 jours. Le socialiste JP Bel était à sa tête. En 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre, voyait dans le Sénat une « anomalie parmi les démocraties ». Et de poursuivre « une Chambre avec autant de pouvoirs, qui n’est pas élue au suffrage universel direct et où l’alternance n’est jamais possible (ndlr : elle le fut par la suite) ».

Il faut à présent montrer que sur un domaine fondamental, la sécurité publique, le Sénat n’est plus aussi protecteur qu’il le fut. Et c’est d’autant plus dangereux face à une Assemblée, où siègent un grand nombre de factieux, et qui, depuis quelques années, se montre trop laxiste.

Après l’Assemblée, le Sénat approuve l’allongement de la durée de rétention des étrangers jugés dangereux.

C’est un vote qu’il faut ici saluer. La proposition de loi allonge jusqu’à sept mois (210 jours) la durée maximale de la rétention administrative d’étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire et qui représenteraient une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public.

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a donc à son tour approuvé un texte sur l’allongement de la rétention administrative d’étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux, mesure sensible soutenue par le gouvernement au nom de la sécurité et de la lutte antiterroriste.

Le périmètre de ce futur régime dérogatoire a dû être retravaillé. En effet, un projet précédent avait subi l’an dernier une censure du Conseil constitutionnel l’an dernier. Il s’agissait de la loi du 11 août 2025 visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article au nom de la liberté individuelle protégée par l’article 66 de la Constitution. Il a censuré, sur le même fondement, une autre disposition qui étendait, pour ces nouvelles catégories d’étrangers, l’effet suspensif automatique de l’appel formé par le ministère public ou l’administration contre une décision du juge mettant fin à la rétention. JE Schoettl a démontré à plusieurs reprises que, par de telles décisions, les 9 Sages (mais aussi d’autres juges) mettaient en péril la démocratie même (La démocratie au péril des prétoires, Gallimard, 2022). Il existe désormais un lien incontestable entre immigration et délinquance. En France, les étrangers représentent 8,8 % de la population totale, mais ils sont surreprésentés dans la délinquance et comptent pour 17 % des personnes mises en cause et 24 % de la population carcérale. Et les chiffres augmentent si l’on rajoute les délits spécifiques (narcotrafic par ex). Depuis quelques années, on doit déplorer qu’existe aussi un lien entre certaines décisions du Conseil constitutionnel et l’augmentation des délits voire des crimes. Il est évident que lorsqu’il privilégie les droits et libertés des délinquants sur la protection de l’ordre public, le Conseil ouvre une porte à la multiplication d’actes délictuels. C’est paradoxal, mais c’est ainsi. Mais c’est surtout grave et dangereux pour l’État de droit.

Le texte adopté dernièrement a fait néanmoins l’objet d’un désaccord entre députés et sénateurs. Les premiers, en accord avec le gouvernement, plaident pour cibler les étrangers condamnés pour des « faits d’atteinte aux personnes » punis d’au moins trois ans d’emprisonnement. À des fins de « proportionnalité », le Sénat a lui opté pour ne cibler que les crimes et certains délits punis d’au moins cinq ans de prison. Le Sénat est ici plus en phase avec la réalité des faits.

Actuellement, la durée maximale de rétention est de 90 jours, ou 180 jours pour les étrangers condamnés pour terrorisme, déjà concernés par un régime dérogatoire qui sera lui aussi étendu à 210 jours. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu la « nécessité » de ce texte, invoquant les 34 attaques terroristes perpétrées depuis 2017, un chiffre « dont nous avons le devoir de tirer humblement les leçons ». L’adverbe est de trop selon nous. Il faut tirer les leçons d’un passé où les autorités publiques n’ont pas toujours été à la hauteur des dangers. Parmi elles, citons la justice dont le laxisme est toujours prégnant dans certains dossiers. En revanche il faut saluer le travail des forces de l’ordre et notamment les services de renseignement qui sont, silencieusement, à la manœuvre avec constance et efficacité.

Le Sénat a également encadré le cas d’étrangers placés en rétention à répétition, fixant un plafond total à 360 jours cumulés, 540 jours dans le régime dérogatoire. Ce qui va dans le bon sens.

Le texte comporte aussi d’autres mesures destinées à renforcer l’arsenal antiterroriste, notamment la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » pour les individus radicalisés présentant des troubles de comportement, autre dispositif décrié. Il faut ici donner une précision. Ce n’est pas parce que l’on est radicalisé que l’on a un problème psychiatrique. Loin de là. La radicalisation se définit comme un processus d’adhésion volontaire et inconditionnelle à une croyance extrême. La plupart du temps c’est en pleine lucidité. La radicalisation est un processus multifactoriel, dans lequel doivent être pris en compte trois principaux paramètres :

– l’individu (dimension individuelle) : vulnérabilité, délinquance, manque de repères, traumatisme, admiration pour la cause, …
– les relations / l’entourage (dimension groupale) : groupe, fratrie, réseau, proximité d’un « leader »…
– l’intégration (dimension sociale) : au travail, à la société, au monde.

La littérature sur le sujet démontre qu’il n’existe pas de profil-type de l’individu radicalisé. Le trait commun c’est tout de même la volonté de commettre un attentat contre les mécréants au nom d’Allah et de mourir en martyr. On peut dire cependant qu’il faut avoir un psychisme particulier pour agir ainsi.

Le texte a suscité un débat sur les centres de rétention administrative (CRA), où les étrangers en situation irrégulière peuvent être enfermés en vue d’une expulsion s’il existe un risque qu’ils s’y soustraient. Ce thème avait émergé, tout le monde s’en rappelle, après le meurtre en 2024 de l’étudiante Philippine par un OQTF. Le suspect, marocain, sous obligation de quitter le territoire français venait de sortir de rétention. Des chiffres vont résumer une situation de plus en plus problématique. En 2021, la France comptait 25 CRA (dont 4 en Outre-mer). Chaque centre de rétention ne peut excéder 140 places. Le nombre de places en CRA et en métropole s’élevait à 1 762 (1 814 places en 2019 selon la Cour des comptes). Près de 16.500 étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative (CRA) dans l’Hexagone en 2025, mais plus de six sur dix ont été libérés à l’issue sans être expulsés, révèle un rapport publié récemment. Dans les Outre-mer, le nombre de personnes enfermées est de 27.568. Les estimations portent à 300 000 ou 400 000 le nombre de personnes qui seraient en situation irrégulière en France en 2021 (source : Pew Research Center, repris par la Cimade).

L’ensemble du texte est vivement dénoncé par la gauche, et notamment l’extrême-gauche, qui crie à une « surenchère sécuritaire ». L’intérêt même de la rétention administrative a été questionné, après la publication d’un rapport d’associations établissant une tendance à l’allongement de l’enfermement des étrangers, doublé en cinq ans, sans que cela ne se traduise par davantage d’expulsions. Un rappel s’impose. Un étranger peut faire l’objet de différentes mesures administratives d’éloignement. Ces mesures sont prises en cas de séjour irrégulier, menace à l’ordre public, condamnation, etc. Le juge peut aussi décider une interdiction du territoire français. Dans l’attente de son éloignement, l’étranger peut être placé en centre de rétention administrative (CRA) ou être assigné à résidence. Cinq mesures d’ « éloignement » existent : obligation de quitter la France (OQTF), expulsion, interdiction administrative de retour en France, interdiction judiciaire du territoire français, reconduite vers un autre pays européen. Pour appliquer une mesure d’éloignement d’un étranger sans passeport vers son pays d’origine, les préfectures ont besoin du feu vert de l’ambassade concernée. Ce feu vert est appelé « laissez-passer consulaire ». Et son obtention passe par la mise en relation du sans-papiers avec les autorités du pays qu’il cherche à fuir. On sait les problèmes qu’il y a avec l’Algérie.

Même si les conditions de rétention sont parfois mauvaises dans certains CRA, il faut savoir que ce système demeure de loin l’instrument le plus efficace. Avec Hervé Reynaud, rapporteur LR du texte, il faut accepter que « si l’on souhaite éloigner les étrangers qui menacent la sécurité de nos concitoyens, il faut accepter un certain degré de contraintes ». Cela nécessite aussi de rénover certains CRA et surtout d’en construire de nouveaux. Et là l’État calamiteux de nos finances pose un grave problème.

Les sénateurs ont rejeté un amendement visant à rendre automatique l’expulsion d’étrangers condamnés notamment pour rodéo urbain aggravé par l’alcool ou les stupéfiants, ainsi que pour violation de domicile.

Un vote qui intervient alors que les parlementaires ont renforcé plusieurs sanctions dans le cadre du projet de loi Ripost. Ce dernier présenté par Laurent Nuñez est l’acronyme de : Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens.

Très étonnamment le Sénat a rejeté un amendement visant à rendre automatique l’expulsion de certains étrangers condamnés. Le dispositif concernait notamment les auteurs de rodéos urbains aggravés par la consommation d’alcool ou de stupéfiants ainsi que les personnes condamnées pour violation de domicile. Il ne se passe pas un jour, sans que ce genre de comportements défraye la chronique. Ils augmentent constamment. Les forces de l’ordre sont au premier rang. En 2024, les rodéos urbains ont donné lieu à 3480 interpellations, 1304 gardes à vue et à la saisie de près de 2500 véhicules. Mais pour combien de condamnations et de peines de prison réellement effectuées ? A peine la moitié. Ce genre de délit commis par un étranger devrait lui valoir une expulsion immédiate. D’autant que l’immense majorité des auteurs de rodéos sont déjà connus des services judiciaires.

Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la justice, a dénoncé sur X une décision « On se demande comment il est encore possible que ce genre de mesure soit refusé par vos sénateurs. C’est indigne ».

Il faut savoir que le vote portait sur un mécanisme précis : l’automaticité de l’interdiction du territoire français (ITF), une peine complémentaire déjà prévue par le droit français dans certains cas et prononcée par les juges. L’amendement examiné visait à étendre cette automaticité à certaines nouvelles infractions. Dont ces rodéos qui, au surplus, gênent les riverains et peuvent engendrer des blessures voire des morts.

Dans le même temps, par compensation, les sénateurs ont choisi de durcir l’arsenal contre les rodéos urbains. L’article 3 du projet de loi a ainsi été adopté avec plusieurs mesures renforçant les sanctions existantes. Depuis 2018, rappelons que les rodéos urbains sont punis d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, peines pouvant atteindre cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende en cas de circonstances aggravantes, notamment lorsque l’auteur a consommé de l’alcool ou des stupéfiants. Là encore quelles condamnations effectives prononcées par la justice et quelle exécution ? Le projet de loi prévoit désormais une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros. Les préfets pourront également prononcer une interdiction de conduire un véhicule terrestre à moteur lorsqu’un auteur des faits ne possède pas le permis. Sur les rodéos les policiers sont souvent démunis notamment car les consignes varient souvent d’un préfet à l’autre. Comme ils le soulignent, il est souvent très difficile de retrouver la trace des organisateurs….

Même les pompiers sont pris à partie. En mai 2025 rappelons qu’un sapeur-pompier évianais de 38 ans, intervenant pour faire cesser un rodéo urbain devant la caserne municipale, s’était fait renverser par un fou du volant de 19 ans, avant que le chauffard alcoolisé, qui conduisait sans permis, ne souille la victime de toute sa haine, en lui crachant dessus, alors qu’elle gisait au sol, gravement blessée. Le pronostic vital du pompier blessé, un temps engagé, ne l’est plus depuis lundi matin, mais son état reste très grave. Le suspect, lui, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Espérons que la justice soit implacable.

Pour finir, on peut adopter le projet de loi Ripost et il le faut. On devrait pouvoir y intégrer les mesures les plus dures possibles. On le fera peut-être sauf si les parlementaires gauchistes droit-de-l’hommistes décident que non. Préférant un texte au rabais. Imaginons un instant que le texte répressif soit tout de même adopté. Il ira, à coup sûr, devant le Conseil constitutionnel. Et là ce sera la bouteille à l’encre….. La grande majorité de cette noble assemblée possède des connaissances constitutionnelles limitées (son président en tête) et est assez largement laxiste. Mais rêvons un peu, le texte est validé. Qui aura la charge de l’appliquer ? La justice ! Et là il y a quand même de grandes « chances » que certains juges pénaux continuent à faire jouer la doctrine Badinter c’est-à-dire compréhension et prévention. Et cela nourrira le sentiment des 49 % de Français qui n’ont pas confiance en la justice. La jugeant même pas assez sévère (pour éviter le mot laxiste !) pour 68% (« La justice en France en 2024. Perception, connaissances et expériences judiciaires », enquête réalisée par le service de la Statistique, des études et de la recherche du ministère de la Justice, auprès de 25 000 personnes, en France métropolitaine et dans les DROM (hors Mayotte), publiée le 30 octobre 2025).

MM les législateurs attention ! Rappelez- vous de ce que disait P. Mazeaud alors président du Conseil constitutionnel. Prémunissez-vous de « la loi qui hésite, tâtonne, bafouille »….

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Jeunes CRSI : troisième édition du café de la sécurité intérieure

By Nos événements, Dernièrement

Troisième édition du café de la sécurité intérieure

Encore une belle soirée pour les jeunes CRSI !

La troisième édition de leur café de la sécurité intérieure a eu l’honneur d’accueillir Monsieur le Préfet Christian Prouteau, ancien officier de la Gendarmerie nationale, fondateur du GIGN et du GSPR.

Les échanges ont permis d’aborder des thématiques telles que la gestion de crise, les perspectives d’engagement dans la sécurité nationale, le leadership et la protection rapprochée du président de la République, etc.

Un grand merci à Léa De Azevedo, Jeanne Frebault et l’ensemble du bureau des jeunes CRSI pour cette belle organisation !

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LA DEPÊCHE : « Les délinquants le savent, l’État est réticent à employer sa force légitime »

By Ils en parlent !

« L’État hésite, les délinquants en profitent »

Pour Thibault de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, le diagnostic est sévère : depuis plusieurs décennies, la France souffre d’une réticence chronique à employer la force légitime. Résultat ? Les délinquants ciblent en priorité les plus vulnérables, sachant que l’État ne frappera pas. Face à une société fragmentée, fractures urbaines, sociales, identitaires, il appelle à un sursaut, et prédit que la sécurité sera le thème central de la prochaine présidentielle.

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Conférence à Toulouse

By Dernièrement

 

Plus de 150 participants était présents hier à Toulouse

Mercredi 20 mai, Thibault de Montbrial était à Toulouse pour une conférence organisée par le CRSI 31, sous l’impulsion de son référent départemental Quentin Duros. Avocat et président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure, Thibault de Montbrial est l’une des voix les plus écoutées en France sur les questions de sécurité et de souveraineté nationale.

C’est Quentin Duros qui a ouvert la soirée, en replaçant dans son contexte l’importance de ces débats pour le département et pour le pays tout entier. Une introduction qui a posé le cadre d’une réflexion nécessaire, dans un contexte où les menaces pesant sur la sécurité intérieure et la souveraineté de la France n’ont jamais semblé aussi prégnantes.

Thibault de Montbrial a ensuite pris la parole pour livrer une analyse des défis auxquels la France doit faire face : souveraineté de l’État, capacité des forces de l’ordre à assurer leur mission, et exigence d’une réponse politique à la hauteur des enjeux.

La conférence s’est conclue par un temps d’échanges particulièrement animé, au cours duquel le public a pu poser ses questions et approfondir les thèmes abordés. Une soirée riche, qui témoigne de l’engagement du CRSI 31 à porter ces sujets essentiels au cœur du débat local.