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Olivier Debeney

Selon l’INSEE, le PIB accélère modérément au deuxième trimestre 2025 (+0,3%)

By Economie

Selon l’INSEE, le PIB accélère modérément au deuxième trimestre 2025 (+0,3%)

Le 30 juillet 2025, l’INSEE publie son rapport sur les comptes nationaux trimestriels. Le PIB accélère modérément au deuxième trimestre 2025 (+0,3%)


Production :

La production totale (biens et services) augmente de nouveau de +0,2%, tout comme au premier semestre.

Dans les baisses, il y a notamment :

  • La production manufacturière : +0,1% après +0,5%
  • La production agro-alimentaire : +2,0% après +1,4%
  • Les raffineries : ‑10,6% après ‑3,5% à cause d’arrêts de maintenance en avril‑mai
  • Les autres produits industriels : +0,1% après +0,3% avec notamment les produits pharmaceutiques

Dans les hausses :

  • La production de matériels de transport: +4,8% après +1,6%, tiré notamment par l’aéronautique
  • L’automobile est en rebond mais reste sous le niveau de la production fin 2023
  • La production des services marchands : +0,6% après +0,3%

Consommation :

La consommation des ménages augmente légèrement (+0,1% après -0,3%).

Le rapport constate une augmentation de la consommation alimentaire (+1,7% après -1,0%) qui fait rebondir les achats des biens (+0,1% après -0,6%).

En ce qui concerne les services, la consommation des ménages s’accélère (+0,6% après +0,3%).


Formation brute de capital fixe (FBCF) :

La FBCF désigne l’acquisition d’actifs produits (y compris l’achat d’actifs d’occasion et la production d’actifs pour usage propre) diminuée des cessions. (OCDE)

L’investissement fléchit encore au deuxième trimestre avec une baisse de -0,3% après ‑0,1%. La baisse provient essentiellement

  • De la construction : ‑0,4% après ‑1,0%
  • Des produits manufacturés : ‑0,9% (après six trimestres déjà négatifs)

En revanche, les services immobiliers progressent de +1,4% après ‑0,4%.


Le commerce extérieur et les variations de stocks :

Le commerce extérieur continue de peser sur la croissance avec une contribution de -0,2 point au PIB après ‑0,5 point au premier trimestre.

Les exportations : +0,2% après -1,1%

  • Hausse des exportations en autres produits manufacturés (industrie chimique et produits pharmaceutiques)
  • Baisse des ventes de matériels de transport (surtout dans l’aéronautique) : ‑4,0% après -4,2 %

Les importations: +0,8% après +0,3%

  • Fort recours au raffinage : +11,8% après -2,1%
  • Augmentation des achats de matériels de transport : +5,6% après -5,3%
  • Diminution légère des importations de services : ‑0,6% après +0,1%

Enfin, les variations de stocks apportent une contribution positive de +0,5 point à la croissance après +0,7 point.


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La souveraineté alimentaire

By Economie

La souveraineté alimentaire

Par Céline Imart, députée européenne, vice-présidente des Républicains, et agricultrice dans le Tarn


Notre souveraineté alimentaire n’est pas un acquis. Pendant des décennies, la France s’est affirmée comme une puissance agricole et alimentaire autosuffisante : capable de produire en quantité ce dont elle avait besoin, d’éviter les pénuries, d’assurer un revenu digne à ses agriculteurs et de garantir une alimentation de qualité à ses citoyens. Ces objectifs constituaient le socle de notre indépendance alimentaire, structurée notamment par la politique agricole commune (PAC). Mais cette réalité appartient désormais au passé. Les récentes crises d’approvisionnement et l’envolée des prix alimentaires, provoquées par la pandémie de Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine, ont mis en lumière un déclassement agricole que nous avions anticipé depuis des années.

Les chiffres sont implacables :

  • Près de 100 000 exploitations agricoles ont disparu entre 2010 et 2020.
  • Le cheptel bovin se décompose à vue d’œil : la France a perdu 1 million de vaches entre 2016 et 2024
  • 1 % des fruits consommés, 36% de la viande de volaille et 28 % des légumes sont importés ;
  • En excluant les vins et spiritueux, la balance commerciale agroalimentaire de la France est déficitaire. En 2024, les importations de denrées alimentaires ont atteint près de 60 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2000.

Ce constat alarmant repose sur deux dérives majeures : le sacrifice de la souveraineté alimentaire sur l’autel de la sécurité de l’approvisionnement et l’application dogmatique d’un verdissement punitif des politiques agricoles.

Plutôt que de maintenir la maîtrise de la production sur notre sol, les responsables politiques ont choisi de s’en remettre aux importations, plus compétitives. Cette logique vaut aussi pour les intrants agricoles, notamment les engrais, dont la production a été en partie délocalisée. Une vision purement comptable, fondée sur les flux, qui, par nature, n’anticipent pas les déséquilibres systémiques révélés par les chocs récents. Depuis la fin de la guerre froide et l’avènement de l’OMC, les accords de libre-échange se sont multipliés. Dans chacun d’eux, l’agriculture est systématiquement utilisée comme variable d’ajustement. L’accord UE-Mercosur, récemment signé par la Commission européenne, en est un symbole éclatant. Il acte une libéralisation massive des marchés agricoles européens au bénéfice de productions qui ne respectent pas nos standards sanitaires, environnementaux ou sociaux. Certes, la France et l’Europe ne peuvent pas tout produire. Mais ouvrir aussi largement nos marchés, y compris sur des produits emblématiques, relève d’une imprudence stratégique majeure. Elle engendre une dépendance accrue à des circuits mondiaux fragiles, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

En parallèle de cette ouverture tous azimuts, un verdissement à marche forcée s’est imposé au cours des dernières années notamment avec la stratégie « De la ferme à la table » (Farm to Fork). Cette stratégie de la Commission européenne publiée en 2021 était le symbole d’une politique environnementale déconnectée des réalités et aurait conduit à produire moins, à importer davantage, et à faire grimper les prix. Cette vision reste prégnante : l’agriculture est perçue comme un pollueur qu’il faudrait contraindre, plutôt qu’un levier de solutions à accompagner. Ce discours se traduit par une inflation réglementaire sans précédent. Les normes s’empilent, les contraintes s’alourdissent, les marges se réduisent. De nombreux agriculteurs jettent l’éponge. Les solutions phytosanitaires contre les ravageurs sont de moins en moins nombreuses également, laissant les agriculteurs sans solution pour protéger leurs cultures. Le tout est alimenté par un climat d’hostilité permanente, entretenu par des ONG radicales qui, sur les réseaux sociaux ou dans les médias, sapent la légitimité du secteur productif. Ce harcèlement idéologique entretient un véritable mal-être dans le monde agricole

Ce discours dual relève de la schizophrénie politique : exiger des efforts environnementaux toujours plus élevés tout en exposant les agriculteurs à une concurrence mondiale déloyale.  Cette double doctrine commerciale et environnementale repose sur une erreur fondamentale : considérer l’agriculture comme un secteur économique comme un autre. Or, elle ne l’est pas. Elle est encore majoritairement détenue par un capital familial, opérant sur de petites structures foncières. Elle ne peut pas investir massivement dans la décarbonation avec les mêmes leviers qu’un grand groupe industriel.

Ceux qui imposent un tel agenda politique à nos agriculteurs oublient trop souvent que l’agriculture rend pourtant des services essentiels. Elle modèle les paysages français, façonnés par des siècles de pratique agricole : bocages normands, plaines de la Beauce, vignobles du Rhône…Elle fait vivre des territoires entiers, dans des zones souvent fragiles, où l’activité agricole est irremplaçable. Elle contribue aussi à notre autonomie énergétique via la production de biomasse. Enfin, elle maintient des savoir-faire, des traditions, des produits d’exception qui font rayonner la gastronomie française.

Pour préserver ce patrimoine inestimable et partir à la reconquête de notre souveraineté alimentaire, des solutions existent :

  • Rompre avec la logique d’une agriculture sacrifiée dans les accords commerciaux. Le commerce n’est pas le problème en soi, mais l’ouverture ne peut être à sens unique et l’agriculture la seule monnaie d’échange.
  • En finir avec les politiques environnementales déconnectées des réalités économiques telles que prônées récemment par Sandrine Rousseau.
  • Refaire confiance à l’innovation : les nouvelles techniques génomiques, les biotechnologies, les outils de précision sont indispensables pour augmenter la productivité et baisser la pénibilité.
  • Lancer une politique ambitieuse en matière de gestion quantitative de l’eau, qui devra être l’une des pierres angulaires des politiques agricoles des prochaines années.
  • Alléger drastiquement la charge administrative. Selon un rapport du Sénat de 2024, la charge administrative des règles européennes représente un coût de 150 milliards d’euros par an.
  • Soutenir les circuits courts et l’origine des produits. L’étiquetage obligatoire de l’origine pour tous les aliments transformés doit devenir une norme européenne.

Enfin, rappelons une évidence : la souveraineté alimentaire repose essentiellement sur une PAC forte. Elle est le socle historique de notre indépendance agricole, la plus ancienne des politiques européennes. Mais sa part dans le budget européen a fondu, passant de 75 % à un tiers. Pire, le 16 juillet 2025, la Commission a annoncé son projet de futur cadre financier pluriannuel. Jusqu’ici, la PAC disposait d’un budget européen stable sur 7 ans, avec une enveloppe fixe par État membre – 386 milliards d’euros au total, dont 9,4 milliards par an pour la France. Mais désormais, la Commission propose d’intégrer la PAC dans un grand fonds national, géré par chaque État via un plan unique, supprimant ses deux piliers. L’ambition d’une politique commune s’efface au profit d’une approche fragmentée, État membre par État membre, faisant le deuil d’une politique intégrée. Sur les 865 milliards d’euros dédiés à ce fonds, 300 milliards seraient « réservés » à l’agriculture. Cela équivaut à une baisse d’environ 20 % du budget PAC par rapport à la programmation actuelle, sans compter l’impact de l’inflation.

Ce basculement est lourd de conséquences : la PAC représente en moyenne 40 % du revenu des agriculteurs européens. Supprimer cette politique, c’est semer l’incertitude dans tout le secteur agricole. La PAC n’est pas un vestige du passé, mais un levier d’avenir pour une agriculture productive et souveraine. Les négociations qui s’annoncent seront déterminantes.

Dans un monde de plus en plus instable, les grandes puissances ont compris que l’alimentation était une arme stratégique. Les États-Unis subventionnent massivement leur agriculture : le Farm Bill aurait injecté près de 800 milliards de dollars entre 2019-2022 au lieu des 424 Milliards prévus initialement. La Chine augmente massivement ses stocks de matières premières, en particulier agricoles. La Russie utilise les céréales et ses engrais comme un levier d’influence. Il est encore temps d’éviter l’effondrement silencieux de notre souveraineté alimentaire. Cela exige une rupture nette avec les logiques qui ont affaibli notre appareil productif : des choix commerciaux déséquilibrés, une transition écologique punitive, un abandon progressif de la PAC. Redonner aux agriculteurs les moyens de produire, c’est garantir à nos citoyens une alimentation sûre, de qualité, et accessible. Elle n’est pas un slogan. Elle est une condition d’existence pour une France forte, dans une Europe forte.

Lettre de la Sécurité Intérieure n°15 – Juillet 2025

By Dossiers LSI

Lettre de la Sécurité Intérieure n°15 – Juillet 2025


Chers amis,

Le CRSI a le plaisir de vous adresser sa dernière Lettre de la Sécurité Intérieure de la saison.

Dans la logique qui nous a vu étendre cette année nos travaux et réflexion à la souveraineté, et dans un monde de plus en plus dérégulé et incertain, nous avons souhaité consacrer notre dossier à la souveraineté alimentaire.

Nos sociétés ont longtemps tenu pour acquis que nos assiettes seraient toujours pleines. Pourtant, il n’y a que quelques décennies que cette question vitale n’est plus un sujet.

La lecture des pages qui suivent permet de comprendre comment les bouleversements mondiaux pourraient remettre en cause cette tranquillité. En cette matière comme dans le domaine énergétique, il faut anticiper et désormais penser l’impensable. Cette agilité d’esprit ne doit désormais plus quitter les décideurs en charge des enjeux de sécurité et de souveraineté.

Je profite de cet éditorial pour vous souhaiter à tous un bel été 2025, avec une pensée toute particulière pour ceux d’entre vous qui êtes engagés dans nos forces de sécurité intérieures ou de sécurité sécurité civile notamment, pour qu’il se déroule au mieux.

Bonne lecture!

Lire la Lettre de la Sécurité Intérieure

Maîtrisons nos dépendances, nos indépendances, et nos interdépendances

By Economie

Maîtrisons nos dépendances, nos indépendances, et nos interdépendances

Par Arnaud Rousseau, Président de la FNSEA


Il y a 80 ans, alors que l’Europe redécouvrait la paix mais était affamée, les agriculteurs se sont réunis pour répondre à l’ambition d’autosuffisance alimentaire nécessaire à la reconstruction et à la stabilité du continent. Ils s’y sont attelés avec énergie et une capacité d’adaptation exceptionnelles, permettant ainsi à l’ensemble des filières agricoles d’atteindre peu ou prou un niveau satisfaisant d’auto-approvisionnement.

Mais une fois les objectifs atteints, progressivement, au fur et à mesure que le spectre de la faim s’éloignait, le sens du métier d’agriculteur, son rôle nourricier et structurant dans les territoires s’est effacé. La société tout entière a perdu la notion du coût réel de l’alimentation, voire même son caractère vital.

Lentement mais avec constance, au fil des décisions des Gouvernements successifs, de la montée en puissance des préoccupations telles que le sacro-saint pouvoir d’achat, la France a perdu son outil de production et l’Europe est devenu une passoire aux importations, accentuant les concurrences déloyales mortifères pour les agriculteurs.

La photographie à date de la France agricole est éloquente. Sous les effets conjugués des marchés, des pressions économiques, climatiques et sanitaires, en 20 ans, la production de viande a baissé de 16 %, et les importations ont augmenté de 81 %. La production de vin a reculé de 24 %, et les importations ont grimpé de 15 %.

Pour les fruits, c’est tout aussi frappant : 12 % de production en moins mais 31 % d’importations en plus…

Entre 2015 et 2024, la France a perdu 1 million d’hectares de blé tendre. Soit  20 % des surfaces perdues. Et sur ces 20%, les trois quarts n’ont désormais plus aucune vocation de production agricole.

Avec la crise sanitaire COVID, le retour de la guerre et des tensions géopolitiques viennent à nouveau agiter la peur des pénuries alimentaires.

Brutalement, la crainte de ruptures dans la chaîne d’approvisionnement a fait prendre conscience aux Français et aux Européens leurs dangereuses dépendances : aux importations alimentaires, aux approvisionnements en énergie, en engrais, en produits sanitaires indispensables pour la protection des plantes et des troupeaux…

La souveraineté alimentaire s’est alors imposée comme un vecteur majeur de stabilité démocratique et de résilience face aux chocs de toute nature. La maîtrise de l’alimentation, sa disponibilité et la gestion de ses flux est une préoccupation hautement stratégique, au même titre que l’indépendance énergétique et une politique de défense restructurée.

La souveraineté alimentaire est un choix politique, un choix de société, qui engage l’alimentation des prochaines décennies, en prenant en compte toutes les variables économiques, géopolitiques, climatiques et sociétales dans lesquelles nous évoluons.

Si l’idée de la souveraineté alimentaire semble bien implantée désormais, accompagnée en cela par la loi d’orientation agricole votée fin janvier 2025, les actes se font encore attendre.

Pour les agriculteurs, et c’est pour cette raison qu’ils se sont massivement mobilisés à l’hiver 2024, les conditions de réussite sont claires : il faut relancer la production, assurer un revenu aux agriculteurs et les protéger des concurrences déloyales intra et extra européennes, pour rendre le secteur agricole résilient à long terme et attractif pour les jeunes générations.

Orienter la France et l’Europe sur le chemin de l’autonomie stratégique alimentaire est la seule stratégie à même de nous garantir la maîtrise de nos dépendances, de nos indépendances et de nos interdépendances. Et d’apporter un peu de longueur de vue et de contrôle au moment où le court-termisme et l’inconstance semblent s’installer…

La réponse de l’État aux cybermenaces sur les systèmes d’information civils

By Numérique

La réponse de l’État aux cybermenaces sur les systèmes d’information civils

La Cour des Comptes a publié, le 16 juin 2025, un rapport sur la réponse de l’État face aux cybermenaces sur les systèmes d’information civils.

Le rapport constate une évolution progressive des cybermenaces au rythme des avancées technologiques et des développements géopolitiques.

Les trois principales cybermenaces en 2023 sont:

  • Le hameçonnage
  • Le piratage de compte
  • La fraudes/le rançongiciel

278 703 infractions liées au numérique ont été enregistrées en 2023, en augmentation de 9% par rapport à 2022:

  • Atteintes numériques aux biens (escroqueries, arnaques en ligne etc.): 59%
  • Atteintes numériques à la personne: 34%
  • Atteintes numériques aux institutions: 5%

Les attaques par rançongiciel restent la première menace (34,1%), devant les attaques DDoS (28,2%) et les vols de données (17,2%).

Une cyberattaque coûte en moyenne:

  • 466K€ aux TPE-PME
  • 13M€ aux entreprise de taille intermédiaire (ETI)
  • 135M€ aux grands groupes

Dans le public, certains hôpitaux ont supporté jusqu’à 5,5M€ de coûts directs (Corbeil-Essonnes en 2022)

Les administrations publiques, et notamment les collectivités, sont les secteurs les plus ciblés par les cyberattaques. On recense 187 incidents entre janvier 2022 et juin 2023 (17% du total traité par l’ANSSI).


Stratégie nationale:

La gouvernance cyber de la France est organisée autour de trois missions:

  • L’État défend la Nation
  • L’État se sécurise 
  • L’Etat protège la Nation

La France suit un modèle dual de cyberdéfense fondé sur la séparation des capacités offensives et défensives.

Le modèle est peu répandu dans les pays proches, avec, notamment, les anglo-saxons qui vont eux centraliser leurs capacités offensives et défensives dans les services de renseignements.

Une nouvelle stratégie nationale est validée en Conseil de défense en novembre 2024 sous le pilotage du SGDSN. Elle articule une réponse aux agressions, à la sécurisation des systèmes d’information de l’État et à la protection numérique de la société. Le rapport n’a pas encore été publié.

Le plan stratégique 2025-2027 « Au cœur d’un collectif, pour une Nation cyber-résiliente » instaure quatre axes et onze objectifs (cryptographie post-quantique, IA, réponse de masse, coopération européenne) mais sans budget détaillé pour le moment.


Historique:

La France, dès le début du XXIe siècle, s’est dotée d’un dispositif de lutte contre les cybermenaces.

  • 2004-2008: Mise en place des premières structures de lutte contre les cyber-menaces, puis Livre blanc défense & sécurité 2008
  • 7 juillet 2009: Décret n° 2009-834 créant l’ANSSI (service à compétence nationale rattaché au SGDSN)
  • 2013: Loi de programmation militaire 2014-2019
  • 2015 – 2017: Décret 2015-351 (sécurité Opérateur d’Importance Vital OIV) avec création du COMCYBER (mai 2017)
  • 2018: Revue stratégique de cyberdéfense 2018 et instauration du CODIR-cyber qui prépare les décisions du Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) en matière cyber
  • 2020 – 2021: Création de l’OSIIC (2020) et de VIGINUM (2021)
  • 2022: Revue nationale stratégique 2022, priorité « résilience cyber de premier rang»
  • Fin 2024: Validation d’une nouvelle Stratégie nationale de cybersécurité

Législations européennes:

L’édifice juridique, d’abord national (LPM, décrets OIV/OSE), est aujourd’hui largement européen. Depuis quelques années, l’Europe, qui s’inspire des modèles nationaux, vient renforcer les exigences en matière de cybersécurité. Les directives phares NIS 1 et NIS 2 l’illustrent parfaitement.

  • 2016 : Directive NIS 1 (UE 2016/1148)
  • 2018 : Loi n° 2018-133 et le décret 2018-384 pour transposer NIS 1 dans le droit français
  • 2019 : Cybersecurity Act (Règlement UE)
  • 2022 : Directive NIS 2, REC (entités critiques), Règlement DORA (finance)
  • 2024 – 2025 : Projet de loi « Résilience » (transposition NIS 2, REC, DORA) adopté par le Sénat 12 mars 2025, examen final en cours
  • 2024 – 2025 :  Cyber Solidarity Act (règlement UE, entrée en vigueur le 4 février 2025)

Le projet de loi « Résilience »:

  • Transpose NIS 2, REC et DORA multipliera de 500 à ~15000 le nombre d’entités régulées, couvrant 18 secteurs au lieu de 7 .
  • Vise notamment 661 collectivités territoriales comme entités essentielles (EE) et 992 communautés de communes comme entités importantes (EI)
  • Coût estimé de la mise en conformité : 450 – 880K€ (entités essentielles) ou 100 – 200K€ (entités importantes), puis 10% par an de maintien

Gouvernance:

La gouvernance française est structurée ainsi:

  • Décision stratégique au sommet de l’État avec le conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN)
  • Réunions préparées par le comité directeur de la cyberdéfense (CODIR cyber)
  • Pilotage interministériel et mise en oeuvre des décisions par le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN)
  • La structure opérationnel civil unique avec l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)
  • La structure militaire avec le commandement de la cyberdéfense (COMCYBER)

Le Centre de coordination des crises cyber (C4) joue un rôle central dans la réponse technique aux cyberattaques. Il assure des missions de connaissance, détection, caractérisation et imputation des attaques. La coordination opérationnelle est assurée entre plusieurs entités : ANSSI, COMCYBER, DGA, DGSI et DGSE.


ANSSI:

La Cour des Comptes met l’accent sur le rôle prépondérant et considérable que joue l’ANSSI dans la réponse de l’Etat face aux cybermenaces.

Missions principales:

  • Assistance et remédiation pour l’État, les OIV et les OSE (CERT-FR)
  • Qualification et labellisation de produits, services et formations de cybersécurité
  • Sensibilisation du grand public et des dirigeants
  • Représentation et expertise française dans les enceintes européennes et internationales

Effectifs:

  • 128 agents en 2009
  • 622 agents en 2023
  • La trajectoire initiale était 786 ETP en 2027 mais stoppée par la LF 2025

Capacités opérationnelles et projets en cours:

  • Maillage national de CSIRT ministériels, sectoriels et territoriaux.
  • Projet d’Observatoire interministériel de la menace pour centraliser les données d’incidents

Les CSIRT sont les « Computer Security Incident Response Team » ou les centres de réponse aux incidents cyber.


Recommandations de la Cour des comptes:

Plan d’action national:
Il faut arrimer la stratégie nationale 2024 à un échéancier détaillé et à une programmation pluriannuelle des moyens (SGDSN)

Lutte contre la cyber-criminalité:
Il faut mieux coordonner autorités judiciaires et services de renseignement (SGDSN, Justice, Intérieur)

CSIRT:
Il faut clarifier les rôles des CSIRT ministériels, sectoriels et territoriaux avec une garantie de financement pérenne (SGDSN, ANSSI)

Observatoire national de la menace:
Il est nécessaire de mettre rapidement en place, au sein de l’ANSSI, un observatoire centralisant les données et les analyses d’incidents (SGDSN, ANSSI)

Contrôles NIS 2:
Il faut cartographier les risques, intensifier et prioriser les audits et les sanctions des entités régulées (SGDSN, ANSSI)

Budget ANSSI:
Il est nécessaire définir une programmation pluriannuelle avec la nouvelle stratégie et le plan stratégique 2025 (SGDSN, ANSSI)

Sensibilisation des dirigeants publics:
Il est important d’inscrire des objectifs cybersécurité explicites dans leurs lettres de mission (SGDSN)

Conventions SGDSN-ANSSI-ministères:
Il convient de signer des conventions fixant objectifs, échéancier et moyens cyber au sein de chaque ministère (SGDSN, ANSSI)

Modèle économique durable:
Il faut stabiliser le financement du GIP Acyma et du Campus Cyber (SGDSN)

Labellisation PME et collectivités:
Il y a lieu de définir des critères de labellisation de solutions cyber adaptées aux petites structures (SGDSN, ANSSI)

Formation:
Il faut adapter l’offre interne de formation aux nouveaux besoins des entités régulées et piloter l’écosystème des formations en cybersécurité (SGDSN, ANSSI)

Lire le rapport

Insécurité et délinquance en 2024 : bilan statistique SSMSI

By Sécurité/Justice

Insécurité et délinquance en 2024 : bilan statistique SSMSI

Le 11 juillet 2025, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie le bilan statistique « Insécurité et délinquance » consacré à l’année 2024.


Contexte 2024

L’année 2024 a été marquée par des événements sécuritaires importants, notamment avec les JO, les émeutes en Nouvelle-Calédonie, et les troubles en Martinique et en Guadeloupe.

Principaux résultats 2024 vs 2023

Atteintes aux personnes

  • Homicides: 976 victimes (‑2%)
    • Première baisse depuis 2020
  • Répartition des homicides:
    • 75% hors cadre familial
    • 11% conjugaux (108 victimes)
  • Tentatives d’homicide:
    • 4 290 victimes (+7%)
  • Total des violences sexuelles:
    • 122 400 victimes (+7%)
    • +11% par an depuis 2016
  • Viols et tentatives:
    • 46 100 victimes (+9%)
  • Profil des victimes de violences sexuelles:
    • 85% de femmes
    • 58% de mineurs
    • 19% <10 ans ; 39% 10‑17 ans
  • Total des violences physiques:
    • 449 800 victimes (+1%)
  • Violences physiques intrafamiliales:
    • 244 400 victimes (+3%)
    • +11% par an depuis 2016
    • 74% des victimes sont des femmes
  • Violences physiques hors cadre familial:
    • 205 500 victimes (0%)
    • dont 69 % d’hommes

Atteintes aux biens 

  • Vols avec armes:
    • 8 600 infractions (‑1%)
  • Vols violents sans arme:
    • 48 300 infractions (‑11%)
    • Vols concentrés dans les grandes unités urbaines
  • Vols sans violence contre des personnes:
    • 607 800 victimes entendues (‑5%)
  • Cambriolages de logement: 218 200 infractions (0%)
    • Majorité des victimes +45 ans
  • Vols de véhicule:
    • 137 600 véhicules (‑2%)
    • 28% par des 13‑17 ans
    • 50% par des 18‑29 ans
  • Vols dans les véhicules:
    • 256 100 véhicules (+1%)
  • Destructions et dégradations volontaires:
    • 528 800 infractions (‑4%)

Stupéfiants

  • Usage de stupéfiants:
    • 290 500 mis en cause
  • Trafic de stupéfiants:
    • 52 300 mis en cause (+7%)

Escroqueries et fraudes aux moyens de paiement

  • 417 300 victimes (+1%)
    • 50% des faits sont en lien avec le numérique (31% en 2016)

Indicateurs de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales en 2024 et évolutions annuelles.

Élucidation (2023-2024)

  • Atteintes aux biens:
    • 7% élucidées
  • Atteintes aux personnes:
    • 50% élucidées, dont 65% pour les homicides et tentatives et 79% pour les violences physiques intrafamiliales

Profils des mis en cause

  • Les mis en cause de 18-29 ans: Surreprésentés dans les vols et les stupéfiants (usage 64%, trafic 56%, vols d’accessoires 57%, vols de véhicule 50%, cambriolages 41%)
  • Les mis en cause mineurs (13-17 ans):
    Fortement présents dans les vols avec arme 31%, les vols violents sans arme 35%, et les vols de véhicule 28%
  • Plus de 6 mis en cause sur 10 ont entre 13 et 29 ans pour les vols de véhicule, les vols liés aux véhicules ou les cambriolages de logement
  • Part des étrangers mis en cause:
    • 8% de la population
    • 37% des cambriolages de logement
    • 39% des vols dans les véhicules
    • 22% du trafic de stupéfiants
  • Le groupe de nationalité le plus représenté pour le trafic de stupéfiants est celui des ressortissants d’Afrique. Pour 4% de la population résidant en France, ils sont 15% des mis en cause.

Profil des mis en cause enregistrés par la police et la gendarmerie nationales en 2024 (en %)


Source: Ministère de l’interieur, service SSMSI

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Thibault de Montbrial parle de souveraineté et de sécurité dans le bassin d’Arcachon

By Ils en parlent !

Thibault de Montbrial parle de souveraineté et de sécurité dans le bassin d’Arcachon

Le journaliste Jean-Pierre Despeyroux (correspondant Sud Ouest) dédie, ce vendredi 18 juillet, un article sur le déplacement de Thibault de Montbrial à Biganos le 9. Très bon retour sur une conférence réussie en présence du Maire de Biganos Bruno Lafon, de la sénatrice LR Florence Lassarade, et du Maire d’Arcachon Yves Foulon.