All Posts By

Olivier Debeney

capture d’écran 2026 06 11 à 16.46.08

Mort de Lyhanna : scandale, signal d’alarme ou les deux ?

By Travaux des adhérents

Par Raphael Piastra, maître de Conférences en droit public

Les propos évoqués aux présentes brèves relèvent de l’entière responsabilité de l’auteur et n’engagent d’aucune manière une quelconque institution

Jeudi, un corps a été retrouvé dans un silo à grains à Puycasquier. Il était « porteur de vêtements similaires à ceux » que portait la jeune Lyhanna au moment de sa disparition, a annoncé le procureur de la République d’Agen. Les analyses ADN ont prouvé ce vendredi qu’il s’agissait, comme on pouvait le craindre, de la jeune fille de 11 ans, disparue depuis vendredi 29 mai à Fleurance dans le Gers. Elle a été vue pour la dernière fois vers 15 heures à la sortie de son collège, montant dans la voiture d’un homme de 41 ans connu de sa famille, J. Barella.

Un contexte pesant

La découverte de ce petit corps est d’abord et avant tout un drame pour la famille et les proches. Mais ce qui atterre beaucoup dans cette affaire dramatique c’est le profil du mis en examen. L’enquête s’est donc concentrée dès le départ sur un homme de 41 ans, Jérôme Barella, marié et père de deux enfants. Il a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire. Ce qui n’est tout de même pas anodin.

Précisons que la mise en examen est une décision du juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire. Une personne soupçonnée d’infraction et contre laquelle il existe des indices graves ou concordants peut être mise en examen après avoir été interrogée par le juge d’instruction. Le mis en examen bénéficie de droits et est soumis à des obligations (article 80-1 du CPP). Ce qui est important de noter ici c’est l’expression « indices graves et concordants ». Cela signifie clairement que cet individu va être poursuivi pour « enlèvement et séquestration » de la jeune Lyhanna et très certainement pour pédo-crime. L’individu bénéficie encore à ce stade de la présomption d’innocence (art 9 de la Déclaration de 1789).

Visiblement cet individu avait une sorte de fascination pour les jeunes enfants. C’est la première étape, on le sait, vers la pédophilie ou la pédocriminalité. Arrêtons- nous un peu sur ces déviances. Chaque année, 165 000 enfants sont victimes d’agressions sexuelles en France. On qualifie de pédophilie le désir sexuel éprouvé pour les enfants, sans passage à l’acte. Dès lors qu’il y a passage à l’acte, on parle de pédocriminalité. L’âge à partir duquel un enfant peut exprimer clairement un consentement pour avoir une relation avec un adulte est fixé à 15 ans par la loi. Cependant, une personne majeure entretenant une relation sans l’accord des parents avec un enfant âgé de 15 à 18 ans pourra être poursuivie. La pédophilie touche toutes les catégories sociales. En France, il y a 20 000 plaintes par an pour abus sexuel sur mineur. Ça fait 54 par jour, soit 2,3 plaintes par heure. Ce chiffre ne prend pas en compte les plaintes qui ne sont pas déclarées (on estime que seulement 10% des cas sont révélés). Des avocats, des victimes et des associations disent que la France est « l’eldorado » des pédophiles et qu’on ne sait pas empêcher ni punir les agressions sexuelles sur mineurs parce qu’il y a un tabou autour de ce sujet : les enfants parlent peu, on manque de formation dans la police, au sein du personnel médical, dans les écoles et même chez les parents. Et on trouve des pédophiles dans toutes les couches de la société et dans toutes les professions.

Même si son casier judiciaire est encore vierge, on s’aperçoit que cela fait depuis 2017 que J. Barella est « visé par plusieurs signalements et plaintes » a estimé la procureure d’Auch. À chaque fois pour des problèmes de contacts « inappropriés » avec des mineures. Pas une fois on a donc réussi à le « neutraliser », à le mettre hors d’état de nuire à des enfants ? Désolé de conclure avec D. Rizet que, une fois encore en l’espèce, « l’État a failli« . Il est clair que la mort de Lyhanna va obliger, il faut l’espérer, certains magistrats et quelques gendarmes à nourrir du remords. Mais comme le dit Cocteau, dans la vie on ne regrette que ce qu’on n’a pas fait. Encore faut-il avoir une capacité à regretter. Or dans la magistrature ( pour y avoir œuvré quelques années de notre vie professionnelle), nous n’en avons pas souvent vu avoir regret ou remords. En revanche réserve, distance voire certitudes et mépris sont souvent à l’ordre du jour.

Un enchaînement judiciaire mortifère

Ce qui amène à s’interroger à nouveau sur l’efficacité de la justice c’est le passé du suspect. Le nom de ce dernier figurait dans trois procédures d’agressions sexuelles présumées sur mineures, a annoncé la procureure de la République d’Auch. Visiblement le dossier, transféré entre les parquets de Toulouse et d’Auch en raison de la compétence territoriale, a donné lieu à une enquête qui est toujours en cours. Rappelons qu’entre les deux villes il y a 80 km….En 2021, il avait été licencié d’un lycée du Gers, où il était agent d’entretien, après un signalement pour comportement inapproprié envers une lycéenne. Si ce n’était pas là une occasion ? Le proviseur a légitimement fait son signalement. À la police ou au rectorat probablement. Quid de la suite ? Visiblement rien. Malgré ces antécédents, son casier judiciaire ne comporte aucune condamnation, on l’a dit. Et pourtant les méfaits de J. Barella ne datent pas d’aujourd’hui. Voyons-les.

Une première information judiciaire avait été ouverte en décembre 2017, dans le cadre d’une relation consentie avec une adolescente de 17 ans, classée sans suite en 2018. Une seconde procédure, une plainte pour viol, a été déposée en 2022 au commissariat de Béthune, pour des faits qui ont eu lieu à Montestruc-sur-Gers et datant de 2020. Elle a été reçue par le parquet d’Auch en janvier 2024. L’enquête « n’ayant pas permis d’étayer les déclarations » de la petite fille, cela a été classé sans suite. Une autre plainte pour viol, sur une jeune de 12 ans, a été déposée en Haute-Garonne en septembre 2025. Dans ce dernier cas un examen médico-légal réalisé auprès de la jeune fille atteste de lésions compatibles avec les viols décrits. La procédure est très en retard. Mal endémique de notre système judiciaire. Ce que déplore avec lucidité l’emblématique procureur Dallest : « Non, c’est trop long. Il faut que dans ce genre d’affaire d’atteinte aux personnes et notamment d’atteinte aux mineurs il y ait un traitement prioritaire. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Il y a souvent une perte de temps dans les transmissions administratives de parquet à parquet, de service d’enquête à service d’enquête. Il faudrait en savoir plus, mais effectivement c’est trop long. Il faut, que très rapidement, dès qu’une plainte est déposée, qu’elle paraît sérieuse évidemment, que l’enquête démarre et que très vite dans un cadre préliminaire, sous le contrôle du parquet, on en sache plus rapidement sur les faits qu’on reproche à la personne. » Qui peut objectivement contredire ses propos ? Au sein d’un même tribunal (Clermont-Ferrand) nous avons vu parfois des courriers transférés d’un bâtiment à l’autre mettre un à deux jours. Redisons ici qu’entre Toulouse et Auch, il y a 80 km… La justice déteste être expéditive. On ne va pas oser lui demander d’être rapide ! Et celui qui fut aussi le patron du Pôle Cold Case de conclure et on ne peut que le rejoindre : « Il faut surtout encore une fois, que tout ce qui relève de faits de nature sexuelle sur les personnes et surtout  sur les mineurs, fasse l’objet d’un traitement prioritaire. C’est ça qui est le plus important ». Prioritaire mais aussi rapide voire immédiat.

On va nous opposer de suite des problèmes de moyens. On y reviendra. Il y a aussi à changer l’état d’esprit de certains magistrats trop souvent laxistes et au mode de fonctionnement corporatiste et manquant d’empathie. D’un autre côté, et même si ça s’est amélioré, il y a encore des gendarmes comme des policiers qui ne sont pas des plus diligents avec les affaires de mœurs. Et mal à l’aise lorsque cela concerne les mineurs. Une mère qui avait été signalé à plusieurs reprises des faits sur sa fille visant J.Barella à la gendarmerie de Montestruc-sur-Gers en a témoigné (elle « soulait » et fut menacée de poursuites pour « harcèlement »). Ce qui est intolérable c’est la « surdité » et le refus d’obtempérer de certains militaires…. Là encore, avec le décès de Lyhanna, certains pourront s’en vouloir d’avoir été si négligents et peu diligents.

Et puis, côté magistrats, il faut en parler, l’idéologie badinteriste réactivée par C. Taubira, est toujours présente. Elle est, pour reprendre l’expression de JE Schoettl, emprunte de fondamentalismedroitdel’hommiste. Ce qui signifie, dans le cas qui nous intéresse, que J. Barella au nom de la présomption d’innocence et de ses droits et libertés, ne devait pas être inquiété outre mesure, ni même fiché. Ainsi depuis 2017 il a, en quelque sorte, mené assez librement son funeste périple de pédophile et, à présent, de pédocriminel. Si on l’a mis en examen, c’est qu’un faisceau d’indices visait J. Barella. Non seulement il faut accélérer ce genre d’enquêtes concernant des mineurs mais surtout, au risque de bousculer la sacrosainte présomption d’innocence, il faut mettre en rétention administrative (et non en détention) les suspects vers lesquels convergent des signes, comme le dit le Code de Procédure Pénale, graves et concordants. Il va falloir débusquer les preuves du crime qu’a certainement commis le suspect…..

Selon La Dépêche, un père de famille a déposé plainte ce mercredi 3 juin à Auch contre le prévenu pour un viol commis sur sa fille, fin août 2015, lors de la fameuse soirée pyjama à laquelle était également présente Lyhanna, à Montestruc-sur-Gers. Le 25 août 2025, une autre mère de famille avait signalé à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch des faits de viols présumés « répétés » sur sa fille. Mais Jérôme B n’a jamais été entendu suite à ce signalement. Aussi ahurissante que dommageable tant de négligence. Abonné à une salle de sport, le coach de Jérôme Barella révèle qu’il avait des soupçons concernant le suspect : « nous trouvions qu’il passait trop de temps avec les enfants« , dit-il sur RMC. Il s’en veut aussi de n’avoir pas réagi. Il est aussi curieux que tant de personnes aient décrit la proximité de J. Barella avec les enfants et ne soient pas allés plus loin. Là encore certains doivent nourrir des regrets. Il est des comportements, même au sein d’un cercle familial ou amical, qui doivent interroger et être dénoncés d’une manière ou d’une autre.

Face au juge d’instruction, le suspect a choisi de garder le silence. Il faut savoir que, sur injonction de la CEDH notamment, le droit au silence a été consacré à l’article 61-1 du Code de procédure pénale, concernant les enquêtes et contrôles réalisés pour crimes ou délits flagrants, lequel dispose dans son quatrièmement que « la personne à l’égard de laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction ne peut être entendue librement sur ces faits qu’après avoir été informée », « du droit de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire ». On peut dire qu’avec cette règle le ver est dans le fruit de la procédure pénale.

Précisons même que lorsque les forces de l’ordre n’ont pas informé la personne de ce droit, la procédure engagée à son encontre peut être annulée, et en tout état de cause, les déclarations faites par la personne interrogée ne sauraient être utilisées contre elle. Ne marche-t-on pas sur la tête dans ce pays ? Il faudra un jour revenir sur cette règle. Vous avez le droit au silence mais ce dernier est constitutif d’un début de culpabilité. Qui ne dit mot consent après tout !

Ce qui est incroyable c’est la lenteur judiciaire…. De toute évidence il y a eu à nouveau des dysfonctionnements tant dans la phase gendarmerie que dans celle de la justice. Déjà il aura fallu des mois pour que la procureure d’Auch consente à déclarer dans une conférence de presse que : « les enquêtes judiciaires ouvertes pour viols sur mineurs vont se poursuivre », et « vraisemblablement faire l’objet d’un regroupement afin de les traiter à la lumière les unes des autres« . L’adverbe « vraisemblablement » nous paraît être superfétatoire. Elle a également jugé « envisageable que la procédure qui avait fait l’objet d’un classement sans suite en 2024 soit réexaminée à la lumière des événements récents pour envisager une reprise des investigations« . Bien évidemment que cette reprise s’impose quand il s’agit de présomption de pédophilie. Il apparait que le parquet d’Auch va se dessaisir de l’affaire pour « le parquet d’Agen, pôle criminel« . Attention car entre Agen et Auch il y a 70 km !….

A la suite de la procureure le maire de Fleurance, Grégory Babbato, a pris la parole face la presse pour dénoncer ce qu’il appelle un « dysfonctionnement profond ». Il est en effet revenu sur l’intervention du député David Taupiac lors des questions au gouvernement ce mercredi, qui a lui réclamé la lumière sur « de possibles dysfonctionnements judiciaires » liés au suspect. Et l’édile de préciser de façon fort pertinente : « La réalité, c’est que nous faisons les frais de décennies d’économies sur le dos de sujets cruciaux que son l’accompagnement de la parole des victimes et l’urgence que devrait revêtir les procédures quand il s’agit d’enfants« . Et de juger, à bon droit, que les enfants sont deux fois victimes : une première fois par un criminel pédophile, puis par « un système qui les écrase par sa lenteur ». Et lorsqu’il s’avère que c’est un pédocriminel c’est pire.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez avait annoncé mercredi 3 juin l’ouverture d’une enquête administrative pour « identifier d’éventuels dysfonctionnements » dans le traitement de cette plainte pour viols sur mineure déposée en 2025 contre le principal suspect. Elle sera confiée à l’inspection générale de la Justice et à l’inspection générale de la gendarmerie, précise le Ministre. Il a fallu attendre la découverte du corps d’une enfant (dont tout porte à croire qu’il s’agit de celui de Lyhanna) pour que G. Darmanin s’exprime. Il s’est dit terrifié par de possible « dysfonctionnements accablants » des procédures judiciaires. Le premier ministre a convoqué les deux ministres en cause et s’est dit « choqué ». Le président Macron lui-même a ciblé un dysfonctionnement et demandé des enquêtes rapides. Surtout ce dernier a demandé qu’on ne lui parle pas d’un problème de moyens. En effet c’est sous sa présidence que le plus de moyens auront été donnés depuis vingt ans (+ 8 %). Après on peut aussi se poser la question de ce qui est fait de cet argent dans les cours d’Appel ?

Le papa d’Estelle Mouzin, disparu depuis 20 ans, a jugé « surréalistes » les propos des ministres. Effectivement, ils sont presque à chaque fois les mêmes en de pareilles circonstances. A l’heure d’écrire ces lignes pas un seul juge n’a exprimé de regrets ou de compassion. Surtout pas la procureure d’Auch, distante à souhait, pour laquelle la conférence des procureurs a osé monter au créneau.

Alors quoi faire ? Des sanctions s’imposent. De par la Constitution (art. 20) le premier ministre est responsable de l’adminitration. Le Garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur sont chacun responsable administratif et hiérarchique de leur ministère. De concert, ils peuvent relever, même temporairement, de leurs fonctions qui un colonel de gendarmerie, qui un président de tribunal, qui un procureur. G. Darmamnin va d’ailleurs réunir bientôt les procureurs généraux. Au lieu de leur « dire la messe », il devrait agir en ce sens. Notamment sur ceux d’Auch ou Toulouse. Là ce serait un 5 geste fort notamment aux yeux des familles et aussi d’une opinion publique qui n’en peut mais de ce laxisme mortifère.

Dans moins d’un an, se déroulera la présidentielle. Il n’est pas un sondage qui ne place pas l’insécurité parmi les soucis majeurs des français. Des affaires comme celle de la petie Lyhanna, ravivent immanquablement des sentiments de compassion, d’indignation et même de dégôut. Mais aussi, et à raison, de colère. Combien de Fourniret et de Barella sont encore parmi nous ? M. Retailleau s’est déclaré « favorable à la castration chimique pour les pédocriminels sans leur accord« . La castration chimique est un traitement médical qui vise à réduire la production de testostérone par la prise de médicaments. Le traitement a pour but de réduire les pulsions sexuelles de l’individu notamment pédophile. Il n’empêche pas les rapports sexuels, mais les rend beaucoup moins fréquents.

La castration chimique est prévue dans le Code de procédure pénale (article 706-47-1). Dans le cadre d’un suivi socio-judiciaire, elle nécessite le consentement de la personne condamnée et prévoit des peines en cas de refus (Code pénal : article 131-36-4). Enfin selon le Code de la santé publique (articles L3711-1 à L3711-5) tout est basé sur le rôle du médecin traitant et du médecin coordonnateur. Des études canadiennes (pays où la castration a été pratiquée en premier) démontrent que l’efficacité n’est pas totale. Notons que depuis Février 2026 une pétition intéréssante a été lancée sur le site de l’Assemblée Nationale : Castration chimique obligatoire et irréversible pour violeurs, pédophiles et récidivistes sexuels

Le but est de protéger les victimes et prévenir les récidives, nous demandons au Parlement d’autoriser, dans des cas strictement encadrés (condamnation définitive pour viol aggravé, pédophilie ou récidive sexuelle à risque élevé), la possibilité pour le juge d’ordonner une mesure médicale obligatoire et irréversible de neutralisation hormonale (castration chimique) sous contrôle médical préalable (petitions.assemblee-nationale.fr). L’ambition est louable mais si un texte de loi était adopté en ce sens, il serait certainement censuré par le Conseil Constitutionnel. Chez ce dernier, il y a déjà quelques années que les droits de la défense ont nettement pris le pas sur les droits des victimes, même si ce sont des enfants….

A un enfant, quel que soit son âge, on n’a jamais le droit de voler la fin d’une belle histoire (Maurice Schumann).

 

CRSI IDF

Réunion de travail pour le CRSI IDF

By Nos événements, Dernièrement

Nos adhérents franciliens se sont réunis hier pour une réunion de travail après le lancement de l’antenne en mars dernier.

Nous avons eu le plaisir d’entendre la restitution des travaux menés par le groupe Numérique.
Un nouveau groupe de travail dédié à la Santé va également être créé dans les prochains jours.

Nouveauté : ces groupes ont désormais vocation à devenir interdépartementaux. Il est donc possible pour vous d’y prendre part. N’hésitez pas à nous contacter si l’un de ces groupes vous intéresse.

 

whatsapp image 2026 06 10 at 12.33.03

Réunion du CRSI Rhône

By Nos événements

Le CRSI Rhône a tenu, ce mardi 9 juin, une réunion afin de rassembler les adhérents du département. Une soirée riche en échanges, saluée par le nombre de personnes présentes.

L’événement a été organisé sous l’impulsion de Jeanne Bellon, référente départementale du Rhône.

Cette rencontre contribue au débat public dans nos territoires. Les équipes du CRSI se tiennent donc disponibles pour accompagner toutes les initiatives de ce genre dans cette démarche.

À bientôt !

La défense militaire du territoire national

Colloque : « La défense du territoire national »

By Nos événements, Dernièrement

Colloque : La défense du territoire national

Le 5 juin, Thibault de Montbrial était convié par le Centre de recherche de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan à intervenir au colloque La défense militaire du territoire national, organisé à Balard (Paris 15e)

Chargé d’ouvrir la session consacrée à l’hybridité de la menace, il est intervenu aux côtés de militaires, hauts fonctionnaires, professeurs de droit et spécialistes de ces questions pour dresser un état des menaces pesant sur le territoire national.

Son intervention a mis en lumière un enjeu central : le danger ne réside pas tant dans une menace isolée que dans leur combinaison. Terrorisme, violences urbaines, cyberattaques, désinformation, sabotage, tensions communautaires, criminalité organisée ; ces phénomènes sont trop souvent appréhendés séparément, alors que c’est précisément leur cumul qui constitue le véritable risque. Une attaque cyber au moment d’une crise sociale, une campagne de désinformation alimentant des violences de rue, une action terroriste en période de fortes tensions internationales : les scénarios ne s’excluent pas, ils peuvent se superposer.

Il a également souligné que certains États hostiles ont parfaitement compris leur intérêt à exploiter ces vulnérabilités internes pour affaiblir la capacité d’action de la France à l’extérieur. La question n’est donc plus seulement d’identifier quelle menace affronter, mais de savoir si le pays est prêt à en affronter plusieurs simultanément.

Plusieurs membres du CRSI avaient fait le déplacement pour assister à cet événement.

1780148626182

Salon du livre à Nice

By Nos événements, Dernièrement

Salon du livre à Nice

Le 30 mai dernier, Thibault de Montbrial a participé au Festival du Livre Ville de Nice pour présenter son dernier ouvrage, France : le choc ou la chute.

À cette occasion, il a donné une conférence et échangé avec un public nombreux et attentif autour des grandes questions qui engagent l’avenir de notre pays : quel avenir pour la France ? Quels choix s’imposent à nous, collectivement, face aux défis qui se dressent devant elle ?

Ces deux journées ont été le lieu d’un débat nourri, au cœur de cet événement littéraire.

La richesse des échanges avec les nombreuses personnes venues débattre a une fois de plus confirmé que ces sujets touchent profondément nos concitoyens, et que l’envie de comprendre, d’analyser et d’agir est bien là.

sincerely media dgxogexaxm8 unsplash

Participation citoyenne : l’ingénierie opérationnelle comme condition de réussite

By Travaux des adhérents

-Par Angélique Outreville, adhérente CRSI 

Du cadre légal à l’architecture opérationnelle : ce que les textes ne font pas à notre place

La note récemment publiée sur les dispositifs de participation citoyenne ¹ pose le bon diagnostic et identifie les bons outils. La Réserve Communale de Sécurité Civile existe. La participation citoyenne est encadrée. Aucune nouvelle loi n’est nécessaire. C’est exact, et c’est précisément là que commence le vrai problème.

Car entre l’existence d’un cadre légal et son activation effective sur un territoire en tension, il y a un fossé que les textes ne comblent pas. Ce fossé a un nom : l’ingénierie opérationnelle.

Le paradoxe du dispositif dormant

La Réserve Communale de Sécurité Civile est un outil remarquable, sous-utilisé non par manque de volonté, mais par manque d’architecture de déclenchement. Dans la majorité des communes, elle existe sur le papier et dort dans un tiroir. Pourquoi ? Parce que trois verrous techniques non résolus paralysent son activation réelle : l’absence de convention préalable avec la Direction Générale des Collectivités Locales inscrivant la réserve en prévention du trouble à l’ordre public ; l’absence de couverture pénale individuelle pour les bénévoles en action ; l’absence d’un protocole de protection des référents citoyens identifiables en contexte de tension.

Ces verrous ne sont pas insurmontables. Ils ont des solutions documentées, légalement solides et financièrement accessibles. Mais ils supposent un travail d’ingénierie préalable que ni les textes ni la bonne volonté ne produisent spontanément.

Le maillon manquant : la sélection des référents

La participation citoyenne ne vaut que par la qualité des profils qu’elle mobilise. C’est le point le plus sous-estimé de toute la chaîne. Un référent citoyen mal sélectionné n’est pas neutre, il est un vecteur de risque.

L’ancrage territorial, l’indépendance économique, la capacité native à la discrétion : ce ne sont pas des qualités que l’on forme en une demi-journée. Ce sont des critères de sélection qui précèdent toute formation, et qui déterminent la robustesse du dispositif face aux pressions adverses. Ce principe est au cœur du modèle de stabilisation cognitive de Farchi et al. ² , dont le Protocole CIVITAS est l’adaptation française : on ne décrète pas la résilience, on en crée les conditions structurelles.

Ce que cela implique pour les élus

L’extension de ces dispositifs à toutes les communes ne se décrète pas. Elle se déploie, avec une méthodologie, une chronologie, et une répartition claire des responsabilités entre l’élu, l’administration et la société civile. Sans cette architecture, même les dispositifs les mieux intentionnés restent exposés à la dérive ou à l’inefficacité.

Des précédents juridiques documentés, notamment à Cannes, établissent que les outils légaux mobilisés sont solides et éprouvés. L’assemblage de ces briques dans une architecture de sortie de crise chronique constitue en revanche une démarche inédite. La condition de réussite n’est pas budgétaire. Elle est méthodologique.

C’est cette méthodologie qui mérite d’être documentée, partagée et mise à disposition des élus qui veulent agir, sans attendre une loi qui ne viendra pas, et sans improviser sous la pression d’une crise.

¹Pascal Jacquemont, « Quand l’État vacille : organiser la défense citoyenne », CRSI France, Travaux des adhérents, 3 mars 2026. Disponible ici

² Farchi M., Ben Hirsch-Gornemann M., Whiteson A., Gidron Y., « Empirical evidence of the effectiveness of the 6C protocol for the treatment of acute stress reactions », International Journal of Emergency Mental Health, Vol. 20, No. 2, 201

Lyhanna note situation

Affaire Lyhanna, note de situation

By Sécurité/Justice

Sources : parquets, communiqués officiels, France Télévisions, France 24

 

RÉSUMÉ

L’affaire Lyhanna est une affaire criminelle survenue dans le département du Gers (Occitanie). Elle concerne la disparition le 29 mai 2026 puis la mort de Lyhanna, collégienne âgée de 11 ans, domiciliée à Fleurance (Gers). Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, est mis en examen pour enlèvement, séquestration puis meurtre sur mineure de moins de 15 ans. L’affaire met en lumière des dysfonctionnements graves dans le traitement de plaintes antérieures visant le suspect, reconnus publiquement par le chef de l’État et le garde des Sceaux.

 

CHRONOLOGIE DES FAITS

Antécédents du suspect (2017–2025)

2017

  • Un signalement est effectué par la gendarmerie pour une relation entre Jérôme Barella et une mineure de 17 ans. L’affaire est classée sans suite, la relation étant qualifiée de consentie au regard de la loi en vigueur. 

2018 – 2021

  • Jérôme Barella est employé comme agent de maintenance au sein de plusieurs établissements scolaires publics du Gers, gérés par la Région Occitanie. En 2021, il fait l’objet d’une procédure disciplinaire à la suite d’un signalement pour comportement « inapproprié » envers une lycéenne. Il est licencié. 

2022

  • Une plainte pour viol sur une enfant de 7 ans est déposée à son encontre. Elle est classée sans suite.

août 2025

  • Une mère dépose plainte pour viols présumés commis sur sa fille de 10 ans (amie des filles de Barella). Le dossier est enregistré le 22 août 2025. Selon la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, la plainte est transmise par voie postale fin 2025 et parvient au parquet d’Auch en décembre 2025. Ce dernier ne la transmet à la gendarmerie de Lectoure que le 9 janvier 2026. Jérôme Barella n’est jamais convoqué ni entendu dans ce cadre.
  • Selon des éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, un autre père de famille dépose ultérieurement plainte pour agression sexuelle sur sa fille de 11 ans lors d’une soirée pyjama organisée au domicile du suspect.

début 2026 

  • La justice ordonne le placement en garde à vue de Jérôme Barella dans le cadre de la plainte d’août 2025. Cette mesure n’est pas exécutée. 

vendredi 29 mai 2026

  • Lyhanna, 11 ans, quitte son établissement scolaire à Fleurance en fin de journée et n’arrive pas à son domicile. Une disparition inquiétante est signalée. D’importantes opérations de recherche sont immédiatement engagées par les forces de l’ordre (gendarmerie, plongeurs, unités cynophiles).

samedi 30 mai 2026

  • Un témoin indique avoir vu Lyhanna monter dans le véhicule d’un homme peu après sa sortie du collège. L’exploitation des images de vidéosurveillance de Fleurance permet d’identifier rapidement Jérôme Barella. Jérôme Barella est placé en garde à vue.

lundi 1er juin 2026

  • Jérôme Barella est mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans et placé en détention provisoire. Il conteste toute implication et refuse de répondre aux questions de la juge d’instruction.

mardi 3 juin 2026

  • La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, tient une conférence de presse sur l’état des recherches. Des révélations sur le passé professionnel du suspect émergent : la Région Occitanie confirme son licenciement en 2021 pour comportement inapproprié. 

jeudi 4 juin 2026

  • Un corps est découvert à Puycasquier, dans une zone rurale du Gers, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, à proximité d’un silo agricole d’une coopérative pour laquelle Barella avait travaillé.
  • Une nouvelle plainte pour viol est déposée à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) contre le suspect, pour des faits commis en 2023. Une jeune fille dit avoir reconnu son agresseur sur des photographies.

vendredi 5 juin 2026

  • Le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, annonce dans un communiqué officiel que les analyses génétiques confirment qu’il s’agit du corps de Lyhanna. L’information judiciaire est requalifiée en meurtre sur mineure de moins de 15 ans
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit à Matignon les ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Comptes publics pour un point de situation.
  •  Le président de la République Emmanuel Macron, en déplacement au Monténégro, déclare publiquement : « Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement (…) et c’est inacceptable » et annonce vouloir « clarifier les responsabilités ».
  • Le garde des Sceaux Gérald Darmanin présente ses excuses à la famille de Lyhanna et aux Français « au nom de la Justice » et déclare que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger » l’enfant. Il annonce l’ouverture d’une enquête administrative conjointe confiée à l’Inspection générale de la Justice (IGJ) et à l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN).

 

Réactions institutionnelles et suites

samedi 7 juin 2026

  • Une marche blanche organisée à Fleurance rassemble environ 6 000 personnes en hommage à Lyhanna.
  • Le garde des Sceaux Gérald Darmanin annonce sur LCI le réexamen de l’intégralité des plaintes impliquant des enfants victimes, soit environ 70 000 dossiers, à mener d’ici au 14 juillet 2026 par l’ensemble des parquets.

lundi 8 juin 2026

  • Les procureurs généraux des 36 cours d’appel de France sont convoqués à 08h30 à la Chancellerie par le garde des Sceaux pour une réunion de travail consacrée à la revue des plaintes concernant les enfants victimes.
  • Gérald Darmanin déclare : « Il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant que le recensement n’aura pas été effectué.
  • Des rassemblements devant les tribunaux sont organisés dans de nombreuses villes de France à l’initiative de collectifs féministes et de protection de l’enfance.

 

DYSFONCTIONNEMENTS IDENTIFIÉS

Profil du suspect

Jérôme Barella, né en 1985, réside à Montestruc-sur-Gers. Il est père de deux enfants. Lyhanna était amie avec ses filles. Au total, le suspect fait l’objet, au moment des faits, de quatre plaintes pour viols sur mineurs et de deux signalements, sans avoir jamais été entendu par les enquêteurs dans aucun de ces cadres.

  • La plainte déposée en août 2025 pour viol sur une enfant de 10 ans n’a été transmise par le parquet d’Auch à la gendarmerie de Lectoure que le 9 janvier 2026, soit plus de quatre mois après son enregistrement.
  • Quatre mois avant la disparition de Lyhanna, la justice avait ordonné le placement en garde à vue de Barella dans le cadre de cette plainte, mesure qui n’a pas été exécutée.
  • Le licenciement disciplinaire de 2021 pour comportement inapproprié dans un établissement scolaire n’a pas donné lieu à des poursuites pénales.
  • Les plaintes de 2022 ont été classées sans suite.

Ces éléments font l’objet de l’enquête administrative conjointe IGJ / IGGN, dont les premières conclusions doivent être remises au Premier ministre dans un délai de 15 jours (demande formulée le 5 juin 2026).

 

État de la procédure au 8 juin 2026

  • Jérôme Barella est mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans et placé en détention provisoire.
  • Il conteste toute implication et refuse de répondre aux questions de la juge d’instruction.
  • Une enquête administrative conjointe IGJ / IGGN est en cours.
  • La revue de 70 000 plaintes concernant des enfants est en cours de lancement par les parquets généraux, avec échéance au 14 juillet 2026.
  • Les causes exactes du décès et la question de violences sexuelles restent à établir dans le cadre de l’information judiciaire.
protocole civitas

Protocole CIVITAS : De l’impuissance apprise à l’autonomie territoriale

By Travaux des adhérents

– Par Angélique Outreville, adhérente du CRSI 

Fondement scientifique

Le Protocole CIVITAS est une adaptation française en sept composantes du modèle de stabilisation cognitive de Farchi et al. (International Journal of Emergency Mental Health, Vol. 20, No. 2, 2018), enrichi d’une composante de souveraineté restaurée spécifique au contexte territorial et juridique français.

Ce socle neurologique précis et empiriquement validé distingue le CIVITAS des approches intuitives : en état de choc, l’hyperactivité de l’amygdale inhibe le cortex préfrontal. L’impuissance qui en résulte est l’un des principaux déclencheurs de la perception traumatique. Une intervention cognitive ciblée peut interrompre ce cycle, c’est le principe structurant des sept composantes.

Pourquoi ce protocole existe ?

Les institutions ne manquent pas de moyens pour répondre aux crises urbaines chroniques. Elles manquent d’architecture de sortie. La réponse policière traite les symptômes, nécessaire, insuffisante, et elle repart. La réponse communicationnelle aggrave souvent la situation : le communiqué post-incident est devenu un rite vide que tout le monde accomplit parce que le silence serait pire.

Ce que le Protocole CIVITAS cherche à résoudre n’est pas une crise ponctuelle. C’est un état durable, le choc chronique que les institutions ont fini par intégrer comme normal, et dont le seuil d’alarme monte chaque année.

« L’État ne subit pas par impuissance. Il subit par habitude de survivre à ses propres échecs ». 

Les sept composantes du protocole

Le CIVITAS n’est pas une liste de mesures séquentielles. C’est un système nerveux : sept fonctions qui s’activent simultanément et se renforcent mutuellement. Chaque composante résout un verrou précis entre l’état de sidération et la reprise d’autonomie territoriale.page1image1092353040

capture d’écran 2026 06 05 à 14.50.04

Ce que le protocole n’est pas

Trois lignes de démarcation à poser d’emblée :

– Pas une privatisation de la sécurité : Les référents citoyens ne remplacent pas la Police, ils signalent et dissuadent. Pas d’armes, pas d’initiative hors binôme, liaison directe avec l’officier de liaison.

– Pas un protocole de crise aiguë : C’est un protocole de sortie de crise chronique, nuance juridiquement essentielle pour l’ancrage dans le cadre de la Réserve Communale de Sécurité Civile et la validation de la Direction Générale des Collectivités Locales.

– Pas un dispositif permanent : La composante Souveraineté restaurée transfère la gestion à la réserve communale autonome. L’objectif final est de rendre le protocole inutile.

« Le CIVITAS ne restaure pas l’ordre. Il restaure la capacité d’un territoire à se tenir. Ce n’est pas la même chose. »

Les verrous résolus, de l’intention à l’activation

Le cadre légal existe, la Réserve Communale de Sécurité Civile existe. La participation citoyenne est encadrée. Ce que les textes ne produisent pas spontanément, c’est l’architecture d’activation. Cinq verrous ont été identifiés, analysés et résolus :

– Verrou juridique : Problème : le Code de la Sécurité Intérieure encadre la RCSC en contexte de crise déclarée, pas de crise chronique. Solution : convention de coordination spécifique validée par la Direction Générale des Collectivités Locales, inscrivant la RCSC en prévention du trouble à l’ordre public. La validation précède le déploiement.

– Verrou pénal : Problème : la convention protège la structure, pas l’individu en action. Solution : police d’assurance « Protection Pénale des Collaborateurs du Service Public » souscrite par la commune avant le premier jour de déploiement. Des précédents existent via les agents de surveillance de la voie publique.

– Verrou narratif : Problème : le silence institutionnel laisse le spectre médiatique saturé par un contre-récit adverse en moins de six heures. Solution : le Séquenceur narratif tri-niveau, 72 publications pré-validées qui occupent le terrain sans promettre ni réagir.

– Verrou d’anonymat : Problème : dans un quartier de taille humaine, les référents citoyens sont identifiables en 72 heures malgré les précautions documentaires. Solution : doctrine de non-prédictibilité intégrée comme critère de sélection natif, variation des flux, des horaires, des points d’appui. Compétence native recherchée, pas enseignée.

– Verrou familial : Problème : une menace sur la famille d’un référent citoyen invalide toute règle de conduite. Solution : protocole de mise à l’abri pré-négocié avec les services sociaux et une structure d’hébergement identifiée, activable en quatre heures sur rupture d’anonymat. La convention est signée avant le premier jour, pas improvisée sous pression.

Faisabilité opérationnelle

Des précédents juridiques documentés, notamment à Cannes, établissent que les outils légaux mobilisés sont solides et éprouvés. L’assemblage de ces briques dans une architecture de sortie de crise chronique constitue en revanche une démarche inédite.

Activable en moins de 30 jours, coût inférieur à 10 000 euros, levier du Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance disponible. Aucune nouvelle loi n’est nécessaire. La condition n’est pas budgétaire, ni juridique, elle est méthodologique et politique.

La seule variable que le dossier ne peut pas résoudre est la décision de le prendre.