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Olivier Debeney

croix de lorraine

A propos du discours de Bayeux de 1946

By Institutions

Par Raphael Piastra, maitre de Conférences en droit public des Universités.

On parle plus souvent de l’Appel du 18 juin que de ce discours pourtant essentiel dans la geste gaullienne (R.Piastra, Un appel salvateur et fondateur, Nouvelle Revue Politique, 20/6/2026).

A la vérité on pourrait presque dire qu’il y a deux discours. En effet lorsque de Gaulle revient en France le 14 Juin 1944, il débarque à Bayeux. Il s’avère que cette charmante ville du Calvados fut parmi les premières à être libérées. On dit aussi que le général apprécie beaucoup une célèbre tapisserie. L’accueil très enthousiaste de la population (qui vient de tout le département)  fait au général, confirma d’abord la légitimité de son combat. Ensuite, et même surtout, toujours dans un esprit de résistance, il dissuada les États-Unis de placer la France sous leur administration. En effet avec des formules bien à lui,  il souhaite  déjouer les intentions américaines de mettre en place leur propre administration de la France sous la forme du gouvernement militaire allié des territoires occupés (AMGOT), dont une branche avait été préparée spécifiquement pour diriger la France. On peut dire que les américains n’ont jamais vraiment cru en de Gaulle (lequel leur en tint toujours une certaine rancune). Le président Roosevelt, très réticent, finit par admettre la légitimité du GPRF le 23 octobre 1944 seulement. Cela explique une certaine distance que le général tint toujours à mettre avec les Etats-Unis. Même sa reconnaissance quant au débarquement fut le plus souvent nuancée. Rappelons que le 21 février 1966 il renvoie chez elles les troupes américaines. En d’autres termes par cette décision historique l’homme du 18 juin fait le choix  de soustraire la France au commandement intégré de l’OTAN et renvoyer chez elles les troupes étrangères, essentiellement américaines, basées sur le territoire national. Par la suite, chacun à sa façon,  Chirac, Hollande et Sarkozy remettront en cause (et à tort) cette décision pourtant capitale pour l’indépendance de la France (Daniel Pierrejean, De Gaulle face aux Américains, Sutton, 2017 ; Vincent Jauvert, L’Amérique contre de Gaulle. Histoire secrète (1961-1969), Seuil, 2000). 

On le sait peu mais l’AMGOT français avait même commencé à mettre en circulation une monnaie basée sur le dollar dans les territoires libérés d’Europe (Stéphane Simonnet, Claire Levasseur (cartogr.) et Guillaume Balavoine (cartogr.) (préf. Olivier Wieviorka), Atlas de la libération de la France : 6 juin 1944- 8 mai 1945 : des débarquements aux villes libérées, Paris, éd. Autrement, coll. « Atlas-Mémoire », 2004). Dans son discours prononcé sur la place principale de la ville, de Gaulle promet de « continuer la guerre jusqu’à ce que chaque pouce de terre soit rétablie ». Avant de quitter Bayeux et de réembarquer pour l’Angleterre, il fait comme une visite de la ville au contact de la population. Ce sera désormais un rituel. Egalement il laisse des instructions claires et non négociables à François Coulet (commissaire de la République pour la Normandie, chargé d’incarner l’autorité du GPRF) et Maurice de Chevigné (commandant militaire des régions françaises libérées) afin que  la libération de la Normandie s’accompagne d’un rétablissement de la souveraineté française et de la légalité républicaine. C’est parce qu’ils constatent (à leur grand étonnement) qu’une administration française est prête à fonctionner sous l’autorité du général de Gaulle et du GPRF, que les Américains n’appliqueront finalement pas en France les projets de l’AMGOT.

On le sait de Gaulle a exercé le pouvoir à la tête du GPRF d’août 1944 à janvier 1946. Un très grand nombre de réformes ont été mises en place (économiques, sociales, administratives). Le GPRF a assuré, dans une certaine concorde nationale, le redressement de la France. Mais il fallut aussi donner une constitution à la France. Et c’est là que le bat va blesser. La transition constitutionnelle va être difficile (Emmanuel Cartier (préf. Michel Verpeaux), La transition constitutionnelle en France (1940-1945) : la reconstruction révolutionnaire d’un ordre juridique « républicain », LGDJ, coll. « Bibliothèque constitutionnelle et de science politique » (no 126), 2005). Lassé par des négociations interminables et stériles avec « les partis », le général décide de quitter le Gouvernement en janvier 1946. C’est le 27 Octobre 1946 qu’est adoptée la Constitution qui fonde la IVè République. S’il n’est pas devenu un opposant, le général a pris du recul dans sa demeure de Colombey-les-deux-Eglises. Il écrit ses Mémoires et réfléchit (avec certains experts)  à des institutions nouvelles. Il est persuadé que cette « République des partis » ne tiendra pas. 

C’est à l’invitation du docteur Jeanne, maire de Bayeux, qu’il revient  donc dans cette ville qui lui est chère en cet hiver 1946. Resituons le contexte. Au moment de ce discours, la France n’a toujours pas de Constitution, les Français ayant repoussé un premier projet combattu par de Gaulle (mai 1946). Ainsi, ce dernier espère encore infléchir les discussions en vue de la rédaction du prochain texte constitutionnel qui est soumis à référendum en octobre 1946. Ce ne sera pas le cas mais le général va prendre date. En effet dans son discours il n’expose ni plus ni moins que ce qui sera le « brouillon » de la Constitution de 1958. Avec la logique parlementaire, défendue par la majorité des partis politique et pratiquée sans réel succès depuis 1875, de Gaulle veut rompre. Il  insiste sur le pouvoir exécutif, composé du chef de l’Etat, qui est le garant de la Constitution et de l’indépendance nationale, et du Premier ministre qui dirige la politique gouvernementale au quotidien. A ses yeux, l’exécutif ne doit pas tirer sa légitimité du pouvoir législatif. Lorsqu’on lit les Mémoires d’Espoir (Plon, 1975) du général, on mesure l’importance qu’il attachait à un exécutif fort qui ne soit plus sous la coupe du Parlement. Il avait en tête, presque comme une obsession, l’impuissance du dernier président de la IIIè  République, Albert Lebrun, face à Pétain. De Gaulle estimait « Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État »

Pour le général, cette rupture avec une ancienne logique constitutionnelle se justifie par le poids des circonstances : la reconstruction de la France et les défis qui se présentent à elle, exigent une plus grande efficacité et une stabilité des institutions. Surtout, de Gaulle considère les réalités de la France : à ses yeux, son peuple, passionné par les joutes politiques, apparaît divisé après les affres de l’Occupation. Il veut des institutions qui permettent la concorde nationale. De Gaulle est, de tous les présidents de la Vè,  celui qui connait le mieux ce « cher et vieux pays » qu’il a « tant arpenté ». A l’époque encore plus. Quel territoire de France n’a-t-il pas visité en cet immédiat après-guerre ? Partout il est célébré comme le libérateur. 

Il est donc indispensable que le peuple français puisse s’incarner en un homme symbole de l’unité de la Nation et de sa grandeur retrouvée. Il se présente volontiers comme le législateur Solon (début du VIe siècle av. JC) face aux citoyens athéniens. Ce grand philosophe grec  qui, à une époque où sa patrie est menacée par des désordres, n’hésita point à se présenter comme citoyen et d’assumer, pour sa part, la responsabilité publique. Il créa un code de lois, un ordre juridique qui devint, plus ou moins,  le point de départ de la polis athénienne. “Père fondateur de la démocratie athénienne” en quelque sorte (Claude Mossé, « Comment s’élabore un mythe politique : Solon, “Père fondateur de la démocratie athénienne” », Annales, 54 (1979) ; Jacques Dufresne, La démocratie athénienne, miroir de la nôtre. La bibliothèque de l’Agora, 1994). 

Bien sûr, et il ne s’en cache pas,  le général de Gaulle pense être cet homme. Il en a la légitimité plus qu’aucun autre. Il a sauvé la France en 1940. Il souhaite le faire une seconde fois. Pourtant, l’option qu’il propose, n’est pas retenue, le régime parlementaire s’installant finalement avec le référendum du 13 octobre 1946 qui adopte la Constitution de la IVe République. On pourrait dire que le monde politique français n’est pas encore prêt. Mais çà ne saurait tarder. En effet comme nous le disait le regretté doyen Vedel « cette constitution est juridiquement bien écrite  mais elle contient en elle-même les problèmes d’application qu’elle connaitra ». 

Elle va s’écrouler au bout d’à peine douze ans. Certes, et c’est plutôt à son crédit, la IVè (dans le sillage du GPRF)  œuvre à la reconstruction de la France détruite par la guerre et l’occupation allemande. Mais économiquement c’est compliqué. Et puis, comme l’avait annoncé de Gaulle, il y a une instabilité ministérielle chronique. On ne compte pas moins de 24 gouvernements entre 1947 et 1958. C’est un véritable « régime d’assemblée » où le législatif détient l’essentiel du pouvoir et soumet l’exécutif.   Mais cette république  disparaît principalement à cause de la guerre d’Algérie, commencée en 1954,  qui montre les faiblesses politiques de la France. Le 13 mai 1958 éclate une émeute en Algérie où les militaires prennent le pouvoir. Cette crise a révélé l’extrême faiblesse du régime. On craint un coup d’Etat. Le 19 mai de Gaulle fait une conférence de presse visant à calmer les choses et dans laquelle il dit se tenir prêt à revenir au pouvoir. Le 27 mai il expose sa méthode. La crise devenue ingérable,  le président Coty appelle le général comme (dernier) président du Conseil de la IVè. Le 1er juin 1958, l’Assemblée nationale, d’abord réticente, vote finalement l’investiture du gouvernement De Gaulle. Le lendemain, il reçoit les pleins pouvoirs et le droit de réviser la Constitution. Le cap est mis sur la Vè République (Pierre Avril et Gérard Vincent, La IVe République : Les noms, les thèmes, les lieux, MA Éditions, coll. « Les Grandes encyclopédies du monde de… », 1988 ; Jacques Fauvet, La IVe République, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1959). 

Voilà ce que l’on pouvait dire sur ce discours de Bayeux qui, s’il ne fut pas réellement perçu lors de son prononcé, ne fut ni plus ni moins que le canevas de la Constitution de 1958. Tout y est. On est même parfois  en limite du copier-coller ! Raymond Janot, conseiller constitutionnel du général, nous dira que « ce discours de Bayeux a incontestablement jeté les bases de la Constitution de 1958. D’ailleurs le général nous y renvoya souvent ! ». Et pour reprendre encore le doyen Vedel : « Je n’aurais pas écrit ce texte qui n’est pas, il faut bien l’avouer,  le mieux rédigé de notre histoire républicaine. Mais il fonctionne !  N’est-ce pas là l’essentiel ? ». Il fonctionne malgré les vilénies que lui infligent depuis 2007 ceux qui nous président et nous gouvernent…..

 

Bibliographie indicative : 

Françoise Decaumont, Le discours de Bayeux : hier et aujourd’hui, Paris, Economica, 1991.

Brigitte Gaïti, De Gaulle, prophète de la Cinquième République (1946 – 1962), Presses de Sciences Po, 1998.

Sudhir Hazareesingh, Le Mythe gaullien, Paris, Gallimard, 2010.

 

Florence BB

LE FIGARO : «L’idéologie frériste s’est installée dans les universités»

By Ils en parlent !

Florence Bergeaud-Blackler relaxée pour ses propos visant une étudiante de Strasbourg.

L’anthropologue et spécialiste de l’entrisme exercé par les Frères musulmans dans les institutions françaises a été relaxée jeudi, dans un procès en diffamation intenté par une doctorante de Strasbourg accusée d’être un relais de l’entrisme islamiste.

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l'abandon (2)

Projection du film « L’abandon » et conférence

By Dernièrement

Le 11 juin, Thibault de Montbrial animait au cinéma MK2 Odéon à Paris une soirée dédiée à la mémoire de Samuel Paty. La projection du film L’Abandon, réalisé par Vincent Garenq avec Antoine Reinartz dans le rôle principal, a réuni un public attentif et ému. Ce film retrace avec rigueur les onze derniers jours du professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020, en s’appuyant sur les enquêtes et les procès pour reconstituer l’engrenage qui a conduit à sa mort.

La projection a ensuite été suivie d’une conférence animée par Thibault de Montbrial sur les suites judiciaires de cet assassinat, revenant sur les responsabilités individuelles et institutionnelles mises en lumière par les procès. Un moment fort et nécessaire pour que l’histoire de Samuel Paty ne tombe pas dans l’oubli.

 

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Mort de Lyhanna : scandale, signal d’alarme ou les deux ?

By Sécurité/Justice

Par Raphael Piastra, maître de Conférences en droit public

Les propos évoqués aux présentes brèves relèvent de l’entière responsabilité de l’auteur et n’engagent d’aucune manière une quelconque institution

Jeudi, un corps a été retrouvé dans un silo à grains à Puycasquier. Il était « porteur de vêtements similaires à ceux » que portait la jeune Lyhanna au moment de sa disparition, a annoncé le procureur de la République d’Agen. Les analyses ADN ont prouvé ce vendredi qu’il s’agissait, comme on pouvait le craindre, de la jeune fille de 11 ans, disparue depuis vendredi 29 mai à Fleurance dans le Gers. Elle a été vue pour la dernière fois vers 15 heures à la sortie de son collège, montant dans la voiture d’un homme de 41 ans connu de sa famille, J. Barella.

Un contexte pesant

La découverte de ce petit corps est d’abord et avant tout un drame pour la famille et les proches. Mais ce qui atterre beaucoup dans cette affaire dramatique c’est le profil du mis en examen. L’enquête s’est donc concentrée dès le départ sur un homme de 41 ans, Jérôme Barella, marié et père de deux enfants. Il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire. Ce qui n’est tout de même pas anodin.

Précisons que la mise en examen est une décision du juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire. Une personne soupçonnée d’infraction et contre laquelle il existe des indices graves ou concordants peut être mise en examen après avoir été interrogée par le juge d’instruction. Le mis en examen bénéficie de droits et est soumis à des obligations (article 80-1 du CPP). Ce qui est important de noter ici c’est l’expression « indices graves et concordants ». Cela signifie clairement que cet individu va être poursuivi pour « enlèvement et séquestration » de la jeune Lyhanna et très certainement pour pédo-crime. L’individu bénéficie encore à ce stade de la présomption d’innocence (art 9 de la Déclaration de 1789).

Visiblement cet individu avait une sorte de fascination pour les jeunes enfants. C’est la première étape, on le sait, vers la pédophilie ou la pédocriminalité. Arrêtons- nous un peu sur ces déviances. Chaque année, 165 000 enfants sont victimes d’agressions sexuelles en France. On qualifie de pédophilie le désir sexuel éprouvé pour les enfants, sans passage à l’acte. Dès lors qu’il y a passage à l’acte, on parle de pédocriminalité. L’âge à partir duquel un enfant peut exprimer clairement un consentement pour avoir une relation avec un adulte est fixé à 15 ans par la loi. Cependant, une personne majeure entretenant une relation sans l’accord des parents avec un enfant âgé de 15 à 18 ans pourra être poursuivie. La pédophilie touche toutes les catégories sociales. En France, il y a 20 000 plaintes par an pour abus sexuel sur mineur. Ça fait 54 par jour, soit 2,3 plaintes par heure. Ce chiffre ne prend pas en compte les plaintes qui ne sont pas déclarées (on estime que seulement 10% des cas sont révélés). Des avocats, des victimes et des associations disent que la France est « l’eldorado » des pédophiles et qu’on ne sait pas empêcher ni punir les agressions sexuelles sur mineurs parce qu’il y a un tabou autour de ce sujet : les enfants parlent peu, on manque de formation dans la police, au sein du personnel médical, dans les écoles et même chez les parents. Et on trouve des pédophiles dans toutes les couches de la société et dans toutes les professions.

Même si son casier judiciaire est encore vierge, on s’aperçoit que cela fait depuis 2017 que J. Barella est « visé par plusieurs signalements et plaintes » a estimé la procureure d’Auch. À chaque fois pour des problèmes de contacts « inappropriés » avec des mineures. Pas une fois on a donc réussi à le « neutraliser », à le mettre hors d’état de nuire à des enfants ? Désolé de conclure avec D. Rizet que, une fois encore en l’espèce, « l’État a failli« . Il est clair que la mort de Lyhanna va obliger, il faut l’espérer, certains magistrats et quelques gendarmes à nourrir du remords. Mais comme le dit Cocteau, dans la vie on ne regrette que ce qu’on n’a pas fait. Encore faut-il avoir une capacité à regretter. Or dans la magistrature ( pour y avoir œuvré quelques années de notre vie professionnelle), nous n’en avons pas souvent vu avoir regret ou remords. En revanche réserve, distance voire certitudes et mépris sont souvent à l’ordre du jour.

Un enchaînement judiciaire mortifère

Ce qui amène à s’interroger à nouveau sur l’efficacité de la justice c’est le passé du suspect. Le nom de ce dernier figurait dans trois procédures d’agressions sexuelles présumées sur mineures, a annoncé la procureure de la République d’Auch. Visiblement le dossier, transféré entre les parquets de Toulouse et d’Auch en raison de la compétence territoriale, a donné lieu à une enquête qui est toujours en cours. Rappelons qu’entre les deux villes il y a 80 km….En 2021, il avait été licencié d’un lycée du Gers, où il était agent d’entretien, après un signalement pour comportement inapproprié envers une lycéenne. Si ce n’était pas là une occasion ? Le proviseur a légitimement fait son signalement. À la police ou au rectorat probablement. Quid de la suite ? Visiblement rien. Malgré ces antécédents, son casier judiciaire ne comporte aucune condamnation, on l’a dit. Et pourtant les méfaits de J. Barella ne datent pas d’aujourd’hui. Voyons-les.

Une première information judiciaire avait été ouverte en décembre 2017, dans le cadre d’une relation consentie avec une adolescente de 17 ans, classée sans suite en 2018. Une seconde procédure, une plainte pour viol, a été déposée en 2022 au commissariat de Béthune, pour des faits qui ont eu lieu à Montestruc-sur-Gers et datant de 2020. Elle a été reçue par le parquet d’Auch en janvier 2024. L’enquête « n’ayant pas permis d’étayer les déclarations » de la petite fille, cela a été classé sans suite. Une autre plainte pour viol, sur une jeune de 12 ans, a été déposée en Haute-Garonne en septembre 2025. Dans ce dernier cas un examen médico-légal réalisé auprès de la jeune fille atteste de lésions compatibles avec les viols décrits. La procédure est très en retard. Mal endémique de notre système judiciaire. Ce que déplore avec lucidité l’emblématique procureur Dallest : « Non, c’est trop long. Il faut que dans ce genre d’affaire d’atteinte aux personnes et notamment d’atteinte aux mineurs il y ait un traitement prioritaire. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Il y a souvent une perte de temps dans les transmissions administratives de parquet à parquet, de service d’enquête à service d’enquête. Il faudrait en savoir plus, mais effectivement c’est trop long. Il faut, que très rapidement, dès qu’une plainte est déposée, qu’elle paraît sérieuse évidemment, que l’enquête démarre et que très vite dans un cadre préliminaire, sous le contrôle du parquet, on en sache plus rapidement sur les faits qu’on reproche à la personne. » Qui peut objectivement contredire ses propos ? Au sein d’un même tribunal (Clermont-Ferrand) nous avons vu parfois des courriers transférés d’un bâtiment à l’autre mettre un à deux jours. Redisons ici qu’entre Toulouse et Auch, il y a 80 km… La justice déteste être expéditive. On ne va pas oser lui demander d’être rapide ! Et celui qui fut aussi le patron du Pôle Cold Case de conclure et on ne peut que le rejoindre : « Il faut surtout encore une fois, que tout ce qui relève de faits de nature sexuelle sur les personnes et surtout  sur les mineurs, fasse l’objet d’un traitement prioritaire. C’est ça qui est le plus important ». Prioritaire mais aussi rapide voire immédiat.

On va nous opposer de suite des problèmes de moyens. On y reviendra. Il y a aussi à changer l’état d’esprit de certains magistrats trop souvent laxistes et au mode de fonctionnement corporatiste et manquant d’empathie. D’un autre côté, et même si ça s’est amélioré, il y a encore des gendarmes comme des policiers qui ne sont pas des plus diligents avec les affaires de mœurs. Et mal à l’aise lorsque cela concerne les mineurs. Une mère qui avait été signalé à plusieurs reprises des faits sur sa fille visant J.Barella à la gendarmerie de Montestruc-sur-Gers en a témoigné (elle « soulait » et fut menacée de poursuites pour « harcèlement »). Ce qui est intolérable c’est la « surdité » et le refus d’obtempérer de certains militaires…. Là encore, avec le décès de Lyhanna, certains pourront s’en vouloir d’avoir été si négligents et peu diligents.

Et puis, côté magistrats, il faut en parler, l’idéologie badinteriste réactivée par C. Taubira, est toujours présente. Elle est, pour reprendre l’expression de JE Schoettl, emprunte de fondamentalismedroitdel’hommiste. Ce qui signifie, dans le cas qui nous intéresse, que J. Barella au nom de la présomption d’innocence et de ses droits et libertés, ne devait pas être inquiété outre mesure, ni même fiché. Ainsi depuis 2017 il a, en quelque sorte, mené assez librement son funeste périple de pédophile et, à présent, de pédocriminel. Si on l’a mis en examen, c’est qu’un faisceau d’indices visait J. Barella. Non seulement il faut accélérer ce genre d’enquêtes concernant des mineurs mais surtout, au risque de bousculer la sacrosainte présomption d’innocence, il faut mettre en rétention administrative (et non en détention) les suspects vers lesquels convergent des signes, comme le dit le Code de Procédure Pénale, graves et concordants. Il va falloir débusquer les preuves du crime qu’a certainement commis le suspect…..

Selon La Dépêche, un père de famille a déposé plainte ce mercredi 3 juin à Auch contre le prévenu pour un viol commis sur sa fille, fin août 2015, lors de la fameuse soirée pyjama à laquelle était également présente Lyhanna, à Montestruc-sur-Gers. Le 25 août 2025, une autre mère de famille avait signalé à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch des faits de viols présumés « répétés » sur sa fille. Mais Jérôme B n’a jamais été entendu suite à ce signalement. Aussi ahurissante que dommageable tant de négligence. Abonné à une salle de sport, le coach de Jérôme Barella révèle qu’il avait des soupçons concernant le suspect : « nous trouvions qu’il passait trop de temps avec les enfants« , dit-il sur RMC. Il s’en veut aussi de n’avoir pas réagi. Il est aussi curieux que tant de personnes aient décrit la proximité de J. Barella avec les enfants et ne soient pas allés plus loin. Là encore certains doivent nourrir des regrets. Il est des comportements, même au sein d’un cercle familial ou amical, qui doivent interroger et être dénoncés d’une manière ou d’une autre.

Face au juge d’instruction, le suspect a choisi de garder le silence. Il faut savoir que, sur injonction de la CEDH notamment, le droit au silence a été consacré à l’article 61-1 du Code de procédure pénale, concernant les enquêtes et contrôles réalisés pour crimes ou délits flagrants, lequel dispose dans son quatrièmement que « la personne à l’égard de laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction ne peut être entendue librement sur ces faits qu’après avoir été informée », « du droit de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire ». On peut dire qu’avec cette règle le ver est dans le fruit de la procédure pénale.

Précisons même que lorsque les forces de l’ordre n’ont pas informé la personne de ce droit, la procédure engagée à son encontre peut être annulée, et en tout état de cause, les déclarations faites par la personne interrogée ne sauraient être utilisées contre elle. Ne marche-t-on pas sur la tête dans ce pays ? Il faudra un jour revenir sur cette règle. Vous avez le droit au silence mais ce dernier est constitutif d’un début de culpabilité. Qui ne dit mot consent après tout !

Ce qui est incroyable c’est la lenteur judiciaire…. De toute évidence il y a eu à nouveau des dysfonctionnements tant dans la phase gendarmerie que dans celle de la justice. Déjà il aura fallu des mois pour que la procureure d’Auch consente à déclarer dans une conférence de presse que : « les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre », et « vraisemblablement faire l’objet d’un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres« . L’adverbe « vraisemblablement » nous paraît être superfétatoire. Elle a également jugé « envisageable que la procédure qui avait fait l’objet d’un classement sans suite en 2024 soit réexaminée à la lumière des événements récents pour envisager une reprise des investigations« . Bien évidemment que cette reprise s’impose quand il s’agit de présomption de pédophilie. Il apparait que le parquet d’Auch va se dessaisir de l’affaire pour « le parquet d’Agen, pôle criminel« . Attention car entre Agen et Auch il y a 70 km !….

A la suite de la procureure le maire de Fleurance, Grégory Babbato, a pris la parole face la presse pour dénoncer ce qu’il appelle un « dysfonctionnement profond ». Il est en effet revenu sur l’intervention du député David Taupiac lors des questions au gouvernement ce mercredi, qui a lui réclamé la lumière sur « de possibles dysfonctionnements judiciaires » liés au suspect. Et l’édile de préciser de façon fort pertinente : « La réalité, c’est que nous faisons les frais de décennies d’économies sur le dos de sujets cruciaux que son l’accompagnement de la parole des victimes et l’urgence que devrait revêtir les procédures quand il s’agit d’enfants« . Et de juger, à bon droit, que les enfants sont deux fois victimes : une première fois par un criminel pédophile, puis par « un système qui les écrase par sa lenteur ». Et lorsqu’il s’avère que c’est un pédocriminel c’est pire.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez avait annoncé mercredi 3 juin l’ouverture d’une enquête administrative pour « identifier d’éventuels dysfonctionnements » dans le traitement de cette plainte pour viols sur mineure déposée en 2025 contre le principal suspect. Elle sera confiée à l’inspection générale de la Justice et à l’inspection générale de la gendarmerie, précise le Ministre. Il a fallu attendre la découverte du corps d’une enfant (dont tout porte à croire qu’il s’agit de celui de Lyhanna) pour que G. Darmanin s’exprime. Il s’est dit terrifié par de possible « dysfonctionnements accablants » des procédures judiciaires. Le premier ministre a convoqué les deux ministres en cause et s’est dit « choqué ». Le président Macron lui-même a ciblé un dysfonctionnement et demandé des enquêtes rapides. Surtout ce dernier a demandé qu’on ne lui parle pas d’un problème de moyens. En effet c’est sous sa présidence que le plus de moyens auront été donnés depuis vingt ans (+ 8 %). Après on peut aussi se poser la question de ce qui est fait de cet argent dans les cours d’Appel ?

Le papa d’Estelle Mouzin, disparu depuis 20 ans, a jugé « surréalistes » les propos des ministres. Effectivement, ils sont presque à chaque fois les mêmes en de pareilles circonstances. A l’heure d’écrire ces lignes pas un seul juge n’a exprimé de regrets ou de compassion. Surtout pas la procureure d’Auch, distante à souhait, pour laquelle la conférence des procureurs a osé monter au créneau.

Alors quoi faire ? Des sanctions s’imposent. De par la Constitution (art. 20) le premier ministre est responsable de l’adminitration. Le Garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur sont chacun responsable administratif et hiérarchique de leur ministère. De concert, ils peuvent relever, même temporairement, de leurs fonctions qui un colonel de gendarmerie, qui un président de tribunal, qui un procureur. G. Darmamnin va d’ailleurs réunir bientôt les procureurs généraux. Au lieu de leur « dire la messe », il devrait agir en ce sens. Notamment sur ceux d’Auch ou Toulouse. Là ce serait un 5 geste fort notamment aux yeux des familles et aussi d’une opinion publique qui n’en peut mais de ce laxisme mortifère.

Dans moins d’un an, se déroulera la présidentielle. Il n’est pas un sondage qui ne place pas l’insécurité parmi les soucis majeurs des français. Des affaires comme celle de la petie Lyhanna, ravivent immanquablement des sentiments de compassion, d’indignation et même de dégôut. Mais aussi, et à raison, de colère. Combien de Fourniret et de Barella sont encore parmi nous ? M. Retailleau s’est déclaré « favorable à la castration chimique pour les pédocriminels sans leur accord« . La castration chimique est un traitement médical qui vise à réduire la production de testostérone par la prise de médicaments. Le traitement a pour but de réduire les pulsions sexuelles de l’individu notamment pédophile. Il n’empêche pas les rapports sexuels, mais les rend beaucoup moins fréquents.

La castration chimique est prévue dans le Code de procédure pénale (article 706-47-1). Dans le cadre d’un suivi socio-judiciaire, elle nécessite le consentement de la personne condamnée et prévoit des peines en cas de refus (Code pénal : article 131-36-4). Enfin selon le Code de la santé publique (articles L3711-1 à L3711-5) tout est basé sur le rôle du médecin traitant et du médecin coordonnateur. Des études canadiennes (pays où la castration a été pratiquée en premier) démontrent que l’efficacité n’est pas totale. Notons que depuis Février 2026 une pétition intéréssante a été lancée sur le site de l’Assemblée Nationale : Castration chimique obligatoire et irréversible pour violeurs, pédophiles et récidivistes sexuels

Le but est de protéger les victimes et prévenir les récidives, nous demandons au Parlement d’autoriser, dans des cas strictement encadrés (condamnation définitive pour viol aggravé, pédophilie ou récidive sexuelle à risque élevé), la possibilité pour le juge d’ordonner une mesure médicale obligatoire et irréversible de neutralisation hormonale (castration chimique) sous contrôle médical préalable (petitions.assemblee-nationale.fr). L’ambition est louable mais si un texte de loi était adopté en ce sens, il serait certainement censuré par le Conseil Constitutionnel. Chez ce dernier, il y a déjà quelques années que les droits de la défense ont nettement pris le pas sur les droits des victimes, même si ce sont des enfants….

A un enfant, quel que soit son âge, on n’a jamais le droit de voler la fin d’une belle histoire (Maurice Schumann).

 

CRSI IDF

Réunion de travail pour le CRSI IDF

By Nos événements, Dernièrement

Nos adhérents franciliens se sont réunis hier pour une réunion de travail après le lancement de l’antenne en mars dernier.

Nous avons eu le plaisir d’entendre la restitution des travaux menés par le groupe Numérique.
Un nouveau groupe de travail dédié à la Santé va également être créé dans les prochains jours.

Nouveauté : ces groupes ont désormais vocation à devenir interdépartementaux. Il est donc possible pour vous d’y prendre part. N’hésitez pas à nous contacter si l’un de ces groupes vous intéresse.

 

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Réunion du CRSI Rhône

By Nos événements

Le CRSI Rhône a tenu, ce mardi 9 juin, une réunion afin de rassembler les adhérents du département. Une soirée riche en échanges, saluée par le nombre de personnes présentes.

L’événement a été organisé sous l’impulsion de Jeanne Bellon, référente départementale du Rhône.

Cette rencontre contribue au débat public dans nos territoires. Les équipes du CRSI se tiennent donc disponibles pour accompagner toutes les initiatives de ce genre dans cette démarche.

À bientôt !

La défense militaire du territoire national

Colloque : « La défense du territoire national »

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Colloque : La défense du territoire national

Le 5 juin, Thibault de Montbrial était convié par le Centre de recherche de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan à intervenir au colloque La défense militaire du territoire national, organisé à Balard (Paris 15e)

Chargé d’ouvrir la session consacrée à l’hybridité de la menace, il est intervenu aux côtés de militaires, hauts fonctionnaires, professeurs de droit et spécialistes de ces questions pour dresser un état des menaces pesant sur le territoire national.

Son intervention a mis en lumière un enjeu central : le danger ne réside pas tant dans une menace isolée que dans leur combinaison. Terrorisme, violences urbaines, cyberattaques, désinformation, sabotage, tensions communautaires, criminalité organisée ; ces phénomènes sont trop souvent appréhendés séparément, alors que c’est précisément leur cumul qui constitue le véritable risque. Une attaque cyber au moment d’une crise sociale, une campagne de désinformation alimentant des violences de rue, une action terroriste en période de fortes tensions internationales : les scénarios ne s’excluent pas, ils peuvent se superposer.

Il a également souligné que certains États hostiles ont parfaitement compris leur intérêt à exploiter ces vulnérabilités internes pour affaiblir la capacité d’action de la France à l’extérieur. La question n’est donc plus seulement d’identifier quelle menace affronter, mais de savoir si le pays est prêt à en affronter plusieurs simultanément.

Plusieurs membres du CRSI avaient fait le déplacement pour assister à cet événement.

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Salon du livre à Nice

By Nos événements, Dernièrement

Salon du livre à Nice

Le 30 mai dernier, Thibault de Montbrial a participé au Festival du Livre Ville de Nice pour présenter son dernier ouvrage, France : le choc ou la chute.

À cette occasion, il a donné une conférence et échangé avec un public nombreux et attentif autour des grandes questions qui engagent l’avenir de notre pays : quel avenir pour la France ? Quels choix s’imposent à nous, collectivement, face aux défis qui se dressent devant elle ?

Ces deux journées ont été le lieu d’un débat nourri, au cœur de cet événement littéraire.

La richesse des échanges avec les nombreuses personnes venues débattre a une fois de plus confirmé que ces sujets touchent profondément nos concitoyens, et que l’envie de comprendre, d’analyser et d’agir est bien là.

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Participation citoyenne : l’ingénierie opérationnelle comme condition de réussite

By Institutions

-Par Angélique Outreville, adhérente CRSI 

Du cadre légal à l’architecture opérationnelle : ce que les textes ne font pas à notre place

La note récemment publiée sur les dispositifs de participation citoyenne ¹ pose le bon diagnostic et identifie les bons outils. La Réserve Communale de Sécurité Civile existe. La participation citoyenne est encadrée. Aucune nouvelle loi n’est nécessaire. C’est exact, et c’est précisément là que commence le vrai problème.

Car entre l’existence d’un cadre légal et son activation effective sur un territoire en tension, il y a un fossé que les textes ne comblent pas. Ce fossé a un nom : l’ingénierie opérationnelle.

Le paradoxe du dispositif dormant

La Réserve Communale de Sécurité Civile est un outil remarquable, sous-utilisé non par manque de volonté, mais par manque d’architecture de déclenchement. Dans la majorité des communes, elle existe sur le papier et dort dans un tiroir. Pourquoi ? Parce que trois verrous techniques non résolus paralysent son activation réelle : l’absence de convention préalable avec la Direction Générale des Collectivités Locales inscrivant la réserve en prévention du trouble à l’ordre public ; l’absence de couverture pénale individuelle pour les bénévoles en action ; l’absence d’un protocole de protection des référents citoyens identifiables en contexte de tension.

Ces verrous ne sont pas insurmontables. Ils ont des solutions documentées, légalement solides et financièrement accessibles. Mais ils supposent un travail d’ingénierie préalable que ni les textes ni la bonne volonté ne produisent spontanément.

Le maillon manquant : la sélection des référents

La participation citoyenne ne vaut que par la qualité des profils qu’elle mobilise. C’est le point le plus sous-estimé de toute la chaîne. Un référent citoyen mal sélectionné n’est pas neutre, il est un vecteur de risque.

L’ancrage territorial, l’indépendance économique, la capacité native à la discrétion : ce ne sont pas des qualités que l’on forme en une demi-journée. Ce sont des critères de sélection qui précèdent toute formation, et qui déterminent la robustesse du dispositif face aux pressions adverses. Ce principe est au cœur du modèle de stabilisation cognitive de Farchi et al. ² , dont le Protocole CIVITAS est l’adaptation française : on ne décrète pas la résilience, on en crée les conditions structurelles.

Ce que cela implique pour les élus

L’extension de ces dispositifs à toutes les communes ne se décrète pas. Elle se déploie, avec une méthodologie, une chronologie, et une répartition claire des responsabilités entre l’élu, l’administration et la société civile. Sans cette architecture, même les dispositifs les mieux intentionnés restent exposés à la dérive ou à l’inefficacité.

Des précédents juridiques documentés, notamment à Cannes, établissent que les outils légaux mobilisés sont solides et éprouvés. L’assemblage de ces briques dans une architecture de sortie de crise chronique constitue en revanche une démarche inédite. La condition de réussite n’est pas budgétaire. Elle est méthodologique.

C’est cette méthodologie qui mérite d’être documentée, partagée et mise à disposition des élus qui veulent agir, sans attendre une loi qui ne viendra pas, et sans improviser sous la pression d’une crise.

¹Pascal Jacquemont, « Quand l’État vacille : organiser la défense citoyenne », CRSI France, Travaux des adhérents, 3 mars 2026. Disponible ici

² Farchi M., Ben Hirsch-Gornemann M., Whiteson A., Gidron Y., « Empirical evidence of the effectiveness of the 6C protocol for the treatment of acute stress reactions », International Journal of Emergency Mental Health, Vol. 20, No. 2, 201