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Olivier Debeney

Exportations d’armement de la France en 2024

By Défense, Economie, Energie/Industrie

– par Claire-Marine GROS, chef de cabinet adjointe CRSI

Le 29 septembre 2025 le Ministère de l’Intérieur faisait paraître un rapport sur les exportations d’armement de la France en 2024.

Ce document s’organise autour de trois grands axes : la cohérence avec les priorités stratégiques nationales, le contrôle rigoureux des exportations et le soutien constant à l’industrie française de défense. La France conçoit de façon indissociable sa politique de défense et ses engagements internationaux, cherchant à concilier responsabilité stratégique et respect du droit international. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la progression des dépenses militaires européennes, amorcée depuis plusieurs années, s’est encore accélérée. L’Allemagne occupe désormais le quatrième rang mondial en la matière, devant le Royaume-Uni, tandis que la France se situe au huitième rang et l’Italie au douzième.

Dans un premier temps, la politique d’exportation française vise à contribuer au maintien d’un équilibre international en permettant aux États agressés d’exercer leur droit légitime à la défense. À ce titre, les présidents Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont signé le 16 février 2024 un accord bilatéral de sécurité d’une durée de dix ans, valable tant que l’Ukraine ne sera pas entrée dans l’OTAN. Cet accord prévoit des engagements précis et identifie plusieurs domaines de coopération, tant civils que militaires. 

Entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2024, le soutien militaire apporté par la France à l’Ukraine est estimé à 5,9 milliards d’euros, auxquels s’ajoute la contribution nationale au financement de la Facilité européenne pour la paix (FEP), dans le cadre de la solidarité européenne, pour un montant pouvant atteindre 2,3 milliards d’euros. Sur la période 2020-2024, l’Ukraine est ainsi devenue le premier importateur mondial d’armes majeures.

En second lieu, les exportations d’armement participent activement à la vitalité économique et industrielle du pays. Elles contribuent à renforcer l’autonomie stratégique de la France, à maintenir un haut niveau de compétence technologique et à soutenir l’emploi, avec près de 220 000 postes générés dans le secteur de la défense :

  • Avant la guerre en Ukraine, la société KNDS produisait deux canons CAESAR par mois , grâce aux investissements publics réalisés depuis, la cadence a été portée à 6 unités mensuelles en 2024 et devrait atteindre 8 en 2025. De même, la production de missiles Mistral par MBDA a doublé, passant de 20 à 40 missiles par mois. 

En 2024, les prises de commandes dans le domaine de la défense ont atteint un montant total de 21,6 milliards d’euros, tirées par plusieurs grands contrats internationaux : 

  •  18 Rafale pour l’Indonésie, 12 pour la Serbie et 4 sous-marins d’attaque pour les Pays-Bas. 
  • Le secteur aéronautique concentre environ 43 % des commandes, le secteur naval 33 %, les matériels terrestres 15 %, les radars et systèmes de communication 5 %, et enfin les missiles 4 %.
  •  L’année 2024 constitue la deuxième plus importante en volume de commandes après 2022 et reflète la montée en puissance des exportations françaises vers l’Europe, qui représentent désormais 60 % du total.

La France s’impose aujourd’hui comme la deuxième puissance exportatrice mondiale d’armement, ayant quasiment triplé ses livraisons majeures à destination d’États européens entre 2015-2019 et 2020-2023. Cette progression s’explique notamment par la livraison d’avions de combat à la Grèce et à la Croatie, de frégates à la Grèce, de sous-marins aux Pays-Bas, ainsi que par le soutien militaire apporté à l’Ukraine.

Au-delà du cadre européen et de l’Alliance atlantique, la France entretient des partenariats stratégiques durables avec plusieurs grandes puissances. L’Inde, par exemple, a acquis 26 Rafale Marine ; les Émirats arabes unis, l’Indonésie et le Brésil entretiennent également des coopérations denses dans le domaine de l’armement. Par ailleurs, la France poursuit son soutien aux forces africaines et moyen-orientales engagées contre le terrorisme islamiste et les extrémismes violents, tout en offrant aux pays asiatiques souhaitant se détacher de leur dépendance vis-à-vis des matériels russes une véritable alternative technologique.

  •  En 2024, l’Asie a représenté environ 23 % des prises de commandes françaises (contre 42 % en 2023). 
  •  Proche et Moyen-Orient ont conservé une part stable d’environ 11 %.

L’IGPN fait paraître son bilan 2024

By Institutions, Sécurité/Justice

– par Claire-Marine GROS, chef de cabinet adjointe CRSI

Le 15 octobre 2025, l’IGPN faisait paraître un communiqué de presse “Présentation du bilan annuel 2024, une inspection au service de l’exemplarité de la police nationale”

Contexte général

  • L’IGPN compte 260 agents, dont 185 policiers.
  • Sa mission : garantir la transparence, la confiance du public et des policiers, et l’exemplarité au sein de la police nationale.

Activité d’enquête

Enquêtes judiciaires

  • 914 enquêtes ouvertes en 2024 (niveau stable depuis 2019).
  • ⅔ concernent l’Île-de-France.
  • Usage de la force (hors arme à feu) : plus de 50 % des dossiers, au plus bas depuis 2015.
  • Atteintes à la probité (corruption, détournement, etc.) : 234 affaires, en forte hausse par rapport à 137 en 2020.
    • Cela traduit une vigilance accrue de l’IGPN dans la lutte contre la corruption, notamment liée au narco-banditisme.
  • Usage des armes à feu : 38 enquêtes (contre 21 en 2023)
    • 14 cas mortels.
    • Aucun lors d’un refus d’obtempérer.

Enquêtes administratives

      • 168 enquêtes pré-disciplinaires ouvertes.
  • Principaux motifs : usage disproportionné de la force, problèmes de probité et manque d’exemplarité.

Contrôle interne

  • Poursuite du programme AMARIS, visant à renforcer l’auto-contrôle des services (armes, scellés, garde à vue…).
  • Nouveauté 2024 : audits systématiques des nouveaux directeurs départementaux pour les accompagner lors de leur prise de poste.

Soutien et écoute interne

  • Plateforme Signal Discri (PFSD) :

    • 190 signalements de discrimination ou harcèlement (forte baisse : 301 en 2023, 749 en 2022).
      → L’IGPN veut revaloriser cette plateforme, essentielle pour la liberté de parole et la protection interne.

Transparence et suivi des interventions policières

  • 47 décès recensés lors d’interventions (contre 36 en 2023).
    • 14 décès liés à l’usage d’une arme individuelle.
  • 68 blessés graves, en baisse (104 en 2023).
  • À mettre en perspective avec :
    > 1 million d’interventions policières.

    • 6 625 agressions physiques contre des policiers.

Usage des armes intermédiaires

  • LBD (lanceur de balles de défense) : 1 585 usages (forte baisse vs 4 583 en 2023).
  • Grenades de désencerclement (GMD) : également en baisse.
    → Baisse liée à une année 2024 plus calme socialement (moins de manifestations/violences urbaines).
  • Pistolet à impulsions électriques (Taser) : 4 602 usages (en hausse vs 3 675 en 2023)
    • Aucun blessé grave ni décès recensé.

Formation et expertise

  • 9 120 stagiaires formés à la déontologie en 2024
    • dont 5 090 élèves gardiens de la paix et adjoints.
  • L’IGPN renforce aussi la coopération internationale sur les questions d’éthique et de contrôle interne.

Principes directeurs

  1. Équilibre entre contrôle et compréhension du terrain.
  2. Transparence pour objectiver le débat public.
  3. Indépendance pour garantir la crédibilité des enquêtes.

En résumé

L’année 2024 montre :

  • Une stabilité globale du nombre d’enquêtes,
  • Une hausse des enquêtes pour atteintes à la probité,
  • Une baisse nette des violences internes signalées,
  • Une diminution des usages du LBD et des grenades,
  • Et une augmentation du recours au Taser, jugé plus sûr.