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Olivier Debeney

Conférence à Saint-Cyr-sur-Loire

By Dernièrement

Thibault de Montbrial invité à Saint-Cyr-sur-Loire

Dans le cadre d’une réunion sur les enjeux de sécurité, Thibault de Montbtrial donnait une conférence devant 200 personnes à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours.

Il a pu aborder un certain nombre de thématiques alors qu’approchent les élections européennes 2024.

Douanes

Etats des lieux des douanes françaises

By Sécurité/Justice

Etats des lieux des douanes françaises

La direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) est une autorité française rattachée au Ministère de l’Economie et des finances.

Elle est réglementée par le droit national (droit des douanes) mais aussi par des accords internationaux (OMC, traités, etc.).

Par Tristan Audras


Les missions

La DGDDI exerce principalement deux missions :

● Surveiller les frontières : contrôles migratoires nationaux, protection des frontières extérieures de l’Union européenne, surveillance des frontières numériques,

● Contrôler les marchandises : lutte contre les trafics et le crime organisé, contrôle de la conformité des marchandises, contrôles fiscaux, conseil aux entreprises.

Organisation des services de douane

L’autorité est dirigée depuis le 3 avril 2024 par Florian Colas. Elle est composée, en plus de la direction générale, de services déconcentrés (12 directions interrégionales et 42 divisions régionales) et de 11 services spécialisés comme la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED), chargée de la lutte contre les grandes fraudes et contre les organisations criminelles.

Effectifs

L’autorité emploie plus de 16.000 agents assignés pour moitié à la surveillance sur le terrain et pour moitié aux contrôles administratifs et aux opérations commerciales. On compte plus de 750 enquêteurs et agents de renseignement, plus de 400 informaticiens et plus de 500 marins.

Moyens mobilisés

Le budget de la DGDDI était en 2022 d’environ 1,2 milliards d’euros. Pour eectuer ses missions elle dispose entre autres de :

  • 15 vedettes garde-côtes (19 à 32 mètres)
  • 13 vedette de surveillance rapprochée (10 à 14 mètres)
  • 9 hélicoptères
  • 7 avions biturbines
  • 203 vidéos endoscope

Les résultats 2022

1/ Les chiffres des saisies sur le territoire national :

  • 7,6 tonnes de cocaïne (-4% par rapport à 2021)
  • 0,627 tonnes d’héroïne (+35% par rapport à 2021)
  • 66,25 tonnes de cannabis (-42% par rapport à 2021)
  • 473,4 tonnes de cigarettes (+61% par rapport à 2021)
  • 1 135 armes (+41% par rapport à 2021)
  • 11,5 millions d’articles contrefaits retirés du marché
  • 423 infractions à la Convention de Washington réglementant le passage à la frontière
  • Plus de 38.000 espèces animales et végétales (+14% par rapport à 2021)

2/ La crise migratoire :

En coopération avec l’agence Frontex, la DGDDI assure une mission de garde frontière sur 77 points de passage frontaliers dont 20 maritimes et 54 aériens :

  • 3,79 millions de personnes contrôlées
  • 2.057 migrants secourus en mer

Affaires marquantes 2022

  • Janvier 2022 : Les garde-côtes douaniers de Martinique saisissent 1 184 kg de cocaïne (valeur estimée à plus de 94 millions d’euros) dans deux voiliers.
  • Février 2022 : 7 tonnes de tabac dissimulées sous des palettes d’orange découverts par la brigade de Perpignan dans un camion frigorifique.
  • Juin 2022 : La BSE de Nice-Aéroport a procédé à la saisie d’une gouache d’Henri Matisse d’une valeur de 70 000 €, transportée sans autorisation du ministère de la Culture.
  • Novembre 2021-Juin 2022 : Opération « lake » coordonnée par Europol qui permet la saisie par la douane française de 254KG de civelle soit environ 750 anguilles en devenir préservée du trafic.

Les principaux défis

Les services de douanes doivent faire face à plusieurs sujets prioritaires ces dernières années :

  • La guerre en Ukraine : la mise en place de trains de sanctions successifs contre la Russie qui limitent les importations et les exportations en direction de ce pays et prévoient la saisie d’actifs détenues par l’Etat russe ou des oligarques. Il s’agit de vérifier l’application de ces sanctions et d’accompagner les entreprises impactées. Une « task force » dédiée a été créée en 2022.
  • Le développement de la plateforme numérique France sésame lancée en 2021 et qui a pour but de renforcer la compétitivité des ports français et facilitant et sécurisant le passage des marchandises.
  • La mise en place d’un nouveau système informatique de traitement des opérations de commerce international afin de faciliter la déclaration et la supervision des flux de marchandise.
  • Les contrôles de conformité, sanitaires et phytosanitaires des produits importés. A ce titre les douanes ont réalisé plus 78 000 analyses d’échantillons en 2022 dont environ 24 000 n’étaient pas conformes.
  • L’entrée en vigueur depuis 2021 du Paquet TVA e-commerce qui vise à lutter contre la fraude à la TVA ans le commerce en ligne. En 2022, 76.792.073 déclarations en douane déposées dans Delta H7 (service en ligne spécifique) ont été traitées.

Conférence à Bressuire

By Dernièrement

Thibault de Montbrial invité à Bressuire

Thibault de Montbrial est venu renconter une quarantaine de Bressuirais dans le cadre de ses déplacements partout en France.

L’occasion d’échanger sur les préoccupations vécues au niveau local, notamment en matière de sécurité.

Coût de l’immigration

By Economie

Coût de l’immigration

Par Tristan Audras,


Le coût de l’immigration est difficile à déterminer car il faut agréger de nombreuses données. Des questions méthodologiques entrent en jeu inévitablement.

  • Jean-Paul Gourévitch (Association Contribuables associées) : 53,9 milliards (estimation contestée mais utilisée par le RN). L’auteur reconnaît qu’il n’a pas eu accès à toutes les données [1].
  • CEPII (1979-2011) : elle coûterait entre 0 et 10 milliards d’euros chaque année [2].
  • OCDE (2006-2018) : elle rapporterait environ 10 milliards d’euros par an.

Données INSEE et OCDE – Marché du travail

  • Taux de chômage de la population : 7,3%
  • Taux de chômage des immigrés : 11,7% (13,7% pour les immigrés africains) en raison d’une faible qualification et donc d’une difficile insertion sur le marché du travail (37,8% des immigrés en âge de travailler avaient en 2020 un niveau de qualification égal ou inférieur au brevet – OCDE). Par rapport aux pays voisins, la France attire une immigration particulièrement peu formée (familiale et étudiante).
  • Taux d’emploi population générale : 68,1%
  • Taux d’emploi des immigrés : 61,8%

Données OCDE (2020) – Ratio budgétaire [3]

  • Ce ratio de (0,938) est négatif pour les immigrés. Ils reçoivent proportionnellement plus d’aides qu’ils ne génèrent de richesse.
  • Contribution nette négative aux dépenses publiques pour les personnes nées à l’étranger. Il apparaît que la France se place au 5ème plus mauvais ratio,  avec  une  contribution nette négative aux dépenses publiques de -0,53% du PIB (hors charge de la dette).

Si l’on regarde maintenant la dépense par habitant et le ratio immigré/natif, les immigrés consomment moins de services de santé que les natifs (0,94), beaucoup moins de dépenses d’éducation (0,29) et de dépenses de retraites (0,88), en revanche ils consomment autant de dépenses de maladie/invalidité (1,0) et davantage de dépenses familiales (1,35), de chômage (1,29) et d’exclusion sociale/logement (1,81).

Données PLF (2023) – Coût pour l’État [4]

  • Politique de l’immigration et de l’intégration : 7,1 milliards d’euros

 


Sources

[1] Tous contribuables

 

[2] CEPII

 

[3] IFRAP, 12/01/2022

 

[4] Ministère de l’Economie

Rapport du Sénat sur les émeutes de Juin 2023

By Sécurité/Justice

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Rapport du Sénat sur les émeutes de Juin 2023

Du 27 juin au 7 juillet 2023, notre pays a connu un déferlement de violences que le Sénat a analysé en détail.


Un dramatique bilan humain et de lourds dégâts matériels

Le Sénat chiffre à 793 millions d’euros le coût des émeutes de 2023, soit quatre fois plus qu’en 2005. [1]

  • 40% des sinistres déclarés concernent l’Île-de-France
  • 42,5% du    coût    total   des   émeutes concerne l’Île-de-France
  • 12 031 véhicules incendiés

Deux personnes décédées et plus d’un millier de blessés.

782 agents des forces de l’ordre blessés en neuf jours, soit près de quatre fois plus qu’au cours des vingt-cinq nuits d’émeutes de 2005.

  • 674 policiers
  • 108 gendarmes
  • 3 sapeurs-pompiers

Le profil-type des émeutiers

50 000 émeutiers, la plupart des mineurs, dont 29% d’étrangers

  • 91% des auteurs sont des hommes
  • 71% sont de nationalité française
  • Une moyenne d’âge entre 17 et 18 ans.

Un tiers des 3 500 personnes interpellées sont des mineurs

Le travail d’enquête judiciaire se poursuit. Il concerne souvent des personnes déjà connues des services de police.

Des motivations protéiformes : entre défiance de l’autorité et opportunisme

Pourcentage des individus justifiant leur participation aux émeutes :

 

Motif de participation

 

Pourcentage

 

Décès du jeune homme

 

8%

 

Contestation de l’action des forces de l’ordre

 

 

10%

Une amplitude géographique qui dépasse les seuls quartiers “sensibles”

Si les quartiers sensibles ont été les plus durement touchés par les émeutes de juin 2023, l’impact de ces violences s’est étendu bien au-delà.

  • 38,9% des sinistres déclarés aux assureurs concernaient l’Île-de-France, mais cette région n’est pas la seule à avoir été frappée.
  • L’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France ont également subi de lourdes dégradations, avec respectivement 13,1% et 8,6% des sinistres.
  • Aucune région n’a été épargnée

Au total, 672 communes réparties dans 95 départements ont été touchées par les violences.

Le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux

Ces événements ont représenté près de 15% de l’activité totale des réseaux en France pendant cette période.

Des plateformes telles que X (Twitter), Facebook et Snapchat ont été utilisées pour :

  • Diffuser des informations et des images en temps réel
  • Coordonner les rassemblements et les actions, facilitant la mobilisation et la propagation des émeutes
  • Répandre des rumeurs et de la désinformation

Violent affrontement contre les forces de l’ordre

  • Des milliers de tirs de mortiers d’artifice recensés.
  • 47 attaques de casernes de gendarmerie enregistrées.

Augmentation  de   la   population carcérale

  • Création de 30 000 nouvelles places de prison annoncée par le gouvernement (sans calendrier)
  • 15 000 places de prison prévues d’ici 2027 par le ministère de la Justice

 


Sources

[1] Le Parisien, 10 avril 2024

L’agence de l’Union européenne pour l’asile

By Institutions

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Agence de l’UE sur l’asile L’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), basée à Malte, joue un rôle crucial dans la gestion des demandes d’asile au sein de l’espace Schengen.

Créée en 2011, elle a pour mission d’aider les États membres à mettre en œuvre un régime d’asile européen commun, harmonisé et efficace. Face à l’augmentation des flux migratoires ces dernières années, son action s’est intensifiée grâce à un budget triplé et un personnel renforcé.

Par Charline Le Du


Présentation

L’AUEA est une agence décentralisée de l’Union européenne qui vise à renforcer la coopération entre les États membres en matière d’asile et à promouvoir un système d’asile européen commun juste et efficace.

Principales missions

  • Aider les États membres à gérer les demandes d’asile et à mettre en œuvre le régime d’asile européen commun (RAEC).
  • Fournir une expertise et une assistance technique aux États membres.
  • Organiser des formations et des ateliers pour les professionnels de l’asile.
  • Promouvoir la recherche et l’innovation en matière d’asile.
  • Contribuer à la coordination des politiques d’asile au niveau européen.

Créée en 2022, en remplacement du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), l’AUEA est basée à Malte (La Valette).

L’agence est composée :

  • D’un conseil d’administration,
  • De représentants des États membres,
  • De la Commission européenne et du Parlement européen,
  • Un directeur exécutif, nommé par le conseil d’administration.

Historique

2011 : Les débuts

Le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) est créé par l’Union européenne par le biais du règlement (UE) n° 439/2010 du Parlement européen et du Conseil.

Cette initiative visait à répondre aux défis croissants de la gestion des flux migratoires et des demandes d’asile. Basé à Malte, L’EASO a joué un rôle crucial dans la mise en place d’un système d’asile européen plus cohérent et ecace, en s’attaquant à des missions telles que le soutien aux États membres, le renforcement de l’accueil et de l’intégration des réfugiés, et la promotion de la coopération en matière d’asile.

2014 : Adoption du règlement (UE) n° 1168/2011, modifiant le règlement (UE) n° 439/2010, par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, contribuant à renforcer le rôle de l’EASO et à améliorer la coordination entre les États membres en matière d’asile. Il a également permis d’harmoniser les procédures d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

2016 : Lancement de l’opération conjointe Poseidon Frontex-EASO en Grèce par l’Union européenne. Cette opération vise à répondre à la crise migratoire qui a vu un nombre croissant de personnes arriver en Grèce par voie maritime.

L’opération visait à :

  • Renforcer la surveillance des frontières maritimes en Grèce ;
  • Intercepter les migrants en mer et les ramener en Grèce ;
  • Identifier et enregistrer les migrants ;
  • Fournir une assistance aux migrants en Grèce.

2018 : La Commission publie une proposition de transformation du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) en une agence européenne de l’asile à part entière.

Cette proposition vise à :

  • Renforcer le rôle de l’EASO dans la gestion des demandes d’asile au sein de l’Union européenne ;
  • Améliorer la coordination entre les États membres en matière d’asile ;
  • Harmoniser les procédures d’asile et les conditions d’accueil des demandeurs d’asile ;
  • Accroître l’efficacité du système d’asile européen.

Novembre 2019 : Création de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA). Elle remplace le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) et dispose d’un mandat plus large et de pouvoirs étendus.

Elle a pour mission de :

  • Renforcer la coordination et la coopération entre les États membres en matière d’asile ;
  • Contribuer à l’harmonisation des procédures d’asile et des conditions d’accueil des demandeurs d’asile ;
  • Gérer le système d’information sur les pays d’origine ;
  • Former les agents des États membres en charge de l’asile.

2020 : Le COVID-19 impacte fortement les systèmes d’asile en Europe.

Réduction de 32% des demandes d’asile par rapport à 2019 (471 270 demandes). Baisse de 18% du nombre de dossiers en attente, mais toujours supérieur à 2014 (773 600 dossiers). 44% des demandeurs d’asile ont obtenu le statut de réfugié (en hausse de 22% par rapport à 2021). 31% ont reçu la protection subsidiaire (en hausse de 48%). 25% ont obtenu la protection humanitaire (en hausse de 72%).

Mars 2022 : Le début de la guerre en Ukraine provoque une crise humanitaire majeure et un aux massif de réfugiés vers l’Union européenne.

L’AUEA réagit immédiatement en activant son plan d’urgence pour faire face à l’augmentation du nombre de demandes d’asile.

L’agence prend les mesures suivantes :

  • Renforcement de son personnel sur le terrain pour soutenir les États membres les plus touchés ;
  • Mobilisation de ressources supplémentaires pour l’accueil et l’hébergement des réfugiés ;
  • Coordination avec les États membres et les organisation internationales pour garantir une réponse européenne cohérente et efficace.

En cours : Négociations sur le règlement sur la procédure d’asile unique (RPAS). L’objectif est de créer un système d’asile européen plus juste et plus ecace pour les personnes fuyant la persécution et les conflits.

Les mesures phares :

  • Harmoniser les procédures d’asile dans l’Union européenne ;
  • Assurer une protection adéquate aux personnes réfugiées ;
  • Répartir équitablement les responsabilités entre les États membres pour l’examen des demandes d’asile.

Les négociations sur le RPAS portent sur plusieurs points clés :

  • Les critères d’octroi du statut de réfugié et de la protection subsidiaire.
  • Les conditions d’accueil et d’intégration des personnes réfugiées.

Limites régulièrement soulignées

  • Un manque de compétences coercitives,
  • Des ressources limitées,
  • Des différences nationales dans l’application du droit d’asile,
  • Une dépendance des États membres pour les données et informations,
  • Un manque de transparence dans le processus décisionnel.
Logo Europol

L’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol)

By Institutions

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Créée en 1999, Europol est devenue le pilier de la lutte contre la criminalité et le terrorisme en Europe. Cette agence agit comme un centre névralgique, collectant et analysant les informations des forces de l’ordre nationales pour les diffuser aux autorités compétentes.

Créée en 1999, Europol est devenue le pilier de la lutte contre la criminalité et le terrorisme en Europe. Cette agence agit comme un centre névralgique, collectant et analysant les informations des forces de l’ordre nationales pour les diuser aux autorités compétentes. Elle facilite également la coordination des opérations et enquêtes internationales, permettant une réponse européenne unie aux menaces transnationales. Son champ d’action est large, allant du trafic de drogue et d’êtres humains à la cybercriminalité et au terrorisme. Europol s’est même distinguée dans la lutte contre le terrorisme djihadiste.

Par Charline Le Du


Présentation

L’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol) est une agence décentralisée (ou agence de régulation) de l’Union européenne. Ces agences contribuent à la mise en place des politiques de l’Union dans leur domaine spécifique sans pour autant être rattachées à une institution particulière.

Europol a pour mission d’aider les États membres dans leur lutte contre la criminalité organisée. Ces principaux domaines de compétence sont : le terrorisme, le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent, la cybercriminalité, la fraude organisée, la contrefaçon de la monnaie et la traite des êtres humains.

Europol fournit essentiellement trois services :

  • Un soutien aux opérations de maintien de l’ordre ;
  • Une plateforme d’échange d’information sur les activités criminelles, appelée Secure Information Exchange Network (SIENA). Elle est utilisée par les Etats membres, d’autres agences européennes comme Frontex, et des pays partenaires. En 2022 plus de 122 000 aaires ont été initiées via SIENA ;
  • Un centre d’expertise en matière de maintien de l’ordre. L’agence emploie notamment plus de cent analystes qui publient fréquemment des rapports et évaluations sur l’état de la criminalité en Europe.

Historique

  • 1995 : signature de la convention Europol par tous les États membres de l’Union européenne qui prévoit la création de l’Oce Européen de police. L’agence ne commence ses activités qu’en 1999, après la signature de tous les protocoles.
  • 2007 : le Traité de Lisbonne renforce la légitimité et l’ecacité d’Europol en “communautarisant” la coopération policière. Jusqu’à cette date, la convention impliquait simplement des négociations entre État et les décisions étaient prises à l’unanimité.
  • 2007 : Trois pays obtiennent de ne pas participer à la coopération policière : le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni. Le Royaume Uni a depuis intégré Europol malgré le Brexit.
  • 2018 : L’agence est dirigée par Catherine de Bolle (directrice exécutif), secondée par trois directeurs adjoints : Jean-Philippe Lecoue (directeur des opérations), Jürgen Ebner (département de la gouvernance), Andrei Linta (département des capacités).
  • 2022 : le règlement de l’Agence a été modifié afin de renforcer son action en Europe. Europol peut désormais proposer l’ouverture d’enquêtes aux Etats membres ou encore introduire des alertes dans le système d’information de Schengen. Les contrôles externes et internes d’Europol ont aussi été renforcés notamment sur la question du traitement et de la sécurisation des données.
Dans ses effectifs, l’agence emploie environ 1400 personnes dont 262 officiers de liaison et 55 français avec un budget de 208 millions d’euros (2023) En partenariat avec 51 pays du monde.

Il existe deux types de partenariats :

  • collaboration opérationnelle (Moldavie, Canada, USA, Monaco…),
  • coopération stratégique, moins importante en termes de partage des données (Chine, Brésil…).

Des opérations d’envergure sur le territoire européen

  • 2015 : Opération « Ambre bleue », destinée à lutter contre le trafic de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud, du Pakistan et de l’Afghanistan. Entre le 4 mai et le 24 juin, elle mobilise les services de 59 pays et conduit à la saisie de 7.7 tonnes de drogue, ainsi qu’à l’arrestation de 900 personnes.
  • 2017 : Opération « calibre » contre le trafic d’armes à feu. Mobilisant 17 polices européennes, cette opération a permis la saisie de 136 armes à feu, 7000 cartouches, et l’arrestation de 18 personnes dans les Balkans.
  • 2022 : Opération « Oscar », pour lutter contre le contournement des sanctions russes.
  • 2023 : Organisation de deux journées d’action coordonnées dans 26 pays contre le trafic d’armes et de stupéfiants, la traite des êtres humains et d’autres formes de criminalité organisée. Elles conduisent à l’arrestation de 566 personnes, la saisie de 310 armes et 626 kilos de cocaïne.
  • Février 2024 : Un réseau de passeurs irako-kurde, l’un des plus importants d’Europe, très connu pour les traversées illégales de la Manche a été démantelé par Europol après deux ans d’enquête2. L’opération policière a permis l’interpellation de 18 individus en Allemagne, tous faisant l’objet de mandats d’arrêts européens, dont 12 émis par la France.

Aujourd’hui, les premier défis d’Europol concernent la sécurisation des données. Dans ce domaine l’agence est contrôlée par le Centre Européen de protection des données (CEPD). Europol doit traiter des milliers de données tout en protégeant la vie privée des citoyens et en empêchant les attaques extérieures. Un autre défi concerne l’innovation. Il s’agit de traiter les données avec de nouveaux moyens afin d’aider plus efficacement les actions policières.

Les limites

  • Des défis souvent diciles à relever, en eet, le site d’information Politico3 a révélé le 27 mars 2024 la disparition de documents sensibles des bureaux d’Europol de La Haye. Il s’agirait des dossiers personnels de la directrice de l’agence européenne et de ses trois adjoints disparus en septembre dernier, retrouvés dans la rue et remis par un citoyen au commissariat le plus proche. Un incident grave qui porte atteinte à la sécurité et qui a vu ouvrir une enquête interne au sein d’Europol.
  • L’agence voit aussi ses compétences limitées car elle n’a aucun pouvoir exécutif et ses agents ne peuvent arrêter des suspects ou agir sans l’accord des autorités nationales. Les outils mis en place sont donc : un échange d’information entre Europol et les services répressifs nationaux, la participation à des équipes communes d’enquête, ou encore des demandes aux autorités nationales d’ouvrir des enquêtes pénales relevant des compétences d’Europol.
  • Face à la montée des actes terroristes en Europe (Paris, Bruxelles, Manchester, Barcelone, etc.) la question se pose aussi de la pertinence de l’agence en matière de lutte anti-terroriste. Le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours à la Sorbonne en 2017, s’était dit favorable à une académie européenne du renseignement, laissant entendre que le service d’échange de renseignements entre polices nationales d’Europol ne suffisait pas.

Sources

Europol

Politico, 27 mars 2024 « Serious security breach hits EU police agency »