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Olivier Debeney

Ensauvagement Piastra CRSI

Ensauvagement

By Terrain

– Tribune par Raphael Piastra, Maitre de Conférences en droit public des Universités.

« Ça s’appelle l’ensauvagement », assurait Gérald Darmanin lundi 20 novembre 2023 à propos de la rixe survenue dans le village de Crépol (Drôme), qui a coûté la vie à Thomas un adolescent de 16 ans.

Que n’a-t-il pas entendu. Notamment les bonnes consciences de gauche voire du centre et même d’autres membres du gouivernement qui, telles un chœur de vierges, crièrent à la stigmatisation de jeunes (ndlr : les suspects) qui, au fond, étaient victimes de leur tempérament voire de leurs horribles conditions sociales. Il se trouve qu’en juillet 2020, le locataire de la place Beauvau avait déjà fait appel à ce même concept, cette fois au sujet de la multiplication d’affaires d’agressions pendant la période estivale. Là encore ce fut la montée au créneau des droits de l’hommistes en tous genres. Le terme ensauvagement est construit autour du vocable sauvage. Ce dernier a aussi donné sauvageon qui fut employé par JP Chevènement, alors à Beauvau, en 1999 à l’encontre des délinquants des banlieues. Il faut préciser que dans les années 2000 le FN usa aussi du terme sauvage pour décrire les délinquants (principalement issus de l’immigration selon lui).

Définitions

Sauvage.
Selon Le Robert cela signifie qui vit en liberté dans la nature. Bien sûr cela s’applique d’abord aux animaux. Rappelons que d’après Aristote à l’origine on parlait de l’homme comme un animal pensant ou politique. L’homme de Cro Magnon pensait aussi bien qu’ayant tout de même encore les attributs essentiels de l’animal notamment des pratiques assez sauvages.

Ensauvagement.
Le terme est dérivé du mot ensauvagir (XIe siècle) qui a donné le verbe ensauvager, « rendre sauvage » et l’emploi pronominal s’ensauvager, « devenir sauvage ». Bien sûr on retrouve ce mot pour qualifier aussi, au XIXe, certains comportements des tribus indiennes d’Amérique du Nord devant faire face, il est vrai, à des envahisseurs. Dans les années 50 c’est le Discours sur le colonialisme de l’écrivain et poète Aimé Césaire, qui l’utilise pour désigner la violence instillée au sein des colonies par les envahisseurs européens, rappelle Le Monde :
« Il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent », écrit-il.

Ensauvagement est donc l’action de rendre sauvage, féroce. L’expression se répand ensuite en 2013 avec le livre La France Orange mécanique (2013) signé par l’ancien journaliste Laurent Obertone et inspiré d’un terrible film de Stanley Kubrick (1971). Obertone développe une thèse similaire à celle de Thérèse Delpech (L’Ensauvagement. Le retour de la barbarie au XXIe siècle, 2005) mais avec un prisme français et une cible particulière : l’immigration massive. Selon l’essayiste, elle serait la cause d’une aggravation de la violence au sein de la société française depuis les années 2000.

Nous ne nous situerons pas du tout ici sur le terrain colonialiste ou immigrationniste. Les sauvages sont de toutes origines. Il y a depuis quelques années et notamment depuis les mandats Macron, une nette montée de la violence toutes origines confondues (cf derniers chiffres 2025 sur l’insécurité ceux, plus réels, d’Alain Bauer). Elle est particulièrement notable et inquiétante, chez les mineurs.

 

Les derniers exemples d’actualité

  • Prenons d’abord le cas de ce jeune de 14 ans à peine qui a poignardé très gravement sa professeure d’art plastique. Tout concorde pour un acte prémédité. Selon le procureur de Toulon, l’adolescent avait effectué des recherches sur internet pour savoir les risques qu’il encourait en cas de passage à l’acte et a reconnu qu’il avait déjà pensé à « poignarder sa professeure auparavant ». L’adolescent a par ailleurs déclaré « qu’il voulait se venger car il craignait d’être exclu », après que l’enseignante a signalé cinq incidents depuis le début de l’année le concernant. On sait aussi que le matin même il avait menacé une autre professeure et il était déjà venu avec un couteau quelques jours avant. Il est incontestable que ce passage à un acte pensé, prémédité, potentiellement mortel, est un signe de sauvagerie. Rappelons que l’enseignante a été poignardée à quatre reprises : trois fois « au niveau de l’abdomen » et une fois « au niveau de l’avant-bras gauche ». Dans ce dernier cas on note qu’elle s’est défendu face à un sauvage. C’était un couteau de type Opinel de 12 cm. Il y a indéniablement une volonté de faire mal voire de tuer. On a déjà commencé à trouver des circonstances à cet apprenti assassin. Les mêmes que d’habitude : milieu social défavorisé, isolement, signalements, ASE saisie,…. Il n’en demeure pas moins que cette professeure est toujours entre la vie et la mort car elle a fait son métier. Punir ça en fait aussi partie. Mais comme une très grande majorité des jeunes adolescents sont réfractaires à la frustration, ils sont capables de devenir des sauvages…. Comme ils sont aussi pour la plupart en addiction aux réseaux en tous genres où la violence règne. Et on peut rajouter que comme ils sont souvent aussi dépendants d’autres produits (drogues, alcool). Dès lors on a ce type de drame.
  • Autre exemple cet enfant de sept ans qui a menacé avec un couteau le directeur d’une école à Pau « pour qu’il arrête de le gronder ». Vous lisez bien, 7 ans ! Il aurait trouvé l’objet dans la salle des professeurs. Le procureur de Pau a précisé : « le directeur était avisé par l’un des enseignants que l’élève avait quitté sa salle de classe. Le directeur retrouvait l’enfant et, souhaitant avoir une discussion avec lui, le conduisait dans la salle des maîtres de l’établissement, espace faisant également office de cuisine. Rapidement, le mineur insultait le directeur, de sorte qu’aucun échange ne pouvait avoir lieu ». Là encore frustration (due souvent à une mauvaise éducation) lorsque le directeur a pris son téléphone pour appeler un responsable légal de l’enfant que ce dernier s’est saisi « d’un couteau qui était en train de sécher et le pointait en direction de l’adulte qui quittait immédiatement la salle pour avertir les forces de l’ordre ». A 7 ans c’est le portrait type du sauvageon c’est-à-dire l’apprenti sauvage. Le directeur a également déposé plainte pour ces faits « en indiquant que cette démarche était destinée, non pas à faire sanctionner pénalement l’élève au regard de son jeune âge, mais plutôt à favoriser une prise de conscience destinée à aider l’enfant ». Ce sera purement symbolique car le droit pénal français estime qu’un mineur de moins de 13 ans qui commet une infraction n’est pas capable, en principe, de mesurer la portée de son acte. Il s’agit d’une présomption de non-discernement afin de protéger les plus jeunes. Il apparait pourtant que certains savent ce qu’ils font. Il faudra un jour revenir sur cette excuse de minorité, héritée de l’ordonnance de 1945, face à ce que sont devenus les mineurs délinquants depuis quelques décennies.
  • Le troisième et dernier exemple se situe à Lyon. Suite à un vol aggravé dont a été victime un jeune homme de 17 ans, le 21 novembre dans le 7e arrondissement de Lyon, que les enquêteurs ont remonté la piste d’adolescents. Ceux-ci seraient impliqués dans 14 faits, dont des vols avec violence et vols avec arme, entre la mi-octobre 2025 et le 31 janvier 2026. C’est ça aussi de l’ensauvagement de jeunes qui, au surplus, terrorisaient leur quartier. La vidéo de la dernière agression, qui avait visé un jeune de 17 ans dans le 7e arrondissement de Lyon, avait été diffusée dans les médias et les réseaux sociaux. Elle est particulièrement violente. Notamment on frappe un homme à terre. Point d’orgue de la lâcheté. Car ces jeunes agissent souvent en meute et, tels des loups sur leur proie, ils se déchainent sauvagement. Et même si la mort s’en suit, peu importe le plus souvent. Interpelés et placés en garde à vue, ils seront poursuivis devant le tribunal pour enfants pour vols aggravés et violences en réunion. Mais, car il y a un mais, étant donné leur âge (moins de 16 ans) le parquet de Lyon a requis leur placement sous contrôle judiciaire. Ce qui signifie clairement qu’ils ont donc été remis en liberté et devront « pointer » quotidiennement au commissariat. Inutile de préciser que, comme le notent quotidiennement les policiers, ces gamins sont revenus dans leur quartier en héros. Bien souvent ils narguent aussi les policiers (qui les ont arrâtés le plus souvent). Avec un peu de « chance » ils seront jugés dans un an.

« Celui qui n’a pas subi les sévérités d’un maître subira les sévérités de la vie.»
– Mocharrafoddin Saadi, poète persan

Pour conclure, il va falloir changer de modèle en matière de mineurs délinquants. Devant la gravité de certains faits, l’éducation et l’accompagnement (chers à l’Ordonnance de 1945), vont devoir céder la place à des mesures fortes de coercition. Ainsi ne peut-on pas imaginer de placer ces délinquants, dès le premier méfait avec violence, sous l’autorité d’une caserne militaire ? C’est ce que Mme Royal appelait en 2007 « l’encadrement militaire de la jeunesse ». Il est certain que les codes et les règles qui y règnent seraient un gage de rééducation citoyenne. On pense même que pour certains cas récidivistes un stage dans un régiment de la Légion serait bénéfique. A partir de 13 ans ce devrait être possible. Cet encadrement, strict par définition, temporaire, et réservé aux cas les plus difficiles, devrait se produire le plus vite possible dans l’élan du fait délictuel. Une façon de dire stop. Ce qui n’empêcherait pas d’aller ensuite devant un juge. Quant au moins de 13 ans il faut avant tout et de suite mettre en cause les parents. Soit en les aidant dans leur mission. Soit en les sanctionnant financièrement (alloc, ……). Et bien sûr donner à l’école les moyens de mieux faire face et de sanctionner également. Or on sait que dans certains établissements (collèges et lycées) des professeurs sont menacés quand ils notent « mal ». Donc certains hésitent à le faire…..

communiqué de presse pm experts sur le projet de loi polices municipales l'évaluation psychologique, angle mort du texte

Communiqué de Presse PM Experts sur le projet de loi Polices Municipales : l’évaluation psychologique, angle mort du texte

By Terrain

Communiqué de Presse PM Experts sur le projet de loi Polices Municipales : l’évaluation psychologique, angle mort du texte

 

PM Experts, cabinet RH spécialisé dans la police municipale, alerte les parlementaires sur l’absence d’évaluation psychologique renforcée pour les agents autorisés au port d’armes de catégorie B, alors que le Sénat examine un projet de loi élargissant leurs prérogatives.

Dans un contexte de forte hausse des effectifs, de l’armement (77 % des agents) et des usages d’armes, l’aptitude psychologique repose encore sur un simple certificat médical, jugé inadapté aux risques actuels.

Le cabinet appelle à intégrer au texte un dispositif en trois volets : évaluation psychologique préalable par un expert agréé, suivi régulier des agents armés et évaluation post-traumatique systématique après tout événement critique.

Il présente cette réforme comme un impératif de prévention, de protection des agents et de sécurisation juridique pour les collectivités.

Lire le communiqué

Nunez Cocktail Hiver CRSI

Cocktail d’Hiver 2026

By Dernièrement

Cocktail d’hiver, le rendez-vous annuel du CRSI

Le CRSI a eu le plaisir de réunir ses soutiens et partenaires à l’occasion de son cocktail d’hiver, un moment d’échange et de convivialité placé sous le signe de l’engagement et du dialogue.

Nous avons été particulièrement honorés par la présence de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, qui nous a fait l’amitié de participer à cette soirée, témoignant de l’attention portée aux travaux et aux initiatives du CRSI.

Cet événement a rassemblé de nombreuses personnalités issues des sphères institutionnelles, militaires, judiciaires et diplomatiques, ainsi que de nombreux parlementaires, hauts responsables civils et militaires et acteurs majeurs de la sécurité intérieure.

La qualité des échanges et la diversité des profils présents illustrent la dynamique du CRSI. Son développement rapide repose sur la fidélité, l’engagement et le soutien de ses membres et partenaires, que nous remercions chaleureusement.

Deux prochains rendez-vous sont d’ores et déjà à inscrire dans les agendas :

  • le grand événement des Jeunes CRSI, le jeudi 19 février à 18h00 ;

  • le lancement de l’antenne CRSI Île-de-France, le jeudi 12 mars (informations à venir).

Le CRSI se réjouit de poursuivre, aux côtés de l’ensemble de ses partenaires, un travail collectif au service des enjeux contemporains de sécurité intérieure et espère vous retrouver très prochainement lors de ses prochains événements.

cnews europe 1

CNEWS/Europe1 : « Il faut une révolution mentale dans ce pays »

By Ils en parlent !

Thibault de Montbrial était sur CNEWS Europe 1 

Pierre de Vilno recevait Thibault de Montbrial, président du CRSI et auteur de « France : le choc ou la chute » aux éditions de l’Observatoire, dans Le Grand RDV, sur CNews en partenariat avec Europe 1 et Les Echos, ce dimanche 8 février.

Autorité, sécurité, jeunesse, souveraineté, nucléaire, réindustrialisation, relance économique, contexte international : tour d’horizon sur les grands enjeux français.

julien michel le pétrole demeure

Le pétrole demeure

By Publications, Energie/Industrie, Terrain

Par Julien MICHEL

*Coordinateur national CRSI & cadre dans l’industrie Oil & Gas

Energie verte nécessaire, pétrole indispensable

L’analyse des usages réels du pétrole, de la structure du raffinage, des chaînes de valeur industrielles et des dépendances indirectes des technologies bas carbone met en évidence les limites techniques, matérielles et économiques d’une transition rapide vers un modèle prétendument « sans pétrole ».

Au-delà de sa fonction énergétique carburant de nos véhicules, le pétrole constitue une matière première structurante pour la pétrochimie, les matériaux, les infrastructures et la maintenance des systèmes énergétiques alternatifs.
Toute stratégie de transition crédible doit intégrer ces contraintes afin d’éviter des ruptures industrielles, économiques et sociales majeures.

I. Le pétrole, une ressource industrielle globale, et non un simple carburant

Le pétrole est fréquemment réduit, voire diabolisé dans le débat public, à son usage comme carburant. Cette approche occulte sa fonction première dans l’industrie : celle de matière première pétrochimique.

Les plastiques, polymères, résines, isolants, textiles synthétiques, composants électroniques, lubrifiants et de nombreux produits intermédiaires essentiels sont issus directement ou indirectement du pétrole. Ces matériaux sont indispensables à des secteurs stratégiques tels que la santé, l’agroalimentaire, le bâtiment, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique et les réseaux énergétiques.

À ce jour, aucune alternative ne permet de substituer ces usages à grande échelle, avec des performances techniques, une durabilité et des coûts équivalents.

Un baril de pétrole brut (159 litres) ne peut être transformé à la demande. Le raffinage est un processus de séparation, produisant simultanément plusieurs fractions :

  • Environ 70 % du baril est transformé en carburants (essence, diesel, kérosène)
  • Environ 30 % correspond à des produits non énergétiques essentiels : naphta, bitume, GPL, lubrifiants, résidus industriels…

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Il est techniquement impossible de produire uniquement les fractions dites « utiles » sans générer les autres.

Ainsi, toute réduction rapide des usages énergétiques se heurterait à un surplus structurel de produits carburants, que l’économie mondiale ne saurait absorber autrement qu’en les brûlant, les exportant ou désorganisant les chaînes industrielles. En clair, que fait-on des 111 litres de pétroles contenus restants dans un baril ? Nous générerons donc une autre forme de pollution.

II. L’illusion d’une transition rapide, contraintes techniques et industrielles

Comme évoqué précédemment, environ 70 % du pétrole extrait est aujourd’hui destiné aux carburants.
Imaginer une disparition rapide de ces usages suppose, une reconversion massive des flux vers la pétrochimie ou une réduction drastique de la production pétrolière, incompatible avec les besoins industriels incompressibles.

La transition énergétique est donc contrainte par les volumes physiques et non uniquement par la volonté politique ou les choix technologiques.

Les technologies bas carbones ne sont pas indépendantes du pétrole.
Les éoliennes, en particulier, nécessitent des lubrifiants issus du raffinage pétrolier pour leur fonctionnement et leur maintenance. (1 vidange/an en moyenne)

Les lubrifiants représentent environ 1 % du volume d’un baril, soit 1,59 litre.
Or, une éolienne requiert entre 250 et 400 litres d’huile. La production de cette quantité implique le raffinage d’environ 250 barils de pétrole brut, générant mécaniquement les 99 % restants sous forme d’autres produits.

Allons un peu plus loin… En France, nous avons un peu plus de 10000 éoliennes (A janvier 2025.Chiffre en hausse constante).
Admettons que nous nos éoliennes ne nécessitent que « 250 » litres d’huile de lubrification chacune et que nous les vidangeons une fois par an.

  • Cela représente donc 2,5 Million/an de litres d’huile pour tout le parc français.
  • Nous devons doc raffiner 625 Million/an de barils de pétrole ou 1.71Million barils / jour pour l’entretien de notre parc éolien sur l’année. (Ce qui n’est pas le cas)

Ce constat souligne une réalité souvent sous-estimée qui démontre que le développement des énergies renouvelables repose sur une industrie pétrolière pleinement opérationnelle.

III. Le pétrole incorporé dans la matière, une dépendance structurelle

Une part significative du pétrole n’est pas consommée comme énergie, mais incorporée directement dans les biens matériels.

Le saviez-vous ?

Une voiture moderne, thermique ou électrique, contient plusieurs centaines de kilogrammes de plastiques et polymères. La fabrication de 1 kg de plastique nécessite en moyenne 1 à 2 kg d’hydrocarbures. Ainsi, un véhicule électrique intégrant 200 à 300 kg de plastiques incorpore indirectement jusqu’à 400 kg d’hydrocarbures, soit plusieurs centaines de litres de pétrole équivalent.
Ce pétrole est « figé » dans la matière, mais reste indispensable à la fabrication.

Batteries, panneaux photovoltaïques, réseaux électriques, câbles, isolants, composites et équipements industriels reposent sur des matériaux pétrochimiques, une extraction minière fortement dépendante des carburants fossiles des chaînes logistiques mondiales elles-mêmes alimentées au pétrole.

Les engins d’extraction des minerais précieux nécessaires à la fabrication des batteries, c’est 30 à 100 litres / engin / heure.

À ce stade, aucune solution énergétique alternative ne permet de supporter ces besoins en puissance, en continuité et en fiabilité. Même si les concepteurs de ces grosses machines travaillent sur le développement et la fiabilisation d’engins hybrides.

IV. Le cas français, un système industriel encore largement pétro-dépendant

La production nationale de pétrole est marginale, mais la France dispose d’un appareil de raffinage stratégique capable de transformer près d’un million de barils par jour.

Chaque jour, ces infrastructures fournissent les carburants nécessaires aux transports et à l’économie, les lubrifiants indispensables à l’industrie et aux énergies renouvelables et les matières premières pétrochimiques essentielles aux matériaux et aux infrastructures.

Une réduction brutale de cette activité créerait des déséquilibres majeurs dans l’ensemble du tissu économique et industriel.

Quelques chiffres d’illustration : (Source Worldometer et SDES)

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Production, importation et consommation (2024)

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V. L’approvisionnement pétrolier comme facteur clé de la sécurité intérieure et de la stabilité nationale

Au-delà de la dimension infrastructurelle, le pétrole joue un rôle déterminant dans la sécurité intérieure du pays. Un approvisionnement énergétique stable et maîtrisé conditionne le bon fonctionnement des forces de sécurité, des services de secours, des hôpitaux, des transports publics et de l’ensemble des services publics indispensables à l’ordre et à la cohésion sociale.

Vous souvenez vous de la coupure d’électricité par sabotage à Cannes en mai 2025 ? Acte malveillant qui n’a pas été sans conséquences…

Dans le domaine pétrolier, même combat, toute rupture prolongée ou désorganisation de l’approvisionnement est susceptible de générer des tensions sociales, des troubles à l’ordre public et une fragilisation de la stabilité économique. L’augmentation brutale des prix de l’énergie ou les pénuries de carburant peuvent en effet alimenter des mouvements de contestation, affecter le pouvoir d’achat des ménages et perturber les chaînes d’approvisionnement essentielles. Au risque de vous remémorer de mauvais souvenirs, nous l’avons déjà connu, en 2018, le mouvement des « gilets jaunes » !

La politique pétrolière nationale ne relève pas uniquement d’un choix économique ou énergétique, mais constitue également un levier central de prévention des crises internes. Elle participe directement à la capacité de l’État à garantir la sécurité des citoyens, à maintenir l’ordre public et à préserver la continuité de la vie économique et sociale du pays.

VI. Le pétrole comme pilier de la souveraineté industrielle et stratégique nationale

La souveraineté industrielle ne se limite pas à la capacité de produire de l’électricité ou d’extraire des ressources. Elle repose également sur la maîtrise des capacités de transformation, en particulier dans les secteurs critiques.

Le raffinage du pétrole constitue à cet égard un actif stratégique majeur.
Bien que la France importe l’essentiel de son pétrole brut, elle conserve une capacité nationale de raffinage lui permettant de transformer les flux entrants selon ses besoins spécifiques, de sécuriser l’approvisionnement en carburants, lubrifiants et matières premières pétrochimiques, et d’amortir les chocs géopolitiques et logistiques internationaux.

La perte ou l’affaiblissement de ces capacités entraînerait une dépendance accrue à des produits raffinés importés, réduisant fortement la marge de manœuvre de l’État en période de crise (conflits internationaux, ruptures logistiques, tensions sur les marchés). Une sortie précipitée du pétrole, sans alternative industrielle pleinement opérationnelle, conduirait paradoxalement à externaliser la production de produits pétroliers raffinés, à importer des matériaux et composants stratégiques fabriqués à l’étranger et à transférer la valeur ajoutée, l’expertise et le contrôle industriel hors du territoire national.

Dans ce contexte, une transition non maîtrisée ne renforcerait pas la souveraineté, mais la fragiliserait, en exposant davantage l’économie française aux décisions de pays producteurs ou transformateurs tiers.

Le maintien d’un socle pétrolier industriel maîtrisé constitue donc un facteur de résilience stratégique, compatible avec une trajectoire progressive de décarbonation.

VII. Le facteur humain, une filière industrielle structurante pour l’emploi et les compétences.

La filière pétrolière française repose sur une main-d’œuvre très nombreuse, qualifiée, expérimentée et spécialisée, mobilisée à tous les niveaux de la chaîne de raffinage, de maintenance, d’ingénierie, de logistique et distribution.

Les raffineries, dépôts, pipelines, ports pétroliers et infrastructures associées nécessitent des compétences techniques pointues, acquises sur plusieurs années, voire décennies.
Ces savoir-faire ne sont ni immédiatement transférables, ni rapidement reconstituables dans d’autres secteurs industriels. Une réduction brutale de l’activité entraînerait une perte irréversible de compétences difficilement récupérable en cas de besoin ultérieur mais surtout des dizaines de milliers de personnes qui rejoindraient le plus grand employeur de France : France Travail ! (Anciennement Pôle Emploi)

Les infrastructures pétrolières françaises sont réparties sur l’ensemble du territoire, souvent dans des zones industrielles structurantes. Autour de ces sites s’organise un écosystème industriel complet de sous-traitants spécialisés, d’entreprises de maintenance, de bureaux d’ingénierie, de formations techniques locales, d’emplois indirects dans le transport, la sécurité et les services.

Les sites pétroliers classés SEVESO sont légalement tenus de s’arrêter régulièrement pour des opérations de maintenance préventive, conformément aux directives européennes sur la prévention des accidents majeurs. Ces arrêts techniques d’envergure mobilisent jusqu’à 2 000 personnes pendant plusieurs semaines, tous corps d’état confondus. Il s’agit donc d’opérations lourdes, planifiées et indispensables, auxquelles s’ajoutent encore les campagnes de maintenance annuelle, elles aussi très consommatrices en ressources humaines.

Imaginez ce qu’engendre la fermeture d’un site SEVESO sur l’emploi local ? La fragilisation de cette filière entraînerait des conséquences sociales et économiques importantes, notamment dans des territoires déjà exposés aux mutations industrielles.

Contrairement à une idée répandue, la transition énergétique n’entraînera pas une baisse globale des besoins de maintenance industrielle.
Le développement des énergies renouvelables, des réseaux électriques renforcés et des nouvelles infrastructures augmente au contraire, la complexité des systèmes, les besoins en maintenance spécialisée et enfin la dépendance à des lubrifiants, matériaux et savoir-faire issus de la filière pétrolière.

Ainsi, la main-d’œuvre aujourd’hui mobilisée dans le raffinage et la maintenance pétrolière constitue, une masse salariale importante et un socle de compétences indispensable à la transition elle-même.

VIII. Pétrole & nucléaire, un socle énergétique et industriel indissociable

Le nucléaire constitue le cœur de la souveraineté énergétique française et assure une production d’électricité pilotable, décarbonée et stable.
Toutefois, contrairement à une perception répandue, cette filière ne fonctionne pas en autonomie industrielle complète.

La conception, la construction, l’exploitation et la maintenance du parc nucléaire reposent sur des chaînes industrielles lourdes et des infrastructures logistiques alimentées majoritairement par des carburants pétroliers.

Ainsi, le nucléaire ne s’oppose pas au pétrole : il s’appuie sur lui pour fonctionner dans la durée.

À toutes les étapes du cycle nucléaire, le pétrole intervient de manière directe ou indirecte :

  • Construction des centrales :
    Béton, aciers spéciaux, composites, câbles, isolants, résines, peintures industrielles et polymères sont largement issus de la pétrochimie.
  • Maintenance et exploitation :
    Les centrales nécessitent une maintenance lourde et continue mobilisant des lubrifiants industriels, des huiles hydrauliques, et des graisses techniques,
    tous issus du raffinage du pétrole.
  • Logistique et transport :
    Le transport du combustible nucléaire, des pièces lourdes, des déchets et des équipes repose quasi exclusivement sur des moyens fonctionnant aux carburants pétroliers.
  • Le Diesel d’Ultime Secours :
    Ce dispositif doit permettre en cas de perte totale des alimentations électriques externes et internes aux centrales, de rétablir l’alimentation électrique des matériels et systèmes de sûreté.
Dit autrement : face à une situation critique, les DUS sont en capacité de garantir le fonctionnement des systèmes de refroidissement de l’installation.

En l’absence de substituts capables d’assurer ces fonctions avec le même niveau de fiabilité et de continuité, le pétrole demeure un support indispensable du nucléaire.

Le fonctionnement sûr et continu du parc nucléaire repose sur la disponibilité permanente de pièces, d’équipements, d’EPI (Équipements de Protection Individuels) et de consommables.

Une fragilisation de la filière pétrolière nationale affecterait directement la maintenance du parc nucléaire, la sécurité de nos installations et la capacité de réponse en situation de crise (incident industriel, événement climatique, tension géopolitique…).

Ainsi, pétrole et nucléaire forment un binôme stratégique.

Dans les faits le nucléaire fournit une électricité bas carbone indispensable et le pétrole fournit la sécurité, la matière, la mobilité, la maintenance et la logistique sans lesquelles cette électricité ne peut être produite, distribuée et sécurisée.

Une transition rapide visant à affaiblir simultanément la filière pétrolière et à renforcer le nucléaire créerait une contradiction structurelle, en fragilisant les conditions matérielles mêmes du succès du nucléaire.

Conclusion

La transition énergétique constitue un objectif nécessaire et légitime.
Toutefois, l’analyse des contraintes physiques, industrielles et matérielles montre que l’hypothèse d’une sortie rapide et complète du pétrole relève d’une illusion technico-industrielle.

Le pétrole ne peut être appréhendé uniquement comme une énergie du passé, mais comme un socle structurel de l’économie moderne, y compris pour les technologies dites bas carbone.

Une stratégie crédible doit donc s’inscrire dans une transformation progressive, fondée sur le réalisme industriel, l’innovation et la maîtrise des risques économiques et sociaux, plutôt que sur une rupture rapide aux conséquences difficilement maîtrisables.

gendarmerie nationale

Adaptation du modèle territorial de la Gendarmerie nationale

By Sécurité/Justice

Source exploitée : Rapport de la Cour des comptes

 

Urgence d’adaptation du modèle territorial de la Gendarmerie nationale – constats et recommandations de la Cour des comptes

Contexte

La Cour des comptes alerte sur la fragilisation progressive du modèle territorial de la Gendarmerie nationale. Si les effectifs globaux apparaissent stables, le réseau des brigades territoriales est confronté à une inadéquation croissante entre moyens disponibles et évolution des besoins opérationnels, notamment dans les zones périurbaines.

En 2025, la Gendarmerie nationale compte environ 103 000 gendarmes hors réservistes, dont près des deux tiers sont affectés aux unités territoriales (66 100 ETP). Elle exerce sa compétence sur 33 333 communes, couvrant 95 % du territoire national et 34,7 millions d’habitants.

 

Fragilisation du maillage territorial

Depuis le début des années 2000, le nombre de brigades a diminué sous l’effet de dissolutions et de la montée en puissance des communautés de brigades (COB), désormais majoritaires. Cette évolution, si elle a permis une mutualisation des moyens, n’a pas compensé :

  • la forte croissance démographique en zone gendarmerie, notamment périurbaine;
  • la hausse soutenue de l’activité (+45 % de faits constatés depuis 2010).

Le ratio gendarmes/habitants a ainsi diminué d’environ 10 % en vingt ans.

 

Déséquilibres d’effectifs

La Cour relève un décalage marqué entre la progression des effectifs affectés aux services centraux (+10 % en 15 ans) et la quasi-stagnation des effectifs en brigade (+1 % depuis 2010).
De nombreuses unités demeurent sous-dimensionnées :

  • près d’un quart des brigades de proximité n’atteignent pas le seuil minimal de six gendarmes ;
  • environ 20 % des brigades sont ouvertes au public moins de dix heures par semaine.

Cette situation limite la capacité de la Gendarmerie à assurer pleinement sa mission de proximité et de contact avec la population.

 

Principales recommandations

La Cour des comptes préconise notamment :

  • un rééquilibrage pluriannuel des effectifs au profit des territoires les plus en tension d’ici 2030 ;
  • la suppression des unités de très faible effectif ne présentant pas de contraintes spécifiques ;
  • le relèvement des effectifs minimaux en zone périurbaine ;
  • la suspension de la création de nouvelles brigades au profit du renforcement des unités existantes ;
  • le développement de modes de contact alternatifs avec les usagers ;
  • l’achèvement de la dématérialisation de la plainte et le déploiement de la visio-plainte d’ici 2026.

 

Enjeu

La Cour appelle à une adaptation rapide du modèle territorial afin de préserver l’efficacité opérationnelle de la Gendarmerie nationale et la qualité du service rendu à la population dans un contexte de transformation démographique et sécuritaire.

accident de voiture

Recrudescence des refus d’obtempérer

By Sécurité/Justice

Source exploitée : Insécurité et délinquance en 2025 – Ministère de l’Intérieur

Une hausse marquée du phénomène en 2025

Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent une augmentation importante des refus d’obtempérer en 2025. Au total, 28 200 infractions ont été recensées, soit environ 77 faits par jour et une hausse d’environ 11% sur un an, après plusieurs années de baisse.

Ce phénomène est aujourd’hui considéré comme un enjeu majeur de sécurité routière et de sécurité publique. Il constitue désormais l’un des délits routiers les plus fréquents en France, derrière la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants.

Par ailleurs, plus d’un tiers de ces infractions impliquent une mise en danger directe de la vie d’autrui, ce qui accentue la gravité du phénomène et les inquiétudes des autorités.

refus d'obtempérer statistiques

L’actualité du début de semaine : multiplication d’incidents violents

L’actualité du début février 2026 confirme cette aggravation du phénomène avec plusieurs faits marquants.

Accidents et blessés parmi les forces de l’ordre

Dans la nuit du 1er au 2 février 2026, en Seine-et-Marne, un véhicule a volontairement percuté un camion-plateau contre des policiers de la BAC, blessant plusieurs fonctionnaires. Au total, neuf policiers ont été blessés en seulement 24 heures dans différents refus d’obtempérer survenus sur le territoire.

Plusieurs autres incidents similaires ont été signalés dans les mêmes 48h, notamment :

  • un refus d’obtempérer à Saint-Cyr-l’École,
  • une « course-poursuite » entre Toulouse et Carcassonne sur près de 100 km,
    illustrant la dangerosité croissante de ces comportements.

Exemple récent particulièrement violent

Un autre fait divers survenu récemment à Nantes montre la gravité potentielle de ces situations. Après une course-poursuite, un conducteur a roulé à contresens et a percuté un véhicule de police, blessant plusieurs agents qui ont dû être désincarcérés.

Les refus d’obtempérer ne sont plus de simples infractions routières, mais peuvent rapidement devenir des situations mettant en danger la vie des policiers et des citoyens.

 

Une préoccupation croissante dans la société et chez les forces de l’ordre

Face à cette évolution, les syndicats policiers dénoncent un sentiment d’impunité chez certains conducteurs et une diminution du respect de l’autorité.

Le ministre de l’Intérieur a également évoqué un recul du respect des règles et une banalisation des comportements dangereux, considérant ces infractions comme un véritable fléau de sécurité publique.

Un sondage publié début février 2026 indique que 86 % des Français sont favorables à des peines de prison ferme pour les auteurs de refus d’obtempérer mettant la vie d’autrui en danger.

 

Un durcissement de la réponse pénale

Face à l’augmentation du phénomène, la réponse judiciaire s’est renforcée. Le refus d’obtempérer entraîne notamment :

  • un retrait automatique de six points sur le permis,
  • des sanctions pénales aggravées en cas de mise en danger d’autrui,
  • et, depuis 2025, la possibilité de qualifier certains faits d’homicide routier lorsqu’un refus d’obtempérer entraîne la mort d’une personne.

Dans les cas les plus graves, notamment lorsque d’autres infractions sont associées (alcool, stupéfiants ou conduite sans permis), les peines peuvent atteindre 10 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende.

Conférence St Mandé

Le CRSI à Saint-Mandé (94)

By Dernièrement

Conférence à Saint-Mandé

Le CRSI était l’invité de Patrick Beaudouin, ancien maire de la ville, pour une soirée d’échange autour de la sécurité.

L’événement, en présence du maire Julien Weil, et devant 150 personnes était particulièrement chaleureux.

Conférence St Mandé

Conférence St Mandé

Conférence St Mandé