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Olivier Debeney

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La souveraineté française en matière de santé

By Santé, Travaux des adhérents

par Viviane MEYER, adhérente du CRSI

Souveraineté sanitaire : la France face à ses fragilités et ses ambitions

Un réveil brutal : la leçon du COVID-19

La crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 a constitué un électrochoc majeur pour la France. Elle a mis en lumière de façon brutale les fragilités structurelles accumulées depuis des décennies.

État des lieux : un déclin industriel préoccupant

L’industrie pharmaceutique française en recul. Il a été divisé par deux depuis 2005, soit un recul de près de 15 ans. La France est passée de 1er producteur européen de médicaments à celle de 3ème producteur soit derrière l’Allemagne et l’Italie. Les pénuries de médicaments se sont multipliées, touchant des produits essentiels comme l’amoxicilline ou le paracétamol.

Le secteur souffre d’une dépendance structurelle aux importations. Une large part des principes actifs des médicaments est produite en Asie, notamment en Chine et en Inde. Cette dépendance expose la France à des ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou sanitaire.

Réponse de l’État

La stratégie Innovation Santé 2030, lancée par le gouvernement, vise à placer la France au premier rang européen en termes de recherche et de souveraineté dans le domaine de la santé par la relocalisation. Elle s’attache effectivement à relocaliser des productions pharmaceutiques stratégiques sur le territoire français et européen ainsi qu’à développer les biotechnologies, la médecine de précision et les thérapies innovantes. Les principaux piliers sont l’innovation, sur l’ensemble de la chaîne pharmaceutique, les conditions commerciales que notre pays offrira, et l’approvisionnement, soit notre place sur le réseau logistique européen, voire mondial.

Mais soulignons que la France est particulièrement en pointe s’agissant de la production de médicaments complexe.

Réponse au niveau européen

La « Health Emergency Response Authority (HERA) » a été créée au niveau de l’Union européenne pour anticiper et répondre aux urgences sanitaires transfrontalières. Par ailleurs, elle vise à coordonner les stockages stratégiques de médicaments et équipements ainsi qu’à renforcer la résilience collective des États membres face aux crises. C’est donc une sécurité pour tous les pays de l’UE, que cette approche anticipative permet.

Faut-il une souveraineté absolue pour la santé ?

La souveraineté française ne signifie pas une autonomie totale, elle est impossible et pas véritablement souhaitable. Nous sommes en effet, interdépendant et réciproquement pour tous les autres pays membres de l’UE. À titre d’exemple, 98% des médicaments mis à disposition des patients français sont produits en Europe, ce qui illustre que la souveraineté se construit à l’échelle continentale. Les innovations européennes, en filières industrielles, constituent une formidable opportunité pour restaurer la souveraineté sanitaire française et européenne, à condition d’agir dans une cohérence stratégique.

En conclusion :

La France se trouve à un moment charnière de sa politique industrielle en matière de santé, les décisions prises aujourd’hui conditionneront son autonomie stratégique pour les décennies à venir. La France par son savoir-faire scientifique, a un véritable rôle à jouer, elle ne doit pas laisser cette opportunité lui échapper par une surabondance législative inutile et paralysante. 4 points majeurs pour envisager une politique industrielle de Santé pour notre pays :

– La relocalisation industrielle pharmaceutique

– L’investissement massif dans la recherche et l’innovation

– La souveraineté numérique des données de santé

– La coopération européenne comme levier d’interdépendance choisie

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Travaux des adhérents de la Dordogne

By Travaux des adhérents

Restitution des échanges du dîner-débat des adhérents de la Dordogne : délinquance des mineurs et protection de l’enfance

Le CRSI Dordogne a réuni ses adhérents vendredi 24 avril lors d’un dîner-débat consacré aux enjeux régaliens et de souveraineté. Plusieurs sujets ont été abordés au cours de la soirée, dont celui de la délinquance des mineurs. Plusieurs propositions sont ressorties de cette réunion.

Cet article restitue les échanges et propositions exprimés par les participants lors de cette soirée.

Transparence et connaissance des réalités

Le coût de l’accompagnement des mineurs isolés, en moyenne 150 € par individu, doit être rendu visible et facilement accessible. De même, l’autorisation des statistiques ethniques permettrait de mieux appréhender les réalités du terrain et d’adapter les politiques publiques en conséquence.

Réformer le cadre juridique

L’ordonnance de 1945, socle du droit pénal des mineurs, doit être profondément réformée pour tenir compte des réalités du XXIe siècle. Les peines plancher doivent être rétablies, et des peines dissuasives instaurées dès la première infraction commise à l’encontre de représentants de l’État. La récidive, sous toutes ses formes, doit être sanctionnée plus sévèrement, et l’application effective des peines prononcées, y compris les peines de substitution, doit faire l’objet d’un suivi rigoureux.

Aides sociales et responsabilité parentale

Le fléchage des aides sociales doit être revu. La suspension des aides aux familles complices des agissements de leurs enfants doit être appliquée systématiquement et strictement. Des couvre-feux, instaurés par voie préfectorale, dégageant ainsi les maires de cette responsabilité, doivent pouvoir être mis en place lors de périodes troublant l’ordre public, assortis d’une responsabilisation parentale en cas de non-respect par un mineur.

Mineurs étrangers non accompagnés

La rupture des accords avec l’Algérie entraînerait mécaniquement une réduction du nombre de mineurs non accompagnés (MNA). Plus globalement, une politique d’immigration choisie doit être instaurée. Les responsables d’ONG favorisant les flux migratoires illégaux doivent être interpellés, jugés et sanctionnés. Par ailleurs, la capacité des centres de rétention administrative (CRA) doit être augmentée, le statut des personnes retenues et la durée de rétention réformés, et le dispositif d’encadrement revu : des centaines de policiers sont aujourd’hui affectés à ces tâches alors qu’ils pourraient être redéployés dans des services actifs.

Structures d’encadrement et réponse éducative

Des structures d’encadrement dédiées aux mineurs récidivistes doivent être créées, intégrant reprise scolaire, apprentissage du respect, de la ponctualité et de la valeur travail. Le modèle des Centres de Formation et de Soutien aux Mineurs en difficulté encadrés par des militaires (CFSMA) pourrait être étendu. La capacité d’accueil en milieu carcéral doit par ailleurs être augmentée, avec un accompagnement scolaire systématique.

École et obligation scolaire

L’Éducation nationale doit retrouver un véritable pouvoir d’autorité, et le corps enseignant doit se sentir soutenu par sa hiérarchie en cas de difficulté. Des moyens coercitifs doivent être envisagés pour les mineurs ne se rendant pas à l’école. L’obligation scolaire doit être allongée jusqu’à l’acquisition effective des fondamentaux (arithmétique, grammaire, rhétorique) nécessaires pour vivre dans notre pays.

Justice de proximité

Les unités judiciaires de traitement des infractions liées à la délinquance des quartiers sensibles doivent être développées, en lien avec un parquet spécifique. Les dealers approvisionnant des mineurs en drogue doivent être très sévèrement punis. Le travail d’intérêt général (TIG) doit être privilégié pour les mineurs, plutôt que le travail non rémunéré (TNR).

Protection de l’enfance et accompagnement des familles

Les conseils de famille doivent être professionnalisés. Les familles d’accueil doivent bénéficier d’un accompagnement psychologique dès les premières difficultés avec les enfants accueillis, afin d’éviter les ruptures violentes qui surviennent trop souvent à l’adolescence et découragent les familles de poursuivre cet engagement. Les assistantes sociales doivent monter en compétence et être soumises à une obligation de résultats.

Prévention et éducation

Une éducation sexuelle ciblée doit être mise en place auprès des jeunes défavorisés, et en particulier des très jeunes femmes, afin de prévenir les grossesses non désirées qui conduisent à terme à des placements en famille d’accueil. La création de maisons des 1 000 jours doit être accélérée. Les contrôles au sein de la communauté des gens du voyage doivent être renforcés afin de s’assurer de la scolarisation des jeunes filles. Les collectivités doivent être contraintes, mais accompagnées financièrement, à mettre en place des systèmes d’alerte anonyme pour les scolaires, sur le modèle des boîtes aux lettres Papillons de Laurent Boyer, dans les écoles, clubs sportifs et centres de loisirs.

Service militaire

Enfin, la reprise du service militaire doit être envisagée comme levier de cohésion nationale, d’apprentissage de la discipline et de réinsertion pour les jeunes en difficulté.

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Les refus d’obtempérer routiers : une menace croissante pour les forces de l’ordre

By Sécurité/Justice

Décès en service du maréchal des logis-chef Lucas Voignier, Leyr (54), 9 mai 2026

La mort du maréchal des logis-chef Lucas Voignier, percuté en service sur une route de Meurthe-et-Moselle le 9 mai 2026, vient rappeler avec brutalité ce que les chiffres du ministère de l’Intérieur documentent froidement : intervenir sur la voie publique est, pour un gendarme, un acte qui peut coûter la vie.

Une tendance statistique préoccupante

Selon les données provisoires du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), 28 200 refus d’obtempérer routiers ont été enregistrés en France en 2025 par les forces de sécurité intérieure, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Ce chiffre constitue un niveau inédit depuis le début de la série statistique en 2016.

Cette progression rompt avec la dynamique observée entre 2021 et 2024, période durant laquelle le phénomène avait reculé à un rythme moyen de 3 % par an, après une première phase de montée en charge entre 2016 et 2021 (+2 % par an en moyenne, passant de 24 400 à 27 600 faits). La stabilisation à environ 25 500 infractions sur les années 2023-2024 laissait envisager un plateau durable ; le rebond de 2025 invalide cette perspective.

Au-delà du volume global, la gravité des faits s’aggrave. En 2025, 22 % des refus d’obtempérer enregistrés sont qualifiés d’aggravés, c’est-à-dire exposant directement autrui à un risque de mort ou de blessures graves, représentant environ 6 200 infractions. Cette part progresse continuellement depuis 2016 (16 % à cette date) et gagne encore un point par rapport à 2024 (21 %). En valeur absolue, les refus d’obtempérer aggravés ont ainsi plus que doublé en dix ans, passant de 3 900 en 2016 à 6 200 en 2025.

Un risque mortel pour les militaires en intervention

Ces chiffres trouvent un écho tragique dans l’actualité récente. Le samedi 9 mai 2026, vers 14h20, le maréchal des logis-chef Lucas Voignier, affecté à la Brigade motorisée de Seichamps, a été percuté par un automobiliste sur la commune de Leyr (Meurthe-et-Moselle) au cours d’une intervention. Malgré les soins prodigués, il a malheureusement succombé à ses blessures. Il était âgé de 31 ans. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a précisé que le militaire était en mission pour la sécurité des concitoyens sur les routes de Meurthe-et-Moselle, au cours d’une manœuvre d’interception d’un véhicule tiers.

Ce drame illustre concrètement ce que traduisent les statistiques : les interventions routières des forces de l’ordre, et en particulier des motards de la gendarmerie, exposent quotidiennement les militaires à un risque vital. Il rappelle le précédent de l’adjudant-chef Éric Comyn, tué dans des circonstances analogues à Mougins en août 2024 lors d’un refus d’obtempérer caractérisé.

Une réponse institutionnelle engagée

Sur le plan opérationnel, le ministre de l’Intérieur avait rappelé, en réponse à la hausse des refus d’obtempérer en 2025, avoir donné pour instruction aux policiers et gendarmes d’engager des poursuites systématiques. Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes du drame de Leyr.

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Santé physique et morale des policiers et gendarmes

By Travaux des adhérents

Par les membres du CRSI Dordogne

Les forces de l’ordre sont exposées à des risques professionnels significatifs, qu’ils soient physiques, opérationnels ou psychologiques.

État des risques professionnels dans les forces de l’ordre

Chaque année, entre 15 et 25 policiers et gendarmes perdent la vie dans l’exercice de leurs fonctions.

Les blessures en service touchent quant à elles entre 10 000 et 20 000 agents par an, on dénombrait ainsi 10 816 gendarmes blessés en 2025, un chiffre en hausse nette depuis 2010, sous l’effet conjugué des crises des Gilets jaunes, des tensions en outre-mer et de l’intensification de la lutte contre le trafic de drogue.

À ces blessures physiques s’ajoutent 50 à 60 suicides par an au sein des forces de l’ordre, à parts sensiblement égales entre police et gendarmerie. Si la police nationale enregistre une baisse encourageante, la gendarmerie connaît pour sa part une tendance à la hausse. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il est utile de rappeler qu’une vingtaine d’internes en médecine, profession pourtant réputée pour sa vulnérabilité psychologique — se suicident chaque année : les forces de l’ordre font donc face à un risque deux à trois fois supérieur.

Les causes de ces atteintes sont multiples et souvent combinées : accidents de la voie publique, refus d’obtempérer, courses-poursuites, blessures par balle ou par engins explosifs improvisés, mais aussi, de façon croissante, charge mentale et troubles de stress post-traumatique (TSPT).

Mesures correctives et perspectives d’évolution

La prévention du suicide doit être étendue à la gendarmerie sur le modèle de ce qui existe dans la police, notamment via le Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO) et le dispositif Sentinelles. Ces outils, reposant sur des référents formés, ont permis de diviser par deux le nombre de suicides dans la police nationale.

Un véritable service de santé propre au ministère de l’Intérieur doit être créé, sur le modèle du Service de Santé des Armées (SSA). Aujourd’hui, 4 000 élèves policiers par an (ils seront 7 000 en 2030 selon l’annonce du DGPN) sont scolarisés dans des structures en province sans service de santé suffisant pour absorber ce chiffre. Cette absence de prise en charge conduit à des situations ubuesques où des élèves se retrouvent en report de scolarité pendant des semaines, des mois, voire des années.

L’organisation de la police nationale mériterait d’être repensée. Les trois corps actuels : Corps d’Encadrement et d’Application (CEA), Corps de Commandement (CD) et Corps de Conception et de Direction (CCD), pourraient être ramenés à deux, sur le modèle plus lisible de la gendarmerie.

La mutualisation des corps supports de la police et de la gendarmerie doit être accélérée, afin de gagner en cohérence et en efficacité.

En matière de maintien de l’ordre, les secouristes opérationnels (SOC police) devraient être transformés en dispositif d’équipes médicales opérationnelles de gendarmerie (EMOG), tel qu’il existe déjà dans les escadrons de gendarmerie. La création d’un tel dispositif en police est toutefois subordonnée à la création préalable d’un service médical dédié.

La formation doit être mieux adaptée aux contraintes opérationnelles, notamment en ce qui concerne l’utilisation des véhicules.

Il convient de rétablir des critères de taille et de poids pour le recrutement, ainsi qu’une visite d’incorporation dès le premier jour d’arrivée en formation des lauréats, afin de détecter au plus tôt toute contre-indication au service.

Plus globalement, la question de la mutualisation de la police et de la gendarmerie doit être clairement posée. L’exemple belge, où cette fusion s’est très bien passée, montre qu’elle est possible. En France, ces deux forces disposent de compétences reconnues dans le monde entier mais ne travaillent pas, ou trop peu, ensemble.

Enfin, il est nécessaire d’exiger de la presse une couverture neutre et équilibrée des forces de l’ordre, en évitant les traitements systématiquement à charge contre la police et la gendarmerie.

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L’état du marché mondial du pétrole en 2026

By Energie/Industrie

Et si la fermeture d’un détroit de 40 kilomètres suffisait à faire vaciller l’économie mondiale ? Depuis février 2026, la crise d’Ormuz fait flamber le pétrole, s’emballer l’inflation et trembler les chancelleries. Décryptage d’une crise sans précédent.

I. Le détroit d’Ormuz : le point de départ de la crise

Un passage stratégique essentiel

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran au nord et Oman au sud, est un couloir maritime d’environ 40 kilomètres de large à son point le plus étroit. Il représente aujourd’hui l’un des passages les plus importants au monde pour le transport de l’énergie. En temps normal, il permet le transit de :

  • 20,1 millions de barils de pétrole brut par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale ;
  • 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial ;
  • un tiers des engrais mondiaux et 80 % du polyéthylène produit au Moyen-Orient ;
  • entre 15 et 20 millions de tonnes de céréales destinées aux pays du Golfe.

Jusqu’alors, le détroit n’avait jamais été fermé, même lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Le gel actuel est donc qualifié de « sans précédent » par les experts en stratégie maritime (Cyrille Poirier-Coutansais, directeur du département recherches au Centre d’études stratégiques de la Marine ; Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime).

L’opération « Epic Fury » et la fermeture du détroit

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes aériennes coordonnées contre l’Iran dans le cadre de l’opération « Epic Fury ». Ces attaques ont provoqué la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei. En réaction, les Gardiens de la Révolution ont annoncé la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, déclenchant une crise majeure.

Les conséquences ont été immédiates :

  • le trafic maritime est passé de 160 navires par jour fin février à seulement 12 en mars, puis 6 début avril ;
  • les assureurs maritimes ont classé la zone comme « zone de guerre », faisant exploser les coûts d’assurance des pétroliers ;
  • près d’un millier de navires se sont retrouvés bloqués dans le golfe Persique ;
  • l’Iran a mis en place un « corridor à péage », exigeant jusqu’à 2 millions de dollars par navire, payables en yuans.

Le 4 mai 2026, les États-Unis ont lancé une opération d’escorte navale pour tenter de sécuriser la zone. Cette intervention a entraîné de nouveaux affrontements : des missiles iraniens ont visé les Émirats arabes unis, un incendie a touché le terminal pétrolier de Fujaïrah et un pétrolier a été frappé par des drones.

II. L’impact sur les prix du pétrole

Une hausse spectaculaire du baril

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette crise représente la plus importante perturbation de l’approvisionnement pétrolier jamais observée. Les marchés ont immédiatement réagi.

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Dès le début du blocage, les prix ont augmenté d’environ 13 % en quelques heures, franchissant rapidement la barre symbolique des 100 dollars le baril. Le Brent a même approché les 120 à 126 dollars fin avril. Certains scénarios envisagent désormais un baril entre 150 et 250 dollars si le conflit se prolonge.

Pourquoi les prix à la pompe augmentent-ils ?

La hausse du pétrole brut ne se répercute pas immédiatement et totalement sur les consommateurs. Plusieurs éléments influencent le prix final :

  • le pétrole brut représente environ 30 % du prix payé à la pompe ;
  • en France, les taxes fixes (accises) comptent pour près de 40 % du prix des carburants ;
  • la TVA de 20 % s’applique aussi sur ces taxes, ce qui accentue légèrement la hausse ;
  • les augmentations sont répercutées rapidement, généralement sous une semaine, alors que les baisses prennent plus de temps. Ce phénomène est appelé « rocket and feathers ».

III. Les conséquences pour les consommateurs

Des records historiques en France

La hausse du prix du pétrole a provoqué une forte augmentation des carburants en France.

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Le gazole est le carburant qui a le plus augmenté, avec une hausse de 36 % depuis le début de l’année. Cette situation s’explique notamment par la dépendance européenne au diesel importé du Moyen-Orient depuis les sanctions contre la Russie en 2022.

Pour de nombreux ménages, les conséquences sont importantes : un plein de 40 litres de diesel coûte désormais plus de 20 euros supplémentaires par rapport à la période précédant le conflit.

Un impact sur toute l’économie

La hausse des prix de l’énergie touche aussi d’autres secteurs :

  • l’inflation française atteint 1,7 % en mars 2026 contre 0,9 % en février ;
  • Air France-KLM prévoit une hausse de 35 % de ses dépenses de carburant ;
  • les industries du plastique et les hôpitaux subissent des tensions d’approvisionnement ;
  • le coût du transport aérien des produits agricoles augmente fortement ;
  • le budget carburant des ménages pourrait progresser de 10 à 15 % si les prix restent élevés.

Face à cette situation, plusieurs pays européens comme l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne ont réduit leurs taxes sur les carburants. La France, elle, privilégie des aides ciblées, notamment une aide de 50 euros pour certains travailleurs modestes. De son côté, TotalEnergies a plafonné certains prix à la pompe.

IV. Les conséquences pour les États

Les pays producteurs : entre profits et fragilité

Les États producteurs qui peuvent encore exporter profitent de la hausse des prix. La Russie est l’un des grands gagnants indirects de cette crise : avec un pétrole dépassant les 85 dollars le baril, Moscou bénéficie de recettes supplémentaires importantes pour financer son économie et la guerre en Ukraine.

En revanche, plusieurs monarchies du Golfe restent très dépendantes du détroit d’Ormuz pour leurs exportations. Le Koweït, le Qatar et Bahreïn disposent de peu d’alternatives. Les Émirats arabes unis et l’Irak possèdent toutefois quelques oléoducs de contournement.

Les pays importateurs : des situations très inégales

Les pays asiatiques sont particulièrement vulnérables :

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La France reste moins exposée grâce à la diversification de ses importations et à ses réserves stratégiques équivalentes à environ 90 jours de consommation.

Les finances publiques françaises

L’État français ne profite pas directement de la hausse des prix via les accises, car celles-ci sont fixes. En revanche, l’augmentation du prix hors taxes entraîne mécaniquement une hausse des recettes de TVA.

Le gouvernement subit néanmoins une forte pression politique pour réduire les taxes sur les carburants. Une baisse généralisée de 10 centimes par litre coûterait environ 3 milliards d’euros sur six mois.

V. Les enjeux diplomatiques et géopolitiques

Une OPEP+ fragilisée

La crise a profondément déstabilisé l’OPEP+. Le 1er mai 2026, les Émirats arabes unis ont quitté l’organisation, un départ majeur pour le cartel pétrolier.

De son côté, l’AIE a annoncé la plus grande libération de réserves stratégiques de son histoire : 400 millions de barils ont été injectés sur le marché afin de limiter la hausse des prix.

De nouvelles tensions internationales

La crise entraîne aussi une recomposition des rapports de force :

  • les États-Unis cherchent à sécuriser le détroit grâce à des escortes navales ;
  • la France propose une mission internationale défensive avec le Royaume-Uni ;
  • la Chine se retrouve dans une position délicate, car elle dépend fortement du pétrole du Golfe tout en entretenant des liens étroits avec l’Iran ;
  • l’Iran utilise le détroit comme moyen de pression diplomatique dans les négociations sur le nucléaire ;
  • la Russie profite du regain d’intérêt asiatique pour son pétrole.

Un accélérateur de la transition énergétique

Cette crise montre surtout la fragilité de la dépendance mondiale aux hydrocarbures. Elle pourrait accélérer plusieurs évolutions :

  • le développement des énergies renouvelables ;
  • les investissements dans le nucléaire ;
  • la réduction de la dépendance européenne au GNL du Moyen-Orient ;
  • l’électrification des transports et des flottes industrielles.

Conclusion

La crise du détroit d’Ormuz en 2026 montre à quel point ce passage maritime est essentiel pour l’économie mondiale. La fermeture partielle du détroit a provoqué une hausse spectaculaire des prix du pétrole, des tensions économiques importantes et un bouleversement diplomatique majeur.

Au-delà de la crise immédiate, cette situation rappelle surtout que la dépendance mondiale aux hydrocarbures reste une source de vulnérabilité stratégique. Si les tensions se prolongent, les économies mondiales pourraient durablement faire face à des prix très élevés du pétrole, poussant les États à accélérer leur transition énergétique et leur recherche d’indépendance.

Sources : Trading Economics, IFPEN, RTS, Franceinfo, INSEE, Grand Continent, AIE, Vie-Publique.fr, Optima Énergie, Wikipedia (Crise du détroit d’Ormuz 2026), Boursorama/Les Échos. Données arrêtées au 6 mai 2026.

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BITD : entre essor industriel et contraintes financières

By Défense

par un membre du CRSI 

Bien qu’elles demeurent fragiles sur certains aspects financiers, les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) affichent des signes d’amélioration depuis le début du conflit en Ukraine. Les données récentes mettent en évidence une dynamique globalement plus favorable que celle observée dans des entreprises comparables hors secteur de la défense, même si certaines limites persistent.

I. Portées par le contexte géopolitique, les entreprises de la BITD sont plus dynamiques que les entreprises équivalentes 

Le contexte international favorise les investissements publics en matière de défense

Le principal facteur explicatif de cette amélioration réside dans l’évolution du contexte international. En Europe, la guerre en Ukraine a accentué la tendance, amorcée dès 2017, à l’augmentation des dépenses de défense des États. Cette dynamique ne se limite toutefois pas à l’Europe, mais concerne l’ensemble des régions du monde. Ainsi, le volume des transferts d’armements sur la période 2021-2025 a été supérieur de 9,2 % à celui observé entre 2016 et 2020.

En France, les crédits alloués à la défense atteignent 57,1 milliards d’euros en 2026, soit une hausse de 13 % par rapport à 2025, représentant environ 2,3 % du PIB. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large : 36 pays européens se sont engagés (à l’exception de l’Espagne) à porter leurs dépenses militaires à 3,5 % du PIB à l’horizon 2035.

Ce contexte crée un environnement particulièrement favorable aux entreprises de la BITD. La hausse des commandes publiques se traduit par une augmentation significative de l’activité industrielle. Par exemple, la production d’équipements tels que les canons Caesar, les avions de combat Rafale ou encore les munitions a fortement accéléré afin de répondre aux besoins opérationnels et à la reconstitution des stocks.

Des investissements propices au dynamisme de la BITD

Plusieurs indicateurs économiques illustrent la bonne santé des entreprises de la BITD :

  • Le taux de marge médian est revenu à son niveau d’avant la crise du COVID-19, se situant même 1,5 point au-dessus de celui des entreprises comparables hors secteur.
  • Le taux d’utilisation des capacités de production atteint désormais 90 %, contre seulement 80 % pour les entreprises équivalentes, traduisant une forte sollicitation de l’appareil productif.
  • Les investissements médians représentent 6,5 % de la valeur des entreprises, contre 2 % dans les autres secteurs, témoignant d’un effort soutenu de modernisation et d’augmentation des capacités.
  • Les réserves de trésorerie médianes atteignent 61 jours, contre 33 jours pour les entreprises comparables, reflétant une amélioration de la liquidité à court terme.
  • Enfin, depuis 2020, la valeur ajoutée médiane des entreprises de la BITD a progressé de 48 %, contre seulement 12 % pour les entreprises équivalentes.

Ces éléments témoignent d’un regain d’activité et d’un dynamisme porté par la demande publique. Par ailleurs, les dépenses de défense soutiennent également l’effort de recherche et développement.

II. Une santé financière encore fragile, mais des facteurs d’amélioration en cours

Malgré leur croissance, une marge de manœuvre financière plus limitée

Malgré cette dynamique positive, la situation financière des entreprises de la BITD demeure, à certains égards, plus fragile que celle des entreprises comparables. Cette fragilité s’explique notamment par des contraintes structurelles propres au secteur de la défense.

En particulier, les entreprises de la BITD présentent des niveaux d’endettement légèrement plus élevés :

  • Le ratio d’endettement brut s’établit à 12 %, contre 10 % pour les entreprises équivalentes.
  • Les dettes financières médianes représentent 33 % des bénéfices, contre seulement 12 % pour les entreprises hors secteur.

Ces écarts traduisent une marge de manœuvre financière plus réduite, liée notamment à des cycles de production longs, à des besoins en capitaux importants et à une forte dépendance aux commandes publiques, souvent étalées dans le temps.

Des évolutions réglementaires et structurelles favorables

Toutefois, les causes historiques de ces fragilités tendent à évoluer. Pendant longtemps, le secteur de la défense a souffert d’un accès limité aux financements, en raison notamment de son exclusion de nombreux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). De nombreux investisseurs institutionnels refusaient ainsi de financer des activités liées à l’armement, jugées incompatibles avec leurs politiques d’investissement responsable.

Ce cadre a été partiellement remis en cause. Le 5 mars 2025, une évolution importante de la réglementation a permis de réintégrer, sous certaines conditions, les entreprises de la défense dans les grilles d’analyse ESG, facilitant ainsi leur accès au financement.

Par ailleurs, on observe une multiplication des initiatives publiques et privées visant à soutenir le financement de la BITD. En France comme à l’échelle européenne, plusieurs fonds d’investissement spécialisés ont été créés pour accompagner les entreprises du secteur, notamment les PME et ETI souvent sous-capitalisées.

Le programme européen SAFE constitue un exemple de cette évolution. Il vise à mobiliser des capitaux afin de renforcer les capacités industrielles de défense, favoriser l’innovation et soutenir la montée en puissance des chaînes de production. Ce type d’initiative contribue progressivement à réduire les contraintes financières qui pèsent historiquement sur le secteur.



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Table ronde avec le Général Pierre de Villiers

By Dernièrement

Table ronde du CRSI avec le Général de Villiers : la souveraineté au cœur du débat

Ce mardi matin, le Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI) organisait une table ronde consacrée à la souveraineté nationale, en présence du Général Pierre de Villiers et de Thibault de Montbrial, président du CRSI. La rencontre a réuni 180 participants.

Une réflexion de fond sur la souveraineté

Thibault de Montbrial et le Général de Villiers ont proposé une analyse rigoureuse de ce que recouvre aujourd’hui la notion de souveraineté et des conditions nécessaires à son affermissement face aux défis contemporains. Les échanges ont permis d’aborder avec profondeur les fragilités actuelles de la France et les exigences d’une véritable politique de puissance.

Des échanges nourris avec le public

La conférence a été suivie d’un temps d’échange avec les participants, permettant de prolonger la réflexion sur les nombreuses questions soulevées. La séance s’est conclue par une dédicace des ouvrages de Thibault de Montbrial et du général de Villiers, avant de laisser place à des discussions libres entre l’ensemble des participants.

Cette rencontre confirme l’attente forte des citoyens pour un débat sérieux, loin des postures partisanes, sur les grands enjeux qui engagent l’avenir du pays.