Entretien de Florence Bergeaud-Blackler pour La Tribune juive le 18 avril 2025.
Entretien de Florence Bergeaud-Blackler pour La Tribune juive le 18 avril 2025.
La colonisation française s’établit sous Richelieu en 1635. La Martinique est une collectivité territoriale unique de la République française, cette collectivité territoriale se substituant au département et à la région. Fort-de-France est la capitale de La Martinique avec 75 165 habitants.
Situation démographique : Selon le dernier recensement INSEE (2022), La Martinique compte 361 019 habitants. Sa population avoisine les 356 000 habitants selon le rapport de l’Assemblée nationale sur la situation démographique des outre-mer (janvier 2025).
La Martinique est une des deux seules collectivités françaises à perdre des habitants (avec la Guadeloupe – 400 000 habitants en 2006). Cela est dû à un solde migratoire négatif et à un manque d’attractivité pour la jeunesse.
La Martinique est un levier majeur de la puissance française pour la sécurisation des routes maritimes vitales et le développement de la ZEE française.
La Martinique est membre associée de plusieurs organisations internationales dont la CARICOM (créée en 1973) qui vise à créer un espace de libre-échange aux Caraïbes (la Guyane en fait partie également). Elle vise à coordonner les politiques économiques, améliorer le commerce intra-régional via le Marché unique et l’Économie de la CARICOM (CSME), et renforcer la voix collective de la région sur la scène internationale. Elle joue aussi un rôle dans la gestion des crises, comme les catastrophes naturelles fréquentes dans la zone.
Ancien DOM, La Martinique est une collectivité unique depuis la loi du 27 juillet 2011 au même titre que La Guyane. Elle est composée d’un conseil exécutif de 9 conseillers et d’un organe délibérant de 51 membres. Ses compétences reprennent celles d’une région et d’un département (développement économique, éducation, transport, social…) : ces deux territoires disposent des compétences attribuées à un département d’outre-mer et à une région d’outre-mer, et de toutes les compétences qui leur sont dévolues par la loi pour tenir compte de leurs caractéristiques et contraintes particulières.
À titre de comparaison, la Guadeloupe et la Réunion sont à la fois département et région d’OM (DROM) : elles ne constituent pas à proprement parler des catégories de collectivités distinctes de celles rencontrées dans l’hexagone, mais leur statut dérogatoire a tendance à les éloigner du modèle de droit commun.
Mayotte est un département d’OM.
Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Wallis et Futuna et la Polynésie française sont des collectivités d’OM : elles ont un pouvoir normatif propre dans un nombre plus ou moins étendu de domaines relevant de la loi ou du règlement.
Rapport d’information de l’Assemblée nationale sur la situation démographique des outre-mer
INSEE
Linternaute
RSI
FranceTV Info
Dans un contexte de tensions entre le groupe aéronautique Safran et certaines municipalités écologistes, la maire de Romans-sur-Isère (Drôme), a exprimé son soutien à l’entreprise.
Suite aux déclarations du PDG de Safran, Olivier Andriès, affirmant son intention de ne plus investir dans des villes dirigées par des écologistes en raison d’un accueil jugé hostile à un projet industriel près de Rennes, l’édile indépendante a proposé d’accueillir Safran dans sa commune.
Matinée à Morne Desaix (Fort-de-France)
Déjeuner-débat avec des entrepreneurs et chefs d’entreprise
Contact Entreprises, association visant à promouvoir l’image de l’entreprise et des entrepreneurs en Martinique, organisait un déjeuner-débat en présence d’une vingtaine de représentants du monde économique.
Rencontre avec l’office anti-stupéfiants implanté à Fort-de-France
L’Office anti-stupéfiants est compétent en matière de lutte contre la production, la fabrication, l’importation, l’exportation, le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi illicites de stupéfiants, contre les opérations de blanchiment liées au trafic de stupéfiants et contre l’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants. Son rôle dans la région est particulièrement important comme en témoigne le rapport de la Cour des comptes « L’Ofast et les forces de sécurité intérieure affectées à la lutte contre les trafics de stupéfiants » publié en novembre 2024 :
Proches des pays producteurs d’Amérique Latine et des pays de transit comme Sainte Lucie, le Guyana ou la République dominicaine et situés sur des routes historiques du transport maritime mondial, la Guyane et les Antilles françaises sont des points d’entrée stratégiques pour le trafic de cocaïne à destination de l’Europe. Les ports français de la zone Caraïbe constituent des points de vulnérabilité majeurs. En outre, la saturation du marché américain conduit les organisations criminelles à cibler désormais l’Europe comme zone d’écoulement. Dans ce contexte, le doublement du volume des conteneurs des ports de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre, alors que la sécurisation de ces enceintes portuaires est encore insuffisante, est un sujet de préoccupation majeur (1.1.2).
Interview
Par Dayana François Eudoxie pour la chaîne de télévision ATV, et par Mégan Bourdon-Cohen pour la radio RCI.
Entretiens privés
Avec Murielle Renar-Legrand, bâtonnière de l’ordre des avocats de Martinique et présidente de la Conférence internationale des Barreaux, et avec Paul-François Schira, directeur de cabinet du préfet de la Martinique.
Visite de la distillerie A 1710
Visite d’une habitation et d’une distillerie traditionnelle en présence d’entrepreneurs et de chefs d’entreprise. L’Habitation du Simon est une bâtisse construite au XVlllème siècle au cœur d’une plantation de canne à sucre. A 1710 y produit du rhum depuis 2015.
Interview
Par Michel Déglise pour Radio Saint Louis.
Déjeuner avec l’association des maires de Martinique
Déjeuner-débat avec l’association des maires de Martinique. Une vingtaine d’entre eux étaient présents pour échanger sur les problématiques rencontrées au quotidien en Martinique.
Visite du Grand Port Maritime de Martinique
Visite du Grand Port Maritime de Martinique avec Bruno Mencé président du directoire du port.
En 2023, 3,3 millions de tonnes de marchandises y ont été chargées et déchargées (hausse de 11 % sur un an), avec notamment un volume de 187.000 conteneurs (EVP). Le pétrole, les produits raffinés et l’import EDF représentent 1,3 million de tonnes.
Source : INSEE
Conférence organisée par Contact Entreprises
Conférence devant des fonctionnaires régliens, des élus, des chefs d’entreprise, des entrepreneurs, etc. sur les enjeux sécuritaires, sociaux et économiques français, notamment dans les Caraïbes.
Interview
Par Jean-Marc Atsé pour le journal France-Antilles.
Demie-journée de réserve opérationnelle avec l’antenne du GIGN
Thibault de Montbrial a conclu cette visite par une demi-journée de réserve opérationnelle de gendarmerie avec l’antenne du GIGN.
Retour à Paris
Le CRSI remercie chaleureusement Nicolas Domergue pour l’organisation de ce déplacement et les nombreux échanges permis.
Par Louis Domergue
Française depuis 1635, bien avant des territoires comme la Franche-Comté (1678) ou encore Nice et la Savoie (1860), la Martinique s’est imposée dès son intégration comme un levier majeur de la puissance française. Sa position dans les Caraïbes a permis de sécuriser des routes maritimes vitales pour le commerce transatlantique et de renforcer durablement l’influence française dans cette région du monde. En 1946, elle est devenue l’un des premiers territoires d’outre-mer à accéder au statut de département, consolidant ainsi son intégration à la République et affirmant son rôle d’avant-poste de souveraineté dans la région.
Aujourd’hui, la Martinique incarne une pièce maîtresse de la présence française dans la Caraïbe, au cœur des enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques.
Carrefour maritime entre l’Europe, les Amériques et l’Afrique, la Martinique joue un rôle clé de stabilisateur régional. Les Forces Armées aux Antilles (FAA), déployées en Martinique et en Guadeloupe, assurent la surveillance d’une zone maritime de 4 millions de km², soit deux fois la surface de la Méditerranée. Elles mènent des missions variées : lutte contre les trafics de drogue et d’armes, surveillance des eaux territoriales, assistance humanitaire et intervention rapide dans les crises régionales.
Cette position l’expose néanmoins à des menaces croissantes. En 2022, plus de 30 % des exportations mondiales de cocaïne ont transité par la Caraïbe, alimentant des réseaux criminels qui fragilisent l’économie locale et exacerbent l’insécurité. À cela s’ajoutent les flux migratoires clandestins, notamment en provenance d’Haïti, et l’intensification des rivalités internationales : la Chine investit massivement dans les infrastructures portuaires de la région, la Russie renforce sa présence diplomatique et économique, tandis que le Venezuela, fragilisé, demeure une source d’instabilité.
Dans ce contexte, moderniser les capacités des FAA, renforcer les coopérations avec les États-Unis et les organisations régionales et adapter les infrastructures logistiques sont des impératifs pour préserver cette position.
Par ailleurs, dans un contexte de tensions diplomatiques, la Martinique n’échappe pas aux stratégies d’influence étrangères. En soutenant des mouvements indépendantistes (comme le RPPRAC – Rassemblement pour la Protection des Peuples et des Ressources Afro-Caribéens – dont le représentant, Rodrigue Petitot, a été condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogues et violence avec arme et ne dispose d’aucune légitimité) par le biais du groupe d’initiative de Bakou, l’Azerbaïdjan tente d’exacerber les tensions locales et d’affaiblir la position française sous couvert de discours anti-coloniaux. Cette stratégie, déjà observée en Nouvelle-Calédonie, impose une réponse diplomatique et sécuritaire ferme ainsi qu’une surveillance accrue pour neutraliser toute tentative de déstabilisation.
L’influence régionale de la Martinique repose aussi sur une économie résiliante, essentielle à son développement et au bien-être de sa population.
L’un des principaux foyers de tensions en Martinique reste le coût de la vie, qui dépasse en moyenne de 12 % celui de la Métropole, avec des écarts atteignant 40 % sur certains produits alimentaires. Si l’insularité explique en partie ce phénomène, la dépendance excessive aux importations et une fiscalité spécifique, notamment l’octroi de mer, y contribuent largement. Ce dernier, principale ressource des collectivités, alourdit les importations et alimente une inflation structurelle via des budgets publics déséquilibrés.
À cela s’ajoute la forte proportion de fonctionnaires (plus de 40 % des emplois salariés), dont les primes, bien que compensatoires, entretiennent cette dynamique inflationniste en tirant vers le haut les prix du logement et des biens de consommation, accentuant les écarts de pouvoir d’achat avec le secteur privé.
Au-delà des chiffres, la vie chère reflète une fragilité économique persistante, amplifiée par un tissu productif limité et une fiscalité contraignante. Une refonte progressive des prélèvements locaux, limitant leur effet inflationniste, et un soutien accru à l’investissement productif sont essentiels pour préserver le pouvoir d’achat et garantir la résilience budgétaire du territoire. La réduction des surcoûts logistiques, le soutien aux filières locales, l’insertion régionale et une transparence accrue sur la formation des prix devront accompagner cette transformation.
L’adhésion de la Martinique à la CARICOM (Communauté Caribéenne) le 20 février 2025 est une avancée significative vers une intégration régionale accrue. Cette affiliation ouvre des perspectives économiques nouvelles, facilitant les échanges avec les 21 États membres et associés. Elle permet également d’ancrer davantage la Martinique dans un espace géopolitique structurant.
Cependant, cette intégration impose une vigilance accrue. La gestion des flux commerciaux et la protection des filières locales face aux importations à bas coûts en provenance des autres Etats membres doivent être encadrées rigoureusement. Une harmonisation fiscale et douanière avec la Métropole sera nécessaire. De plus l’ouverture économique impliquera d’encadrer les flux migratoires qui pourraient se trouver facilités. L’objectif est de garantir à la Martinique, par une stratégie équilibrée, les bénéfices de son double ancrage caribéen et français.
Le projet de loi contre la vie chère, annoncé en mars 2025 par le ministre des Outre-mer, vise à renforcer le contrôle des prix et de la concurrence, à instaurer un suivi sectoriel plus strict, et à soutenir les acteurs économiques affectés par les tensions sociales. La réforme de l’octroi de mer a été évoquée, mais sans échéancier ni orientation claire.
Ces annonces, largement dictées par l’urgence sociale de fin 2024 et la pression politique du RPPRAC, ne sauraient tenir lieu de stratégie de transformation. L’architecture fiscale locale, fondée sur l’octroi de mer, renchérit mécaniquement les produits importés, alimente les budgets publics sans incitation à l’efficience, et accentue les inégalités entre secteur public et privé. Une réglementation dense, des aides mal ciblées et l’absence de leviers pour la production locale sont au cœur du problème.
Cibler les distributeurs et renforcer la régulation peut répondre à une pression politique immédiate, mais ne produit pas de transformation durable. Une réforme utile supposerait de réduire les surcoûts logistiques, de simplifier le cadre fiscal, et de construire un environnement économique réellement incitatif pour produire, investir et recruter localement.
La culture martiniquaise ne se limite pas à une vitrine identitaire : elle constitue un système vivant d’organisation sociale, de reconnaissance mutuelle et d’expression collective. Trois temps forts structurent notamment l’année et mobilisent l’ensemble du territoire : les Chanté Nwèl, le Carnaval et le Tour des Yoles.
Les Chanté Nwèl, qui débutent dès la mi-novembre, sont bien plus que des veillées de chants religieux en créole. Ce sont des rassemblements communautaires où la musique, la cuisine (boudin, schrubb, pâtés), la mémoire et la convivialité s’entrelacent. Organisés par des associations, des mairies, des entreprises ou des familles, ils réactivent les solidarités locales à une période charnière du calendrier.
Le Carnaval, au cœur du mois de février, est un exutoire collectif à la fois festif et subversif, où la rue devient espace de transgression ritualisée. Par ses vidé, ses jours thématiques (Mariage burlesque, Mercredi des Cendres), ses reines et ses groupes à pied, il permet une mise en scène codifiée des tensions sociales, des formes de satire politique, mais aussi une respiration nécessaire dans le rythme de l’année.
Le Tour des Yoles, dont la prochaine édition aura lieu du 27 juillet au 3 août 2025, est un événement unique dans la Caraïbe. Il associe sport de haut niveau, transmission d’un savoir-faire maritime ancestral, et mobilisation populaire à grande échelle. Chaque étape redessine une carte affective du littoral, chaque yole incarne une commune, une équipe, une histoire. Ce n’est pas un simple spectacle nautique, c’est une mise en mouvement du territoire.
Autour de ces grands moments gravitent d’autres pratiques tout aussi structurantes : les fêtes patronales, les soirées bèlè, les commémorations de l’abolition de l’esclavage, les concours de cuisine, la Toussaint vécue comme une célébration. Toutes participent d’un rapport à la transmission, à l’espace public, à la mémoire.
Comprendre ces formes culturelles, ce n’est pas “faire local” : c’est prendre acte de ce qui fonde les équilibres sociaux, les dynamiques d’adhésion ou de rejet, les représentations de la légitimité. Une politique publique sérieuse ne peut s’y soustraire.
Chaque année, environ 4 000 Martiniquais quittent l’île pour la Métropole, attirés par des opportunités éducatives et professionnelles plus favorables. Cet exode, amplifié par un chômage structurel (15 % en moyenne, 40 % chez les jeunes), prive la Martinique de ses forces vives et affaiblit son tissu économique.
Pour inverser cette tendance, il est indispensable de structurer des filières porteuses d’avenir. Le numérique, l’énergie (valorisation du solaire et de la géothermie pour plus d’autonomie, intégration d’un smart grid pour compenser l’intermittence), l’agrotransformation et les circuits courts offrent des perspectives prometteuses.
Des programmes d’investissement ciblés et des mesures favorisant le retour des talents expatriés, soutenus par des incitations fiscales spécifiques, pourraient renforcer l’attractivité économique locale. En parallèle, des partenariats plus étroits entre les entreprises locales et les établissements d’enseignement supérieur en Métropole et dans la Caraïbe contribueraient à limiter la fuite des compétences tout en valorisant les jeunes talents martiniquais.
Malgré ses fragilités, la Martinique dispose d’atouts uniques qui pourraient constituer les fondements d’un développement économique plus résilient. Le rhum agricole, seul au monde à bénéficier d’une AOC, génère environ 100 millions d’euros par an et représente 40 % des exportations agricoles de l’île. Ce produit emblématique pourrait être davantage valorisé par le développement du “spiritourisme”, sur le modèle des circuits écossais autour du whisky, attirant des visiteurs tout en dynamisant l’économie locale.
Le tourisme, bien qu’identifié comme un levier économique, reste un secteur fragile et les stratégies passées n’ont pas permis de structurer une filière durable et compétitive. En 2023, la Martinique a franchi le seuil symbolique du million de visiteurs, générant plus de 500 millions d’euros de retombées économiques. Si cette progression est encourageante, elle masque une réalité plus préoccupante : l’île reste à la traîne par rapport à ses voisins. Sainte-Lucie attire davantage avec trois fois moins d’habitants, et la République dominicaine enregistre onze millions de visiteurs.
Face à cette concurrence, la Martinique ne peut viser l’augmentation mécanique des flux et doit engager une stratégie de différenciation. L’enjeu est de construire une offre touristique plus lisible, qualitative, ancrée dans les circuits économiques locaux. Spiritourisme, écotourisme, tourisme de séjour long et accueil de nomades digitaux doivent structurer un repositionnement ambitieux, fondé sur la valeur plutôt que sur la masse.
Le développement économique de la Martinique doit se faire par un choix clair des filières à privilégier, dont la viabilité réelle et la longévité sont démontrées. Les stratégies généralistes doivent être évitées pour privilégier les secteurs avec un avantage comparatif certain.
La Martinique ne peut être pensée comme une simple périphérie française, mais comme un levier stratégique au service de la puissance nationale. Trois axes majeurs doivent guider son avenir :
À l’horizon 2040, la Martinique doit devenir un modèle d’innovation et de stabilité. Elle peut et doit s’imposer comme un acteur clé de la souveraineté sécuritaire et diplomatique française dans la Caraïbe et en Amérique latine. Avec les investissements adéquats, elle pourra se transformer en modèle d’autonomie régionale et d’innovation.
La France renforcera non seulement son rayonnement, mais également sa capacité à s’adapter aux défis stratégiques, économiques et énergétiques du XXIe siècle.
Taube, M. (24 octobre 2024). Marcellin Nadeau à Bakou pour décoloniser la Martinique : trahison d’État ? L’édito de Michel Taube. Opinion Internationale.
Marianne. (12 décembre 2023). Les voyages tous frais payés de deux députés ultramarins en Azerbaïdjan pour dénoncer le colonialisme français. Marianne.
France Info. (30 octobre 2024). Outre-mer, terres d’ingérences ? France Info.
Le Monde. (5 mai 2024). Outre-mer : des indépendantistes attaqués par l’exécutif sur leurs liens avec l’Azerbaïdjan. Le Monde.
Le Figaro. (13 novembre 2024). Ingérence de l’Azerbaïdjan en Martinique : la France ne doit pas tendre l’autre joue. Le Figaro.
Le Nouvel Observateur. (21 novembre 2024). Pourquoi l’Azerbaïdjan veut en découdre avec la France. Le Nouvel Obs.
Le Point. (7 juin 2024). L’Azerbaïdjan accentue sa campagne contre le néocolonialisme de la France. Le Point.
France-Antilles. (10 février 2025). Marcellin Nadeau : « Je ne crois pas à la concurrence libre et non faussée en Martinique ». France-Antilles.
L’Allemagne présente les résultats de ses contrôles aux frontières, le PPE détaille son plan pour gérer la migration, et la Commission européenne introduit la stratégie ProtectEU pour renforcer la sécurité intérieure. Ces développements reflètent des efforts concertés pour répondre aux enjeux migratoires et sécuritaires actuels en Europe.
Par Aurélien Jean
Alors que le pays vit toujours au rythme des négociations entre CDU et SPD afin d’aboutir à un gouvernement à la suite des élections législatives anticipées du 23 février dernier, la ministre de l’intérieur sortante a présenté le bilan de sa politique migratoire en conférence de presse.
La sociale-démocrate Nancy Faeser attribue la baisse du nombre de demandes d’asile au rétablissement des contrôles aux frontières. Dans le détail, ce chiffre a diminué de 34% entre 2023 et 2024, pour atteindre 213 000 demandes. Pour 2024, la baisse est même de 35% en comparaison de l’année dernière. En parallèle, les douanes ont refusé l’accès au territoire allemand à 50 000 personnes et procédé à l’arrestation d’environ 2 000 passeurs. La ministre s’est satisfaite de ces chiffres, les plus faibles depuis la sortie de la période Covid.
Pour rappel, en octobre 2023, Berlin avait réintroduit les contrôles aux frontières polonaises, tchèques et suisses avant de les élargir au reste des pays voisins en septembre dernier. Cette décision a été présentée comme une exception aux règles de libre circulation régissant les pays membres de l’espace Schengen – qui abolissent en principe ce type de contrôles sauf situation exceptionnelle (comme la France l’a fait valoir suite aux attentats de 2015). La décision allemande était motivée par des critiques récurrentes sur la politique de la coalition de centre-gauche alors au pouvoir, et ce dans la foulée de plusieurs attaques au couteau, notamment à Solingen. Dans plusieurs cas, des demandeurs d’asile avaient été impliqués.
Le prochain gouvernement prévoit de maintenir un ton ferme concernant la politique migratoire, en autorisant la police aux frontières à détenir des migrants devant être expulsés, en agrandissant les centres de détention et en supprimant le regroupement familial pour les demandeurs d’asile. Peu avant la conférence de Mme Faeser, le président de l’agence fédérale pour l’immigration et l’asile avait tout simplement proposé… la suppression du droit individuel à l’asile, provoquant un tollé.
Le Parti Populaire Européen (PPE) compte 188 sièges sur 720 au Parlement européen, et est de ce fait la principale force politique dans l’hémicycle. Il rassemble notamment les Républicains de François-Xavier Bellamy ou la CDU/CSU allemande de Manfred Weber. Il est aussi l’un des grands vainqueurs des élections de 2024 ayant conduit à un net virage à droite – rendant possible une coalition théorique dite « Venezuela » combinant droite, conservateurs et extrême-droite en lieu et place de la traditionnelle alliance droite-centre-sociaux-démocrates-écologistes. Autant dire que sa position sur des thématiques-phares de la nouvelle mandature, comme la migration, sera cruciale pour le devenir des textes présentés.
Dans cette optique, une approche en 9 points a été rendue publique. Intituler « maîtriser la migration : une approche ferme, équitable et tournée vers l’avenir », elle vise à stopper la migration irrégulière afin de ne pas surcharger le système d’accueil et pouvoir ainsi mieux intégrer les migrants légaux. Fruit de différentes visions nationales réunies au sein du PPE, elles combine plusieurs priorités : renforcement des frontières extérieures, protection de l’espace Schengen, lutte intensive contre les passeurs et détermination à contrer l’instrumentalisation des migrants comme armes de guerre hybride. Ce dernier point renvoie à la situation vécue par la Pologne et les pays Baltes, qui subissent une pression migratoire orchestrée par la Russie et la Biélorussie en marge du conflit ukrainien.
Le PPE se félicite aussi de la baisse du nombre d’entrées irrégulières en Europe observée en 2024, et appelle à renforcer le mouvement via une meilleure effectivité des retours forcés et un renforcement du rôle de Frontex pour permettre sa participation aux retours vers les pays tiers. La réduction de la charge administrative (délais, procédures, effets non suspensifs…) fait aussi partie du programme tout comme la surveillance des frontières au moyen de technologies comme l’IA, les drones ou les systèmes biométriques. Se félicitant des premiers résultats en la matière, la poursuite des coopérations avec les pays tiers est aussi envisagée, au besoin en utilisant les armes de l’aide au développement et des visas. Le PPE veut, en outre, solidifier les politiques d’intégration en ce qui concerne l’immigration légale et l’attraction des talents.
Enfin, le parti reconnait que l’Europe doit changer d’approche, en passant de la « sécurité aux frontières » à la « défense des frontières » et en y allouant des ressources suffisantes dans le prochain budget pluriannuel (MFF).
Le 3 avril dernier, la Cour de Luxembourg a statué sur la possibilité d’extrader un individu faisant l’objet d’un mandat d’arrêt vers le Royaume-Uni (en l’espèce, une personne soupçonnée de terrorisme en Irlande du Nord). La question était de savoir si cela était possible, attendu le durcissement des règles de libération conditionnelle intervenu sur le territoire britannique après la commission des faits en cause. Un détenu doit désormais purger les deux tiers de la peine avant de pourvoir espérer bénéficier du dispositif, contre une libération automatique dès la moitié de la peine effectuée dans le système précédent.
La Cour, en Grande chambre (arrêt C-743/24 Alchaster II), a estimé que l’extradition était possible et ne violait pas la Charte des Droits Fondamentaux de l’UE et, notamment, qu’elle ne contrevenait pas à l’interdiction d’infliger rétroactivement des peines plus fortes que celles applicables au moment de l’infraction. Elle estime dans son raisonnement qu’il faut séparer les notions de « peine » et « d’exécution » de la peine. En outre, le régime britannique continue de prévoir une possibilité de libération conditionnelle et ne conduit pas à un prolongement de la durée totale de détention.
Annoncée à Strasbourg fin mars, cette nouvelle stratégie s’inscrit dans la droite lignée des précédentes initiatives en matière de lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée. Elle reflète aussi les évolutions politiques à l’œuvre depuis déjà plusieurs mois – et singulièrement suite aux dernières élections européennes ayant conduit à un net virage à droite.
ProtectEU affiche de larges ambitions, attendu entre autres le nombre consistant de domaines d’action visés. Sans prétendre à l’exhaustivité, citons : la lutte contre le narcotrafic, la protection des victimes, le renforcement des moyens européens, l’amélioration significative de la coopération entre les autorités nationales (notamment en matière de renseignement), une approche plus efficace du problème de la cybercriminalité ou encore une vision renouvelée de la coopération internationale (avec, sur ce point, une refonte de la directive sur les visas).
De manière concrète, Frontex verra ses moyens humains augmentés à 30 000 agents (contre initialement 10 000 prévus pour 2027). Eurojust se verra aussi mieux dotée en moyens humains et matériels, tout comme Europol ; les deux agences basées à La Haye (Pays-Bas) devant être plus opérationnelles et appuyer plus efficacement les Etats-membres (EM).
Néanmoins, aucun délai n’a été fourni, si ce n’est que les textes seront présentés entre 2025 et 2026. Cela illustre toutes les limites du modèle européen des « stratégies » et autres « plans d’action ». Reposant intrinsèquement sur le bon vouloir des EM sur un sujet dans lequel l’UE n’intervient qu’en appui la Commission ne peut se substituer aux efforts nationaux en matière de coordination. Reste aussi à voir comment tripler les effectifs et, surtout, comment financer ces mesures alors que la négociation du prochain budget européen va commencer et que les autres priorités brûlantes ne manquent pas entre agriculture, industrie et, bien sûr, défense.
Euractiv, 01/04/2025, « La ministre allemande de l’Intérieur justifie la baisse de l’immigration par les contrôles aux frontières »
EPP Group, 03/04/2025, « Prise de position du groupe PPE sur l’exploitation des migrations »
Agence Europe, 04/04/2025, « La Cour de justice de l’UE se prononce sur les conditions de remise au Royaume-Uni d’une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt »