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Les câbles sous-marins de télécommunications

By Publications, Numérique

Les câbles sous-marins de télécommunications

Par Bruno Mahieux

 

Un domaine d’excellence française

La France, au travers de l’Agence de Participation de l’Etat (APE), a annoncé fin juin 2024 le rachat de 80 % du capital d’Alcatel Submarine Networks (ASN) à NOKIA. Le coût de l’opération est estimé à 350 millions d’Euros dette comprise, pour un chiffre d’affaires d’environ 1,1 milliards d’Euros. L’opération devrait être bouclée d’ici la fin de l’année 2024. Cette acquisition met fin à une décennie de renoncements et d’hésitations coupables.1 C’est une excellente nouvelle pour la souveraineté numérique de notre pays et pour sa capacité de déploiement des infrastructures numériques du futur.

Avec le rachat d’ASN, la France se dote d’une capacité industrielle de conception et de fabrication de câbles sous-marins et renforce sa capacité de pose et de maintenance de câbles avec 7 navires supplémentaires, complétant ainsi la flotte d’Orange, qui dispose de 6 navires câbliers pour déployer et maintenir les câbles sous-marins des infrastructures réseaux qu’il opère et un navire de reconnaissance supplémentaire pour l’étude des fonds.2

Avec ASN et Orange Marine, la France se positionne ainsi parmi les leaders mondiaux du câble sous- marins, aux côtés du Royaume-Uni, des États-Unis et du Japon, en disposant d’une capacité de bout en bout permettant de concevoir, de produire et de déployer les câbles, puis de les maintenir et les réparer avec l’aide d’une flotte de 14 navires, la première flotte au monde en la matière.3

 

Un marché en forte croissance

Les câbles de télécommunications sont présents dans les fonds marins depuis l’installation du premier câble télégraphique transatlantique au milieu du 19e siècle. Jusqu’au milieu des années 2000, la pose et le contrôle des câbles sous-marins était principalement assurés par les opérateurs téléphoniques, regroupés sous forme de consortiums. Initialement constitués de paires de cuivre pour véhiculer les appels téléphoniques, les câbles sont de nos jours constitués de paires de fibre optique, les technologies les plus récentes permettant de véhiculer jusqu’à 400 Térabits de données par seconde dans un câble pas plus épais qu’un tuyau d’arrosage.

Aujourd’hui on estime que plus de 90 % du trafic mondial d’internet passe encore par les câbles sous- marins, le reste des communications mondiales passant par la voie satellite.

Ces câbles sont posés au fond des mers et océan à l’aide de navires câbliers. Dans les zones à faible profondeurs, les câbles sont enfouis pour éviter leur dégradation par des chaluts ou par des ancres marines. Dans les zones de grands fonds, les câbles, protégés par une armure simple ou double, sont simplement posés sur le fond.

Les infrastructures de télécommunications sous-marines sont conséquentes : Il y aurait environ 450 câbles déployés sur la planète, selon les statistiques disponibles, tous les câbles n’étant pas répertoriés pour des raisons de sécurité défense. Les câbles sous-marins représentent une longueur cumulée d’environ 1,3 millions de kilomètres, soit 32 fois le tour de la Terre. L’Europe est de loin la région du monde la plus active en matière de projets de déploiements de câbles, avec près de 77 nouveaux câbles déployés entre 2010 et 2023. Ce chiffre est à comparer avec les 45 câbles déployés sur l’Amérique du Nord, 44 au moyen Orient et Afrique du Nord , 30 câbles déployés vers l’Afrique sub saharienne et 28 câbles vers l’Amérique Latine, 7 en Europe de l’Est.4

Sous l’effet de l’évolution de nos usages numériques, et en particulier de l‘émergence du télétravail, la digitalisation des entreprise et l’explosion du streaming video, le rythme de déploiement s’est accéléré : près de la moitié des câbles sous-marins ont été déployés au cours de la dernière décennie et ces chiffres augmentent régulièrement depuis 2020.

Les GAFAM se sont imposés sur ce marché en forte croissance en investissant dans leurs propres câbles pour interconnecter leurs centres de données partout dans le monde, ils détiennent ainsi un meilleur contrôle de leurs services et s’affranchissent progressivement des opérateurs de télécommunications. Aujourd’hui environ 70 % des projets sont financés par Google ou Facebook. Plus de 40 câbles sous- marins seront détenus partiellement ou totalement par les Hyperscalers d’ici la fin 2026.

 

Des infrastructures d’importance vitale

Ces infrastructures sous-marines, par définition invisibles, sont méconnues du grand public mais également de beaucoup de nos dirigeants. Pourtant, le rôle primordial des câbles sous-marins dans le déroulement des opérations commerciales, financières, militaires, administratives ou même individuelles fait de ce réseau, une véritable infrastructure « d’importance vitale » 5 pour notre économie et notre société.

Dans le contexte géopolitique actuel et compte tenu de la dépendance croissante de notre société au numérique, les câbles sous-marins constituent un point de vulnérabilité de notre économie et de notre société. L’attaque contre les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique, en septembre 2022 a démontré que les conflits futurs peuvent se jouer aussi via les infrastructures sous-marines.

Le renforcement de la sécurité des infrastructures sous-marines commence avec la multiplication des routes pour des questions de redondance et donc de résilience des réseaux, en cas de détérioration ou de destruction des câbles sous-marins.

La seconde priorité est le renforcement des capacités de réparation et de maintenance des câbles sous- marins, avec une flotte de navires câbliers capable d’intervenir 365 jours par an, partout sur les mers du globe, et dans des délais courts.

Aujourd’hui 95 % des incidents sont causés par des chaluts ou par des ancres marines, ou par des tremblements de terre. La plupart des coupures se produisent près des côtes, là où le trafic maritime est plus important et où l’eau est moins profonde.

Mais le point le plus vulnérable des réseaux de câbles sous-marins sont les parties terrestres de l’infrastructure. En effet, lorsque les câbles atteignent la surface après leur long parcours sous-marin, ils rejoignent une « station d’atterrissement » sur la côte.

Pour un acteur malveillant, l’intérêt d’une attaque physique sur les stations d’atterrissement est très grand : ces sites concentrent un nombre important de câbles en leur sein, créant une possibilité de frappe aux conséquence multiples en une seule attaque.

Les risques sont multiples : Attaque par explosifs ou assauts armés sur le bâtiment, sabotages des équipements ou du générateur d’énergie, offensives indirectes par interruption du courant.

Autre sujet de préoccupation, les câblo-opérateurs utilisent de plus en plus des systèmes de gestion à distance pour leurs réseaux câblés. Les propriétaires de câbles les plébiscitent car ils leur permettent de faire des économies sur les coûts de surveillance et de maintenance. Cependant, ces systèmes ont une sécurité médiocre, ce qui expose les câbles à des risques de cybersécurité.

 

Un enjeu de sécurité et de souveraineté

Loin d’être des infrastructures neutres, les câbles sous-marins doivent être mise sous haute surveillance. Il est nécessaire d’en repenser la sécurité et d’assurer ainsi sa résilience. En effet, une défaillance des infrastructures de télécommunications aurait automatiquement un impact sur de nombreuses infrastructures critiques (électricité, pétrole, gaz, eau…) en raison de l’inter-dépendance entre les réseaux.

Dans un contexte d’accroissement des tensions internationales, la Commission Européenne s’est emparée du sujet et a publié un ensemble de recommandations pour assurer la sécurité et la résilience des câbles sous-marins.6 Ce document s’est inspiré des programmes américain et japonais, en visant à l’augmentation des opérations de dissuasion des attaques de ces infrastructures et au développement d’une capacité de construction et de réparation à la hauteur des enjeux, facilité par une meilleure coopération entre états et un financement privé des projets jugés les plus stratégiques.

La France peut jouer un rôle majeur dans ce domaine et plusieurs mesures sont envisageables à très court terme pour renforcer le leadership français :

  • Avec deux acteurs majeurs que sont Orange Marine et ASN, la France dispose d’une opportunité unique de dominer le marché des câbles sous-marins. La fusion des activités d’Orange Marine et d’ASN permettrait de maîtriser la chaîne de valeur complète et de créer une flotte de câblier incomparable, représentant plus de 30 % de la flotte mondiale. Au-delà de la capacité à optimiser les plans de charges de la flotte de navire, une telle flotte représenterait la meilleure assurance face aux risques de sabotage potentiel.
  • Un autre signe du leadership de la France dans le domaine des câbles sous-marins est l’importance du territoire français pour l’arrivée de câbles La France est le point d’entrée de la plupart des câbles reliant l’Europe au reste du monde : Marseille, par exemple, a su s’imposer comme le principal point d’entrée de la Méditerranée pour les câbles sous-marins, loin devant les autres villes méditerranéennes. C’est en facilitant la construction de Data Center à proximité des points d’atterrissage des câbles transatlantiques et en allégeant les démarches administratives nécessaires que la France conservera son attractivité et restera un point d’atterrissement majeur des câbles sous-marin.

 


Sources

1 En 2016, la France avait abandonné l’activité de câble d’Alcatel Submarine Networks dans le cadre de la vente d’Alcatel Lucent à Nokia, avec la bénédiction d’Emmanuel Macron, alors Ministre de l’économie. L’état avait ensuite envisagé, en 2019, de faire racheter ASN au travers d’Orange Marine, sans succès.

2 Orange est le seul opérateur européen de télécommunications à avoir gardé sa filiale de navires câbliers. British Telecom et Telefonica les ont vendues et Orange a acquis la filiale que Telecom Italia avait créée.

3 On dénombre actuellement environ 45 navires câbliers, dont 8 au Royaume-Uni et 7 aux États-Unis. Source ICPC.

4 Analysis Mason , Mai 2024 ; un câble connectant plusieurs continents est donc compté plusieurs fois.

5 La notion d’importante vitale s’applique à un « établissement, ouvrage ou installation dont le dommage ou l’indisponibilité ou la destruction par suite d’un acte de malveillance, de sabotage ou de terrorisme risquerait, directement ou indirectement : d’obérer gravement le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la nation ; ou de mettre gravement en cause la santé ou la vie de la population » [Article R1332 1 du code de La Défense)

6 Recommendation on the security and resilience of submarine cable infrastructures – 26.2.2024 C(2024) 1181 final

La prise d’otages des JO de Munich (1972)

By Sécurité/Justice

La prise d’otages des JO de Munich (1972)

Le 5 septembre 1972, les Jeux Olympiques de Munich (Allemagne de l’Ouest) sont frappés par la prise d’otages de onze membres de la délégation israélienne par un groupe terroriste palestinien nommé « Septembre noir ».


Contexte

Les Jeux Olympiques d’été de 1972 ont lieu en Allemagne de l’Ouest et visent à effacer les souvenirs des Jeux de Berlin de 1936 et à montrer au monde une Allemagne réconciliée et tournée vers l’avenir. Cette volonté explique un système de sécurité très léger qui fut reproché. Les Israéliens, pour leur part, sont inquiets de la sécurité de leurs athlètes, compte tenu de la situation explosive qui existe au Proche-Orient (la guerre des Six Jours a eu lieu en 1967) et avec un FPLP actif (Front populaire de libération de la Palestine, créé en 1967).

Le déroulement du drame

Le 5 septembre 1972, un commando de huit hommes du groupe terroriste palestinien « Septembre noir » s’est introduit dans le village olympique, où résident les athlètes israéliens. Profitant des mesures de sécurité relativement légères, les assaillants prennent en otage onze athlètes et entraîneurs. Leurs motivations est liées au conflit israélo-palestinien et à la lutte pour la reconnaissance d’un État palestinien.

Les terroristes exigent la libération de 234 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en échange de la libération des otages. Des négociations sont menées, mais les discussions échouent et laissent place à la précipitation.

La tentative de sauvetage

Le 6 septembre, les autorités allemandes mettent en place une opération de sauvetage à l’aéroport de Fürstenfeldbruck.  L’intervention est malheureusement un fiasco avec la mort de tous les otages israéliens et d’un policier allemand. Cinq terroristes ont également trouvé la mort, tandis que trois autres ont été capturés.

Les conséquences

Malgré cette tragédie, les Jeux Olympiques de Munich vont jusqu’à leur terme. La cérémonie de clôture est marquée par un hommage solennel rendu aux victimes.

Le massacre de Munich a été un choc particulièrement violent et a marqué un tournant dans l’histoire des Jeux Olympiques :  la sécurité des athlètes et des spectateurs a été renforcée de manière considérable lors des éditions ultérieures.En 2017 un mémorial en hommage aux victimes est inauguré au parc olympique de Munich. En 2022, à l’occasion du 50e anniversaire de l’attaque, l’Allemagne a annoncé des réparations financières pour les familles des victimes.

Des JOP de Paris sous haute surveillance, dans un contexte international tendu

Pour accuillir les épreuves olympiques et paralypiques, le nombre de forces de l’ordre et agents de sécurité mobilisés est impressionnant. Ils assureront notamment la protection de 16 millions de visiteurs et des 15.000 athlètes.

  • 45.000 policiers et gendarmes pour la cérémonie d’ouverture,
  • 30.000 policiers et gendarmes chaque jour sur l’ensemble de la durée des Jeux,
  • 15.000 militaires,
  • 7.000 élèves des écoles de police et de gendarmerie
  • 8.500 réservistes,
  • 22.000 agents de sécurité privée,
  • 5.000 douaniers, agents de sûreté, policiers aux frontières, forces Sentinelles aux Aéroports de Paris, renforcés par 1.900 forces de l’ordre pendant les JO.
  • Un dispositif de Sécurité civile hors norme.
Tous les chiffres sur le JOP de Paris

Les Jeux Olympiques et Paralympiques en chiffres

By Sécurité/Justice

Les Jeux Olympiques et Paralympiques en chiffres

Pour la première fois depuis un siècle, du 26 juillet au 11 août 2024, la France accueillera les Jeux Olympiques d’été. Du 28 août au 8 septembre 2024, elle organise les premiers Jeux Paralympiques d’été de son histoire.


  • 15.000 athlètes venant du monde entier
  • 878 épreuves programmées
  • 32 disciplines représentées
  • 16 millions de visiteurs attendus
  • 150.000 emplois minimum créés

Les effectifs de sécurité

  • 45.000 policiers et gendarmes pour la cérémonie d’ouverture,
  • 30.000 policiers et gendarmes chaque jour sur l’ensemble de la durée des Jeux,
  • 15.000 militaires,
  • 7.000 élèves des écoles de police et de gendarmerie
  • 8.500 réservistes,
  • 22.000 agents de sécurité privée,
  • 5.000 douaniers, agents de sûreté, policiers aux frontières, forces Sentinelles aux Aéroports de Paris, renforcés par 1.900 forces de l’ordre pendant les JO.

Le nombre de forces de l’ordre mobilisées pour les Jeux 2024 est comparable à celui d’autres grands événements sportifs internationaux. En 2012 les eectifs de sécurité des Jeux Olympiques de Londres 2012 s’élevaient à 42.000 agents.

L’enjeu de la sécurité des transports

Des ressources humaines

Plus de 4.000 agents de prévention et de sûreté seront déployés quotidiennement sur le réseau. Des patrouilles du Groupe de protection des réseaux de transports (GPSR) et de la Sûreté générale seront également présentes, renforcées par des équipes de sécurité privée.

Des brigades cynophiles

Des brigades cynophiles spécialisées dans la détection d’explosifs seront présentes pour intervenir en cas d’objets suspects.

Vidéoprotection

Plus de 80.000 caméras de vidéoprotection sont déjà déployées et 10 millions d’euros supplémentaires ont été investis pour améliorer la surveillance des gares à proximité des sites de compétition.

Offre de transport

Pour éviter des flux massifs et dangereux de visiteurs, l’ore de transport sera renforcée de 15% pendant les Jeux. Des navettes « point à point » seront mises en place pour les spectateurs et 5.000 agents seront présents dans les gares et stations pour renseigner les voyageurs.

La sécurité privée

La Fédération française20 de sécurité privée (FFSP) a estimé entre 17.000 et 22.000 le nombre d’agents nécessaires pour compléter les forces de l’ordre durant les Jeux. Ces agents seront recrutés par des entreprises françaises (G4S, Securitas) et internationales (ICTS Security Services).

Les agents mobilisés bénéficieront d’une formation spécifique. Ils seront formés à la gestion des foules, à la détection des comportements suspects, et aux procédures de sécurité en vigueur.

Le budget exact alloué à la sécurité privée n’a pas été officiellement communiqué. Cependant, il devrait s’élever à plusieurs dizaines de millions d’euros, compte tenu du nombre d’agents mobilisés et des prestations qu’ils assureront. Le budget total de la sécurité des Jeux est estimé à 3,2 milliards d’euros.

La Cérémonie d’ouverture

Le 26 juillet 2024, c’est sur la Seine que s’ouvriront les Jeux Olympiques de Paris. Pour la première fois, la cérémonie d’ouverture ne se déroulera pas dans un stade mais sur un fleuve.

  • Environ 160 chefs d’État et de gouvernement y prendront place.
  • Le nombre de téléspectateurs dans le monde est estimé entre 1 et 2 milliards.
  • 300.000 spectateurs seront autorisés à assister à la cérémonie d’ouverture.
  • 6 kilomètres de parcours sur les berges de Seine pour la Cérémonie d’ouverture.

Les sites des épreuves

Dans Paris, plusieurs sites ont été choisis :

  • L’Arena Champ de Mars pour les épreuves de judo et de lutte.
  • L’Arena Bercy pour les épreuves de basketball, de gymnastique artistique et de trampoline.
  • L’Arena Paris Sud pour les épreuves d’Haltérophilie, de handball, de tennis de table et de volleyball.
  • L’Arena Porte de la Chapelle pour les épreuves de gymnastique rythmique et de badminton.
  • Le Grand Palais pour les épreuves de taekwondo et d’escrime.
  • L’Hôtel de Ville pour les épreuves d’athlétisme.
  • Les Invalides pour l’athlétisme, le cyclisme sur route et le tir à l’arc.
  • La Concorde pour les épreuves de basketball 3×3, de breaking, de cyclisme BMX freestyle et de skateboard.
  • Le Parc des Princes pour les épreuves de football.
  • Le Pont Alexandre III pour les épreuves de cyclisme sur route, de natation, marathon et de triathlon.
  • Le stade Roland-Garros pour les épreuves de boxe et de tennis.
  • Le stade Tour Eiffel pour les épreuves de volleyball de plage.
  • Le Trocadéro pour les épreuves d’athlétisme et de cyclisme sur route.

Si Paris est au cœur de l’organisation des Jeux Olympiques, la ville ne sera pas la seule à accueillir des épreuves. De nombreuses villes, réparties à travers toute la France, sont également concernées. Tahiti accueillera les épreuves de surf.

Paris, Lille, Lyon, Saint-Etienne, Marseille, Nice, Châteauroux, Nantes, Bordeaux et Tahiti attendent des épreuves.

La réponse opérationnelle de sécurité civile

By Sécurité/Justice

La réponse opérationnelle de sécurité civile

Pendant l’été 2024, les sapeurs-pompiers seront fortement mobilisés aux niveaux national, zonal et départemental pour couvrir 3 risques dimensionnant et cumulatifs.

Partant, la planification du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, en lien avec les services d’incendie et de secours, garantie 3 dispositifs opérationnels pendant la période estivale :

  • Pour couvrir les risques courants et les risques courants aggravés, environ 35.000 sapeurs-pompiers par jour pour assurer la protection des populations et le secours à personne au quotidien sur l’ensemble du territoire national.
  • Pour couvrir les risques de feux de forêts, environ 6.000 sapeurs-pompiers.
  • Pour couvrir les risques liés directement aux JOP environ 4.500 sapeurs-pompiers.

Pour les JOP 2024, la réponse opérationnelle capacitaire peut se résumer ainsi :

Les trois scénarios dimensionnant retenus sont les suivants :

  • Attentat conventionnel,
  • Mouvement de foule en conséquence d’un évènement particulier (type explosion à proximité d’un site olympique, violent feu, événement climatique extrême…),
  • Attentat à composantes radiologique, chimique ou biologique.

L’ensemble des dispositifs zonaux et nationaux sera placé sous la coordination de l’état-major de la sécurité civile. Cette coordination sera conduite en lien direct avec les EMIZ de l’ensemble des zones de défense, le CNCS et les CO partenaires interne ou externe au MIOM13.

Des dispositifs de secours intra-zonaux mis en place et coordonnés par les EMIZ au profit des départements hôtes.

Des ressources départementales nationales (SIS métropole + Guyane + La Réunion + Antilles) mobilisées pour renforcer la zone de défense Ile-de-France sous la forme de détachements de renfort national.

En province, en plus des eectifs nominaux du département, chaque site d’épreuve sera sécurisé par un dispositif dédié de 250 sapeurs-pompiers. Au total 2.500 sapeurs-pompiers renforceront les départements concernés.

Sur la zone de défense IDF qui concentre plus de 80% des épreuves des JOP, 1.500 sapeurs-pompiers civils et militaires seront mobilisés en plus du potentiel opérationnel journalier (POJ) classique. Ce dispositif sera renforcé par 700 sapeurs-pompiers des 6 autres zones de défense. Au total, sur l’ensemble de la période, 2.200 sapeurs-pompiers viendront en renfort de la BSPP et des SDIS de la grande couronne.

Au niveau national, plus de 4.700 sapeurs-pompiers (dont 2.000 spécialistes NRBC) renforceront la réponse territoriale de sécurité civile. 4 ociers renforceront les structures de commandement et de gestion de crise en Polynésie Française.

Nombre de véhicules engagés pour les renforts zonaux et nationaux : près de 1.000 véhicules d’intervention et de logistique.

La mobilisation des moyens destinés à la sécurisation des sites sensibles

La DGSCGC assurera la coordination et la conduite des missions de sécurisation des sites sensibles, dans le respect des objectifs fixés par les préfets et en coordination avec le laboratoire central de la préfecture de police. Elle sera lien direct et permanent avec les zones de défense et s’appuiera sur les services spécialisés des diérents ministères (MINARM, Douanes, Pénitentiaire) ainsi que ceux de la coopération internationale. Elle coordonnera en particulier les moyens de déminage : démineurs et appuis (équipes cynotechniques + EOR) pour la réalisation des inspections de sécurité, conformément à la planification eectuée avec les préfectures, les EMIZ et la CNSJ.

Les inspections de sécurité

Les inspections de sécurité programmées seront réalisées dans chaque ville accueillant les JOP24, réparties sur 8 sites pour la province, sur la zone Ile de France et un site outre-mer à Tahiti :

  • 115 inspections de sécurité programmées sur la zone Ile de France (intégrant la cérémonie d’ouverture) ;
  • 48 inspections de sécurité pour la province ;
  • 10 inspections de sécurité à Tahiti.

Pour la Zone IDF

Ces inspections de sécurité nécessitent l’engagement des forces suivantes :

  • 103 démineurs et démineurs plongeurs du GID,
  • 30 démineurs du laboratoire central de la préfecture de police (LCPP),
  • 12 démineurs du MINARM,
  • 10 EOR du GID,
  • 50 EOR de la PP,
  • 210 EOR de la DGGN,
  • 140 EOR du MINARM,
  • 3 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs du la Pénitentiaire,
  • 7 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs des Douanes,
  • 94 équipes cynotechniques ARDE du MINARM,
  • 37 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs du MIOM,
  • 279 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs internationales.

Pour la zone province

  • 90 démineurs et démineurs plongeurs du GID ;
  • 46 démineurs internationaux ;
  • 100 EOR agents administratifs formés par le GID ;
  • 20EOR de la DGGN;
  • 16 équipes cynotechniques ARDE du MINARM ;
  • 27 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs du MIOM ;
  • 33 équipes cynotechniques en recherche d’explosifs internationales.Pour Tahiti
  • 4 démineurs du MINARM ;
  • 2 équipes cynotechniques du MINARM.

Glossaire

EMIZ : État-major interministériel de zone de défense et de sécurité. Il assure une veille opérationnelle permanente, de transposer au niveau zonal l’ensemble de la planification interministérielle de sécurité nationale.

CNCS : Centre national de commandement stratégique. Il centralise, analyse et synthétise les informations qui lui sont envoyées par les préfectures et les diérents ministères.

MIOM : Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer.

SIS : Secteur d’Informations sur les Sols.

BSPP : Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

SDIS : Service départemental d’incendie et de secours.

NRBC : Nucléaire, radiologique, biologique et chimique.

DGSCGC : Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.

MINARM : Ministère des Armées.

EOR : Explosive Ordnance Reconnaissance. Ce sont des assistants volontaires spécialisés qui travailleront en appui des équipes de déminage du GID pendant les JO.

CNSJ : Coordination nationale pour la sécurité des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

GID : Groupement d’intervention du déminage.

DGGN : Direction générale de la gendarmerie nationale.

PP : Préfecture de Police de Paris.

ARDE : Les Armées s’appuient sur des équipes cynotechniques composées de chiens d’Aide à la recherche et à la détection d’explosifs (ARDE).

La Prépa ISP devient partenaire du CRSI

By Dernièrement

Le CRSI a le plaisir d’annoncer l’arrivée de la Prépa ISP comme nouveau partenaire

Le CRSI salue tout particulièrement Valentine Haberman pour son engagement aux côtés du CRSI.


Depuis sa création en 1984, la Prépa ISP a participé à la réussite de plusieurs dizaines de milliers de diplômés de l’enseignement supérieur et professionnel aux concours juridiques et administratifs. Ses résultats en font aujourd’hui la référence nationale pour la préparation aux concours de la haute fonction publique.

Plus particulièrement, la prépa police existe depuis plus de vingt ans. Concours de Gardien de la paix, d’Officier et de Commissaire, concours externes et internes, Officier de gendarmerie et DGSE… Son savoir-faire se transpose à l’ensemble des branches de métiers dédiés à la sécurité.

Ayant commencé par le concours de Commissaire de police, puis celui d’Officier de police, le Prépa ISP obtient des résultats éloquents pour les deux concours. Ainsi, en 2024, elle a obtenu 54% pour les concours d’Officier et Commissaire réunis, sachant que le taux national de réussite de ces deux concours oscille entre 10% (Officier de police) et moins de 5% (Commissaire de police).

Ces résultats s’expliquent notamment par une connaissance des enjeux de la sécurité et de la défense, indispensable pour la réussite de ces concours toujours plus professionnalisants.

« C’est pourquoi, une telle association avec le CRSI, seul think tank majeur liés à la sécurité intérieure et à la souveraineté, s’est révélée être une évidence pour la Prépa ISP. »

Valentine Haberman
Associée – Directrice des formations liées à la sécurité
(Police – Gendarmerie – Douanes – DGSE)

Les armées au coeur des JOP

By Défense

Dans un contexte de tensions électorales, de dégradation sécuritaire et d’augmentation des tensions internationales, les yeux seront, cet été, braqués sur la France, et les défis à relever seront nombreux. Pour faire face, les armées seront largement mises à contribution. Tour d’horizon des défis et des enjeux de leur mobilisation.


Une mobilisation multi-dimensionnelle

L’armée de Terre

Pour contribuer à la mise en place d’une capacité de dissuasion et de réaction efficace, et soutenir l’action des forces de sécurité intérieure (FSI) déjà largement mobilisés, le chef d’état-major de l’Armée de Terre (CEMAT) a annoncé la mobilisation de près de 20.000 militaires (dont 3.000 aviateurs) sur la période des Jeux Olympiques.

En réalité, aucune indication n’a été fournie sur la ventilation du personnel sur l’ensemble de l’évènement, sur la répartition géographique des eectifs et sur l’étendue des compétences mises à contribution. Autre point, le rôle des réservistes – et notamment du bataillon de réserve d’Île-de-France (24ème Régiment d’Infanterie) – n’est pas précisément déterminé. Ce dernier devrait bénéficier d’un rôle important au sein du dispositif parisien, sans que des éléments clairs n’aient été fournis.

La région parisienne sera découpée en quatre zones d’action (non indiquées) dont chacune sera aux ordres d’un état-major tactique.

La brigade olympique, spécialement constituée pour la sécurité des JO, sera commandée par la 27ème brigade d’infanterie de montagne. Cette brigade assurera le volet terrestre en Ile-de-France, dans la région de Marseille et celle de Nice.

La Marine nationale

Les moyens de la Marine nationale et la Gendarmerie maritime ont été et seront conjointement mis à contribution pour assurer la protection du parcours de la flamme olympique et des épreuves nautiques. Les épreuves de voile à Marseille mobiliseront près de 300 personnes par jour, avec notamment l’appui, en soutien, du Bataillon de marins-pompiers de Marseille

L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE)

Déjà mise à contribution lors de la Coupe du monde de Rugby 2023, l’AAE aura pour tâche de mettre en œuvre des “bulles de protection” autour des épreuves et des sites sensibles et de garantir une surveillance de basse altitude contre la menace très redoutée des mini-drones. En ce sens, en 2023 et 2024, deux exercices de lutte anti-drone (Coubertin LAD 1 et 2) ont permis de tester et d’évaluer la préparation des forces en vue de l’échéance olympique. En eet, l’AAE sera chargée de la coordination interministérielle des dispositifs de lutte anti-drone.

Malgré ce point d’attention, un rapport sénatorial classé secret-défense a alerté sur des lacunes dans la lutte anti-drone française en particulier sur le système Parade mis en place par Thalès.

Un dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) sur-mesure est mis en place pour l’occasion sur Paris et Marseille.

Les capacités spécifiques

Parmi les capacités spécifiques, on notera la cynotechnie et les éléments NRBC (Nucléaire-Radiologique-Bactériologique-Chi mique).

Les équipes cynotechniques sont indispensables dans la détection d’explosifs mais peuvent aussi permettre de neutraliser une menace humaine. La majorité des eectifs proviendront du 132ème régiment d’infanterie cynotechnique.

Pour le NRBC, les armées interviennent en soutien du détachement central interministériel d’intervention technique (DCI-IT) afin de “blanchir” les sites de compétition mais aussi pour décontaminer en cas d’alerte.

Focus : le statut de “volontaire découverte”

Pour permettre la réalisation de certaines missions, le ministère des Armées a mis en plus le statut de “volontaire découverte”, qui permet de recruter, à l’issue d’une formation militaire initiale, de jeunes majeurs seront incorporés au sein d’une unité opérationnelle pour 4 mois.

Ce statut concernera une centaine de jeunes, et permettra concrètement de participer à la sécurisation de sites militaires, à des cérémonies ocielles mais aussi, sans que cela soit encore définitivement tranché, au dispositif Sentinelle.

Ce format d’engagement, qui pourra se transformer en engagement dans la réserve opérationnelle ou dans l’active à l’issue, reprend une proposition du CEMAT de 2022, qui consistait à recruter 10.000 jeunes par an dans le cadre d’un contrat de 6 mois.

Bien qu’intéressants d’un point de vue communicationnel, ces engagements de très courte durée interrogent sur le niveau d’intégration des personnels, sur l’assimilation des attendus, sur la capacité à encaisser le stress d’un déploiement après une formation courte et récente. Reste à voir s’ils permettront d’attirer de nouveaux éléments pour remédier aux dicultés de recrutement.

Une palette de missions

Le CEMAT a indiqué qu’ “une partie (des militaires) sera mobilisée pour la protection, au sens large, des Jeux Olympiques, en accompagnement des forces de sécurité intérieure”, avec des missions Sentinelle “de contrôle général des espaces ou pour un certain nombre de mesures ou de missions spécifiques”. Parmi ces missions, on pense eectivement à l’accueil et l’accompagnement de la flamme sur le territoire français, les célébrations du 14 juillet, qui tombent quelques jours avant le début des épreuves olympiques. On pense aussi bien entendu à la protection des épreuves en outre-mer et au large de Marseille par les eectifs de la Marine Nationale.

De fortes contraintes logistiques

Le secteur francilien étant celui qui verra la plus forte concentration de militaires, la problématique du logement est apparue assez vite. Si des aménagements ont été prévus au sein des casernes à l’extérieur de Paris, ces dernières, d’une part, n’existent plus intra-muros, et d’autre part, restent largement insusantes. Pour parvenir à une augmentation des capacités d’accueil, un camp militaire permettant de loger 5.000 militaires, sous tentes, est en cours d’installation sur la pelouse de Reuilly. L’armée de l’air est aussi confrontée à ce type de dicultés, avec la nécessité de monter un camp d’une capacité de plusieurs centaines d’individus sur la Base aérienne 107 (Vélizy-Villacoublay, Yvelines) pour sécuriser l’espace aérien (notamment dans la lutte anti-drone).

Une dimension internationale

Rendant compte à la fois d’une dimension diplomatique et opérationnelle, la France recevra le soutien de partenaires étrangers en matière d’eectifs policiers et militaires, mais aussi dans le domaine du renseignement. La communication est faible sur les pays contributeurs et la nature de ces renforts. Le vice-président du Conseil des ministres polonais, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a indiqué que son pays participera à la “coalition internationale” mise en place par la France. Cette terminologie, qui a mis dans l’embarras les responsables politiques et diplomatiques français, semble un peu démesurée pour qualifier des renforts relativement sporadiques de la part de partenaires européens, ou extra-européens dans le cadre d’accords bilatéraux.

Le chiffre de 2.185 (policiers et militaires) a été avancé, sans qu’il soit possible de les répartir. Pour reprendre l’exemple de la Pologne, seul partenaire ayant fait état de sa contribution, 13 équipages cynophiles et une quarantaine de policiers ont été annoncés. L’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Belgique ont répondu à l’appel, mais c’est en tout 46 États qui ont été sollicités.

Cette démarche s’ancre dans un processus de coopération classique, quoi qu’aux dimensions importantes, à la mesure de l’événement et des risques qui l’entourent. En 2023, 160 forces de sécurité européennes avaient été déployées pour la Coupe du monde de Rugby. En 2022, ce sont 3 détachements, dont un dédié à la lutte anti-drone, qui ont appuyé la sécurisation de la Coupe du monde de football au Qatar.

Présentation de la réserve

By Défense

Présentation de la réserve


Objectifs 2024 

Le conflit en Ukraine, a montré l’importance des troupes de réserve compte tenu du degré d’attrition. Contrairement à des conflits asymétriques, les conflits de haute intensité avec un haut degré d’attrition nécessitent que nos armées reconstituent une certaine masse en matériel et en hommes. La réserve occupe dès lors une place indispensable.

413 milliards d’euros alloués au budget de la défense grâce à la Loi de Programmation Militaire.

La LPM (Loi de Programmation Militaire) s’étend entre 2024 et 2030 avec l’bjectif notamment d’augmenter à 275000 le nombre de personnes actives.

Pour la période 2024-2030, le montant des besoins physico-financiers programmés s’élève à 413,3 milliards d’euros. Les ressources budgétaires de la mission “Défense”, hors charges de pensions et à périmètre constant, évolueront de la manière suivante (En milliards d’euros courants) : 

 

2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 Total
Crédit de paiement de la mission « Défense » 47,2 50,5 53,7 56,9 60,4 63,9 67,4 400
Variation (+) 3,3 3,3 3,2 3,2 3,5 3,5 3,5
Variation cumulée par rapport à 2023 (+) 3,3 6,6 9,8 13 16,5 20 23,5
Crédits de paiement de la mission « Défense cumulés 47,2 97,8 151,5 208,5 268,7 332,6 400

 

La LPM prévoit également d’augmenter le nombre de réservistes :

  • 80000 en 2030 
  • 105000 en 2035 

Soit un réserviste pour deux militaires d’actives.

 

Comment devenir réserviste:

  • Être citoyen français
  • Avoir un casier judiciaire vierge.
  • Être apte médicalement ( visite médicale d’aptitude).
  • Avoir une condition physique correcte.
  • Être âgé de plus de 17 ans et de moins de 50 ans pour les militaires du rang, moins de 64 ans pour les officiers et les sous-officiers jusqu’à 67 ans, voire 72 ans pour certaines spécialités comme les médecins.

Le réserviste signe un contrat d’engagement à servir dans la réserve (ESR) qui dure entre un et cinq ans (renouvelable). Il peut servir entre 5 jours et 120 jours par an.

 

La formation et les missions du réserviste

  • La FMIR (formation militaire initiale du réserviste) : qui dure 5 jours.
  • Apprentissage des grades, du vocabulaire militaire, des formations propres à chaque armées.
  • Activités sportives, courses d’orientation, parcours d’obstacles, maniement des armes, tir.
  • Apprentissage des valeurs militaires:
  • Service de la patrie, sens du devoir, discipline, cohésion, tenue etc
  • En cas de conflit de haute intensité et de mobilisation, les réservistes doivent être prêts à assurer en un mois 90% des missions des militaires d’active sur le territoire national.
  • Il peuvent également effectuer des missions en opération extérieure (OPEX)

Interview de Christian Rodriguez, Directeur général de la Gendarmerie nationale

By Ils en parlent !

Préparation générale des Jeux

Quels sont les principaux défis auxquels se prépare la gendarmerie à l’approche desJO ?

Christian Rodriguez : Les Jeux Olympiques et paralympiques sont une grande fête sportive et populaire qui participe au rayonnement international de la France. Par leur importance et leur ampleur, ils sont sans commune mesure avec, par exemple, la Coupe du Monde de Rugby. Et même si leur épicentre est à Paris et en Île-de-France, leur empreinte territoriale concerne tout l’Hexagone et même au-delà, puisqu’elle s’étend jusqu’à Tahiti ! Tout le monde est sur le pont : l’ensemble de nos formations et de nos composantes spécialisées, ainsi que nos réservistes. Pour nous, il y a trois grands défis. Nous allons d’abord assurer une manœuvre de projection sur la plaque parisienne et de soutien inédite par ses dimensions, dans le but d’appuyer le dispositif général de sécurité déployé sous l’autorité du préfet de police. En outre, nous allons sécuriser les épreuves qui vont se tenir sur les sites placés sous notre responsabilité. Et en parallèle, une habile compensation va être indispensable partout ailleurs sur le territoire national, dans les départements olympiques comme dans les départements à forte auence estivale, grâce à une forte mobilisation de nos gendarmes départementaux d’active et de réserve. On se prépare donc depuis des mois et des mois, avec la plus grande rigueur, par une planification rigoureuse et en tirant les enseignements d’autres grands événements antérieurs organisés en France ou à l’étranger.

On parle quand même de l’événement le plus suivi au monde, la vigilance sera maximale ! On mobilise un contingent dédié avec lequel on va manœuvrer et que l’on va soutenir et héberger durant toute la durée des Jeux. C’est une véritable manœuvre militaire. Des moyens spécialisés vont être aussi mobilisés, avec un travail de coordination encore plus exigeant qu’à l’accoutumée pour planifier leur emploi, conduire leur mise en œuvre et assurer leur logistique. Nous faisons donc tout pour que les JOP se déroulent dans les meilleures conditions. Et cela va bien sûr mobiliser les grandes qualités humaines des gendarmes. Car on ne doit pas perdre de vue la nécessité absolue de concilier sécurité et convivialité, vigilance et sens de l’accueil, discernement et protection, intelligence des situations et fermeté dans l’exécution de la mission. C’est là un équilibre essentiel à tenir.

Et que reste-t-il à mettre en place pour être définitivement prêt ?

CR : Les premiers renforts de gendarmes mobiles arrivent sur l’Île-de-France depuis le 15 juin. La logistique est prête, qu’il s’agisse de l’hébergement ou de l’approvisionnement quasi finalisé en denrées alimentaires. La projection est organisée et les véhicules supplémentaires dont nous avons besoin sont loués. Surtout, les gendarmes – mobiles ou départementaux – savent sur quelle période et où ils seront employés, en Île-de-France, en province, en outre-mer, etc. Aujourd’hui, en fonction des festivités organisées à Paris qui ne cessent d’évoluer et de l’emploi de nos forces sur d’autres missions, il nous reste à attribuer à chaque escadron de gendarmerie mobile ou à chaque compagnie de marche sa mission propre : transports, sécurisation de site olympique ou touristique. Nous allons aussi entrer dans la phase des inspections de sécurité, avec des fouilles NRBC-E. Plus de 250 gendarmes formés EOR (Explosive Ordnance Reconnaissance), c’est-à-dire à la détection d’explosifs et à la mise en sécurité, vont y participer. La Force nationale NRBC (F2NRBC) est également déployée. A un mois de l’événement, on fait maintenant du travail de précision en allant dans une granularité la plus fine possible.

Les armées ont été sollicitées pour compléter le dispositif de sécurisation des JO Comment préparez-vous la coordination avec votre institution ?

CR : La gendarmerie est une force militaire avec des missions de sécurité intérieure. Nous sommes donc habitués à travailler régulièrement avec nos camarades des Armées. Cette interopérabilité est une dimension essentielle. On l’entretient, de même que nous entretenons sans cesse nos savoir-être et savoir-faire militaires. Nous le faisons dans notre quotidien, à l’entraînement, sur le terrain, sur le territoire national comme à l’étranger, notamment en OPEX. Depuis maintenant plusieurs années, nous avons d’ailleurs durci notre formation initiale et continue pour toujours mieux faire face aux évolutions des risques et menaces. A cet égard, nous venons de renouveler notre protocole d’accord de coopération avec l’armée de Terre pour continuer à simplifier la conduite des opérations conjointes. Concernant les JOP, tout se fait dans le cadre du dialogue civilo-militaire, piloté par une Cellule de Coordination Intérieur- Défense, avec le préfet de police et le gouverneur militaire de Paris pour la région parisienne, avec les préfets de zone de défense et les ociers généraux de zone de défense partout ailleurs. J’ajoute que, sur chaque site dont la responsabilité nous a été confiée, il y aura aussi des patrouilles des armées.

Des forces venant d’autres pays sont attendues. Comment la coordination va-t-elle s’organiser ?

CR : Il y aura des renforts de deux types : d’une part, des “patrouilleurs linguistiques” qui, aux côtés des forces de l’ordre françaises, vont participer aux missions de sécurité publique générale, et la coordination se fera directement sur le terrain ; d’autre part, des spécialistes qui seront intégrés aux équipes spécialisées, essentiellement dans les unités cynophiles et dans les équipes chargées de la détection des explosifs. Les moyens spécialisés sont en fait demandés par les préfectures responsables, en l’occurrence la préfecture de police à Paris.

Les forces de gendarmerie ont-elles reçu des formations spécifiques en vue des JO ?

CR : Oui, tout à fait. À titre d’exemple, c’est le cas des gendarmes qui vont participer au renforcement de la sécurité dans les transports en commun. Une formation complémentaire leur a été dispensée en lien avec la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) de la préfecture de police et les opérateurs de transport, SNCF et RATP. Les gendarmes savent s’adapter aux diérentes missions qu’on leur confie comme aux diérents environnements dans lesquels ils interviennent. On les y prépare tout au long de leur carrière et on l’a encore fait ici dans le cas présent. L’objectif, c’est d’orir à la population un service public de la sécurité le plus ecace possible.

Faire face à la menace

Quelles sont les différents types de menaces auxquelles se prépare la gendarmerie ?

CR : L’étude des menaces, la préparation pour y répondre, c’est une action permanente de la gendarmerie, aux côtés des services de renseignement et de l’ensemble des acteurs ministériels et interministériels. Les menaces à l’approche des JO sont diuses et polymorphes. Elles sont suivies depuis plusieurs années et analysées spécifiquement par le Centre de renseignement olympique (CRO) qui produit une synthèse précise à partir de l’analyse de tous les services. Une “analyse nationale du risque” est ainsi actualisée régulièrement pour lister et hiérarchiser les principaux risques et menaces pesant sur les JOP. Sans entrer dans les détails, la menace terroriste est prioritaire et fait l’objet d’un travail intense dans la profondeur et dans la durée. La gendarmerie contribue également à la lutte contre le risque cyber, lequel peut revêtir de multiples formes et avoir des origines très diverses : de l’individu isolé à l’acteur étatique, de l’attaque en déni de service à l’espionnage, en passant bien sûr par la lutte contre les faux sites de billetterie. La mobilisation de près de 200 cyber-patrouilleurs de la gendarmerie a ainsi permis de recenser 338 sites frauduleux depuis mars 2023. Notre préparation s’est aussi axée sur les modalités de ces menaces. Sans être exhaustif, je peux citer la lutte contre les drones pilotée par les armées, la réponse à une menace NRBC ou bien la détection d’explosifs au sein d’une foule.

Comment sera concilié l’important dispositif des forces de l’ordre pour les sites de compétition et la capitale, avec le maintien d’une sécurité efficace en province ?

CR : La période des Jeux est exceptionnelle pour le pays. Elle implique donc une mobilisation de la gendarmerie qui soit tout aussi exceptionnelle, c’est-à-dire à la hauteur. Durant toute la période des JOP, tous nos eectifs seront mobilisés. De très nombreux réservistes parmi les 34.000 que l’on compte dans nos rangs seront également employés. Cet eort est déjà à l’œuvre. Depuis le 15 juin et jusqu’au 15 septembre, les congés sont fortement restreints. Grâce à cette mobilisation totale, le niveau d’engagement des gendarmes au cours de l’été et dans chaque département est même supérieur à ce qu’il a pu être à l’été 2023. Comme je l’ai dit, c’est donc bien toute la capacité de la gendarmerie qui est engagée dans une manœuvre inédite pour répondre aux demandes directement liées aux Jeux, tant dans la capitale que sur les autres sites – notamment à Tahiti, qui est dans notre zone de compétence – mais aussi pour maintenir un haut niveau de sécurité dans notre zone de compétence et renforcer la sécurité des zones touristiques estivales.

Interview de Frédéric Veaux, Directeur général de la Police nationale

By Ils en parlent !

Quels sont les principaux défis auxquels se prépare la police à l’approche des JO ? Et que reste-t-il à mettre en place pour être définitivement prêt ?

Frédéric Veaux : À l’approche des Jeux Olympiques, la police nationale doit à la fois assurer ses missions constantes et faire face à un immense défi, celui d’assurer la sécurité du plus grand événement sportif mondial. C’est un enjeu majeur pour les forces de sécurité intérieure et un défi capacitaire qui exige un engagement total des policiers, tant pour assurer la protection de l’ensemble des sites olympiques que pour garantir un niveau de sécurité renforcé sur l’ensemble du territoire. L’absence de congés durant une partie de l’été, eort sans précédent, permettra d’assurer nos missions tout en faisant face à celles, particulières, de cet événement.

A quelques semaines de l’événement et alors que les policiers sont déjà engagés avec le relais de la flamme, il reste à s’assurer que tout est prêt en termes de soutien et de logistique.

Nos équipes ont intensément travaillé depuis de nombreux mois et doivent maintenant opérer les derniers ajustements très concrets afin que chacun des milliers de policiers mobilisés accomplisse sa mission le plus sereinement possible.

Les armées ont été sollicitées pour compléter le dispositif de sécurisation des JO Comment préparez-vous la coordination avec votre institution ?

FV : Les policiers ont l’habitude de voir les militaires engagés à leurs côtés sur le territoire national dans le cadre du plan Sentinelle. L’emploi des unités militaires en mission d’appui a été planifié sur l’ensemble du territoire afin qu’elles réalisent des patrouilles dans des zones définies à proximité des sites olympiques, mais aussi dans les gares et les aéroports. Tout cela est nourri par un dialogue construit entre les autorités civiles et militaires locales et sera ajusté en fonction des contraintes opérationnelles.

Des forces venant d’autres pays sont attendues. Comment la coordination va-t-elle s’organiser ?

FV : La France a, à l’instar de ce qui a été fait pour la coupe du monde de rugby, sollicité des renforts de policiers étrangers qui seront principalement accueillis dans les territoires accueillant les compétitions. Plus de 1.700 policiers étrangers issus de 44 nationalités sont ainsi attendus pour aider les policiers français, avec une mission d’assurer la liaison avec leurs ressortissants, par exemple lors de patrouilles à proximité des sites olympiques, ou d’accomplir des tâches de spécialistes telles que la recherche cynotechnique.

Les forces de police ont-elles reçu des formations spécifiques en vue des JO ?

FV : Dans le cadre de la formation continue, une quinzaine de thématiques ont été depuis deux ans inscrites par l’Académie de police dans un catalogue spécifique de formation. Très en amont de l’événement, l’objectif était en eet de développer les compétences des policiers dans les domaines généralistes ou de forte spécialité (par exemple secourisme, drone, investigation numérique). Un eort a aussi été porté sur les formations linguistiques.

Quels sont les diérents types de menaces auxquelles se prépare la police?

FV : Plusieurs types de risques sont identifiés par les services de renseignement, parmi lesquels la direction nationale du renseignement territorial (DNRT). En premier lieu figure la menace terroriste, mais aussi les atteintes cyber. Sans éluder les atteintes aux biens et aux personnes, nous prenons aussi en compte de manière spécifique tout ce qui touche à l’organisation des Jeux Olympiques, par exemple la fraude à la billetterie ou les éventuelles atteintes à la flamme olympique.
Pour assurer une réponse ministérielle eciente, un centre de renseignement olympique (CRO), en lien avec tous les services de renseignement (DNRT, DGSI, DGSE, etc.) a été installé, tandis que fonctionnera durant la période des JOP un centre national de commandement stratégique (CNCS) pour assurer le pilotage ministériel de l’événement et l’éventuelle gestion de crise.

Comment la police nationale anticipe-t-elle une cyberattaque majeure pendant les Jeux?

FV : La direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) prend toute sa part au dispositif national de lutte contre les cyberattaques, sous le pilotage de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Elle assure en particulier des missions de veille, de détection et d’identification des attaques mais aussi et des missions d’enquête par le traitement judiciaire donné. Dans la perspective des Jeux Olympiques, elle a renforcé ses services centraux opérationnels, en particulier son oce anti-cybercriminalité (OFAC), ainsi que les plateformes de signalement en ligne Thésee de recueil de plainte en ligne de certaines escroqueries commises sur internet et Pharos dédiée au signalement des contenus illicites sur internet.

En dix ans, les drones ont pris une place centrale dans la menace. Comment le dispositif spécifique anti-drone s’est-il organisé pour les JO?

FV : La police nationale, sous la coordination de la police aux frontières, compte aujourd’hui plus de deux cent cinquante opérateurs spécialisés dans la lutte anti-drone, dotés d’un matériel adapté de dernière génération. Les équipes d’opérateurs seront répartis, aux côtés de leurs collègues de la gendarmerie, sur les sites olympiques sous le pilotage de l’armée de l’air et de l’espace en charge de la coordination générale de cette mission.

La vidéoprotection par algorithme sera-t-elle utilisée pendant les JO ?

FV : A l’occasion des JO, plusieurs utilisations de vidéo augmentée sont prévues en Île-de-France, sous la supervision de la préfecture de police, la RATP et la SNCF.

La DGPN, quant à elle, sera utilisatrice de la technologie pour d’autres événements ultérieurs.

La loi du 19 mai 2023 relative aux Jeux Olympiques et paralympiques de 2024 (dite “loi JO”) autorise, pour la première fois, la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle dans la vidéo protection, sans toutefois intégrer l’utilisation maîtrisée de la reconnaissance faciale d’individus recherchés pourtant prônée par de nombreux services de renseignements étrangers et spécialisés. Ces techniques sont pourtant susceptibles de produire un avantage décisif en temps réel en cas d’événements graves.
Pensez-vous que la France pourra longtemps organiser la sécurité de grands événements en rejetant l’utilisation même contrôlée de techniques d’IA les plus avancées ?

FV : Conformément aux orientations fixées par le Président de la République et le ministère de l’Intérieur, il n’y aura aucune utilisation de dispositifs de reconnaissance faciale dans l’espace public pendant les Jeux Olympiques.

L’expérimentation ouverte par la loi JO ne vise que la détection de comportements ou événements anormaux, et en aucun cas l’utilisation d’une technologie de reconnaissance faciale.

À terme, l’usage de la reconnaissance faciale par les services de police peut constituer une opportunité, dans certains cas qu’il appartient au législateur de définir et d’autoriser. On peut penser, par exemple, à l’identification d’une personne suspectée d’avoir commis un attentat terroriste, ou bien encore pour la détection des personnes disparues ou ayant fait l’objet d’un enlèvement. Le Règlement sur l’intelligence artificielle récemment adopté par l’Union européenne ouvre d’ailleurs cette possibilité pour les États membres.

Lettre de la Sécurité Intérieure n°10 – Juillet 2024

By Dossiers LSI

Actualité du CRSI, Enjeux de sécurité et de souveraineté, Dossier sur les JOP


Chers amis,

Après une séquence électorale inattendue et alors que les négociations battent leur plein pour construire un gouvernement, la France entre dans la dernière ligne droite de la préparation des Jeux Olympiques et paralympiques de Paris prévus cet été.

Assurer la sécurité d’un événement de cette ampleur est inédit pour notre pays. Les Jeux Olympiques constituent la seule réunion en un point donné du globe de délégations venues du monde entier, avec leurs athlètes, leurs journalistes, et leur public. Ce n’est pas seulement l’événement le plus suivi au monde ; c’est le seul qui concerne directement tous les pays de la planète.

Dans un contexte international de plus en plus instable et dans une France de plus en plus violente, le défi est majeur. Il implique l’ensemble de nos forces de sécurité intérieure dont il n’était pas prévu que plus de 30 unités de forces mobiles soient mobilisées en Nouvelle-Calédonie. Nos armées sont à pied d’œuvre. La sécurité privée, mobilisée. Et le reste du territoire national doit naturellement continuer à être protégé.

Tout ce qui devait être dit du format de la cérémonie d’ouverture du 26 juillet ou du choix de remettre les médailles en plein air au Trocadéro l’a été. Le temps de l’action est venu. La mission restera gravée dans l’esprit de l’ensemble des personnes appelées à concourir à la réussite de la sécurité de l’événement.

J’appelle chacun à laisser de côté querelles et diérends pour œuvrer au succès de ces Jeux, dans une forme d’union qui ne peut que faire le plus grand bien à notre Nation. Espérons que fierté et concorde seront au rendez-vous !

Avant cela, un événement moins identifié du grand public se profile : la tenue dans les Deux-Sèvres d’un rassemblement contre les méga-bassines à l’appel d’associations d’ultragauche, avec en point d’orgue une manifestation le 20 juillet dont on espère qu’elle ne donnera pas lieu aux exactions qu’avaient subis nos gendarmes le 25 mars 2023 à Sainte-Soline.

Pour plonger dans cet été particulier, le CRSI vous propose ce numéro spécial de notre Lettre de la Sécurité Intérieure consacré aux Jeux Olympiques de Paris, avec notamment une interview des directeurs généraux de la gendarmerie Christian Rodriguez et de la police Frédéric Veaux, que je remercie chaleureusement de s’être ainsi livrés en marge d’un agenda pour le moins chargé.

À tous, je souhaite une bonne lecture et un bel été.

Thibaut de Montbrial

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