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Pouvoir d’achat : l’heure des bâtisseurs

By Economie

Sauf choc majeur, le pouvoir d’achat s’imposera comme la préoccupation dominante des Français

Par Antonin Coulier, responsable de la commission Économie

La question du pouvoir d’achat sera probablement l’un des thèmes majeurs, sinon le thème central, de l’élection présidentielle de 2027. Bien sûr, l’histoire nous enseigne qu’un événement géopolitique ou sécuritaire peut bouleverser en quelques semaines l’ordre des priorités. Souvenons-nous de l’« effet drapeau » provoqué par la guerre en Ukraine, qui avait replacé les questions régaliennes au cœur du débat public.

Mais sauf choc majeur, le pouvoir d’achat s’imposera comme la préoccupation dominante des Français. Car derrière cette expression devenue familière se cache une question beaucoup plus fondamentale : comment une économie crée-t-elle de la richesse, comment la distribue-t-elle et pourquoi certains ont-ils le sentiment de travailler toujours plus sans vivre mieux ?

Le pouvoir d’achat durable ne naît pas des chèques mais de la capacité d’une nation à produire davantage de richesse et à mieux la transmettre à ceux qui travaillent.

En reprenant une image chère à l’économiste Denis Clerc, l’économie peut être vue comme une valse à trois temps : produire, répartir, consommer. D’abord, elle crée des biens et des services, donc de la richesse. Ensuite, cette richesse est répartie entre salariés, entreprises et État. Enfin, elle est utilisée : une partie est consommée pour satisfaire les besoins du présent, tandis qu’une autre est investie pour préparer la prospérité de demain.

Cette question est loin d’être théorique. Dans leur rapport « Retrouver la capacité de produire en France et en Europe », Xavier Ragot et Jean-Luc Tavernier rappellent que la prospérité durable repose d’abord sur la capacité d’un pays à produire, innover et investir. Certes, les chèques, les primes, les baisses d’impôts ou les aides ciblées peuvent apporter un soulagement ponctuel et parfois nécessaire. Mais aucune mesure de court terme ne peut garantir à elle seule une progression durable du niveau de vie. Celle-ci dépend avant tout de la capacité d’un pays à produire davantage de valeur, à améliorer sa productivité, à investir dans les compétences et à mieux transmettre la richesse créée à ceux qui travaillent.

Cette distinction entre soulagement immédiat et enrichissement durable devrait être au cœur du débat présidentiel.

En France, nous parlons beaucoup du partage des richesses et trop peu de leur création. C’est humain, mais aussi profondément politique. Promettre davantage à chacun est toujours plus séduisant que d’expliquer comment créer davantage de richesse. À force de débattre du partage du gâteau, nous avons parfois oublié la question essentielle : comment le faire grandir ?

Pourtant, même lorsqu’une économie produit davantage de richesse, une question demeure : pourquoi existe-t-il un tel écart entre ce que coûte le travail et ce qu’il rapporte réellement à celui qui l’exerce ? Entre le coût du travail pour l’entreprise et le revenu réellement disponible pour le salarié s’intercalent les cotisations sociales, l’impôt et l’inflation.

Il faut d’abord éviter le slogan simplificateur sur les « charges ». Les cotisations ne constituent pas une perte sèche : elles financent les retraites, la santé, la famille et plus largement une partie de notre État-providence. Les réduire augmenterait immédiatement le salaire net, mais seulement si cette baisse n’était pas compensée ailleurs par une hausse de la TVA, de la CSG ou une diminution des prestations sociales.

Certains économistes défendent ainsi une forme de TVA sociale : diminuer les prélèvements pesant sur le travail tout en augmentant la taxation de la consommation. L’idée est de faire contribuer également les produits importés au financement de notre modèle social. Selon sa conception, une telle réforme pourrait améliorer le salaire net ou réduire le coût du travail tout en élargissant le financement de la protection sociale aux produits importés. Mais elle comporte un risque majeur : celui d’une hausse des prix qui viendrait réduire le gain de pouvoir d’achat, notamment pour les ménages les plus modestes.

Dans leur note « Quelles stratégies pour l’emploi et les salaires ? », Antoine Bozio et Étienne Wasmer mettent en lumière un paradoxe français : un système conçu pour favoriser l’emploi autour du Smic, mais qui tend désormais à freiner les augmentations salariales. Ils proposent de réduire progressivement les « trappes à bas salaires », de mieux cibler les aides et de réorienter l’action publique vers l’éducation, la formation et la mobilité. Leur idée est simple : l’amélioration durable des salaires ne viendra pas seulement d’une baisse du coût du travail, mais aussi d’une montée en compétences de la population active.

Cette logique rejoint les travaux de Patrick Artus, qui place la productivité au cœur de la question du pouvoir d’achat. L’idée est simple : lorsqu’une entreprise produit davantage de valeur grâce à une meilleure organisation, à l’innovation ou à l’investissement, elle peut financer simultanément des hausses de salaires, des investissements supplémentaires et des recettes fiscales accrues. 

À l’inverse, lorsqu’une économie ne produit pas davantage de richesse, les augmentations de revenus finissent souvent par être financées par l’endettement, la hausse des prix ou la compression des marges.

Dans sa note « France : quelles conséquences du recul de la productivité ? », Patrick Artus souligne que la productivité du travail a reculé de 2,2 % entre 2019 et 2025. Pourtant, le pouvoir d’achat a continué à progresser grâce à la hausse de l’emploi et des prestations sociales. L’État a ainsi absorbé une part importante du choc au prix d’une dégradation des finances publiques. À long terme, l’amélioration du pouvoir d’achat dépend d’abord de la capacité d’une économie à accroître sa productivité.

Les économistes Xavier Jaravel, Thomas Philippon, Maria Guadalupe et David Sraer arrivent à une conclusion similaire dans leur note « Cap sur le capital humain pour renouer avec la croissance de la productivité ». Selon eux, l’insuffisance du capital humain constitue l’un des principaux freins au redressement de la productivité française. Ils défendent plusieurs priorités : faire de l’éducation une priorité nationale, renforcer les compétences comportementales dès l’école, démocratiser l’accès aux carrières scientifiques et réorienter une partie des aides à la recherche vers les PME et les TPE.Pour ces auteurs, la hausse durable du niveau de vie passera d’abord par l’investissement dans les compétences, l’innovation et le capital humain.

Les exemples pourraient être multipliés. Tous conduisent pourtant à la même conclusion : le pouvoir d’achat durable suppose à la fois de créer davantage de richesse et de mieux la transmettre à ceux qui travaillent.Pendant longtemps, le progrès économique signifiait pour beaucoup de Français la certitude que leurs enfants vivraient mieux qu’eux. Le malaise contemporain naît peut-être moins d’une baisse du niveau de vie que du doute croissant sur cette promesse de progrès.

À l’approche de l’élection présidentielle, les candidats seront nombreux à promettre davantage de pouvoir d’achat. Il faudra pourtant distinguer ce qui relève du soulagement immédiat de ce qui permet un enrichissement durable. Les premières mesures produisent rapidement des effets visibles ; les secondes demandent du temps, de la constance et du courage, mais elles seules peuvent transformer durablement le niveau de vie d’un pays.

Si les programmes ne parlent que de chèques, de primes ou de baisses d’impôts, sans jamais évoquer la productivité, l’investissement, la production, la recherche ou l’innovation, souvenons-nous de la leçon de La Fontaine : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »

Les réformes les plus efficaces seront rarement les plus faciles. Elles exigeront des choix, des arbitrages et sans doute des efforts. Mais le pouvoir d’achat durable ne naîtra ni d’un slogan ni d’un chèque supplémentaire. Il se construira par une politique capable de produire davantage de valeur et de mieux la transmettre à ceux qui travaillent.

Seule une politique animée par un nouvel esprit, un esprit de bâtisseur, pourra redonner durablement du pouvoir d’achat aux Français. La France d’aujourd’hui n’a pas à reconstruire ses villes, ses routes ou ses usines détruites. Elle doit cependant reconstruire quelque chose d’essentiel, qui s’est lentement érodé au fil des décennies : sa capacité à produire, à innover, à investir et à se projeter dans l’avenir.

En 2027, les Français n’auront pas seulement besoin de nouvelles promesses de pouvoir d’achat. Ils auront besoin d’un projet de prospérité et de responsables politiques prêts à en poser les fondations.

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Ma pension de retraite, otage d’un système malade ?

By Economie

Analyse des fragilités structurelles du système français de retraite par répartition

Par Ghislaine Rouviere, membre de la commission Économie

Cette contribution analyse les fragilités structurelles du système français de retraite par répartition à partir d’un double constat : la baisse sensible du niveau de vie observée lors du passage à la retraite et la dégradation de l’équilibre financier du régime de base.

L’auteur montre que la soutenabilité du système dépend principalement de facteurs démographiques et économiques tels que le ratio actifs/retraités, le taux de fécondité, l’espérance de vie, l’emploi, le niveau des cotisations et la croissance économique. Dans ce contexte, le régime de base affiche un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2025 pour 422 milliards d’euros de dépenses, tandis que le vieillissement de la population accentue les tensions de financement.

L’analyse souligne toutefois que cette situation doit être nuancée par l’existence de réserves importantes au sein des régimes complémentaires, des fonds de réserve pour les retraites et des dispositifs d’épargne retraite. Selon l’auteur, les difficultés actuelles tiennent autant aux évolutions démographiques qu’à la complexité croissante d’un système devenu coûteux à administrer et insuffisamment lisible pour les citoyens.

Afin d’en assurer la pérennité, l’analyse propose une stratégie reposant sur trois leviers complémentaires : une augmentation de l’activité et de l’emploi des seniors, un renforcement de l’épargne de long terme destinée à préparer la retraite et une réforme institutionnelle visant à simplifier les règles, rapprocher les régimes public et privé et améliorer la gouvernance du système. L’auteur défend ainsi une approche combinant travail, épargne et réforme plutôt qu’un ajustement reposant sur un levier unique.

Enfin, il est avancé que la mobilisation des réserves existantes, l’augmentation des recettes liées au travail et les effets favorables attendus sur la croissance et les recettes fiscales pourraient contribuer au financement de ces évolutions. L’objectif poursuivi est de renforcer simultanément la soutenabilité financière du système et la responsabilité individuelle dans la préparation de la retraite.

Axe majeur du financement déficitaire des retraites, le système par répartition est vulnérable aux fluctuations économiques et démographiques. Décider de geler la revalorisation des pensions de retraite, déjà synonyme de baisse automatique des revenus, est-elle la seule mesure garante de l’équilibre financier du système ?

DIAGNOSTIC :

UN 1ER CONSTAT : BAISSE AUTOMATIQUE DU NIVEAU DE VIE DES RETRAITES

« J’ai travaillé, longtemps. J’ai accepté de verser une partie de mon salaire à mes aînés qui jouissaient d’une juste retraite que l’ensemble des actifs considérait comme méritée. Par la liberté de temps retrouvé, je pensais savourer sereinement ma retraite. J’ai appris assez tard dans ma carrière que ma pension de retraite m’imposerait une baisse de mon niveau de vie : en moyenne 43,4 % de mon dernier salaire Brut (OCDE) et jusqu’à 50 % pour les cadres ou travailleurs indépendants (Rapport juin 2026 Conseil d’Orientation des Retraites COR). Jeune retraité, j’apprends que le système en déficit croissant ne répond plus aux réalités économiques et démographiques. Les règles doivent changer de gré ou de force ».

Et pourtant, j’ai été, je suis, et je resterai une particule élémentaire de ce Système. Je suis une de ses incarnations : chacun des acteurs, actifs ou retraités, détient une légitime place dans ce système qui fait lui -même, partie intégrante de la Nation française. Cessons d’opposer le citoyen au « système » car des solutions existent.

Quelques chiffres :

« J’ai 62 ans et j’appartiens aux 17,9 millions de retraités, 1/4 de la population française (de 15 à 64 ans), qui perçoivent leur pension grâce au 31, 4 millions d’actifs, 74,4 % de la population actuelle qui cotisent pour eux jusqu’à plus de 19,09 % de leur salaire brut, quand leur patron cotise jusqu’à plus de 28 % du brut (Taux maximal selon l’OCDE).

Par le système par répartition, 1,8 actifs financent ma pension versée par le régime de Base CNAV et par les régimes complémentaires (Type Agirc -Arcco, Ircantec…) A partir de mes 55 ans, j’ai accédé à mon « Relevé de Carrière » regroupant sur l’ensemble des années d’activité professionnelle, le nombre de trimestres travaillés. (172 pour un taux plein à 67 ans. Système de décote/sur côte calculée à partie de 62 ans)).

C’est seulement 6 mois avant la liquidation de ma retraite que j’ai pu avoir une idée fiable du montant de ma pension. :1705 euros mensuels bruts en moyenne (1500 privés, 2300 fonction publique. Source Drees). (SMIC à 1867 euros mensuels bruts pour un temps plein de 35h) soit 1557 euros mensuels nets, après la retenue de 6 à 9 % (CSG, CRDS, CASA) (SMIC net à 1478 euros mensuels).

Ces moyennes cachent de très grandes diversités. Les pensions directes les plus modestes peuvent faire l’objet d’allocations complémentaires (Minimum vieillesse avec l’Aspa, Asi, Apl) versées par la CNAV ou la CAF.

CONSTAT N°2 : DERRIERE UN DEFICIT CROISSANT DU REGIME DE BASE, DES BENEFICES ET UNE EPARGNE SALARIALE COLLECTIVE RECORD !

En 2025, la Branche Retraite de l’Assurance Sociale affiche un déficit de 5,1 milliards d’euros (Régime de base) soit0,2 % du PIB. (COR Juin 2026)

  • Côté dépenses : 422 milliards d’euros sont versés, 14,1 % du PIB, et 24,3 % de l’ensemble des dépenses publiques (derrière l’Italie, et 6ième place dépense par habitant, des pays suivis par le COR).
  • Côté recettes : Sur les 417 milliards d’euros collectés, 2/3 sont financés par les cotisations patronales et salariales obligatoires, le 1/3 restant représente les contributions types CSG, CRDS, CASA, et les subventions publiques.

La réalité financière et comptable recouvre de grandes diversités (Disparités des régimes Public /Privé, âge de départ carrière longue, spécificités des régimes spéciaux …) en alourdissant les coûts de la gestion administrative. La Cour des comptes nous rappelle que Mr Bayrou, lors de son discours de présentation de Politique Générale de 1er Ministre, a alerté sur un déficit de plus de 50 Milliards d’euros (explicable, entre autres, par l’anomalie sur le taux de cotisation de l’Etat-Employeur : les traitements des fonctionnaires actifs comptabilisés avec les pensions des anciens fonctionnaires dans le budget global du ministère …).

L’horizon s’éclaircit pourtant du côté des régimes complémentaires obligatoires et des Fonds de Réserves. La gestion vertueuse par le régime complémentaire obligatoire AGIRC ARRCO des 91,2 Milliards d’euros, permet de dégager un bénéfice annuel de + 1,4 milliards ; L’intérêt financier de cet l’excédent bascule à son tour dans ses réserves. Les 100 milliards annuels de prestations distribuées par l’Agirc-Arrco sont de réels amortisseurs de crise et une garantie démographique assurant un autofinancement sur les 40 prochaines années.

Créé par en 2001, les FFR, fonds de réserve pour la retraite, ont vocation à constituer des réserves pour la pérennité du régime de retraites notamment par l’effet de lissage du choc financier du papy-boom. Ces établissements publics administratifs, affichent un actif de 20, 7 milliards d’euros, avec +9 % de la valeur du portefeuille en 2025. Ils ont versé jusqu’en 2023, 1,45 milliards à la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale).

Les Fonds « Fillon », PER Plan d’épargne retraite, selon le Ministère de l’Economie, ont un encours de 150,4 Milliards d’euros en 2025 et concernent 12,9 millions de Français bénéficiant des avantages de la retraite par capitalisation. Selon l’AFG (Association Française de la Gestion Financière) le système d’Epargne Salariale Collective a atteint un encours record de 230 Milliards d’euros en 2025 alimentant les comptes de 13,2 Millions de salariés sur leur plan PEE, PERECO, PAV. 76 % de ces encours sont des actions et obligations qui contribuent pour 57 % au financement de l’économie française (Club Du Patrimoine).

LES CAUSES DE LA BAISSE AUTOMATIQUE DU NIVEAU DE VIE DU RETRAITE ET DU DEFICIT DU REGIME DE BASE DES RETRAITES

Les courbes inversées des facteurs d’équilibre du financement des retraites. Basé sur la solidarité intergénérationnelle, l’équilibre de ce système actuel par répartition est contraint, d’une part, par :

– le nombre d’actifs cotisants et l’assiette des cotisations et les règles d’attributions des pensions

– la baisse du ratio d’actifs /retraités 6 en 1945 1,8 en 2026

– la baisse du taux de fécondité 1,56 (Insee) 2026 estimé 1,4 en 2028

– l’augmentation de l’espérance de vie 85,9 ans femme 80,4 ans homme

– le taux d’activité

– le taux de chômage 8 % (3,3 millions France Travail trimestres validés sans cotisations Retraite)

– les montants et des taux de cotisations obligatoires, subventions et taxes diverses dédiées.

– l’âge légal de départ à la retraite.

– la pyramide des âges (surcroît de retraités Boomers)

– le PIB

Mais aussi par ses capacités intrinsèques à anticiper, intégrer, et amortir les fluctuations multifactorielles associées. Depuis 1945, l’ensemble des lois visant à corriger les déficits ont complexifié le fonctionnement et la gestion du système gagné par une lourdeur administrative coûteuse pour l’ensemble des parties, salariales, patronales et services de l’État. Simplification, rationalité, fluidité et lisibilité bénéficieraient à tous !

LES ENJEUX : « MICRO & MACROECONOMIE EN MIROIR, OU LA CONVERGENCE D’INTERETS CITOYEN & SYSTEME. »

1/ Rééquilibrer le système des Retraites pour éloigner la perspective de baisse les pensions de base. Contredire les prévisions du COR : le déficit sera stable jusqu’en 2045, il pourrait atteindre 15 milliards en 2035, 30 milliards d’euros en 2070 (Prévisions de la Cour des comptes).

2/ En réduisant le déficit du financement de la Retraite, participer à la réduction de la dette de l’État Français.

3 / Proposer à l’actif, futur retraité, de s’approprier son pouvoir décisionnaire de gestion de son épargne et de son patrimoine bien en amont des années de liquidation de sa retraite. Prise de conscience que le système des retraites n’est pas l’ennemi qui dévalue son niveau de vie mais un partenaire nécessaire et non suffisant. Par la réconciliation « J‘appartient au système comme il m’appartient ! », le futur retraité reste acteur et non plus assisté passif. Il s’agit de changer d’état d’esprit et de prendre en mains son futur destin de retraité dès le début de sa carrière !

LES SOLUTIONS : TRAVAIL/ EPARGNE/ RETRAITE, LE TRIO GAGNANT !

1/ AU TRAVAIL ! (NB : ceux qui le peuvent bien sûr ! Retraites malades, invalides, handicapés feront l’objet d’une étude distincte)

– Dans le Privé : Sur la base du volontariat 39 heures hebdomadaires

– Dans le Public : 35 heures eHectives

– Liquidation de la retraite non obligatoire à l’âge légal : « Laisser moi travailler plus vieux si je le veux !! »

– Déplafonnement cumul emploi-retraite Tout le monde y gagne si le retraité gagne plus que le montant de sa pension de retraite !

2 / EPARGNE

– Création d’un LIVRET RETRAITE à taux garanti (par ex 2fois celui du Livret A) si versement de 5 % du revenu mensuel brut d’activité sur une période de 10 ans renouvelable (74 euros pour Smic/ 54 053 euros placés à 2 % sur 40 ans)

– A moyen et long terme et en partenariat avec les ministères concernés (Logement et habitat, Finances) : Incitation fiscale autour des solutions immobilières patrimoniales de VENTE intergénérationnelle en nu- propriété, viager, Prêt Viager hypothécaire (PVH)

70 % des retraités, selon le syndicat UNSA, sont propriétaires de leur logement et voient leur budget mensuel grevé par l’entretien et le coût fiscal de son patrimoine.

Le PVH est un prêt garanti par une hypothèque sur le bien d’habitation : aucun remboursement pendant la vie de l’emprunteur. Le capital et les intérêts sont remboursés au décès ou à la vente du bien.

3/ LE SYSTEME DES RETRAITES

Ajustements des règles financières :

– Réserver les pensions aux seuls cotisants, c’est assurer l’égalité des droits !

– Validation des trimestres des chômeurs adossée aux cotisations retraite.

– Immigration contrôlée réservée aux émigrés actifs et cotisants

– Renforcement strict du contrôle des certificats de vie des retraités à l’étranger

– Relance de la Politique familiale pour favoriser l’augmentation du taux de natalité.

– Simplification : système unifié Public/ Privé, Etat employeur en ligne budgétaire spéciale dans le budget ministériel pour une lisibilité et transparence de la dette publique.

– Calquer la gestion du régime de base sur celle de AGIRC ARRCO Principe du régime par Point : flexible en fonction de l’équilibre, Annualité de la souplesse garantie de stabilité.

– Audier les Fonds de prévoyance, Fonds d’investissements et Etablissements publics et recentrer leur marge sur l’objet initial : l’équilibre des comptes par la redistribution et non par la capitalisation. (FFR la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale, Investissements de la Caisse Dépôts et Consignations dans des organismes privés commerciaux (Qualium, filiale d’investissement de la CDC Capital Investissement au capital des Bijouteries HISTOIRE D’Or en 2006 (Agefi.com)).

LE FINANCEMENT DE CES MESURES

COÛTS :

1/ Rémunération de taux garanti du Livret Retraite (2 x taux livret A) mais capital bloqué, corrélé à un transfert de l’Epargne Livret A vers ce nouveau Livret. Pas de chiffre sans analyse financière sourcée mais coût maîtrisable.

2/ Incitations fiscales autour des formules de Cession immobilière transgénérationnelle. Pas de chiffre sans analyse financière sourcée mais coût maîtrisable.

3/ Part patronale des cotisations Retraite passage des 35 aux 39 heures de travail hebdomadaire (Donnée chiffrable)

RECETTES :

1/ Augmentation de la Redistribution des intérêts et Bénéfices

– sur les 20 ,7 Milliards des FFR : Pas de chiffre sans analyse financière sourcée mais coût maîtrisable. Tabler sur 2 ou 3 x les 1,45 milliards CADES = 3 à + de 4 Milliards ?

– sur les 230 milliards capitalisés sur les Fonds « Fillon » PER, PERECO, PAV. Pas de chiffre sans analyse financière sourcée mais coût maîtrisable.

– les 91,2 Milliards de l’Agirc- Arrco, soient 1,4 Milliards

– des Fonds d’investissements publics (Chiffrable)

2/ Augmentation mécanique des cotisations salariales Retraite par le passage des 35 à 39 heures hebdomadaires de travail Secteur privé.

3/ Relance de la consommation (Gain TVA), augmentation des rentrées fiscales : Impôts sur le revenu)

4/ Augmentation du PIB par création de richesse par l’augmentation de travail volontariat privé, et 35 heures effectives Public (Local et national) sans augmentation du traitement.

5/ Economie du montant des retraites versées sans cotisations antérieures des retraités étrangers plus que centenaires. (Chiffrable)

6/ Montant des cotisations retraite sur les indemnités chômage. (Chiffrable)

EN CONCLUSION

Derrière l’« Usine à gaz » du système des retraites, se cachent des réalités et perspectives économiques et financières qui permettent de rester optimiste quant à sa pérennité. En assumant de nécessaires et régulières mises à jour, notre « Logiciel Retraite » pourra continuer à nous servir ses pensions, gages d’un temps de repos mérité et serein.

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Et si la dette n’était finalement qu’un symptôme d’un problème plus profond ?

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Le montant de la dette : la véritable question est peut-être ailleurs

Par Antonin Coulier, membre de la commission Économie

Le débat public se focalise souvent sur le montant de la dette. Pourtant, la véritable question est peut-être ailleurs : dans la capacité de la France à créer de la richesse dans une économie mondialisée, numérique et de plus en plus concurrentielle.

Il n’existe aucun seuil universel de dette au-delà duquel un pays serait automatiquement en difficulté. Une dette n’est pas nécessairement mauvaise en soi : tout dépend de ce qu’elle finance et de la confiance qu’inspire la trajectoire économique du pays. Une dette qui finance des infrastructures, l’innovation, la recherche, l’éducation ou la transformation numérique peut contribuer à la croissance future. À l’inverse, une dette qui sert principalement à financer des dépenses courantes sans améliorer le potentiel de croissance soulève davantage d’interrogations. Certes, la situation française suscite des inquiétudes. La France affiche l’un des niveaux d’endettement les plus élevés de l’Union européenne et enregistre depuis de nombreuses années des déficits publics supérieurs aux objectifs européens. Mais le véritable sujet est sans doute moins le niveau de dette lui-même que la difficulté du pays à enrayer son déclassement économique.

La question centrale est celle de la capacité de la France à se réformer. Cela suppose de maîtriser la progression des dépenses publiques, d’améliorer l’efficacité de l’action publique et de moderniser l’organisation de l’État. Mais cela suppose surtout de renforcer la capacité du pays à créer de la valeur en investissant dans les secteurs les plus porteurs : l’industrie à forte valeur ajoutée, les technologies numériques, l’intelligence artificielle, la robotique, la recherche, l’innovation…

La véritable soutenabilité de la dette dépend moins du montant aujourd’hui inscrit dans les comptes publics que de la capacité de la France à convaincre qu’elle sera plus productive, plus innovante et plus prospère demain. En ce sens, la dette n’est pas seulement une question budgétaire. Elle est avant tout un révélateur de la compétitivité, de l’efficacité de l’action publique et de la confiance accordée à l’avenir du pays et du courage politique à engager les réformes connues de tous.

La dette publique naît lorsque les dépenses publiques dépassent durablement les recettes.Chaque déficit annuel oblige l’État à emprunter pour combler l’écart, ce qui vient accroître le stock de dette accumulé au fil du temps.

La soutenabilité de la dette dépend avant tout de la confiance des prêteurs dans l’avenir économique du pays. Cette confiance ne se limite pas à la capacité de l’État à lever l’impôt. Elle repose sur la perception qu’ont les investisseurs de la capacité du pays à investir dans l’innovation, à maintenir des infrastructures et des services publics performants, à attirer les entreprises, à créer des emplois et à générer durablement de la croissance. Tant que cette perspective reste crédible, un niveau élevé de dette peut être financé à des conditions favorables.

Il n’existe d’ailleurs aucun seuil universel de dette au-delà duquel un pays serait automatiquement en difficulté. Une dette n’est pas forcément mauvaise. Tout dépend de ce qu’elle finance. Certains États supportent durablement une dette supérieure à 100 % du PIB, tandis que d’autres rencontrent des difficultés avec un niveau bien inférieur. Ce qui importe n’est pas seulement le niveau de dette à un instant donné, mais la trajectoire qu’elle suit et la confiance qu’inspire l’économie du pays. Une dette stable ou en diminution relativement à la richesse produite est généralement perçue comme soutenable. À l’inverse, une dette qui augmente continuellement plus vite que le PIB finit par susciter des interrogations sur sa viabilité.

Lorsque cette confiance s’érode, les investisseurs exigent des taux d’intérêt plus élevés pour compenser le risque perçu. Le coût de la dette augmente alors, ce qui réduit les marges de manœuvre budgétaires de l’État. La forte remontée des taux d’intérêt observée depuis 2022 a ainsi rappelé que la dette publique n’est pas seulement une question de montant, mais aussi de crédibilité économique et de perspectives de croissance. Ce n’est pas le niveau de dette qui inquiète les marchés, c’est la trajectoire du pays. Et si la question de la dette publique était avant tout le révélateur d’un déclassement économique relatif de la France ? Un révélateur de la compétitivité, de la capacité à créer de la valeur en investissement dans des secteurs valeur ajoutée, de l’efficacité de l’action publique et du courage politique à engager les réformes connues de tous.

2. Problématique

Comment réduire durablement la dette publique sans fragiliser la croissance économique, le modèle social français et les investissements d’avenir ? Comment dégager des marges de manœuvre pour orienter l’économie française vers des secteurs à forte valeur ajoutée ?

Cette question est devenue centrale car la France cumule :

Un niveau de dette parmi les plus élevés de l’Union européenne ;

  • Un déficit public supérieur aux normes européennes ;
  • Des besoins croissants de financement liés au vieillissement, à la transition écologique, à la défense et au numérique ;
  • Le modèle économique qui repose largement sur la consommation intérieure, elle-même soutenue par un niveau élevé de protection sociale et de transferts publics. Ce modèle contribue à la cohésion sociale et à la stabilité économique, mais il nécessite un niveau important de dépenses publiques. Lorsque ces dépenses ne sont pas intégralement financées par les recettes fiscales et sociales, elles génèrent des déficits qui viennent alimenter la dette publique ;
  • La remontée récente des taux d’intérêt.

3. Diagnostic

Que disent les faits ?

Une dette historiquement élevée :

  • La dette publique française atteint 115,6 % du PIB fin 2025
  • La France possède l’une des dettes les plus élevées de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie.

Des déficits persistants :

  • Le déficit public reste à 5,1 % du PIB en 2025, bien au-dessus de la limite européenne de 3 %.

Une charge de la dette en forte hausse :

  • La remontée des taux d’intérêt rend l’endettement plus coûteux.
  • La charge annuelle de la dette avoisine désormais 55 milliards d’euros, soit un des premiers postes budgétaires de l’État.

Une situation que l’OCDE juge préoccupante :

L’OCDE estime qu’en l’absence d’ajustement budgétaire important, la dette pourrait continuer à progresser fortement dans les prochaines décennies.

4. Causes :

Causes structurelles

Des dépenses publiques élevées : La France consacre plus de 57 % de son PIB à la dépense publique, l’un des niveaux les plus élevés des pays développés.

Le vieillissement démographique : L’augmentation du nombre de retraités accroît les dépenses de retraite, de santé et de dépendance.

Causes conjoncturelles

Les crises successives :

  • Crise financière de 2008 ;
  • Crise sanitaire du Covid ;
  • Crise énergétique ;
  • Soutien au pouvoir d’achat ;
  • Un déficit chronique : Depuis plusieurs décennies, les dépenses publiques excèdent régulièrement les recettes. La dette est donc devenue un moyen permanent de financement.

Crise de modèle :

La dette publique n’est peut-être pas seulement la conséquence d’un excès de dépenses. Elle peut également être interprétée comme le symptôme d’un affaiblissement relatif de la capacité de l’économie française à créer suffisamment de richesse dans un environnement mondial devenu plus concurrentiel. Le véritable enjeu n’est donc pas uniquement budgétaire ; il concerne aussi la compétitivité, l’innovation, la productivité, l’emploi et la capacité du pays à adapter son modèle économique aux transformations de la mondialisation.

Et si la dette n’était pas le problème, mais le symptôme ? La véritable question serait alors : pourquoi la croissance française est-elle devenue insuffisante pour financer durablement les ambitions économiques et sociales du pays.

5. Enjeux – Pourquoi est-ce important ?

  • Préserver la souveraineté budgétaire :

Plus la dette augmente, plus l’État dépend des marchés financiers pour financer son action.

  • Éviter l’effet d’éviction :

Une part croissante des ressources publiques est consacrée au paiement des intérêts plutôt qu’à l’investissement, l’éducation ou la recherche.

  • Répartition entre générations :

La dette soulève une question de justice intergénérationnelle :

  • Les générations actuelles bénéficient des dépenses ;
  • Les générations futures rembourseront une partie de ces engagements.

Le véritable enjeu n’est pas la dette, mais la capacité à créer la richesse de demain afin d’éviter le déclassement de la France :

La dette n’est pas nécessairement un problème lorsqu’elle finance des investissements productifs susceptibles d’améliorer durablement la croissance. Historiquement, les marchés ont accepté des niveaux d’endettement élevés dès lors qu’ils considéraient que le pays disposait d’une économie dynamique, innovante et capable de créer davantage de richesse à l’avenir. La question fondamentale n’est donc pas : « Combien devons-nous ? » mais plutôt : « Que faisons- nous de cet endettement ? »

  • Préserver la confiance des investisseurs :

La soutenabilité de la dette repose avant tout sur la confiance accordée à l’avenir économique du pays.

Les prêteurs cherchent à savoir si la France sera capable demain :

  • D’innover ;
  • D’attirer les entreprises et les talents ;
  • De maintenir des infrastructures performantes ;
  • D’assurer des services publics efficaces ;
  • De créer des emplois ;
  • De générer suffisamment de croissance pour rembourser ses engagements.

Lorsque cette confiance est forte, les taux d’intérêt restent modérés. Lorsqu’elle se dégrade, le coût du financement augmente et réduit les marges de manœuvre de l’État.

  • Arbitrer entre consommation immédiate et investissement d’avenir :

Le modèle français repose largement sur la consommation intérieure, soutenue notamment par les transferts sociaux et les dépenses publiques.

Ce modèle présente l’avantage de soutenir l’activité économique et de réduire les inégalités.

Toutefois, il soulève une question centrale :

Quelle part de la dépense publique sert à soutenir la consommation présente et quelle part prépare la croissance future ?

L’arbitrage devient particulièrement important lorsque les ressources publiques sont contraintes.

– L’enjeu n’est pas nécessairement de dépenser moins, mais de dépenser davantage dans les domaines qui augmentent le potentiel de croissance :

  • Éducation ;
  • Recherche ;
  • Innovation ;
  • Numérique ;
  • Infrastructures ;
  • Transition énergétique.

Préserver la liberté d’action des générations futures :

Une dette croissante réduit progressivement la capacité de l’État à financer de nouvelles priorités.

Plus la charge des intérêts augmente, plus une partie des recettes publiques est consacrée au remboursement des emprunts passés plutôt qu’au financement :

  • Des écoles ;
  • Des hôpitaux ;
  • De la sécurité ;
  • De la transition écologique ;
  • De la modernisation du pays.

L’enjeu dépasse donc la seule question budgétaire : il concerne la capacité collective à choisir les politiques publiques de demain.

6. Propositions

L’OCDE insiste régulièrement sur deux idées complémentaires :

1. Maîtriser la progression des dépenses publiques.

2. Améliorer l’efficacité de l’action publique (pas d’avoir un État plus petit, mais un État plus efficace).

Les pistes généralement évoquées pour maitriser la progression des dépenses sont :

  • La maîtrise des dépenses de fonctionnement de l’État ;
  • La simplification administrative et la réduction des doublons entre niveaux de collectivités ;
  • L’amélioration de l’efficacité des dépenses de santé ;
  • La maîtrise de certaines dépenses sociales dans le contexte du vieillissement démographique ;
  • La révision des dépenses fiscales et des aides jugées peu efficaces ;
  • Une meilleure évaluation des politiques publiques afin de concentrer les ressources sur celles qui produisent les meilleurs résultats économiques et sociaux.

Les analyses de l’OCDE soulignent notamment la nécessité de mieux cibler certaines dépenses, de réexaminer les dispositifs les moins efficaces et de garantir la soutenabilité des principaux postes de dépenses sociales.

Réformer l’État et améliorer l’efficacité de l’action publique

L’enjeu n’est pas uniquement de réduire les dépenses, mais de s’assurer que chaque euro dépensé produit le maximum de valeur économique et sociale.

Les pistes généralement évoquées sont :

  • Simplifier l’organisation administrative ;
  • Réduire les doublons entre administrations et collectivités ;

  • Accélérer la numérisation des services publics ;

  • Moderniser les processus de gestion ;

  • Évaluer systématiquement les politiques publiques ;

  • Concentrer les moyens sur les missions les plus stratégiques.

L’objectif est double : améliorer la qualité du service rendu aux citoyens tout en contenant la progression des dépenses de fonctionnement.

Un autre point est souvent oublié et pourtant il permet de tracer un chemin et un espoir :

Développer la capacité de création de richesse de l’économie française

La réduction durable de la dette ne peut reposer uniquement sur la maîtrise des dépenses. Elle suppose également d’accroître la quantité de richesse produite par l’économie.

L’enjeu est de positionner la France sur les secteurs à forte valeur ajoutée et de tirer pleinement parti des transformations en cours liées à la mondialisation, au numérique, à la robotique et à l’intelligence artificielle.

Les pistes généralement évoquées sont :

  • Investir dans la recherche, l’innovation et les technologies de rupture ;
  • Accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans les entreprises ;
  • Renforcer les compétences et la formation tout au long de la vie ;
  • Soutenir la réindustrialisation sur les segments à forte valeur ajoutée ;
  • Favoriser l’émergence de nouvelles filières stratégiques ;
  • Améliorer la compétitivité et l’attractivité du territoire ;
  • Développer les infrastructures numériques et énergétiques nécessaires à l’économie de demain.

La meilleure manière de réduire le poids de la dette n’est pas seulement d’emprunter moins, mais de produire davantage de richesse.

7. Impacts et financements – Quels résultats attendus ?

Résultats recherchés :

  • Stabilisation puis diminution du ratio dette/PIB ;
  • Baisse de la charge des intérêts ;
  • Amélioration de la crédibilité financière du pays ;
  • Restauration de marges de manœuvre pour les politiques publiques / souveraineté ;
  • Création d’un nouveau modèle économique centré sur des secteurs à forte valeur ajoutée.

À quel coût ?

  • Des efforts d’adaptation pour les administrations publiques ;
  • Des évolutions des systèmes de retraite, de santé ou de protection sociale ;
  • La révision de certaines aides publiques ou dépenses fiscales ;
  • Des arbitrages budgétaires pouvant affecter certains secteurs, territoires ou catégories de population ;
  • Un risque d’impopularité pour les gouvernements qui portent les réformes ;
  • Des tensions sociales pouvant se traduire par des mouvements de contestation ou des manifestations ;
  • Une polarisation du débat public et des difficultés à construire un consensus politique durable ;
  • Un risque d’instabilité politique lorsque les efforts demandés sont perçus comme injustes ou mal répartis ;
  • Des effets négatifs à court terme sur la consommation ou l’activité économique si l’ajustement est trop brutal.
  • Réorientation des dépenses vers des secteurs à forte valeur ajoutée.
    Qui finance ?

    Trois leviers existent :

    1. Réduction / réorientation des dépenses ;

    2. Hausse des recettes publiques (impôts, cotisations, suppression de niches fiscales) ;

    3. Croissance économique plus forte permettant d’accroître les recettes sans augmenter les taux d’imposition

    La question de la dette est aussi une question de gouvernance collective. Un pays peut savoir quelles réformes sont nécessaires sans pour autant réussir à les mettre en œuvre, faute de consensus politique ou social.

8. Argumentaire et idée-force

« Produire davantage, dépenser plus efficacement et investir dans l’avenir : voilà la seule voie durable pour réduire la dette sans affaiblir le pays. »

Objection :

La dette n’est pas un problème puisque la France emprunte toujours. »

Réponse :

Emprunter n’est pas problématique en soi. Le véritable enjeu est la capacité à maintenir une dette stable ou décroissante par rapport à la richesse créée. Lorsque la dette augmente durablement plus vite que le PIB, la soutenabilité devient une question économique et politique majeure

Mécanisme économique pour briller :

« Une dette est soutenable lorsque le taux de croissance de l’économie est durablement supérieur au taux de croissance de la dette. »

La dette n’est pas un problème de montant absolu, mais de rythme d’évolution. Tant que la richesse produite par le pays (le PIB) augmente plus vite que la dette, le poids de celle-ci peut diminuer naturellement. À l’inverse, lorsque la dette croît plus rapidement que la production nationale, son poids dans l’économie augmente. Le mécanisme clé est donc l’écart entre trois variables : la croissance économique, le déficit public et le taux d’intérêt. Si la croissance est supérieure au coût de la dette, l’endettement reste généralement soutenable. En revanche, lorsque la croissance ralentit et que les taux d’intérêt augmentent, une part croissante des ressources publiques est consacrée au paiement des intérêts, ce qui alimente un cercle vicieux d’endettement.

La véritable question n’est donc pas : « Combien devons-nous ? », mais : « Créons- nous suffisamment de richesse pour que la dette pèse relativement moins lourd demain qu’aujourd’hui ? »

Pour aller plus loin :

Quel nouveau modèle économique pour la France dans la mondialisation

Comment réorienter l’économie française vers une économie de l’offre

Comment orienter l’économie française vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée ?

Le courage politique pour réformer la France

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Transition énergétique : quand l’idéologie menace la sécurité nationale

By Economie

La transition énergétique sous l’angle de la souveraineté nationale

Par Alexandru-Victor Andrei, membre de la commission Économie

Cet article analyse la transition énergétique sous l’angle de la souveraineté nationale. À partir du black-out ibérique de 2025, il soutient qu’un système électrique fortement dépendant des énergies intermittentes peut accroître les risques pesant sur la sécurité d’approvisionnement. L’auteur montre également que la décarbonation ne supprime pas les dépendances stratégiques mais les déplace vers les chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine. L’étude souligne le rôle essentiel des capacités de production pilotables pour garantir la stabilité du réseau.

Dans cette perspective, le nucléaire apparaît comme un actif stratégique permettant de concilier décarbonation, compétitivité et indépendance énergétique. Enfin, l’article défend l’idée que la politique énergétique doit être guidée prioritairement par des impératifs de sécurité et de souveraineté plutôt que par des considérations idéologiques.

Le 28 avril 2025, à 12 h 33, l’Espagne et le Portugal ont basculé dans le noir. En quelques secondes, environ 15 gigawatts de production ont disparu du système électrique ibérique, soit près de 60 % de la demande instantanée.

La péninsule s’est déconnectée du réseau européen. Feux de circulation éteints, trains arrêtés en pleine voie, réseaux mobiles et distributeurs bancaires hors service, hôpitaux basculés sur groupes électrogènes. Le courant a été rétabli en une dizaine d’heures dans la majeure partie de la péninsule, et jusqu’à une vingtaine d’heures dans les zones les plus touchées. Au moins huit personnes y ont laissé la vie, sept en Espagne, une au Portugal, dont plusieurs intoxiquées au monoxyde de carbone en tentant de se dépanner.

Le rapport définitif de l’ENTSO-E, l’association des gestionnaires de réseau européens, publié en mars 2026, a écarté la thèse de la cyberattaque et impute la panne à une combinaison de défaillances de contrôle de la tension et de la puissance réactive : une surtension que le système n’a pas su réguler en temps réel, entraînant la déconnexion en cascade de nombreuses unités de production, dont les fermes solaires, dont les onduleurs se sont déconnectés sur protection de surtension. Au moment de l’incident, le renouvelable assurait environ 78 % de la production espagnole, dont près de 60 % pour le seul solaire. Un réseau massivement alimenté par des sources non pilotables, dépourvu d’inertie mécanique suffisante, s’est révélé incapable d’amortir le choc.

Cet épisode n’est pas un fait divers ibérique. C’est un avertissement. Il démontre qu’une politique énergétique conçue comme un affichage vertueux, et non comme une fonction régalienne, expose la nation à un risque systémique. L’électricité n’est pas une marchandise comme les autres : elle conditionne l’eau potable, l’alimentation, la santé, les communications, la défense. La sécurité de l’approvisionnement relève donc de la souveraineté, au même titre que la protection des frontières ou la continuité de l’État.

Une dépendance stratégique en remplace une autre

Le récit dominant présente la transition comme une marche vers l’indépendance : sortir des hydrocarbures importés, c’est s’affranchir de la Russie et du Golfe. La réalité industrielle est moins flatteuse. Le solaire et l’éolien ne suppriment pas la dépendance ; ils en changent la nature et la géographie.

La chaîne de valeur photovoltaïque est verrouillée par un seul acteur. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine contrôle entre 75 % et 97 % de chacune des étapes clés (du polysilicium à l’assemblage des modules) et concentre environ 84 % de la production mondiale. L’Europe, qui absorbe une part majeure de la demande, ne pèse plus qu’à hauteur de quelques pour cent dans la fabrication. L’éolien n’échappe pas à cette logique. Ses aimants permanents, comme les batteries de stockage censées compenser l’intermittence, reposent sur les terres rares et les métaux critiques. Là encore, Pékin domine : environ 60 % de l’extraction mondiale, mais surtout 90 % à 91 % du raffinage et de la séparation, et près de 93 % des aimants permanents. En avril 2025, la Chine a imposé des licences d’exportation sur sept terres rares, désorganisant aussitôt des filières entières, de l’automobile à l’armement. L’arme n’est plus le robinet de gaz : c’est le contrôle du raffinage.

Substituer une dépendance russe à une dépendance chinoise n’est pas une victoire stratégique. C’est un transfert de vulnérabilité vers un rival systémique, dans des secteurs qui touchent directement à la défense. La relance des capacités de séparation sur le sol français, comme la ligne de terres rares pour aimants permanents inaugurée par Solvay à La Rochelle en avril 2025, va dans le bon sens, mais elle reste marginale au regard des volumes maîtrisés par Pékin.

L’intermittence, angle mort de la stabilité du réseau

Un système électrique ne se juge pas à sa capacité installée, mais à sa capacité disponible au moment où la demande culmine. Or le vent et le soleil ne se commandent pas. Une nuit d’hiver sans vent, configuration banale en Europe, annule simultanément l’éolien et le solaire, précisément quand la consommation explose sous l’effet du chauffage.

Plus la part instantanée de production non pilotable augmente, plus le réseau perd en inertie et en marge de manœuvre. Les centrales classiques, thermiques ou nucléaires, apportent une masse tournante qui stabilise naturellement la fréquence et la tension. Les panneaux et les éoliennes, raccordés par électronique de puissance, n’offrent pas cette stabilité intrinsèque. Le black-out ibérique en fut la démonstration grandeur nature. Ce que les partisans d’un mix « 100 % renouvelable » présentent comme un détail technique est en vérité le cœur du problème : la robustesse d’un réseau se paie en capacités pilotables, disponibles à la seconde.

Le stockage, souvent invoqué comme solution miracle, ne change pas l’équation à l’échelle d’un pays. Aucune technologie ne permet aujourd’hui de restituer plusieurs jours de consommation nationale. Les batteries lissent des variations de quelques heures ; elles ne passent pas un hiver. Et elles ajoutent, on l’a vu, une dépendance supplémentaire aux métaux critiques.

Le nucléaire, colonne vertébrale de la souveraineté française

La France dispose d’un atout que peu de nations possèdent : un parc nucléaire qui fournit une électricité décarbonée, pilotable et bon marché. Ce socle, hérité du programme Messmer lancé en 1974, a longtemps garanti à l’industrie française des prix compétitifs et au pays une indépendance électrique réelle. Le laisser vieillir sans le renouveler serait une faute historique.

Le programme EPR2 en est le vecteur. EDF a engagé la construction des six premiers réacteurs, à Penly, Gravelines et au Bugey, avec une décision finale d’investissement attendue fin 2026 et une première mise en service visée en 2038. C’est l’aboutissement d’une relance industrielle décisive : après des décennies sans nouveau chantier, la France reconstitue une filière complète, réorganisée autour d’EDF, de Framatome et d’Arabelle Solutions, et forme les compétences nécessaires — le programme mobilisera plusieurs dizaines de milliers d’emplois qualifiés dans la prochaine décennie.

La réussite de cette relance est une condition de notre souveraineté. Rapporté à sa durée de vie de soixante ans et à la stabilité qu’il apporte au réseau, l’investissement nucléaire reste l’un des mieux rentabilisés du système électrique : il offre une électricité décarbonée, pilotable et compétitive sur le long terme, là où les capacités intermittentes exigent des infrastructures de secours permanentes. Les petits réacteurs modulaires développés par NUWARD, filiale d’EDF, ouvrent en complément la voie d’un nucléaire décentralisé, adapté aux besoins industriels et à la production de chaleur.

Une objection mérite d’être traitée de front, car elle est fondée : le changement climatique pèse sur le refroidissement des réacteurs. Lors des canicules, l’échauffement des cours d’eau peut contraindre EDF à réduire la puissance de certaines centrales, voire à les arrêter. Le Bugey, sur le Rhône, en a fait l’objet en juillet 2026, l’ASNR relevant temporairement les limites de rejets thermiques et plafonnant à 1 °C l’échauffement du fleuve entre l’amont et l’aval. Il faut cependant mesurer la portée exacte de la contrainte. Ces limites encadrent l’échauffement de l’eau restituée, non la température absolue du fleuve ; elles font l’objet de dérogations ponctuelles, encadrées et surveillées ; elles ne concernent que quelques sites en circuit ouvert, quelques jours par an. Les réacteurs équipés de tours aéroréfrigérantes prélèvent bien moins d’eau. La contrainte est réelle, gérable et marginale, sans commune mesure avec l’intermittence, qui, elle, est structurelle. La reconnaître honnêtement renforce l’argumentaire plutôt qu’elle ne l’affaiblit.

Reste un enjeu que l’on évoque rarement : la maîtrise du nucléaire civil et la dissuasion procèdent d’un même écosystème de compétences. Ingénieurs, métallurgistes, spécialistes du combustible, autorités de sûreté : ces savoir-faire se nourrissent mutuellement. Laisser dépérir la filière civile, c’est fragiliser à terme le socle industriel de la dissuasion française. La question énergétique rejoint ici la question de défense.

Propositions

Quatre orientations peuvent nourrir la réflexion du CRSI en vue des débats de 2027 :

1. Sanctuariser le programme EPR2 en verrouillant son financement et sa gouvernance, avec un audit indépendant des coûts et un calendrier tenu, condition de la crédibilité de la relance.

2. Traiter la souveraineté sur les métaux critiques comme un enjeu régalien, en soutenant le raffinage sur le sol national et européen et en constituant des stocks stratégiques.

3. Réintroduire un critère de pilotabilité dans la planification du mix, afin qu’aucun ajout de capacité intermittente ne se fasse au détriment de la stabilité du réseau.

4. Renforcer les liens entre filière nucléaire civile et base industrielle de défense, en préservant les compétences partagées.

Idée-force. La sécurité énergétique n’est pas un chapitre de la politique environnementale : c’est une fonction de souveraineté. La transition doit être commandée par la stabilité et l’indépendance nationales, non par l’idéologie.

Principales sources

ENTSO-E, rapport sur la panne ibérique du 28 avril 2025 · ASNR (ex-ASN), décisions et notes sur les rejets thermiques des centrales, 2022 et 2026 · EDF, communiqué sur le devis prévisionnel du programme EPR2, décembre 2025 · Cour des comptes, La filière EPR : une dynamique nouvelle, des risques persistants, janvier 2025 · Agence internationale de l’énergie, données sur la chaîne de valeur photovoltaïque et les minéraux critiques, 2024- 2025 · Sfen, décryptages sur le coût du programme EPR2.

souveraineté agricole nos vignes seront elles envahies

Souveraineté agricole : nos vignes seront-elles envahies ?

By Economie

Ravageurs invasifs, la vigilance collective, dernier rempart de nos filières agricoles

Par H., adhérente au CRSI

 

Le CRSI, depuis quelques années déjà, ne limite plus ses travaux à la seule sécurité intérieure. La souveraineté fait désormais partie de nos thèmes de réflexion. Et notamment, la souveraineté alimentaire qui englobe plusieurs aspects dont celui des nuisances qui peuvent s’abattre sur le monde agricole et ses productions.

Un précédent article abordait les menaces qui pèsent sur notre pays et qui sont liées aux animaux exotiques. Les risques pour la faune et la flore locales ainsi que les risques directs pour les Français ne doivent pas être vus comme des lubies d’écolos qui voudraient empêcher le monde de tourner en rond. Ces thématiques sont apolitiques et les réflexions qui s’y rapportent nous concernent tous.

La mondialisation fait voyager Hommes et marchandises, et dans leurs bagages, volontairement ou non, des animaux, des plantes, des bactéries, des champignons, des virus sont transportés aussi !

 

Trois situations peuvent alors survenir :

– l’organisme ne s’adapte pas à son nouvel environnement, notre pays. Plus de problème.

– l’organisme s’y adapte, mais son intégration à l’écosystème autochtone ne pose pas de soucis majeurs. Tout va bien.

– l’organisme s’adapte, mais déséquilibre, de manière majeure, la faune et la flore locales. Nous faisons alors face à l’invasion d’un nuisible (ou ravageur invasif). Dégâts assurés…

Dès lors qu’un nouvel organisme envahit une zone géographique, nous avons deux options : l’exterminer totalement, et si cela n’est pas le cas, le contrôler. Néanmoins, le vivant ne se contrôle pas toujours, voire presque jamais et l’espèce invasive est parfois hors de contrôle avec des conséquences qui varient selon le biotope touché… Nos gouvernants devraient être plus attentifs aux intrusions de ravageurs dans nos productions agricoles car il y a une accélération de leur nombre depuis les années 2000. 

Histoire de cicadelle, pas encore réglementée au niveau européen.

Histoire de scarabée auto-stoppeur, arrivé, il y a quelques jours, à Strasbourg…

 

Culture, raisins et cicadelles

La vigne française est, depuis presque deux cents ans, épisodiquement touchée par des organismes vivants venus d’ailleurs. Le premier, connu et répertorié en 1848, est l’Oïdium de la vigne (Erysiphe necator), un champignon, mais 80 % des attaques venues de l’extérieur des frontières sont dues à des insectes. Tout le monde connaît l’histoire du Phylloxera (Daktulosphaira vitifoliae). Insecte apparenté au puceron, arrivé des USA en 1863, il décima le vignoble français qui passe de 2,3 millions d’hectares, à son maximum en 1870, à 1,4 million d’hectares en 1900. Ce fut un drame économique, mais aussi social pour toute la viticulture française et européenne.

Aujourd’hui, la surface viticole n’est que d’environ 770 000 hectares (3 % de la surface agricole utile nationale). En 2022, la France compte 58 100 exploitations viticoles selon les données Agreste. La viticulture représente 15 % de l’ensemble des exploitations agricoles françaises et elle employait, en 2023, plus de 130 000 équivalents temps plein (soit 20 % du secteur agricole).

Les exportations de vins et spiritueux français ont atteint 14,3 milliards d’euros en 2025. Ce chiffre a diminué de 8 % par rapport à 2024, dû aux conjonctions économiques et géopolitiques. Autant dire que la filière ne souhaite pas subir d’autres maux. Et pourtant…

Récemment, des ravageurs de la vigne préoccupent vignerons, chercheurs et acteurs socio-économiques de la filière. Ils ont de doux noms, mais un potentiel de grands destructeurs : la cicadelle africaine et le scarabée japonais. 

La cicadelle africaine (Jacobiasca lybica) est une espèce d’insecte invasive, identifiée en 2024. Elle a été initialement décrite sur la vigne au Maghreb, d’où son nom de cicadelle africaine. Elle est repérée ensuite en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Italie et puis en Corse.

Elle est retrouvée dans le Var et les Pyrénées-Orientales en 2024, puis dans l’Aude en 2025… Pile dans la région qui concentre le plus de vignobles ! Le Languedoc-Roussillon abrite un quart des vignes françaises (cf. la carte ci-dessous).

répartition de la surface du vignoble par bassin en 2024

Les adultes sont hivernants sur plus de 35 espèces de plantes hôtes, de type herbacé ou arbustes. Au printemps, la cicadelle africaine se déplace dans les vignes où les insectes s’accouplent. Ils pondent leurs œufs dans les nervures des faces inférieures des feuilles.

Si je vous dis que la canicule et la sécheresse favorisent sa reproduction et son extension, en ce mois de juillet 2026, ça vous parle ??? 

 

Larves et microscope

Les larves restent sous le dessous des feuilles de la vigne et se nourrissent de la sève. Pour faire simple, la sève s’échappe ensuite de la feuille suite aux blessures provoquées par ces larves. Il suffit que la moitié des feuilles soient touchées pour voir les dégâts. Le feuillage des vignes prend alors un aspect grillé, rouge-brun, qui se repère de loin dans les côteaux… Le desséchement des feuilles est parfois complet et la défoliation survient. Les raisins maturent difficilement, le degré d’alcool reste faible, les ceps ont du mal à reconstituer leurs réserves et les repousses peuvent être anarchiques.

L’appétence des larves diffère selon les cépages. En 2024, l’attaque a touché en Métropole le cru de Banyuls (Port-Vendres). Syrah, Mourvèdre, Vermentino, Muscat d’Alexandrie sont très sensibles, le Grenache l’est beaucoup moins. En 2023 et 2024, en Corse, le taux de véraison* a été diminué parfois de 50 % sur les parcelles les plus touchées. Localement, les récoltes ont baissé de 30 à 40 % en 2024.

La cicadelle africaine ressemble à un grillon, et beaucoup à ses deux cousines déjà introduites en France : la cicadelle italienne (Zygina rhamni) et la cicadelle verte (Empoasca vitis), connue aussi sous le nom de cicadelle des grillures. Au stade larvaire, on ne peut d’ailleurs pas différencier la cicadelle africaine des deux autres. C’est un problème de taille, car la cicadelle d’Italie ne pose aucun problème à la maturation de la vigne. La traiter avec des phytosanitaires serait une perte de temps, d’argent et écologiquement irresponsable. La cicadelle des grillures, présente en Europe, n’est responsable, elle, que d’un dessèchement modéré du feuillage.

La seule façon actuelle de faire la différence entre ces trois espèces est de capturer une cicadelle mâle adulte et d’examiner sous microscope l’extrémité de son appendice ! Autant dire que c’est affaire de spécialiste. Pas de test rapide encore disponible, on espère que nos chercheurs y travaillent, vive la génétique !

 

L’OVNI veille…

La découverte de la cicadelle africaine n’est pas due au hasard, mais à une soixantaine de partenaires regroupés dans un réseau et répartis sur tout le territoire métropolitain. Ce réseau participatif, baptisé OVNI**, collecte et analyse des pièges (simples, jaunes, englués) à l’échelle du pays. Grâce à cette veille collective, la filière viticole cherche à évaluer l’ampleur de la menace et à anticiper sa progression. Depuis 2025, Cor’cicadelle est le premier programme français dédié à ce ravageur dont la biologie reste à explorer. Depuis avril 2026, la cicadelle africaine fait également partie du COPIL « espèces exotiques envahissantes » organisée par la préfecture du Var.

Les insecticides classiques contre les cicadelles des grillures n’offrent qu’une efficacité partielle et les applications de phytosanitaires doivent épargner les pollinisateurs avec des règles très strictes sur les conditions d’emploi.  De plus, des résistances aux traitements existent et sont surveillées par un réseau, le R4P***. Le kaolin, substance minérale naturelle, protège sans convaincre, et les pistes biologiques, notamment l’action d’un petit insecte (Anagrus atomus) demandent encore à être explorées.

L’Institut français de la vigne et du vin (IFV) lance en septembre prochain INNOVA-Vigne, un projet doté d’un budget de 4 millions d’euros pour aider la filière viticole française à trouver des solutions durables, efficaces et directement opérationnelles, conciliant lutte contre les bioagresseurs et réduction des intrants. En plus de chercher des nouveaux protocoles d’identification de la cicadelle africaine, des filets insect-proof seront testés. Après avoir ensaché le rang de vigne avec un filet à mailles très fines, sera évalué l’effet sur les attaques de ravageurs, la physiologie de la vigne, la manutention et le coût.

La faune auxiliaire pourrait servir un programme de lutte dite biologique. En plus des insectes cités plus haut, elle passera peut-être par les oiseaux, insectivores quasi exclusifs, comme les mésanges, bleues ou charbonnières. Un couple de ces oiseaux qui nourrissent leurs petits ont besoin de protéines animales, ne s’attaqueront pas aux raisins pour cette raison en été, et peuvent consommer des milliers d’insectes par jour ! D’autres oiseaux vivent dans les vignes et peuvent devenir les alliés du vigneron contre ces ravageurs. Il faut cependant installer des nichoirs. Planter des haies favoriserait nos amis oiseaux, mais cela est peu pratiqué dans les vignobles français. Favoriser l’enherbement est à double tranchant, cela est bon pour les zones indemnes des cicadelles, mais les adultes pouvant vivre dans ces zones herbacées, il est recommandé de retourner les sols des parcelles contaminées. De même, les chauve-souris peuvent se repaître d’insectes adultes qui volent la nuit, les espèces françaises ne s’intéressent pas au raisin. Rien n’est acté sur l’emploi de cette faune auxiliaire, des travaux existent, mais semblent anciens (G. Sentenac, La faune auxiliaire des vignobles de France, Ed. France Agricole-Dunod, 2011).

 

Gazon maudit

Un autre ravageur est arrivé en France (juillet 2025). Il est classé comme organisme de quarantaine prioritaire au sein de l’Union européenne. Venu du Japon, accidentellement introduit aux États-Unis en 1916, il s’y est progressivement installé et s’est disséminé jusqu’au Canada. Passé par l’archipel des Açores, il atteint l’Italie du Nord en 2014, traverse la Suisse dès 2017. Cinq individus sont identifiés non loin de Mulhouse l’an dernier, deux spécimens viennent d’être capturés, via des pièges, sur la commune de Strasbourg en juin 2026…

Il s’agit du scarabée japonais (Popillia japonica), un insecte dit « auto-stoppeur » car voyageant avec les Hommes et leurs marchandises… Il peut dévorer plus de 300 types différents de plantes hôtes. Il adore le gazon, la vigne et les arbres fruitiers. Autant dire qu’il peut vivre chez nous tranquille !

 

evolution du scarabée japonais en italie entre 2014 et 2024

Source : https://www.popillia.eu/blog/interactive-map-of-the-japanese-beetle-s-invasion-in-continental-europe-2015-2024

 

Tous mobilisés !

Les adultes peuvent être facilement détectés à l’œil nu et capturés à la main. En pratique, toute observation d’un scarabée japonais doit être signalée à votre Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), en envoyant une photo, en précisant le lieu de l’observation et la plante concernée. Cet insecte ressemble à un coléoptère autochtone et mesure près d’un centimètre de long. Il est évidemment recommandé de ne pas faire voyager vos plantes. La sécurité n’est pas que l’affaire des forces de l’ordre, pour ce qui concerne la sécurité de notre agriculture, nous pouvons tous, à notre échelle, y contribuer.

scarabée japonais

Source : https://agriculture.gouv.fr/le-scarabee-japonais-une-menace-pour-les-plantes

Cependant, l’information sur le scarabée japonais est passée relativement inaperçue en Alsace, même auprès de certains agriculteurs et arboriculteurs… La détection d’une invasion par un insecte ravageur pourrait pourtant faire l’objet de nombreuses propositions, pas si compliquées à mettre en place, par exemple :

– information massive des agriculteurs alsaciens, les premiers concernés par les conséquences potentielles de l’extension du scarabée japonais sur leur territoire. De même, informer tous les paysagistes, les jardiniers, les jardineries, les fleuristes et les associations de troc de plantes.

– courte vidéo explicative (sur l’animal, la façon de l’identifier, les mesures à prendre) qui passerait en boucle à des horaires variés pour toucher un large public sur la chaîne France 3 Alsace et la chaîne Arte.

– diffusion à large échelle de l’affiche déjà réalisée sur l’insecte, disponible via le lien suivant : https://agriculture.gouv.fr/le-scarabee-japonais-une-menace-pour-les-plantes

– mobilisation de professeurs des écoles ou de biologie : c’est l’occasion pour les élèves de suivre un cours de SVT sur un sujet d’actualité et sur lequel les élèves peuvent être proactifs en diffusant largement l’information autour d’eux.

– mobilisation des associations de naturalistes, de randonneurs, etc.

Les invasions de ravageurs s’accroissent avec l’intensification du commerce mondial, les voyages et le réchauffement climatique. Ce dernier accentue les capacités de survie d’animaux ou de plantes, voire d’agents pathogènes, qui n’aimaient, jusqu’ici, pas vraiment les climats tempérés et les hivers froids.

La détection des ravageurs invasifs est indispensable ! La formation en France par exemple d’entomologistes, d’ornithologues, de biologistes ou de microbiologistes reste donc plus que jamais impérative. La recherche sur les moyens de lutte doit être mieux subventionnée, mais l’Etat réduit actuellement les budgets des chercheurs et grève donc possiblement l’avenir de notre agriculture…

* Véraison : stade de la maturation du raisin au cours duquel les grains changent de couleur et pendant lequel la quantité de sucre commence à augmenter. 

** OVNI : Observatoire des insectes nuisibles endémiques ou invasifs du vignoble.

*** R4P : Réseau de réflexion et de recherche sur la résistance aux pesticides. https://www.r4p-inra.fr/fr/home/

 

Sources 

https://fevs.info/wp-content/uploads/2026/02/20260210 – CP FEVS Bilan 2025 Export Vins Spiritueux_VF.pdf

https://paca.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/257_chambres_dagriculture_provence-alpes-cote_dazur/CA83/Documents/RVD2025_Cicadelle_africaine_diffusion.pdf

https://www.inrae.fr/actualites/surveillance-renforcee-apres-larrivee-confirmee-cicadelle-africaine-vignobles-francais

https://draaf.corse.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/bsv_viticulture_8_4_septembre_2025_hs_cicadelles.pdf

https://www.canal-u.tv/chaines/univ-bordeaux/ravageurs-invasifs-cas-de-la-cicadelle-africaine-et-du-scarabee-japonais

https://ecophytopic.fr/recherche-innovation/proteger/projet-innovavigne

https://ecophytopic.fr/sites/default/files/2023-05/Note nationale abeille reglementation version consolidée_04-2023_vf.pdf

https://www.inrae.fr/actualites/scarabee-japonais-conquete-leurope-insecte-haute-surveillance

https://www.anses.fr/fr/system/files/SANTVEG2021SA0090Ra.pdf

https://agriculture.gouv.fr/le-scarabee-japonais-une-menace-pour-les-plantes

https://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/3_-_cropsav_11_05_2026_-_cicadelle_africaine.pdf

https://www.lefigaro.fr/jardin/espece-invasive-un-scarabee-japonais-piege-a-strasbourg-les-autorites-en-alerte-20260721

https://vignevin-charentes.com/wp-content/uploads/2024/01/Auxilliaires-de-la-vigne-.pdf

la solution pour la construction d’une réserve civile de défense et de sécurité intérieure

Les retraités, réserve stratégique de la Nation

By Economie

Les retraités : la solution pour la construction d’une réserve civile de défense et de sécurité Intérieure de masse et dans la durée sur le territoire national qui ne pénalise pas l’économie, dans un contexte de menace hybride installée depuis 11 ans

 

Par Pascal Jacquemont, adhérent au CRSI

 

Ce mémorandum reprend ici les termes de multiples courriers envoyés depuis le 16 Juillet 2016 aux parlementaires et en particulier à Madame Fioraso, alors cheffe de la Commission de la défense nationale et des forces armées, à mon parlementaire, puis aux différents chefs d’Etat major de la garde Nationale, de la gendarmerie et des armées après que notre pays ait subi de multiples attaques terroristes. Il a été complété et a nouveau diffusé à une partie de ce public depuis l’attaque lancée par le Hamas le 7 Octobre 2023 qui a durablement déstabilisé notre pays en suscitant des vocations locales et installant l’ère du risque de pogrom.

Aussi, habitant une ville attaquée par un islamiste en 2015, mes concitoyens locaux interviewés afin que ce document reflète une vision commune et moi-même, porte-voix,  sommes particulièrement sensibles à la question. Nous sommes quotidiennement observateur averti de la nature des dispositifs existants, sporadiques ou absents faute de budget. 

Pourquoi un électrochoc le 16 juillet 2016 ? car j’avais constaté en gare de Lyon le 15 juillet un vide policier consécutif à la sur-sollicitation traditionnelle du 14 juillet dans une zone de départ de colonie de vacances d’un accès optimal pour des individus mal intentionnés. 1000 enfants rassemblés dans une zone aux accès multiples sans forces de polices visibles avec un armement adéquat . En province (Niort par exemple) , l’absence de prépositionnement armé lors de rassemblements est aussi inquiétante. 

La sécurité du territoire dépend de forces limitées, complexes à mobiliser (cas de le réserve opérationnelle)  qui ont aussi besoin de congés après de fortes mobilisations, ce dont les individus et Etats malveillants sont parfaitement conscients. Des événements comme les jeux olympiques, les émeutes urbaines, ou de moindre ampleurs, mobilisent ou ont mobilisé un majeure partie de nos forces, en créant de façon récurrente de gigantesques vides sécuritaires. Il s’agit de s’organiser en conséquence. 

 

Plan du document : 

I. Contexte : Un risque sécuritaire polymorphe, installé, et en croissance

II. Les limites de la conception actuelle de la réserve opérationnelle 

III. Comment accroitre l’utilisation des forces opérationnelles existantes

IV. Une solution de masse dans la durée : les seniors et retraités

V. Comment recruter

VI. Comment commander  

VII. Comment financer 

VIII. Une solution de masse dans la durée: les seniors et retraités

Conclusion 

Annexe 1 : destinataires 

Annexe 2 : échange de courriels avec Madame Geneviève Foraso, parlementaire, 2016

 

 

 

I. Contexte : Un risque sécuritaire polymorphe, installé, et en croissance

Sont venus s’ajouter depuis 2015 de nombreux événements comme la guerre de haute intensité en Europe, accompagnés  d’un très grand nombre d’actes malveillance (ex : sabotage ferroviaire en Allemagne le 8 Octobre 2022, incendie de Rheinmetall à Berlin le 3 mai 2024, etc…). 

La guerre au Moyen Orient exporte des tensions et tentations sur le territoire français. L’internet est utilisé pour lancer de fausses alertes épuisant nos forces au risque que les vraies menaces finissent par être négligées. Sollicitées de façon multiple et en masse depuis 11 ans, nos forces d’active connaissent un état d’épuisement. Cela accroit les risques d’erreurs et de fautes, de nombreux départs et une plus grande difficulté de recrutement.

L’installation du conflit et du risque  dans la durée (maintenant 11 ans : 271 morts exécutés, 1100 blessés lors d’actions terroristes, plus exactement d’exécution au faciès, à la religion, à l’orientation philosophique, à la profession),  comme la nature hybride des menaces requiert depuis plusieurs années la recherche d’une solution de densification durable et modulaire de la défense territoriale. Notre pays a pourtant une longue expérience de la défense de l’arrière. 

Le risque couvre maintenant tous les sites publics (Guide des bonnes pratiques pour la sureté des espaces publics, édition 2021) dans un contexte où le terrorisme n’est plus revendicatif mais recherche à tuer un maximum de personnes de façon spectaculaire, en visant le cas échéant les plus faibles (enfants, personnes âgées) qui ne peuvent se mettre à l’abri, ou personnes coincées dans des espaces fermés. Le modèle ancien de réponse à ces actions, avec un temps d’intervention puis une négociation, est révolu. Le citoyen doit pouvoir se défendre et défendre autrui (fiche R2 n p84 du guide précité) comme a Annecy le 8 juin 2024 ou gare de Lyon le 6 février 2024.

Par ailleurs l’idéologie du ressentiment est bien installée et abondamment relayée de façon multiple par des forces politiques autochtones et étrangères, quand ce ne sont pas nos manuels scolaires sélectivistes sur les maux de l’histoire. Elles construisent un terreau vulnérable pouvant se manifester sous la forme d’émeutes à la moindre étincelle.  L’anathème religieux entre religions abrahamiques que l’on croyait appartenir au passé suite aux énormes travaux entres Eglises et Synagogues (de 1947 à la Visite de Jean Paul II au Kotel à Jérusalem en 1994) réapparait en force à travers une littérature illégale mais sans réaction des autorités compétentes (à titre d’exemple: réapparition du qualificatif pogromiste de « peuple maudit »  concernant les juifs mais aussi les chrétiens dans les ouvrages de grande diffusion comme « Péchés et Guérison » de Ibn Al-Qayyim (Auteur), Nabil Aliouane (Traduction ) ). 

Dans ce contexte d’impossibilité d’une protection permanente des citoyens par l’Etat, de l’état fluctuant du dispositif Vigipirate,  et des délais d’intervention de 20 à 30 minutes actuels (et même d’1 heure en cas de tuerie de rang 3) voire indéterminés, des dispositifs communautaires reposant sur des volontaires  apparaissent, s’équipant de matériel permettant de traiter au plus vite et au plus près une attaque au couteau voire à l’arme à feu hors d’un cadre législatif et défensif structuré.

Enfin le scénario cauchemar d’une attaque combinée ne peut être exclu: mobilisation de nos forces conventionnelles aux frontières de l’OTAN, sabotage d’un site Seveso entrainant une catastrophe régionale, déclenchement massif d’incendies, attaques électroniques, proliférations d’alertes à la bombe organisées,  attaques terroristes de type « Christchurch » avec en sus la provocation d’émeutes pogromistes de rétorsion. Un tel scénario, du domaine du possible,  peut échapper à la vigilance. Par nature il déborde totalement un système de défense classique d’active , qu’il soit technologique ou humain. En juillet 2023, durant les émeutes postérieures à la mort du délinquant routier Nahel Merzouk,  des communes du val de Marne ne disposaient de plus aucun service public régalien disponible.  L’attaque du domicile de Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), dans la nuit de samedi 1er à dimanche 2 juillet valide la faisabilité du scénario des individus malveillants. Le mobile du homejacking peut être crapuleux , antisémite,  politique (malheur à l’élu qui a résisté à des pressions) et conduire à des issues tragiques : viols, meurtres , défénestration , etc.…sans véritable doctrine de primo intervention citoyenne.   

Sans qu’il y ait de plan concerté,  l’avènement d’une menace simple et locale devient une opportunité pour une autre menace dans un scénario opportuniste boule de neige . Une émeute peut permettre à une puissance étrangère d’exécuter des réfugiés politiques qui ont espéré en la promesse française, de détruire des installations vitales le cas échéant par des sous-traitants autochtones animés par des motivations politiques d’une autre nature (écologistes, palestinistes, etc.…   ) , d’activer une cellule de type « Spetsnaz » , etc… 

Nous n’avons pas de dispositifs pouvant mobiliser de façon modulaire des forces territoriales recensées au préalable avec ordre de mission connu (local / de proximité),  et qui dans le même temps ne paralyserait pas plus encore le fonctionnement des infrastructures et de l’économie, plus nécessaire que jamais.

La solution choisie doit être économique, efficace, fiable et loyaliste. Elle ne doit pas compromettre la nécessaire production de richesse. Elle doit être mobilisable très rapidement par une chaine de commandement adaptée localement et apporter un puissant renfort tactique de primo alertant (non armés) et primo intervenant aux forces d’actives sur tout le territoire : qu’il  s’agisse d’un incident dans un supermarché casher, ou un barrage du beaufortain.  

 

II. Les limites de la conception actuelle de la réserve opérationnelle

La vision proposée par le Président de la République le 20 Juillet 2016 reposait sur la sollicitation de « toutes les femmes et tous les hommes qui, en parallèle d’une carrière d’études ou d’un choix professionnel, ont choisi de s’engager au service de la protection des Français« . Cette vision était sans aucun doute pertinente à l’époque dans un contexte postérieur à la guerre froide et d’une économie reposant sur de très grandes entreprises industrielles, ou un salarié absent pouvait être facilement remplacé provisoirement. 

Mais dans une situation de durée et de secteurs administratifs et industriels « hyper productifs » en tension, ce système entrave la nécessaire création de richesse d’autant plus qu’il vise à prélever dans la durée des personnels qui sont aussi indispensables dans leurs propres organisations. 

Ce système ne permet pas de système de masse. 

En 1914, l’armée avait dû rétrocéder 500000 combattants sans quoi les industries auraient cessé de fonctionner. 

Madame Geneviève Fioraso soulignait par ailleurs dans sa réponse  à mon courrier de 2016  qu’« A toutes fins utiles, il est à préciser que la plupart des réservistes sont employés par les collectivités locales ou l’État, dans toutes ses composantes – fonction publique hospitalière, fonction publique d’État -, qui est leur premier employeur. Pourtant, il s’avère que dans ce domaine, ce sont les plus mauvais élèves : ce sont eux qui libèrent le moins facilement leurs agents (sic) » car ils sont en effet indispensables à son fonctionnement, plus nécessaire encore en contexte de durée. Une défense nationale ne peut se construire en induisant une dégradation des transports, des hôpitaux, services de secours etc…. bien au contraire.

Les systèmes de réserve citoyenne sont quant à eux cantonnés à un recrutement sur CV et non de masse et ne permettent pas la surveillance du territoire dans une grande échelle.

La réserve opérationnelle, limitée, doit être utilisée conformément à son spectre de compétences techniques et juridiques, c’est-à-dire en complétant les forces d’actives, dont la vocation est de traiter les situations les plus graves, plutôt que de multiplier des gardes statiques, qui affecte la qualité de son entrainement à la haute intensité. Vigipirate cantonnée à la très faible intensité, dégrade l’entrainement à la haute intensité, et peut entrainer une surmortalité au premier combat de haute intensité: un mur ne protège pas contre une balle d’AK74, encore moins contre un RPG7. 

 

III. Comment accroitre l’utilisation des forces opérationnelles existantes

Le plein d’effectifs armés issu de la composante opérationnelle n’a pas été encore fait. Il est souhaitable de permettre à tous les militaires allant à leur bureau en transport en commun et disposant d’une qualification au tir de combat, de circuler avec une arme de catégorie B en port caché dans l’espace public (20 000 personnes en Ile de France ?). Cela requiert simplement une formation au processus en vigueur pour la gendarmerie et la police en civil lors d’un tir administratif. Le coût étant seulement l’équipement à domicile d’un coffre pour arme de poing.  En effet, ces personnes ont déjà par définition un agrément de l’autorité en matière d’utilisation d’armes de catégorie B et A. La contribuable finance leur entrainement. L’optimisation de ces personnels à des fins collectives est une revendication légitime du citoyen. L’idée qu’un militaire serait incompétent sur une telle mission annexe , amènerait le public à s’interroger sur la qualité de ces personnels ou le niveau de confiance que l’Etat entretient envers ceux qui sont missionnés pour mettre en œuvre des armements . 

Enfin ces personnels doivent pouvoir sortir un signal d’identification très visible en cas de primo intervention ( à destination du public et des secundo intervenants pour éviter un tir ami ; le système israélien , très efficace a néanmoins omis cette approche) . Aussi, l’entrainement aux procédures de tir en situation de foule est aussi critique.

Si l’administration s’inquiète de la possibilité d’un vol d’arme de catégorie B, le révolver est une option sérieuse. Limité à 5 ou 6 coup, il s’agit d’une très bonne arme de défense ou de primo réaction, mais d’une mauvaise arme pour un massacre de masse ou du grand banditisme du fait de sa faible capacité en munitions. 

Le révolver est en dotation comme deuxième arme ou arme de tir de précision dans les unités d’élite.  Il a été pendant longtemps l’arme d’auto défense des policiers, des gendarmes, convoyeurs de fonds, etc… du fait de sa simplicité d’utilisation et de sa fiabilité. Une arme en catégorie D peut aussi être envisagée. 

 

IV. Une solution de masse dans la durée : les seniors et retraités

En 1913, la réserve territoriale de par la loi couvrait quasiment l’espérance de vie d’un homme. 

De nombreux dispositifs ont fait appels aux séniors dans l’histoire des conflits (Home Guard britannique, Défense passive française) en prélevant localement à des fins de missions de défense locale des :

-Primo alertants

-Primo intervenants en défense passive (lutte contre les incendies et primo intervention NBC) ,  primo défense armée de ralentissement selon une approche hérisson le temps qu’une défense structurée s’organise 

Sur 17 millions de retraités français et étrangers vivant en France, beaucoup de personnes sont capables de patrouiller à pieds et en véhicule dans leur commune, apporter leurs connaissances du terrain, et sont connus de leurs concitoyens. L’administration connait leur histoire judiciaire  et certains d’entre eux sont en mesure d’être primo intervenant armé (les policiers, gendarmes et militaires retraités par exemple).

Les pouvoirs publics peuvent définir une modularité de la mobilisation  (couple maire / préfet / région militaire) et la chaine de commandement en conséquence.

Un outils de cohésion sociale :

Plutôt que des dispositifs communautaires que j’ai pu observer (juifs protégeant des synagogues et écoles juives, trop rarement des catholiques ou des musulmans faisant la vigie devant leur lieux de cultes bien que cela soit préconisé par le Guide des bonnes pratiques pour la sûreté des espaces publics, édition Décembre 2021 , et plus généralement tout membre du public en charge de personnes vulnérables) , armés au-delà ce que permet la législation actuelle sur le port d’armes de catégories D et B,  suppléant à l’impossibilité administrative de protéger toutes les cibles dans l’espace et dans le temps  (sur un temps que l’administration définit entre 20 et 30 minutes en province , en réalité souvent plus voire indéterminé en situation dégradée), il est important que les habitants de France participent à la protection commune et solidaire. 

La protection de la vie de tous est l’affaire de tous et est un droit pour tous. Elle relève de la fraternité.

Enfin cette approche valorise les séniors et prévient une sollicitation inéquitable de la seule jeunesse (qui représente l’avenir du pays), dont la mort au combat est perçue de façon plus dramatique encore dans une famille à 2 enfants (voire moins). Les réactions émotionnelles aux 10 morts de l’Attaque d’Uzbin ne résultent pas seulement de la redécouverte de la guerre , mais aussi d’une mutation démographique profonde. L’Histoire de France a comporté des campagnes de mères de famille entravant l’envoi de leurs fils au front.

L’impact de la mort d’un sénior dans le cadre d’une action de défense est moindre que celle d’une jeune femme ou d’un jeune homme lors d’un combat d’infanterie relevant à nouveau du possible.

En outre les retraités ou séniors peu motivés par la dimension militaire peuvent être engagé dans la prévention de masse par le tutorat scolaire des jeunes enfants, ou des missions de protections civiles (systématisation de la Reserve communale de sécurité Civile adapté au contexte de guerre hybride actuel) 

 

V. Comment recruter :

Instaurer une Journée de la défense territoriale pour tous les retraités, utilisant les sites des armées dédiés à la Journée de la défense et de la citoyenneté.

Cette journée serait aussi ouverte aux actifs voulant « devancer l’appel » et souhaitant présenter à l’autorité des compétences (exemple : un ancien policier travaillant dans le civil proposant de faire partie des primo intervenants)

Objectifs :

-identifier les volontaires (avant d’envisager une réquisition) motivés pour protéger leur quartier, commune ou acceptant de servir en zone éloignée. 

-identification de l’aptitude physique (vision, marche , conduite , discernement) 

-identifier les compétences (langues, informatique, maintenance industrielles, électroniques, travaux publics, services d’urgences), validation des acquis professionnels, qui dans de nombreux cas comprennent une solide expérience de l’hygiène et sécurité au travail transposable dans ce contexte, à minima en terme d’état d’esprit.

-Identifier le niveau d’armement que le volontaire pourrait  mettre en œuvre (pas d’armement pour le primo alertant, armement de catégorie D, B ou A selon les cas pour les primo intervenants, drone, armement anti drone en commençant par le fusil calibre 12 pour la protection la plus rapprochée, ou équipement de sécurité civile / défense NBC) 

-identifier les profils qui pourrait passer dans la réserve active en cas de guerre conventionnelle (ateliers de fabrication de drone ou autres armements simples et de masse, arme du génie, du train, de la logistique, du matériel, services de santé,  langues, compétences électroniques, etc… ) 

-recensement du lieu de domicile : casernement naturel du territorial et surtout espace de mission sur lequel le volontaire offre une grande valeur tactique car il y est plus à même de détecter des anomalies suspectes

-définition par l’administration du niveau de mobilisation en fonction des compétences identifiées (primo alertant et / ou primo intervenant) et de la nature du risque ou de l’incident (terrorisme, risque NBC, etc..) 

-identification et mobilisation systématique des volontaires pour un service civique généralisé de prévention de la dérive des jeunes (tutorat dès le primaire  ayant vocation à pratiquer la langue, etc..), dans le cas de citoyens non motivés ou non aptes à une mission de nature défensive, mais motivés par une action civique d’une grande productivité sociale et contribuant à l’ordre public comme la cohésion nationale (mais qui n’est pas le sujet de ce courrier) 

En situation dégradée, la mobilisation pouvant commencer par l’autorisation de port caché d’armes de catégorie B de citoyens sélectionnés par leur aptitude et motivés par leur évolution quotidienne dans des espaces ciblés par l’assaillant de type « Daech/ISIS » ou démuni de forces de l’ordre que nous connaissons dorénavant, après une formation adaptée. 

-attribution d’un ordre de mission au volontaire (ou réquisitionné) selon le type d’alerte  et définition du mode de mobilisation d’urgence 

Exemple d’ordre de mission : porter une arme en port caché à l’Eglise. Il y a 40 000 Eglises actives dorénavant menacées. L’Etat n’en a protégé tout au plus 10% . Cela vaut pour les écoles juives , synagogues de Saint Mandé et de Vincennes, où des volontaires se relaient durant les absences de gardes policières devenues la règle.  

Possibilité de devancer l’appel pour les actifs : 

Cette journée doit pouvoir être devancée par des actifs (devancement de l’appel)  afin que des individus peu disponibles puissent le cas échéant être identifiés comme mobilisables ponctuellement par un préfet et un maire , par exemple pour accroitre la sécurité de sites religieux lors d’une fête , le vendredi soir ou dimanche matin, d’un marché de Noël etc… sous les ordres de la police municipale.

La collectivité a aussi intérêt à recruter plus de primo intervenants équipés d’ armes de catégorie D (bâton de défense, lanceur de gel incapacitant de grande puissance Piexon, lanceurs Co2 avec glissières fluorescentes les différenciant d’une arme de cat B), et pour beaucoup d’arme de poing  : individus qualifiés par l’autorité et évoluant dans des environnements menacés , obéissant aux mêmes modes opératoires qu’un policier devant faire usage de son arme hors du service , dans l’intérêt du public. Ce recrutement devrait systématiquement s’adresser aux anciens gendarmes, policiers , militaires reconvertis sous réserve de leur accord et d’une formation aux dernières procédures de police / gendarmerie , d’un examen pratique et d’une vérification de sécurité classique.  

Création d’un brevet élémentaire de défense territoriale pour tous :

Comme le brevet de secouriste, il s’agit aussi d’un brevet de secours à la personne mais ouvrant le droit de port d’une arme de catégorie D de type bombe au poivre de longue portée (avec propulsion pyrotechnique de type JPX2 / 4 de chez PIEXON : Dispositif non létal d’une portée de 7 mètres qui est une réponse sérieuse aux attaques à l’arme blanche ) . En effet à ce jour le port d’une bombe au poivre n’est pas autorisé et passible d’une forte amende à 1 ans de prison. Le fait de l’existence d’un danger potentiel ne suffit pas au regard de la loi (or le danger n’est connu qu’à posteriori d’une attaque) . Le scénario où un citoyen interviendrait avec une bombe au poivre dans un contexte de légitime défense d’autrui reconnue par la justice mais qui serait dans le même temps poursuivi pour port d’arme prohibé est du domaine du risque probable. Ce risque est dissuasif.  

Un tel brevet accordé par des entreprises accrédités (armureries, instituts agrées accordant des formations la sécurité) avec un cursus validé par le Centre national de la fonction publique territoriale permettrait d’encourager la légitime défense d’autrui en limitant le risque juridique à l’usage criminel d’une arme de catégorie D  de ce type. Ce brevet inclurait une formation au droit, aux premiers secours (blessés par arme blanche, balle, brulures , chimiques)  et un questionnaire final évaluant le discernement du candidat titulaire. Il pourrait aussi comporter un volet « détection des anomalies en contexte terroriste ou de guerre hybride» (véhicule trop bas sur châssis / au coffre surchargé à proximité d’une école, individu statique portant un manteau anormalement ample aux abord d’un site sensible, drones survolant un site sensible , etc….telles que passées en revue dans le Guide des bonnes pratiques pour la sureté des espaces publics, élargi au contexte actuel de guerre hybride installée). En outre il régulariserait les citoyens improvisant actuellement des dispositifs communautaires. 

Un tel brevet, comprenant le développement de connaissance ne primo détection de signaux faibles en relation avec les menaces identifiées par le ministère de l’intérieur et le ministère de la défense,  pourrait être évolutif vers une intégration dans une unité locale de défense territoriale et l’habilitation  catégories C et B dans un cadre validé par les pouvoirs publics. En effet, accroître le nombre de primo intervenants agrées et encourager la légitime défense d’autrui sont des priorités immédiates.

Un tel brevet doit s’inscrire dans un assouplissement du droit de la légitime défense d’autrui au moyen d’armes de catégorie D non létale. Aujourd’hui, le public ne peut que laisser une victime attaquée au couteau dans l’espace public se laisser massacrer. En république , cette situation de dénuement juridique et matériel est en contradiction avec la définition du statut de Citoyen.

VI . Comment commander :

La chaine de commandement commence par le maire (échelon municipal au cas où le maire, officier de police, aurait besoin de renforts « primo alertant » sous les ordres de la police municipale) mais les personnels armés relèvent de leur propres commandement militaire ou préfectoral. 

A la différence des gardes nationales passées , le commandement de toutes unités armées (à plus forte raison en cat B) , relèverait en tous les cas du dispositif d’active ou relevant de la réserve opérationnelle (officier , sous-officiers d’actives des forces armées, de la  police et de la gendarmerie locale)

Démarrage du processus de création de la garde territoriale : 

Ce processus doit commencer par une expérience pilote sur une région à risque polymorphe, à analyser et étendre au territoire national ou pourrait appeler en priorité tous les individus se manifestant comme pouvant prétendre à des aptitudes de primo intervenant (port d’arme de catégorie B caché)

 

VII. Comment financer

Le 8 Mai serait à nouveau un jour actif afin de générer des revenus spécifiquement dédié à la défense du territoire. Au jour ouvré rétabli s’ajouterait la force du symbole. Le 11 Novembre devenant le jour consacré à tous les anciens combattants. 

Il serait aussi pertinent que le Jeudi de l’ascension et le Lundi de pentecôte soient aussi définitivement ouvrés afin de financer la protection des lieux de culte de toutes les confessions, pouvant aussi faire l’objet de menaces d’islamistes, de militant d’extrême gauche et d’ultra droite. En affirmant faussement que la basilique de Montmartre  a été bâti en hommage à la répression de la commune , Thomas Guénoléa mis une cible sur ce patrimoine.

Le Mois de mai deviendrait par ailleurs un mois viable productif sur le plan de l’économie. 

Il s’agirait de financer un équipement simple (chasuble porte plaque au standard molle Otan , plaques balistiques arrêtant les calibres de guerre, armes de catégorie D et B , équipements de communication, drones de proximité, etc…) , la formation selon des formats déjà bien définits par le Centre national de la fonction publique territoriale ou de préférence l’Etat major de la Gendarmerie, et les frais de patrouille. Toutefois en l’été des finances , les financement privés seraient tolérés come c’était le cas à l’origine des gardes nationales ou encore pratique courante dans les forces d’actives aujourd’hui (pour parties ; lunettes ; lampes LED au pouvoir « saisissant » même de jour, accessoires, etc…) 

 

Conclusion

La sécurité est un droit fondamental et l’une des conditions de l’exercice des libertés individuelles et collectives. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur l’ensemble du territoire de la République, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre public, à la protection des personnes et des biens (article L111-1 du code de la sécurité intérieure). Mais, comme l’indiquent des attaques régulières depuis 2015, et les atteintes aux biens et aux personnes,  les intrusions criminelles opportunistes et bientôt pogromistes dans les propriétés et copropriétés isolées ou même en zones hyper urbanisées comme Paris 16,  il n’est pas en mesure de le faire au moins sur un laps de temps, parfois indéterminé. Celui-ci est  devenu critique du fait de l’évolution de la nature cumulée des menaces vers la malice et la duplicité plutôt que la revendication politique. Elles recherchent l’appât du gain , mais aussi l’horreur morbide, la désorganisation sociétale et pas nécessairement le message politique. 

Les citoyens ont le droit de pouvoir s’organiser en conséquence (« esprit de résistance » invoqué par le président Hollande en 2015). A Saint Mandé et Vincennes, sur le territoire de la république, en populations juives comme non juives, féminines, immigrées légalistes, rurales, d’entrepreneurs confrontés à des primes d’assurances devenues asphyxiantes, la colère est là, face à des dispositifs régaliens intermittents et l’absence de solution citoyenne de masse et légale, à plus forte raison face à une attaque hybride de grande envergure. Les citoyens commencent à s’organiser aux frontières de la loi de par la nature des risques sans qu’il soit honnête de qualifier cela de délit de préméditation. Il s’agit d’une anticipation raisonnable elle – même promue par de grandes personnalité du GIGN (« Se préparer au pire » Aton). La nouvelle brochure « Tous résilients » ne réponds pas à la problématique de la défense solidaire en situation de vide régalien. Que doit faire un village breton attaqué à l’AK 74 par un groupe qui aurait su s’adapter et évoluer sous le radar ?  L’Etat laisse «  la voie du musulman » véritable manuel de guerre insurrectionnelle être diffusé malgré les cris d’alarme de la presse et de familles musulmanes depuis 2014 (Le Figaro 29 Juillet 2014) . Une partie de la classe politique appelle ouvertement à l’insurrection. Or l’intérêt collectif, le respect du droit et l’efficacité dans la durée requièrent que la sécurité de tous, à chaque instant et la totalité du territoire de la république , face partie d’un dispositif organisé dans une chaine de commandement légale, efficace et fédérateur ; laissant le cas échéant la haute intensité concentrée sur les points durs  aux troupes d’actives. 

« Ne pas subir » disait le Maréchal de Lattre de Tassigny. Il appartient aux pouvoirs publics d’accompagner et de structurer cette motivation citoyenne afin que tout Etat ou individu recherchant à poursuivre la politique d’horreur sur notre territoire sache qu’en tous lieux (d’une Eglise dans la banlieue de Rouen à un supermarché de province) et en tout temps sache qu’ il sera détecté très en amont (la meilleure des solutions),  contrarié, voire empêché de réaliser ses projets sordides, par un citoyen armé et déterminé, missionné par la collectivité pour combler le vide de 20 à 30 minutes nécessaire à l’arrivée de forces d’actives. L’état dramatique des finances du pays, la nécessaire préservation de le jeunesse, comme la qualité du dispositif conduisent à donner un rôle prépondérant aux retraités ou jeunes séniors. 

Exécuter des enfants juifs, abattre des clients d’un supermarché, égorger des paroissiennes, des professeurs de la République, des policières créoles ou soldats musulmans hors service (au titre du hadith 14 sur les apostats) et autres cibles sélectionnées selon un profilage raciste contre la France, lié à la vulnérabilité, aux orientations sexuelles, l’orientation philosophique et religieuse, crapuleux vis-à-vis des entreprises ou encore visant les infrastructures vitales du pays,  doit devenir une activité à haut risque dont celui de perdre la face vis-à-vis des entités mandataires.  Quand bien même il y aura encore des morts, la détermination de notre société à se défendre efficacement doit être un message aux individus, partis politiques pogromistes, organisations et Etats qui nous voient comme des pleutres et des agneaux. 

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Cybersécurité, une politique fiscale et d’investissements au service de la souveraineté

By Numérique, Economie, Institutions

Par Pascal Tierce, adhérent du CRSI  

Cybersécurité : l’urgence d’une stratégie d’investissement

La dangerosité de la cybermenace pour les organisations, qu’elles soient du secteur privé ou public, se révèle souvent très sous-évaluée. Traditionnellement, on estime qu’il y a trois façons de gérer un risque : l’accepter, le réduire (par des mesures appropriées), le transférer (via une assurance par exemple). En sécurité des systèmes d’informations et de protection des données, on a l’impression qu’il en existe une quatrième : l’ignorer, tant certaines entreprises, associations, administrations ou entités publiques apparaissent dans le déni des réalités.

La montée en puissance des cybermenaces contre aussi bien les administrations, les collectivités territoriales ou les hôpitaux que le secteur privé (industries, services) met en danger des milliers d’emplois (fermetures d’entreprises), fragilise le tissu industriel et des services, abîme une image réputationnelle, engendre une perte de compétitivité, désorganise des services publics avec un impact sur les citoyens à travers l’exposition des données personnelles… Le phénomène est d’autant plus prégnant que l’IA, sa puissance et sa rapidité d’adaptation fournissent une aide aux hackers qui n’ont plus besoin de compétences particulières et rares.

Il ne s’agit pas ici de dénoncer telle ou telle organisation que l’actualité récente (ou passée) a mise en lumière, mais de pointer la banalisation du phénomène. La presse se fait l’écho quasi quotidiennement d’attaques, réussies, contre des structures qui précisément ne devraient pas être attaquables (ou difficilement), d’autant qu’à maintes reprises, l’agresseur, quand il peut être identifié, se trouve être un jeune adulte, voire un mineur. On pourrait donc en déduire 3 hypothèses : soit les hackers sont des génies précoces, soit les défenses des entités ne sont pas (plus) au niveau de l’état de l’art, soit ces deux premières agissent comme un effet ciseaux. Il est à craindre que la seconde option soit d’abord celle sur laquelle il conviendrait de se pencher. Pour cela, deux politiques d’ampleur devraient être actionnées, sachant qu’elles sont destinées à s’inscrire dans le temps et à s’adapter à un contexte technologique en évolution rapide. La première a trait à une politique fiscale et d’investissements incitative ; la seconde à la mise en place d’une réelle politique de sécurité des systèmes d’information au sein des entités ; politique indépendante, non rattachée à une vague fonction perdue au milieu de l’organigramme d’une direction du numérique.

Il y a urgence bien que depuis des années les gestionnaires de capitaux et les assureurs tirent la sonnette d’alarme :

– BlackRock place à nouveau le risque cyber en troisième position (cf. Blackrock geopolitical risk dashboard de mars 2026 identifiant les 10 risques majeurs au niveau mondial). Dans le baromètre des risques Allianz 2025, le même risque est au 1er rang des préoccupations ;

– AXA dans son livre blanc cyber de 2025 rappelle que 1/ la menace est désormais mondiale (+30 % d’attaques entre 2023 et 2024 dans le monde), 2/ tous les secteurs d’activité sont exposés, l’attaque n’étant plus forcément frontale mais via la sous-traitance, 3/ les PME/PMI sont aussi ciblées que les grandes entreprises mais avec des impacts vitaux plus forts du fait de leur sous-dimensionnement en cybersécurité (hausse de 53 % des cyber-extorsions sur la même période 2023/2024). En 2025, 36 000 scans automatisés par seconde étaient lancés dans le monde par les cybercriminels pour repérer les failles éventuelles et les exploiter.

Dans son Future risk report 2025, l’assureur AXA relève que si 95% des experts estiment que la vulnérabilité du monde aux menaces de toutes sortes s’est fortement accrue ces dernières années, ils ne sont plus que 20% à considérer que les pouvoirs publics sont bien préparés à faire face à l’émergence des risques cyber.

La présente note propose de traiter de façon synthétique la nécessaire politique fiscale et d’investissements à mettre en place.

Promouvoir une telle politique consiste à aller au-delà des simples constats et dénonciations auxquels nous sommes habitués. Elle ne peut non plus se contenter de juste mettre une amende pour perte de données à ceux qui seraient attaqués, leur infligeant ainsi une double peine. Il faut un cadre d’ensemble où une politique volontariste proactive envoie des signaux économiques forts pour pousser les entreprises à investir durablement dans la cybersécurité plutôt que de réagir après une attaque. L’enjeu n’est rien moins que de sauvegarder notre économie, notre démocratie et notre souveraineté en assurant un cadre de développement sécurisé et de long terme. Pour cela, il est nécessaire que chacun puisse agir à son niveau en dégageant les moyens pour se défendre. Les solutions doivent se rechercher sur le terrain, non par la création d’une énième autorité étatique.

Crédits d’impôt

● Crédits d’impôt pour certaines dépenses en cybersécurité :

– Audits : le recours à des prestataires certifiés ANSSI est nécessaire, PASSI (prestataires d’audit de la sécurité des systèmes d’information) et PRIS (prestataires de réponse aux incidents)

– Solutions de protection (EDR, SIEM, chiffrement, sauvegardes)

– Formation des employés (souvent un point faible, notamment en matière de sensibilisation)

● Extension de dispositifs existants (comme le crédit d’impôt recherche) à la cyber, en particulier pour les PME/PMI

Amortissements accélérés des investissements liés à la cybersécurité

● Déductibilité accélérée des investissements en sécurité numérique et protection des données (logiciels de sécurité, infrastructures comme le cloud sécurisé, les serveurs durcis et ceux intégrant une consommation électrique moindre)

● Amortissement renforcé des équipements de protection (pare-feu, systèmes de détection …)

Il s’agit de réduire le coût réel à court terme pour l’entité tout en encourageant des investissements immédiats

Exonération et allégements d’impôts

● Réduction d’impôts pour les PME/PMI investissant dans des solutions et dispositifs certifiés

● Allégements fiscaux pour les entreprises respectant certains standards de sécurité (avec une condition d’engagement sur 3 ans) ou une certification ISO

Bonus/Malus de dotation annuelle pour les administrations, organismes publics et associations justifiant (ou non) l’atteinte d’un niveau de sécurité suffisant

L’ANSSI est en capacité de juger et décerner un satisfecit en la matière.

Incitations indirectes

● TVA réduite sur certains services de cybersécurité

● Avantages fiscaux pour les primes d’assurance (ou primes partiellement déductibles)

Soutien fiscal à la formation et aux talents

● Mise en place et organisation, conjointement entre le ministère de l’enseignement supérieur et l’ANSSI, d’une filière cyber (avec des partenariats public/privé) incluant primo-formation mais aussi des formations de remise à niveau des personnels. En effet, l’obsolescence professionnelle en matière cyber est particulièrement rapide et impose une remise à niveau régulière tant des cadres que des ingénieurs et techniciens

● Crédit d’impôt pour les formations en cybersécurité

● Exonérations pour l’embauche d’experts

Aides renforcées pour les PME/PMI/associations qui restent les plus vulnérables

● Aides et assistance à la certification (ex. : normes de sécurité)

● Label de confiance pour les entreprises ayant un bon niveau de sécurité

● Procédures simplifiées et guichet unique

Aides à l’adhésion à des plateformes sur les menaces et des centres d’assistance en cas d’incident au travers des CSIRT (Computer security incident response team)

Il en existe actuellement 14 répartis en régions et territoires ultramarins. Ils assurent une réponse de premier niveau à un incident d’origine cyber. Surtout, ils ont vocation à faire des missions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement dans la montée en maturité des acteurs locaux. En plus de ces CSIRT régionaux, certains secteurs sensibles ont déployé des CSIRT sectoriels (maritime, aviation, défense, santé)

Conditionnalité des aides publiques (subventions) et de l’accès aux marchés publics par l’exigence préalable d’une conformité à un standard de cybersécurité

Ce levier puissant est souvent sous-employé. Beaucoup d’entreprises (et associations) dépendent de la commande publique tant au niveau national que local. Si la loi, en particulier au travers du code des marchés publics, impose une conformité préalable, les sociétés/associations/organismes publics n’auront pas d’autre choix que d’obtempérer

Organiser la mesure et les contrôles

La mesure est indispensable car sans évaluation, pas d’incitations réellement efficaces dans le temps. Mais elle ne doit pas être tatillonne. Le référentiel destiné à évaluer le niveau de protection cyber doit donc être simple, facilement compréhensible, même par des non initiés, et sans lourdeur excessive en temps comme en coûts. L’objectif pourrait être l’obtention d’un label valable 3 ans qui, Directive NIS 2 oblige, se déclinerait en trois niveaux : entreprises essentielles, entreprises importantes, entreprises hors NIS 2 ; les entités relevant des deux premières ayant des contraintes d’objectifs naturellement plus fortes que celles de la troisième catégorie.

En complément de cette politique fiscale, il serait judicieux d’étudier la faisabilité de constituer un fonds souverain (français) destiné à investir dans des entreprises françaises, en particulier PME/PMI, afin à la fois :

1 – de leur apporter des capitaux (actions, obligations). En effet, trouver des investisseurs est parfois un parcours du combattant dès lors que l’entreprise n’intervient pas dans des secteurs d’activité “à la mode” (IA, quantique, puces électroniques,…). Le “crowdfunding” a ses limites car il ne peut concerner que les petites structures, surtout les start-up. La BPI, de son côté, ne peut tout faire. Quant aux organismes intervenant dans le “private equity”, l’objectif est avant tout de maximiser le gain sur du court terme (3/5 ans), le côté souverainiste n’est ici pas une variable de décision (ou d’investissement).

2 – de les accompagner dans les transmissions générationnelles.

3 – de les assister dans leurs développements, voire dans des opérations de fusions/acquisitions.

Un tel fonds souverain, qui d’ailleurs peut ne pas être limité au seul domaine de la cybersécurité mais étendu à l’ensemble de la BITD, est susceptible de mobiliser rapidement plusieurs milliards d’euros surtout s’il permet de bénéficier d’une réduction d’impôt, à condition de conserver les parts pendant une période (3 ans par exemple), et de dividendes annuels.

Les esprits chagrins objecteront que cela va coûter de l’argent et/ou réduire les rentrées fiscales. Certes, peut-être à court terme et sur des montants maîtrisés. Mais il faut voir à plus long terme.

La mise en place d’un écosystème (intégration de la problématique par les acteurs, assurance, formation, normes) capable d’organiser la défense de nos entreprises (et de nos administrations) ne peut avoir qu’un effet bénéfique sur le “business” et donc la productivité de l’impôt direct ou indirect.

Le coût de la cybercriminalité mondiale est estimé à 9 220 milliards de USD au titre de 2024 (source : livre blanc AXA). Ce chiffrage seul doit être de nature à engendrer une réelle prise de conscience des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise et des hauts fonctionnaires pour protéger nos industries, nos services, les emplois induits. Il en va de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays

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L’eau de nos larmes : Combien de temps resteriez-vous dans votre logement si vous n’aviez plus d’eau ?

By Economie

– par H., adhérente du CRSI

Les enjeux de sécurité civile, parmi lesquels les risques climatique ou sanitaire, souvent associés d’ailleurs, peuvent provoquer
« une rupture majeure de normalité », rappelait le président du CRSI lors d’une conférence à l’Ecole de guerre en décembre 2021.

S’intéresser à la sécurité intérieure, c’est aussi se préoccuper de l’eau, sous tous ses aspects. Sans eau, pas de vie. Sans réseau d’eau potable, pas de villes tranquilles.

Les eaux territoriales

Est-il vraiment besoin de rappeler tous les enjeux sécuritaires liés, par exemple, au détroit de la Manche en cette période où le mot détroit est plus souvent associé à Ormuz ? La sécurisation et le contrôle d’un détroit, où qu’il soit localisé, peuvent avoir des répercussions pour notre pays, nous le savons tous depuis quelques semaines … Les eaux des autres nous concernent aussi ! La sécurité intérieure passe par la diplomatie.

Néanmoins, la diplomatie ne commande pas au ciel et ces détroits d’eau salée et de terres proches dépendent parfois d’eau douce. Ainsi le canal de Panama consomme de l’eau stockée dans deux lacs-réservoirs créés par deux barrages. Il utilise 60 % de la réserve en eau de tout son bassin hydrographique, soit plus de trois milliards de m3 d’eau douce (1). Moins de pluie et trop d’évaporation associées à un déboisement altèrent la fiabilité du canal panaméen, réduisent les flux journaliers et augmentent le prix du péage … Pourvu qu’il pleuve au Panama !

Nos eaux territoriales constituent le deuxième plus grand domaine maritime en superficie au monde, avec près de 11 millions de km2, juste derrière celui des Etats-Unis d’Amérique. Ces eaux nous nourrissent, grâce à une filière pêche très en souffrance, mais qui survit. De plus, cet espace aquatique nous protège, notamment parce qu’il nous a permis de poursuivre des essais nucléaires en Polynésie puisque nous ne pouvions plus les tester au Sahara. Il est certainement regrettable d’avoir utilisé des lagons d’une beauté sans pareille et d’avoir mis en danger les populations locales, mais aujourd’hui notre capacité de dissuasion nucléaire française n’est pas remise en cause. Cette immense surface maritime reste très compliquée à surveiller, difficile donc de nous protéger totalement des éléments extérieurs qui empruntent cette voie. Il y manque sûrement des moyens et plus encore une volonté politique pour sécuriser nos eaux territoriales, donc notre territoire, comme on peut le constater à Mayotte ou aux Antilles. Sujets déjà probablement abordés par le CRSI.

Toxiques et moustiques

Cependant l’eau, c’est aussi la ressource eau douce de nos terroirs. Et là, rien ne va plus !

L’eau, qui tombe, de plus en plus souvent, et à l’excès, inonde nos communes, donne à nos forces de sécurité intérieure un surcroît de travail dont elles se passeraient bien. Ces inondations, non contentes de faire parfois des morts et toujours des naufragés de rivières, coûtent à la collectivité, gaspillent de précieuses ressources alimentaires et forcent même dans certains cas des agriculteurs, souvent maraîchers péri-urbains, à déplacer leur activité, voire à y renoncer. Manger local, oui, mais que faire quand l’impact des inondations détruit, voire délocalise toujours plus de cultures ?  Par ailleurs, ces inondations déplacent aussi d’énormes quantités de boues qui charrient parfois des polluants très toxiques, jusqu’aux portes des maisons, et parfois même jusque dans les cours d’écoles. Le lien entre risques climatique et sanitaire est très visible. Arsenic et vieilles dentelles … (2). Prendre exemple sur les communes françaises qui désartificialisent leurs surfaces et rendent leurs lits naturels aux fleuves avec de très bons résultats ou sur les techniques employées aux Pays-Bas qui n’ont pas de telles inondations.

L’eau peut donc être une ennemie, et cela même en petite quantité ! Quelques millimètres d’eau suffisent pour être de véritables pouponnières pour larves de moustiques. Si encore cela gâchait seulement nos apéros, mais ces moustiques transmettent des maladies au nom exotique et aux conséquences préoccupantes. Que se passerait-il si des flambées de cas de Zika, chikungunya ou de dengue survenaient dans un département de Métropole ? (3) Si tous tombaient malades en même temps : médecins, pompiers (et en plein été), gendarmes, policiers, etc.

La sécurité intérieure est affaire de tous, lutter à son échelle contre les moustiques, leur empêcher l’accès à l’eau de nos jardins, de nos terrasses et plus généralement de nos lieux de vie demande finalement peu d’efforts, juste un peu de bon sens. Otez coupelles et autres récipients, jouets qui trainent dehors ou plis de bâche. Couvrez les réservoirs d’eau collectée pour arroser votre potager et mettez du sable dans les soucoupes de vos pots… Sachez que le moustique tigre se déplace peu, à moins de 150 mètres de son lieu de naissance. Si vous êtes piqué, c’est par un voisin, né chez vous peut-être… Les pouvoirs publics devraient (mais en ont-ils les moyens ?) mieux choisir et entretenir leur mobilier urbain : nids-de-poule et bouches d’égout mal conçues sont de bons réceptacles à larves ! A côté des moyens de prévention, une lutte dite biologique existe et semble fonctionner, comme le montre les résultats obtenus par la société Terratis qui en lâchant à Brive, l’an dernier, 400 000 moustiques tigres mâles stérilisés par semaine, soit 11 millions au total sur la saison, a pu y réduire l’impact de ces nuisibles de 50 % (4).

Trop, c’est trop, mais quand c’est trop peu, ce n’est pas mieux !

De l’eau, du maïs, du lait

Si les trombes d’eau qui tombent du ciel dépriment souvent l’agriculteur qui vient de semer son champ, l’eau qui manque à ses cultures peut le désespérer tout autant. Et bataille de bassines… Et encore nos forces de sécurité bien occupées ! Un arrêté de juillet 2024 assouplissait la construction de ces retenues d’eau ; en mars dernier le Conseil d’État l’annule … (5) Est-il possible de s’interroger calmement sur l’intérêt, à long terme, de creuser, parfois de plastifier le sol, pour y stocker une eau qui s’évapore pour partie avant d’avoir irrigué la moindre tige de céréales ? En effet, la sécheresse réduit le rendement de certaines cultures et compromet notre sécurité alimentaire, mais met aussi en danger d’autres filières, bois et tourisme par exemple. Pensez aux feux de forêts qui reviennent tristement chaque été.

Que faire ? Changer à nouveau la nature des cultures ? Le maïs n’est, par exemple, cultivé en Métropole, de manière massive, que depuis les années 1960 pour nourrir hommes et vaches. Est-il possible de revoir cette culture, et d’autres, gourmande en eau dans certains secteurs géographiques où des villages manquent parfois d’eau pour leurs habitants ? Il est vrai que l’ensilage de maïs est notamment favorable à la production laitière. L’herbe peut aussi nourrir les vaches, mais avec moins de rendement et donc plus de difficultés à rembourser des crédits pour nos éleveurs.  Et question pluviométrie, même la Bretagne n’est pas l’Irlande … Car si notre production laitière ne chute pas depuis 25 ans, c’est parce que les vaches, sélectionnées génétiquement et dopées à l’ensilage, sont plus productives. Mais nous décapitalisons (réduction du nombre de têtes), en 1983 nous avions plus de sept millions de vaches laitières, il n’en reste pas la moitié en 2024. A production laitière égale, une alimentation herbée nécessite plus de vaches. (6)

Enfin l’eau, c’est surtout celle qui nous désaltère, qui nous tient en vie. Celle qui constitue la majorité de notre corps et presque la totalité de nos larmes. Nous en ingérons chaque jour autour de 2,5 litres, nous en produisons un peu et nous en éliminons aussi… Sans eau, nous mourons en 2 ou 3 jours. Parfois cette eau-là manque aux robinets de quelques-uns de nos concitoyens, pas seulement ceux d’Outre-mer où l’eau dite courante n’existe toujours pas pour tous ; mais ceux des bourgs métropolitains qui, au XXIe siècle, n’ont plus accès à une eau potable autre que celle en bouteilles plastiques ou en citerne-camion fournies par leur mairie. « 2 000 communes ont eu des difficultés d’approvisionnement » explique le Président de la République en 2023 (7). Et dire que, faute d’entretien souvent, les circuits d’approvisionnement en eau fuient de toutes parts et laissent échapper ici une eau potable qui manque là. « A l’échelle nationale, on a 1 litre sur 5 qui est perdu à cause des fuites. 1 litre sur 5, ce qui est inacceptable. On a dans certains territoires 1 litre sur 2 qui est perdu […] Parce que tout ça, c’est le fruit de quoi ? De sous-investissements historiques » explique le Président français, au pouvoir depuis 2017 (7). Il est vrai que l’eau issue des fuites dans les réseaux d’eau potable retourne au milieu naturel, mais ces fuites ont un coût de prélèvement et de potabilisation, de l’ordre de 15 à 25 centimes par m3d’eau perdue. Prix bien sûr facturé aux consommateurs ! (8)

L’eau potable perdue, mais aussi contaminée… En 13 ans, nous avons perdu plus de 1 000 points de captage. Sur les 32 490 points restants que compte la Métropole fin 2025, 1 % sont fermés, comme chaque année, dont plus d’un quart pour cause de contaminations chimique ou microbiologique (9). Pour des raisons de sécurité nationale, l’accès grand public ne permet plus, depuis décembre 2023, d’obtenir la localisation géographique exacte des captages AEP***. Tant mieux ! On se souvient qu’après les attentats de 2015, la vigilance sur l’eau, notamment à Paris qui n’a que deux jours de consommation en stock, avait été renforcée.

Des rapports, des plans, des fuites

Des législations sur l’eau, rapports, plans, arrêtés, il y en a eu …  Certains rapports, comme celui de l’IGF* et de la CGEDD** de 2018, sur la ressource eau sont édifiants : complexité administrative et constat d’inefficacité sur le terrain (8). On s’y perd. Le chef de l’Etat estime que « Le changement climatique va nous priver de 30 à 40 % de l’eau disponible dans notre pays à l’horizon 2050 » (7). La privation d’eau potable est sûrement la première chose qui fait bouger physiquement toute une population, créant forcément des troubles. Demandez l’avis des Saoudiens dont les usines de dessalement étaient menacées en mars dernier par les drones iraniens. Et comment nos centrales nucléaires vont « réguler » la température de leurs réacteurs sans eau ?

Des solutions existent comme le rappelait le Président : « La priorité est de maximiser la capacité de notre principal outil de stockage de l’eau, qui sont nos sols. Des sols en meilleure santé avec plus d’arbres, plus de haies qui stockent mieux l’eau et qui favorisent la recharge des nappes. » (7) Jusqu’en 1980, oublions-nous qu’au nom de la mécanisation, des remembrements et du productivisme, la France a détruit plus d’1,4 millions de km de haies, soit 70 % de ce qu’elle possédait encore en 1930 ? Les agriculteurs sont aujourd’hui subventionnés pour en replanter ! Dans l’intervalle, une floppée de normes sont apparues pour leur plus grand bonheur… Gaspillage d’argent, désastre environnemental et perte de temps. Plantons, plantons…

Comment économiser l’eau ? Traiter nos eaux usées : « En France, moins de 1 % de l’eau usée est retraitée pour être utilisée une seconde fois. C’est 10 ou 15 ou 20 fois moins que certains » (7) Oui, comment l’idée d’étudier ce que font nos voisins ou partenaires ne nous est pas venue plus tôt ? La dépollution des eaux usées est un sujet très complexe. Première idée de génie : polluer nos eaux au minimum peut-être ? Nous utilisons tous des détergents, des cosmétiques, des traitements médicamenteux. Ces produits du quotidien relarguent, entre autres, Pfas et perturbateurs endocriniens. Et les poissons changent de sexe ! (10). Là encore, nous avons individuellement un rôle à jouer. Félicitons l’innovation française et le nouveau lauréat du concours Lépine pour son appareil qui élimine les microplastiques dans l’eau (11). Les acteurs, dans chaque filière économique, devraient réfléchir sur cet empoisonnant sujet. Par exemple, depuis déjà plus de 15 ans, en France, pour protéger l’environnement, les vétérinaires se sont imposés une gestion des excreta des chiens sous chimiothérapie. Pour être claire : il y a des gestes impératifs à faire quand les chiens, cancéreux et sous traitement, vomissent, urinent ou défèquent dans la rue ou dans leur jardin. Qu’en est-il pour leurs maitres malades du même mal ? Ils peuvent faire pipi n’importe où …

Alors, selon vous, la problématique de l’eau entre-t-elle bien dans la notion de sécurité intérieure ? Sans eau, pas de vie ou pas longtemps ! L’eau est une ressource vitale au sens premier du terme et majeure pour notre pays qui a la chance d’avoir des climats variés, facteurs de prospérité. La tâche est immense… La protection de l’eau est l’affaire de tous : citoyens, acteurs économiques et politiques. L’eau n’est ni de droite, ni de gauche. Tout le monde en boit. Tout le monde en use. Tout le monde y vogue ou s’y baigne. Ne pas la gaspiller et la polluer au minimum. La préserver, la conserver, la recycler.

Il faudrait le chanter fort, mais en gardant les yeux bien ouverts, pas comme Chantecler.

 

* Inspection générale des finances.

** Conseil général de l’environnement et du développement durable.

*** Alimentation en eau potable.

  1. Carto n° 87, janvier-février 2025.
  2. https://lcp.fr/programmes/la-vallee-de-l-arsenic-434663
  3. https://www.anses.fr/fr/content/maladies-transmises-par-le-moustique-tigre-quels-risques-et-quels-impacts
  4. https://www.terratis.fr/ – a-propos
  5. https://www.la-croix.com/planete/plans-d-eau-le-conseil-detat-annule-des-regles-contraires-a-la-non-regression-environnementale-20260302
  6. https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/GraFra2025Chap12.6/GraphAgri2025_bovins-productions-laitieres.pdf
  7. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2023/03/30/presentation-du-plan-eau
  8. https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/184000456.pdf
  9. https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/article/protection-de-la-ressource-en-eau-utilisee-pour-la-production-d-eau-potable?TSPD_101_R0=087dc22938ab20001f7f548f757399ec696ebfb263e73444c32436264665b79fe9be39481678d5a008f1c9052f143000c0070c3a27015e94f8fbe1459d5558205afc5015cbd2d30cb038cde0554bd5f24516ffa7afd5cc3d3b00d7b3d9100666
  10. https://oai-gem.ofb.fr/exl-php/document-affiche/ofb_recherche_oai/OUVRE_DOC/61748?vue=ofb_recherche_oai&action=OUVRE_DOC&cid=61748&fic=doc00085347.pdf
  11. https://mrturbino.com/
ce-qui-marche-cest-le-hors-systeme

Ce qui marche, c’est le « hors système »

By Economie

– par Christine MATHIS, référente du CRSI pour la région Île-de-France et coordonne les travaux des adhérents pour cette région. Consultante en accompagnement du changement pour les entreprises, elle bénéficie d’une solide culture économique.

Regards de chefs d’entreprise sur la gouvernance économique française

Dans le cadre de ses groupes de travail, le CRSI a recueilli les contributions de chefs d’entreprise sur les freins structurels à la compétitivité française et les attentes vis-à-vis de l’action publique. Leurs analyses convergent autour d’un constat sans détour : ce qui fonctionne en France, c’est ce qui échappe au système ordinaire.

Le modèle Notre-Dame : une leçon de gouvernance

La reconstruction de Notre-Dame de Paris et l’organisation des Jeux Olympiques ont démontré qu’il était possible, en France, de tenir des délais, de respecter des budgets et d’obtenir des résultats exceptionnels. La recette ? Une vision claire, un responsable identifié, un budget défini et un allègement des procédures habituelles.

Ce modèle fait aujourd’hui référence dans les milieux économiques. Pour les enjeux de défense et de réindustrialisation notamment, les interlocuteurs sont unanimes : sans un « effet Notre-Dame », c’est-à-dire sans dérogation assumée aux lourdeurs du système, les ambitions resteront lettre morte.

Trop de normes tuent la norme

Les chefs d’entreprise auditionnés pointent en premier lieu l’instabilité normative comme facteur de désorganisation. Ils appellent à un moratoire normatif, proposition initialement formulée par Alain Madelin, sur toute modification de dispositif existant, avec une règle d’intervention a minima.

Deux exemples concrets illustrent ce diagnostic : la transformation du DIF en CPF, où les entreprises n’ont pas le temps d’intégrer un dispositif avant qu’il évolue ou disparaisse ; et les obligations sur la gestion des données qui ont remis en cause le tiers payant dans les mutuelles, souvent introduites par voie d’amendement sans étude d’impact.

Au-delà de l’instabilité, c’est aussi le caractère indifférencié des normes générales qui pose problème. Trois exemples illustrent leurs effets pervers :

  • La loi Rixain (quota de 40 % de femmes dans les instances de gouvernance) produit dans l’industrie un effet inverse à celui escompté : faute de mixité dans les métiers techniques, certains postes support sont systématiquement réservés à des femmes pour atteindre le quota, instituant de facto des « métiers 100 % féminins ».
  • L’index égalité Homme/Femme est conçu pour les entreprises de services ; appliqué à l’industrie, où la répartition fonctionnelle est structurellement différente, il ne mesure plus rien de pertinent.
  • Le droit du travail, insuffisamment flexible, empêche les entreprises industrielles d’ajuster rapidement leurs effectifs aux variations de production.

À cela s’ajoutent des demandes concrètes : allègement des contraintes environnementales pour les constructions sur terrains d’entreprise ou en friches industrielles, et revalorisation des filières techniques et scientifiques, notamment pour les jeunes femmes, face à un déséquilibre criant entre formations et besoins réels du marché.

Ce que les entreprises attendent de l’État

Il serait réducteur de lire ces contributions comme un simple plaidoyer anti-étatique. Ce que les chefs d’entreprise expriment, c’est avant tout une demande de clarté et d’engagement. Leurs attentes se structurent autour de trois axes :

Une vision et des priorités assumées. Quelle ambition pour la France à dix ans ? Quelles sont les priorités de la Nation ? Les entreprises ne demandent pas moins d’État, mais un État qui choisit et qui dit ce qu’il choisit.

Un cadre stable et lisible. Cela suppose de clarifier le périmètre respectif de l’État, de l’administration et de la société civile, notamment sur les questions industrielles et de défense où l’articulation avec le niveau européen reste confuse.

Un engagement sur la méthode. Les entreprises ont appris à se méfier des grandes consultations sans lendemain. Ce qu’elles demandent : deux ou trois priorités claires pour le mandat, un nombre limité de propositions techniques, et surtout, une trajectoire tenue dans la durée.

Plaidoirie_Rurale

Plaidoirie rurale

By Economie, NASA

– par H., adhérente CRSI.

 

Aviez-vous déjà imaginé que le modèle agricole fût au cœur de notre sécurité intérieure ?

Le monde rural se porte mal, comme le reste me direz-vous…

L’épisode de Noël dernier lié à la dermatose nodulaire contagieuse des bovins, ou DNC, fut une injection de rappel à un constat établi depuis longtemps. Oublions-nous que nous « fêtons » les trente ans de la crise dite de la vache folle qui fut certainement une des plus grandes crises agricoles et agroalimentaires de notre époque ? Au plan mondial, la France est « médaille d’argent » pour le nombre de cas humains décédés du vMJC*, bel exploit…

Nous demandons à ceux qui nous nourrissent encore, mais pour combien de temps, de produire de meilleure qualité, avec un coût minimum, en utilisant le moins possible d’intrants.

Autour d’eux, un pont entre l’Etat et les éleveurs : les vétérinaires. Ils furent eux aussi, et malgré eux, au centre de cette récente crise dite de la DNC, mais cette fois-ci beaucoup plus violemment que lors des précédentes. Coiffés de leur casquette sanitaire, qu’ils ne peuvent discuter sans perdre une très grande partie de leur activité, les vétérinaires ruraux ont à la fois euthanasié des milliers de bovins et vacciné presque deux millions d’autres, le tout en quelques semaines.

Etre étonnée d’apprendre que ces délégués de mission étatique ne sont pas encore rétribués, à l’heure où j’écris ces lignes, est un euphémisme (1). Le 19 février dernier, la ministre de l’Agriculture avait sur son bureau une lettre signée d’organisations vétérinaires expliquant les conséquences du règlement trop tardif de ces missions jugées pourtant urgentes. L’Etat, lui, ne donne pas souvent de délai pour le paiement des charges sociales.

Circuit dysfonctionnel

Au-delà des difficultés financières qu’ont pu rencontrer ces praticiens, le retard de paiement semble un déni de reconnaissance de leur mission sanitaire accomplie en temps et en heure, mais aussi un déni de connaissance des entreprises du monde rural dont l’équilibre économique reste fragile. Oublions-nous que les cliniques vétérinaires sont garantes d’un pan entier de notre sécurité sanitaire ?

Il est vrai que cette vaccination, utile pour protéger les bovins d’une maladie jusqu’ici inconnue en Métropole, a coûté cher à la collectivité, déjà fauchée, et aux exportations de bovins, du fait de règles sanitaires européennes, fragilisant là-aussi des élevages pris entre deux feux (2). L’Europe a vu la réalité de ses anciennes frontières se reconstituer instantanément…

Peut-être y aurait-il eu moins de réticences de la part des éleveurs français si tous leurs jeunes bovins étaient encore engraissés, encore abattus et encore consommés en France ?  Notre pays est, en effet, le principal exportateur de broutards pour l’UE, les animaux naissent en France, mais sont engraissés, abattus et consommés principalement en Italie (3). Ce circuit est-il cohérent avec le bien-être animal, avec la nécessaire parcimonie énergétique demandée systématiquement par ailleurs, avec la préservation d’emplois nationaux ? La France pourrait être presque autosuffisante en viande bovine si elle n’exportait pas. Conséquence : elle en importe ! Et le quota de bœuf australien vient d’être multiplié par dix pour la décennie à venir… Ces animaux, s’ils sont nourris à l’herbe, seront même exemptés de droits de douane ! (4)

Des vaches, des passoires, des frontières

Quand on voit la paperasserie qui concerne nos terres en jachère (5), cherchons l’erreur ! Alors qu’un pâturage bien conduit participe à la diminution des traitements herbicides, à une diminution de production de gaz à effets de serre et économise de l’énergie, le tout en favorisant la biodiversité (6, 7). Le bon sens près de chez vous n’est plus à l’ordre du jour.

Sont-ce ces allées et venues de bovins qui sont à l’origine de la crise dite de la DNC ? Le bovin contaminé et importé en France n’a toujours pas été précisément identifié (8). Il vient d’Italie… Nos frontières sont des passoires aussi bien pour les migrants africains que pour les vaches transalpines. 

Lente dérive rurale qui s’ajoute à la montée du chaos urbain. La mauvaise orientation des choix de production aurait pu faire basculer une région entière dans une quasi révolte lors de cette crise sanitaire. Tout semblerait à revoir et rien ne devrait être juste effleuré lors d’une crise. Pour la première fois depuis cinquante ans, le France enregistre en 2025 un déficit commercial des productions agricoles et alimentaires (9). Causes à effets ?

Sans identification complète de tous les risques encourus, sans réelles politiques adaptées pour y faire face, l’histoire se répètera inévitablement car la mondialisation, et surtout celle de produits vivants, animaux ou végétaux, concourt forcément à la dissémination d’agents pathogènes (10). Le prochain visiteur sera peut-être zoonotique…

Ainsi notre modèle agricole, notre commerce de produits alimentaires ont tout à voir avec notre sécurité intérieure.

Les différentes crises concernant la viande l’ont montré. Cependant, les microbes ne sont pas responsables de tout. Nos réactions face à eux importent tellement plus. Pensons-y vraiment !

 

« La peur est capable de tout, et elle tue sans pitié. »**

« Sans pitié » serait, si vous le souhaitez, mon prochain sujet qui lie bien-être animal et sécurité intérieure.

*  vMJC = nouvelle forme variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Pour en savoir plus : https://www.depecheveterinaire.com/maladie-de-la-vache-folle-il-y-a-trente-ans-chronique-de-plusieurs-crises-sanitaires_679C50863E6FAC6D.html

** Le Hussard sur le toit, Jean Giono.

 

SOURCES :

(1) https://www.depecheveterinaire.com/missions-sanitaires-les-representants-veterinaires-alertent-sur-les-delais-de-paiement-excessifs-prejudiciables-a-un-engagement-durable_679A52863E6FAC6D.html

(2) https://agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-des-bovins-dnc-point-de-situation – section-4

(3)https://www.franceagrimer.fr/sites/default/files/rdd/documents/20240110_FICHE_FILIERE_BOVINE_2024_2.pdf

(4) https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-australie-et-l-union-europeenne-signent-un-vaste-accord-de-libre-echange-20260324

(5) https://www.allier.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Agriculture-foret-et-developpement-rural/PAC-Politique-Agricole-Commune/PAC-2025/Les-regles-relatives-aux-jacheres

(6) https://vienne.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/250_chambre_dagriculture_de_la_vienne/Documents/Ameliorer_sa_technique_et_innover/Productions_animales/Bovin_viande/Augmenter_le_paturage_CA_79.pdf

(7) https://www.agrireseau.net/documents/Document_117895.pdf

(8) vidéo de la chaine du Sénat https://www.youtube.com/watch?v=3NcC4fsLykw

(9) https://www.insee.fr/fr/statistiques/8684397?sommaire=8684437

(10) https://www.depecheveterinaire.com/premiers-cas-de-fco-et-de-maladie-de-schmallenberg-aux-pays-bas-en-2006-des-culicoides-transportes-avec-des-fleurs_679850823A6BA869.html