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Olivier Debeney

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Lettre de la Sécurité Intérieure n°18 – Mars 2026

By Dossiers LSI

La France vue par les Jeunes


LSI_18_France_jeunesChers amis,

Le fracas de la guerre résonne fort en ce début d’année 2026. L’action américano-israélienne contre l’Iran a produit des effets dont plusieurs concernent directement notre pays.

D’abord, le risque d’actes terroristes sur notre sol est réel, en particulier (mais pas seulement) contre les intérêts nationaux israéliens et contre la communauté juive en général. Ensuite, les conséquences économiques du conflit, dont certaines sont déjà visibles, comme le prix des carburants. Et le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran va nécessairement impacter la chaîne logistique ; plus il durera, plus les répercussions en cascade affecteront notre économie.

Au-delà de ces inquiétudes, je souhaite vous dire mon plaisir et ma fierté de voir l’éclosion du CRSI Jeunes, lancé le 19 février lors d’un événement qui a rassemblé 120 jeunes adultes autour de la dynamique Léa De Azevedo et de son équipe formidable. Dans ce numéro de la LSI, vous trouverez donc un dossier rédigé par ces jeunes, en plus de nos analyses et rubriques habituelles.

Je les remercie pour leur enthousiasme et leur dynamisme. Ils sont l’avenir de la France.

Bonne lecture,

Thibault de Montbrial

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VALEURS ACTUELLES : « Téhéran n’a aucun allié militaire étatique »

By Ils en parlent !

Guerre en Iran : « Téhéran n’a aucun allié militaire étatique », constate Frédéric Encel

Isolement diplomatique, erreurs de calcul militaires et pari risqué face aux États-Unis : pour le géopolitologue Frédéric Encel, la stratégie du régime iranien s’enferme dans une logique d’escalade qui pourrait fragiliser durablement sa position au Moyen-Orient.

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ESTA, une bonne idée !

By Numérique, Economie, Sécurité/Justice, Institutions

– par Dominique BROGI, référente CRSI Vaucluse, & Laurent L

Entrer en France de manière régulière ne réclame qu’un passeport en cours de validité, alors que pour se rendre aux États-Unis ou au Royaume-Uni, un voyageur doit préalablement solliciter une autorisation de voyage payante. N’y a-t-il pas là une pratique inspirante ?

Les conditions d’accès aux États-Unis exigent qu’un étranger sollicite une autorisation électronique de voyage appelée ESTA. Cette autorisation électronique concerne les ressortissants de pays bénéficiant du Visa Waiver program qui est un programme d’exemption de visa. Une quarantaine de pays sont concernés par ce programme comme la France, l’Allemagne ou encore le Japon.

Ce document est délivré via un système automatisé qui détermine l’éligibilité des visiteurs à voyager sur le sol américain pour un séjour inférieur à 90 jours. La décision d’autoriser ou pas ce séjour est prise dans les 72 heures qui suivent la demande. Valable 2 ans, l’ESTA permet de se rendre aux États-Unis plusieurs fois sans avoir besoin d’une nouvelle autorisation. La demande d’ESTA exige d’avoir un passeport valide et une carte bancaire, puisque la délivrance de ce document coûte 40$.

Le questionnaire ESTA est composé de trois grandes rubriques regroupant dans l’ordre :

  • Les informations personnelles d’identité du voyageur ;
  • Les informations de voyage aux Etats-Unis ;
  • Les questions concernant l’état de santé, les intentions et les antécédents judiciaires du voyageur.

Pour voyager au Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, Irlande du nord), vous devez également disposer d’une autorisation de voyage électronique (ETA), dont le coût s’élève à 16£ soit environ 19€. L’ETA est aussi valable 2 ans ou jusqu’à l’expiration de la date de validité du passeport.

Des données statistiques éclairantes

La France est la première destination touristique au Monde depuis de nombreuses années. Selon l’INSEE, en 2024, 100 millions de visiteurs internationaux sont entrés sur le territoire national. La fréquentation européenne dans les hôtels en France est portée en premier lieu par des clients en provenance des pays voisins, le Royaume-Uni (10,4 millions de nuitées en 2024), ou frontaliers comme l’Allemagne (7,3 millions de nuitées en 2024).

En 2024, les campings enregistrent principalement des touristes néerlandais (13,7 millions de nuitées en 2024) et allemands (11,2 millions de nuitées). Mais c’est la clientèle américaine, historiquement très nombreuse dans les hôtels, qui est la plus dynamique depuis 2023 et représente 10,4 millions de nuitées dans les hôtels en 2024.

Toujours selon l’INSEE, en 2024, la population étrangère vivant en France s’élève à 6 millions de personnes, soit 8,8 % de la population totale.

En 2024-2025, 443 500 étudiants étrangers étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, en augmentation de 3% sur un an et de 17% en cinq ans (chiffres du MESR/SIES).

Enfin et toujours en 2004, les estimations du nombre d’étrangers en situation irrégulière en France variaient entre 200 000 selon la Direction centrale du contrôle de l’immigration et 400 000 selon l’Organisation internationale du travail.

Pourquoi pas nous ?

Sur la base d’un cadre légal, faisons ensemble une expérience de pensée complétée par une mise en équation.

L’article L111-1 du code de la sécurité intérieure dispose que « la sécurité est un droit fondamental et l’une des conditions de l’exercice des libertés individuelles et collectives. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité en veillant sur l’ensemble du territoire de la république, à la défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des Lois, au maintien de la paix et de l’ordre publics, à la protection des personnes et des biens. »

Considérant que la sécurité et la défense sont des prérogatives nationales, considérant que la France est un pays carrefour, culturel, économique et social, il serait probablement utile de connaitre un peu mieux les intentions des personnes de nationalités étrangères qui posent le pied sur notre sol : à l’instar des formalités exigées pour entrer aux Etats-Unis, pourquoi ne pas demander préalablement des informations sur l’identité du voyageur, l’objet de son séjour, son état de santé et ses éventuelles condamnations. En fonction des réponses fournies, l’Etat serait légitime à autoriser ou pas la personne à se rendre et séjourner en France.

Vous avez dit frontières ?

La frontière en tant que zone géographique, est une limite franchissable, car ouverte ou fermée.

La frontière caractérise une unité à l’égard d’une diversité et ou d’une altérité.

La frontière est donc une zone de régulation dans l’espace, l’intérieur et l’extérieur, et dans le flux, les uns et les autres.

Instaurer un ESTA français enverrait un double signal limpide : 

  • d’une part la souveraineté et la sécurité ne sont pas négociables ;
  • d’autre part l’Etat veille sur ses frontières matérielles et projetées.

Instaurer un ESTA français amènerait également les individus malveillants et/ou ceux tentés par une intrusion sur le territoire de manière irrégulière à agir en pleine conscience. L’élément moral, troisième élément constitutif de l’infraction (avec l’élément légal et l’élément matériel) établissant l’intentionnalité de la faute, serait donc caractérisé.

Instaurer un ESTA français établirait donc une frontière physique et mentale.

Considérations éthiques

Un tel dispositif soulève des enjeux éthiques liés à l’atteinte potentielle à la vie privée et à la normalisation d’une forme de surveillance numérique des voyageurs. 

L’exploitation d’informations personnelles collectées numériquement pourrait être considéré comme un premier pas, ouvrant la possibilité à termes de contribuer à une extension progressive des pratiques de contrôle, dont la légitimité doit être appréciée au regard des libertés individuelles et du principe de nécessité.

Pour autant, eu égard au nombre de données que chaque individu publie sur les réseaux sociaux quotidiennement, parfois avec une relative insouciance, le principe d’instauration d’un tel dispositif ne saurait être jugé excessif.

Le développement de cette pratique pourrait alors participer à la redéfinition des standards internationaux en matière de contrôle aux frontières, en influençant l’équilibre entre sécurité, coopération internationale et protection des droits fondamentaux. 

Ce changement de dispositif pourrait ainsi constituer un indicateur clé des orientations futures des politiques migratoires et numériques à l’échelle internationale.

Une mesure pensée, légitime et raisonnable

Considérant l’état des finances de la Nation, considérant que 100 millions de touristes étrangers entrent sur le territoire, adopter le principe de l’ESTA français et fixer son coût à 30€ par personne apporterait 3 milliards d’euros/an.

Si l’on ajoute à cela les résidents étrangers et les étudiants, on peut estimer que 200 millions d’euros pourraient encore être perçus.

Au-delà de cet aspect financier susceptible de contribuer à la réduction du déficit public, améliorer la connaissance des personnes entrant et circulant sur notre territoire, prévenir les risques sanitaires, économiques et sécuritaires, ne saurait être contesté.

Aussi, l’essentiel relève d’un principe élémentaire : ceux qui entendent fouler notre terre, travailler ou suivre un cursus académique devraient disposer d’une autorisation administrée par la puissance publique.

Document à présenter en cas de contrôle par les forces de sécurité intérieures, cet ESTA permettrait aisément de distinguer les situations régulières et irrégulières en tout temps et en tous lieux.

Certains esprits chagrins décèleront dans cette proposition des objectifs obscènes, des amalgames offensant l’intelligence ou encore l’opposition entre sécurité et liberté. A cela il faut répondre froidement par un pragmatisme incontestable : certains le font depuis des années (l’ESTA a été créé en 2001) et nous nous y plions de bonne grâce. Prenons donc exemple !

EURONEWS : « L’Iran reproche à la France une neutralité bienveillante vis-à-vis des coalisés »

By Ils en parlent !

Militaire français tué en Irak : la France peut-elle être entraînée dans la guerre ?

Dans un entretien avec Euronews, le géopolitologue Frédéric Encel analyse la mort d’un officier français tué par un drone en Irak. Selon lui, l’attaque est liée aux tensions avec l’Iran et aux alliances françaises au Moyen-Orient, mais elle ne devrait pas entraîner une implication militaire majeure de la France.

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LE FIGARO : « De Sefrioui à Tariq Ramadan, un même système de défense fondé sur la victimisation de l’islamisme »

By Ils en parlent !

Une tribune par Thibault de Montbrial

La ligne de défense d’Abdelhakim Sefrioui lors du procès Paty comme celle de Tariq Ramadan sont deux exemples de la stratégie de victimisation opérée par les islamistes, moins destinée aux magistrats en charge du dossier qu’à la société française, explique l’avocat de Mickaëlle Paty.

L’actualité judiciaire récente a donné deux exemples de la stratégie judiciaire de victimisation opérée par les islamistes devant la justice française.

L’objectif prioritaire ne consiste plus tant à se défendre au fond, qu’à se victimiser à travers un discours qui paraît parfois plus destiné à l’extérieur du prétoire qu’aux magistrats chargés de juger le fond du dossier.

Condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteur terroriste (AMT) en première instance en décembre 2024 pour avoir déclenché une « fatwa numérique » (expression qui figure dans la feuille de motivation de la cour d’assises antiterroriste) contre le professeur Samuel Paty, l’activiste islamiste Abdelhakim Sefrioui a fait le choix de dynamiter le début de son procès d’appel…

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Montée en puissance de la lutte anti-drones en France

By Défense

– par Claire-Marine GROS, chef de cabinet adjointe CRSI

Source principale : En France, face à la montée de la menace, la lutte anti-drones passe à l’échelle industrielle, Le Monde, 9 mars 2026

Sources secondaires en bas de page

Contexte

La multiplication des incidents impliquant des drones autour d’infrastructures sensibles en Europe et en France conduit les autorités à renforcer les dispositifs de protection.

Un incident récent illustre cette tendance : un drone identifié comme d’origine russe a été neutralisé à proximité du porte-avions français Charles-de-Gaulle lors d’une escale en Suède². Depuis mi-2025, plus de 40 incidents de survol de drones ont été recensés en Europe³, notamment autour de sites militaires et industriels sensibles.

Face à cette menace, les autorités françaises ont décidé de structurer une capacité nationale industrielle et opérationnelle de lutte anti-drones, associant acteurs publics et industriels⁴.

Montée en puissance des capacités anti-drones

La France développe désormais des systèmes capables de détecter, identifier et neutraliser les drones hostiles, reposant sur :

  • des radars et capteurs de détection⁵ ;

  • des systèmes de brouillage pour perturber les communications du drone⁵ ;

  • des moyens d’interception ou de neutralisation⁵.

Ces technologies ont été testées et déployées lors des Jeux olympiques de Paris 2024, où elles ont permis la neutralisation de plusieurs drones près des sites olympiques⁶.

Structuration du marché industriel

Le gouvernement soutient la création d’un écosystème industriel français dédié à la lutte anti-drones, visant à garantir la souveraineté nationale et la protection des infrastructures sensibles.

Parmi les entreprises impliquées :

  • Thales⁷ : développement de solutions de détection et de neutralisation ;

  • CS Group⁸ : systèmes de commandement et technologies anti-drones ;

  • Hologarde⁹ : surveillance et détection ;

  • MC2 Technologies¹⁰ : brouillage et équipements électroniques ;

  • Cerbair¹¹ : systèmes de détection et neutralisation pour sites sensibles.

Les industriels indiquent que la demande va continuer à croître pour répondre aux besoins des forces armées et des opérateurs d’infrastructures critiques, et que le marché devrait se structurer à l’échelle nationale⁷⁻¹¹.

Les pouvoirs publics envisagent également :

  • la certification des fournisseurs technologiques ;

  • la mise en place d’un cadre de réponse graduée face aux drones hostiles ;

  • l’identification des infrastructures critiques nécessitant des dispositifs renforcés⁴.

Limites réglementaires

Le cadre légal actuel limite l’usage de certaines technologies (brouillage et interception) principalement aux forces armées et aux services de sécurité⁴.

Cette situation laisse certains opérateurs civils vulnérables face aux survols illégaux. Le gouvernement étudie donc des évolutions législatives pour élargir le champ d’intervention et renforcer la protection des sites sensibles⁴.

Enseignements

Les principales tendances identifiées sont :

  • augmentation rapide des incidents liés aux drones autour d’infrastructures sensibles²⁻³ ;

  • prise de conscience stratégique par les autorités françaises de l’importance de cette menace⁴ ;

  • structuration progressive d’un secteur industriel national dédié à la lutte anti-drones⁷⁻¹¹ ;

  • nécessité d’adapter le cadre juridique pour permettre la protection efficace des infrastructures civiles⁴.

Conclusion

La lutte contre les drones malveillants constitue désormais un enjeu majeur de sécurité nationale. Face à la multiplication des incidents et à l’évolution rapide des technologies, la France cherche à industrialiser ses capacités de détection et de neutralisation et à renforcer la coopération entre acteurs publics, industriels et opérateurs d’infrastructures critiques.

 

 

Notes et sources

  1. Le Monde, « En France, face à la montée de la menace, la lutte anti-drones passe à l’échelle industrielle », 9 mars 2026.
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/09/en-france-face-a-la-montee-de-la-menace-la-lutte-anti-drones-passe-a-l-echelle-industrielle_6670045_3234.html

  2. Swedish Armed Forces – identification du drone neutralisé près du porte-avions français Charles-de-Gaulle.
    https://www.forsvarsmakten.se

  3. Incidents de survol de drones en Europe depuis mi-2025 et survols de sites sensibles en France (Mourmelon, Eurenco, Île Longue), compilés par les autorités de sécurité publique.

  4. Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) – pilotage des réflexions gouvernementales sur la lutte anti-drones et protection des infrastructures critiques.
    https://www.sgdsn.gouv.fr

  5. Technologies de détection, brouillage et neutralisation de drones, déployées lors des événements sensibles. Sources : Ministère des Armées, https://www.defense.gouv.fr

  6. Déploiement anti-drones lors des Jeux olympiques 2024, Paris. 2024 Summer Olympics, https://www.paris2024.org

  7. Thales Group, solutions anti-drones. https://www.thalesgroup.com

  8. CS Group, technologies de commandement et lutte anti-drones. https://www.csgroup.eu

  9. Hologarde, solutions de surveillance. https://www.hologarde.com

  10. MC2 Technologies, équipements électroniques et brouillage anti-drones. https://www.mc2-technologies.com

  11. Cerbair, systèmes de détection et neutralisation. https://www.cerbair.com

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Panorama de la cybermenace – tendances observées en 2025

By Numérique

– par Claire-Marine GROS, chef de cabinet adjointe CRSI

Source : PANORAMA DE LA CYBERMENACE 2025 (CERT-FR / ANSSI – Rapport CERTFR-2026-CTI-002) (11 mars 2026)

Contexte

Le rapport publié par le CERT-FR présente les principales tendances de la menace informatique observées au cours de l’année 2025. Il s’appuie sur les incidents traités par les équipes de réponse aux incidents ainsi que sur l’analyse des opérations malveillantes affectant des organisations françaises et internationales. La cybermenace continue de se diversifier et de gagner en sophistication.

Principales tendances observées

Activité soutenue des acteurs étatiques

Les groupes liés à des États sont particulièrement actifs, notamment dans des opérations d’espionnage informatique visant des institutions publiques, des organisations diplomatiques ou des secteurs stratégiques. Ces acteurs disposent de moyens techniques importants et mènent des campagnes d’intrusion souvent discrètes et de longue durée.

Mutation de la cybercriminalité

Les groupes cybercriminels poursuivent principalement des objectifs financiers. Le modèle des rançongiciels évolue : certaines opérations privilégient désormais l’ex-filtration et la divulgation de données plutôt que le chiffrement des systèmes, afin d’exercer une pression sur les victimes.

Exploitation rapide des vulnérabilités

L’exploitation de vulnérabilités connues reste l’un des vecteurs d’attaque les plus fréquents.

Les attaquants ciblent en priorité :

  • les équipements exposés sur Internet (pare-feux, VPN, serveurs applicatifs) ;

  • les systèmes insuffisamment mis à jour ;

  • les infrastructures périphériques des réseaux.

La rapidité d’exploitation après publication d’une vulnérabilité constitue un facteur aggravant.

Usage d’outils légitimes et dissimulation

Les acteurs malveillants recourent de plus en plus à des services et outils légitimes (administration système, stockage cloud, outils collaboratifs), ce qui complique la détection des intrusions et l’attribution des attaques.

Intérêt croissant pour l’intelligence artificielle

Les outils d’intelligence artificielle sont progressivement intégrés par certains acteurs malveillants, notamment pour automatiser certaines tâches ou améliorer les techniques d’ingénierie sociale.
Toutefois, leur usage ne constitue pas encore une transformation majeure des modes opératoires.

Évolution du cadre réglementaire européen

Le rapport souligne l’importance du Cyber Resilience Act, règlement européen visant à renforcer la sécurité des produits numériques.

À compter de septembre 2026, les éditeurs et fabricants devront notamment :

  • mettre en place des processus de gestion des vulnérabilités ;

  • signaler aux autorités compétentes les vulnérabilités exploitées activement ;

  • fournir des correctifs de sécurité dans des délais appropriés.

Ce cadre vise à améliorer la sécurité des produits tout au long de leur cycle de vie.

Enseignements

Les observations du CERT-FR mettent en évidence plusieurs évolutions structurantes :

  • une menace durablement élevée et diversifiée ;

  • une imbrication croissante entre cybercriminalité et activités étatiques ;

  • une exploitation rapide des vulnérabilités techniques ;

  • une adaptation constante des méthodes d’attaque.

Conclusion

La cybermenace demeure un enjeu majeur pour les organisations publiques et privées. La sécurisation des infrastructures exposées, la gestion rapide des vulnérabilités et le renforcement des capacités de détection et de réponse aux incidents constituent des priorités pour limiter l’impact des attaques.

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Conférence à Auxerre

By Dernièrement

Sécurité du quotidien : le CRSI au cœur d’un échange public à Auxerre

À l’invitation du maire Crescent Marault, Thibault de Montbrial, président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), est intervenu lors d’une réunion publique consacrée aux enjeux de sécurité à Auxerre.

Organisée à l’espace Jean-Pierre Bosquet d’Auxerrexpo, cette rencontre a réuni un public nombreux autour d’un thème central : les réponses locales aux enjeux de sécurité et de tranquillité publique.

Au cours de la soirée, Thibault de Montbrial a partagé son analyse des évolutions de la délinquance et des attentes croissantes des habitants en matière de sécurité. Les échanges ont également porté sur les outils et dispositifs dont disposent aujourd’hui les collectivités pour renforcer la prévention et la capacité d’intervention au niveau local.

Plusieurs pistes d’action ont notamment été évoquées, parmi lesquelles :

  • la création d’une police intercommunale ;
  • le renforcement des effectifs de police municipale ;
  • la mise en place d’un Centre de Supervision Urbain (CSU) pour la vidéoprotection ;
  • le déploiement d’une brigade cynophile dans les secteurs sensibles ;
  • la modernisation des équipements des agents, incluant les caméras-piétons ;
  • l’amélioration de l’éclairage public afin de renforcer la sécurité des espaces urbains ;
  • la création d’une brigade multi-services de centre-ville pour traiter rapidement les incivilités du quotidien.

 

 

Patrick Stefanini et Maël de Calan. Fabien Clairefond

LE FIGARO : « Pour gagner en 2027, organisons une grande primaire de la droite et du centre »

By Ils en parlent !

TRIBUNE – Échouer à se qualifier pour le second tour de la présidentielle condamnerait la droite et le bloc central à une quasi-disparition

Patrick Stefanini, ex-directeur de campagne de Valérie Pécresse, et Maël de Calan, président (DVD) du conseil départemental du Finistère, alertent sur le risque d’échec de la droite aux élections présidentielles en cas d’absence de concensus.

Lire l’article

1979-2026-des-annees-marquantes-du-droit-international-dans-un-orient-difficile

1979-2026 : des années marquantes du droit international dans un Orient difficile

By Défense et géopolitique

– par Raphael PIASTRA, maître de conférences en droit public des universités

 

Le conflit qui s’est ouvert voici une dizaine de jours marque un tournant dans le droit international du proche et du moyen-orient. Cette zone est depuis des décennies une source abondante de conflits en tous genres. L’Iran y est devenu un acteur majeur qui s’oppose régulièrement à Israel toujours soutenue par les USA. Le conflit qui s’est ouvert en Février dernier en est le dernier et marquant exemple. Il risque de remodeler la donne. Revisitons un peu l’histoire de ces évènements. 

Aux origines de la République islamique d’Iran

Cela nous ramène près de 50 ans en arrière à Neauphle-le-Château, bourgade tranquille et cossue des Yvelines. En cette fin des annés 70, la France giscardienne a accepté d’accueillir un personnage qui va défrayer l’histoire : l’Ayatollah  Khomeini. Auparavant ce dernier vivait depuis quatorze ans en exil — d’abord en Turquie, puis à Nadjaf, en Irak, ville sainte chiite où il s’était imposé comme principal opposant au chah Mohammad Reza Pahlavi. Cette année-là, sous la pression de ce dernier qui percevait l’ayatollah comme une menace croissante, Saddam Hussein décida de l’expulser d’Irak. Le Koweït refusa de l’accueillir. Khomeini se retrouvait donc sans refuge (https://lessentieldeleco.fr).

Le  chef religieux est donc accueilli en France en 1978 par la volonté du président Giscard d’Estaing, et ce malgré les réticences de nos services secrets qui jugeaient dangereuse sa présence sur notre sol et prônaient l’Italie ou l’Algérie comme point de chute. Même le fidèle Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur, estimera que c’est « une énorme erreur».  On sait depuis que cette décision a été prise pour des raisons essentiellement commerciales et géopolitiques (Houchang Nawhandi ; Khomeini en France, révélation sur cet étrange hôte de Neauphle le Château, Godefroy de Bouillon, 2009).  Comme nous l’a confié R. Barre, qui était alors à Matignon, «  de toute façon ce dossier était  la chasse gardée du président Giscard d’Estaing. Donc non négociable. Et je n’eus pas mon mot à dire ». 

C’est ainsi que le futur guide de la révolution irianienne s’installa dans la luxueuse propriété prêtée par un universitaire iranien, et les habitants prirent l’habitude de le voir régulièrement. Il  traversait la route pour se rendre dans le verger voisin où il priait sous un pommier, donnait des conférences de presse et organisait la résistance au Shah. Un grand nombre d’intellectuels de gauche s’y pressaient ou le louaient (Foucault, Sartre, de Beauvoir). Les socialistes français nouaient aussi des liens avec celui qui devenait l’opposant N°1  au shah (Mitterrand, Mélenchon par ex). D’ailleurs il exista longtemps à Téhéran une rue Neauphle le château où est installée l’ambassade de France, signe que malgré lui, le village a connu une célébrité inattendue. Dont il se serait bien passé à l’issu de ce qui va suivre. Il faut préciser qu’en 2017, à l’initiative du propriétaire du domaine, un  panneau commémoratif à l’effigie de Khomeini installé sur le terrain où il séjournait. Vandalisé en 2023, il fut supprimé (https://www.radiofrance.fr). 

Ainsi pendant 112 jours, Neauphle-le-Château devint, selon l’historien Bernard Hourcade « la capitale de la contestation iranienne ». Le 1er Frévier 1979 Khomeini revient en triomphateur en Iran puisque le Shah est chassé du pouvoir par la révolution islamique. La République Islamique est ainsi consacrée dix jours après. 

Les suites

Il faut dire tout d’abord  dire quelques mots sur  le Shah d’Iran qui a été, sous des titres variables,  au pouvoir de 1941 à 1979. Les racines de la révolution islamique peuvent être retracées en une combinaison complexe de facteurs socio-économiques, politiques et religieux. Dans les années 1960 et 1970, l’Iran, sous le règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi, connaissait un essor certain et  une modernisation rapide. Bien que ces réformes, connues sous le nom de « Révolution blanche », aient entraîné une amélioration significative des infrastructures et de l’éducation, elles ont également engendré des inégalités croissantes, une corruption endémique et une aliénation croissante de la population. Et aussi une certaine dépendance géopolitique aux USA. 

Le Shah imposa assez vite un contrôle autoritaire sur la société et réprima toute forme de dissidence. Même plutôt éclairée il s’agit d’une dictature de type laic même si le shah pratique l’Islam chiite (chiisme duodécimain) modéré et n’incite pas les femmes à porter le voile (Yves Bomati, Houchang Navandi, Mohamed Reza Pahlavi, Perrin, 2019).

Les opposants, qu’ils soient de gauche, religieux ou nationalistes, se sont unis contre le régime. Parmi eux, on l’a dit,  l’ayatollah Ruhollah Khomeini qui, depuis la  France, a commencé à mobiliser les masses autour d’un projet islamique qui promettait de redonner le pouvoir au peuple et d’instaurer un gouvernement basé sur les principes islamiques (https://vl-media.fr).  Il faut mentionner que les chancelleries occidentales et celle des USA en particulier se sont assez largement accomodées du régime du Shah. Puis elles l’ont toutes, plus ou moins lâché, face à cette révolution en marche. Laquelle  fut  d’abord, un soulèvement populaire d’aspiration à la liberté. Puis, et même surtout,  se produit un retour à l’Islam traditionnaliste voire intégriste  porté par le clergé chiite incarné par Khomeini. Le Shah meurt en exil, au Caire, en juillet 1980 (Ahmad Faroughy,  Jean-Loup Reverie, L’Iran contre le Chah, J.C. Simoën, 1979).

La mise en place de la République islamique a eu des répercussions profondes sur la société iranienne. Le régime de Khomeini, mis en place en 1979,  a instauré un système politique où le clergé islamique détenait le pouvoir suprême, une structure connue sous le nom de « Wilayat al-Faqih » ou gouvernance du juriste islamique. Ce système a eu des effets immédiats sur divers aspects de la vie quotidienne, y compris la loi, l’éducation et la culture. Les droits des femmes ont été particulièrement affectés, avec une régression des avancées obtenues sous le régime précédent (obligation du voile puis du niqab).  De plus, la révolution a engendré un climat de peur, avec une répression sévère des opposants politiques. Les tensions religieuses et ethniques ont également été exacerbées, certains groupes minoritaires étant marginalisés ou persécutés. C’est une dictature religieuse ou théocratie (Marie Ladier-Fouladi, préface de Hamit Bozarslan, La République islamique d’Iran vue de l’intérieur, éditions du Croquant, 2020). 

Sur le plan économique, le nouveau régime a adopté une politique de nationalisation des industries, ce qui a conduit à des sanctions économiques internationales et a eu un impact négatif sur l’économie iranienne. Pourtant l’Iran détient un peu plus de 10 % des réserves mondiales de pétrole et près de 20 % du gaz. Mais le Guide et ses affidés captent l’essentiel des rentes économiques  au détriment du peuple. Et, peut-être encore plus qu’avant, la corruption règne (Emmanuel Razavi, La face cachée des mollahs, Le livre noir de la République islamique d’Iran, Cerf, 2025).

La Révolution islamique a également eu un impact majeur au-delà des frontières iraniennes. Elle a inspiré des mouvements islamistes dans d’autres pays du Moyen-Orient, modifiant les dynamiques politiques dans toute la région. Des groupes comme le Hezbollah au Liban et le Hamas dans les Territoires palestiniens ont vu le jour avec des idéologies influencées par le modèle iranien. Ce sont les proxy.

En matière de politique internationale, la révolution a entraîné une rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis, culminant dans la crise des otages de 1979, où des diplomates américains ont été pris en otage à Téhéran pendant 444 jours. Cette crise a marqué le début d’une hostilité durable entre l’Iran et l’Occident (Vl-medias ibid). Et puis surtout l’Iran a souhaité se doter de l’arme nucléaire notamment pour affronter Israel et menacer les USA.  Et c’est là que son  avenir se joue. 

C’est donc une république islamiste qu’instaurent Khomeini et ses successeurs. La République islamique est un régime autoritaire théocratique où le clergé chiite exerce le pouvoir, qui incorpore des éléments démocratiques dont l’élection au suffrage universel du président et des députés au Madjles. Le guide de la Révolution, Khomeini (1979-1989)  Khamenei (1989 à 2026) détenaient l’autorité suprême.  La république islamiste ne relève ni des dictatures classiques ni des fascismes traditionnels: elle incarne un fascisme religieux spécifique. Les objectifs fondamentaux de la République islamique d’Iran sont de trois types. L’imposition de la charia islamique à tous les aspects de la vie en Iran; la création d’un quasi-empire chiite centré sur l’Iran, englobant les chiites d’Irak, du Liban, de Syrie et du Yémen, l’idéologie de la République islamique. A la différence de tous les autres pouvoirs autoritaires, l’être humain n’y est reconnu que comme serviteur d’Allah. Les droits humains, notamment féminins,  n’existent pas, car tous les droits appartiennent à Dieu et l’humain n’a que des devoirs. Revendiquer des droits est un crime; la critique affaiblit le régime, et l’opposition au pouvoir est assimilée à une guerre contre Allah (https://alencontre.org). Mais cette république islamiste, comme tous les régimes autoritaires,  est traversée depuis un certain nombre d’années par des courants contraires qui conduisent à la remise en cause qu’elle connait aujourd’hui (Ata Ayati et David Rigoulet-Roze, (sous la direction de), La république islamiste d’Iran en crise systémique, L’Harmattan, 2022). 

 

L’avenir de la République Islamique d’Iran

Khomeiny affirmait que «la survie du régime prime sur celle de l’islam lui-même, et même plus que la vie de l’Imam du Temps (Mahdi)». Khamenei poursuivait la même logique: un seul principe, un seul objectif — la survie du régime à n’importe quel prix. Des oppositions se sont faites jour depuis quelques années. Notamment celle de Février 2026 qui a fait des dizaines de milliers de morts abattus par les Gardiens de la Révolution et les autres milices du pouvoir. 

Et puis le 28 février 2026, après avoir amassé un nombre conséquent de forces aéro-navales, les États-Unis, de concert avec Israël, mènent une frappe massive et durable contre l’Iran afin de stopper définitivement son programme nucléaire mais aussi pour mettre à mal le régime. C’est l’opération Epic Fury. 

Une des premières cibles atteintes fut le guide suprême Ali Khamenei, liquidé lors du bombardement d’un complexe immobilier où se tient une réunion avec une quarantaine de dignitaires du régime. Acte symbolique s’il en est. Puis les USA comme Israel cherche à éliminer les autres dirigeants notamment les gardiens de la révolution. Ils misent aussi sur un nouveau soulèvement populaire. Une nouvelle révolution en quelque sorte. 

Mais, contrairement à ce que certains pensaient, le régime iranien n’est pas fini. Ainsi un conseil d’experts a désigné un des fils du défunt, Mojtaba Khamenei, comme nouveau guide suprême iranien. Ce ne serait pas le plus aguerri mais il est réputé pour sa dureté. Le régime ainsi inauguré une théocratie dynastique. Son remplacement démontre que le régime, même vacillant, tient toujours debout. Des milices arpentent toujours les rues. Quid du peuple ? 

Les gardiens de la Révolution sévissent toujours même si l’armement iranien a baissé en capacité. Ils n’ont presque plus de missiles, ni de flotte mais ont plus de drônes que prévu et attaquent même certaine monarchies pétrolières. Et pourtant ce ne sont pas moins de près de 3000 missiles qui ont touché le pays et une centaine d’avions de chasse  qui survolent quotidiennement le territoire. Un 3e porte-avions américais arrive sur zone. Mais les experts militaires sont unanimes. On ne fait pas tomber un régime uniquement depuis le ciel.  Va-t- on vers un débarquement de troupes au sol ? Rien n’est moins sûr. Le président Trump l’a même évoqué. On rentrerait assurément là dans une autre dimension du conflit. 

Et si le régime tombe, qui pour le remplacer ? On évoque le prince Reza Pahlavi, dernier fils du Shah. Donald Trump a annoncé récemment qu’il avait des candidats sérieux pour la succession du régime des mollahs à Téhéran. Parmi eux, Reza Pahlavi. Il affiche très clairement sa proximité avec Israël et promet une normalisation s’il prend les reines du pouvoir en Iran. En Israël cette perspective enchante la population. 

Conclusion

Pour conclure il faut tout de même dire un mot du droit international. Une question se pose. L’offensive lancée conjointement par les USA et Israel viole-t-elle la Charte des Nations unies ? Pour justifier leur opération, les États-Unis ont une nouvelle fois invoqué la légitime défense, comme en juin 2025, lorsqu’ils avaient déjà déclenché des frappes contre l’Iran. Et ce, au vu des risques que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et soit amené à l’utiliser. L’article 51 de la Charte des Nations-Unis ne reconnaît le droit de légitime défense que « dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée », la riposte à une simple menace restant la prérogative du Conseil de sécurité (chapitre 7 de la Charte). Même avec l’avènement du nucléaire, seul « l’emploi de la force armée » légitime une réponse armée précise la Charte. Il ne fait dès lors guère de doute que l’opération militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran doit être qualifiée d’agression armée. Donc illégale.  Cela implique que c’est l’Iran qui se trouve juridiquement en situation de légitime défense, ce qui lui permet de cibler des objectifs militaires si cela s’avère nécessaire et proportionné pour mettre fin à l’attaque. Mais, au-delà de ces considérations strictement légalistes, peut-être pourrait-on appuyer la légitimité de cette opération, dans la mesure où elle vise aussi (même si tel n’est pas son objectif premier) à renverser un régime iranien responsable de très graves violations des droits humains ? (Olivier Corten, Professeur à l’Université libre de Bruxelles, https://www.leclubdesjuristes.com).  

L’Epic Fury va redistribuer les cartes de la région mais risque aussi  d’ébranler le droit international classique lui-même.