Dossier spécial : La Santé française

Chers amis,
Après avoir évoqué notre souveraineté industrielle, numérique ou encore énergétique, le CRSI consacre cette lettre aux enjeux sanitaires, parent pauvre de la sécurité intérieure. Il en va pourtant de l’équilibre de notre pays et de sa résilience face aux crises. La santé publique sera l’une des trois priorités du prochain chef de l’État, avec le pouvoir d’achat et l’insécurité.
Notre système de santé est exsangue : 43 000 lits d’hôpitaux supprimés en dix ans, un déficit des hôpitaux publics passé de 660 millions d’euros en 2019 à 2,7 milliards en 2024, et 87 % du territoire en situation de fragilité ou de désert médical.
Comment, dans le pays qui détient le record mondial des prélèvements obligatoires, un service public indispensable peut-il être à ce point défaillant ?
La réponse tient notamment à la bureaucratie : 94 % des Français et des salariés hospitaliers estiment que l’hôpital souffre du poids des tâches administratives.
Son coût est estimé à 15 milliards d’euros par an, et le Code de la santé publique est passé de 4 931 à 12 372 articles en vingt ans. Le professionnalisme du personnel soignant, démontré durant la crise sanitaire de 2020, ne suffira pas à colmater la brèche.
Chaque euro fléché vers l’hôpital devra bénéficier au soin plutôt qu’à la norme. L’intelligence artificielle permettra d’automatiser les tâches chronophages qui parasitent le soin.
Tout est démographie. D’ici 2050, un Français sur quatre aura plus de 60 ans, et la désertification médicale touche déjà un Français sur trois. Faudra-t-il généraliser le salariat des médecins dans les zones les plus critiques ?
Alors, que faire ? Dans ce numéro, nos adhérents contributeurs, que je remercie chaleureusement pour leur travail, dressent un état des lieux et proposent des pistes pour protéger notre bien le plus précieux.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Merci de votre fidélité.
Thibault de Montbrial














