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Santé

photo simple représentant le médical et la santé, environnement médical propre et professionnel

Le régime de santé dans les autres pays de l’UE 

By Santé, Affaires européennes

Par Viviane MEYER, adhérente du CRSI 

Panorama européen : des systèmes différents, une protection commune

Dans l’UE, il n’existe pas un système unique de santé. Chaque pays garde son propre régime de santé, mais on retrouve surtout 3 grands modèles : bismarkien, beveridgien et hybride.

Les régimes d’assurance-chômage d’inspiration bismarkienne sont administrés par les partenaires sociaux tandis que les systèmes beveredigiens sont gérés directement par l’Etat.

Le modèle assurance sociale

Le modèle d’assurance sociale, souvent appelé modèle bismarckien, repose sur le versement de prestations aux individus assurés par le biais de cotisations. Il est financé principalement par des cotisations sociales. La France fait partie de cette famille, même si son système est devenu plus universel. La couverture est liée historiquement au travail, même si elle est aujourd’hui souvent élargie à l’ensemble de la population. Les soins sont assurés par des caisses d’assurance maladie, tandis que les hôpitaux et médecins peuvent être publics ou privés conventionnés. Les pays de l’Union européenne concernés sont l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et l’Autriche.

Le modèle service national de santé

Le modèle beveridgien, qui date de 1942 au Royaume-Uni, repose sur le versement de prestations aux personnes qui en ont besoin, financées par l’impôt. La prise en charge est organisée directement par l’État ou les régions, et l’accès est souvent très large pour tous les résidents. Le secteur public y occupe une place très importante. Les pays de l’Union européenne concernés sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Suède et le Danemark. Dans ces pays, l’idée directrice est la suivante : la résidence vaut accès au système public.

Les systèmes mixtes

Beaucoup de pays combinent un financement par l’impôt et par des cotisations, avec une offre de soins à la fois publique et privée, ainsi qu’une couverture de base publique, accompagnée parfois d’une place importante accordée aux assurances complémentaires. Les pays de l’Union européenne concernés illustrent cette diversité : les Pays-Bas ont mis en place une assurance santé obligatoire auprès d’assureurs privés encadrés, l’Irlande dispose d’un système public avec une forte présence du secteur privé, et plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ont également adopté des modèles hybrides.

Quelles sont les 7 différences principales entre pays de l’UE ?

– Le mode de financement : impôts, cotisations, ou les deux ;

– Qui est couvert : tous les résidents, les travailleurs, ou couverture universelle ;

– La part du privé ;

– Le reste à charge pour le patient ;

– Les délais d’attente ;

– Le rôle du médecin généraliste comme porte d’entrée ;

– La place des complémentaires santé.

 

Un tableau plus éclairant :

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Cependant, les pays de l’Union européenne partagent plusieurs points communs : une couverture large de la population, une forte intervention publique, des règles de coordination pour les soins entre États membres, ainsi que la possibilité d’utiliser la CEAM (carte européenne d’assurance maladie) pour des soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire dans un autre pays de l’UE.

Conclusion :

Le régime de santé dans les autres pays de l’UE repose majoritairement soit sur : une assurance maladie sociale, soit un service national de santé, soit un système mixte. La vraie différence n’est donc pas de savoir s’il existe une protection santé, mais comment elle est financée et organisée.

La France semble être le pays le plus généreux de l’UE, il est classé comme un des meilleurs au monde par l’OMS, avec un remboursement élevé, un accès large aux soins. Il est donc particulièrement protecteur. En effet, une couverture universelle renforcée par la Complémentaire Santé Solidaire (CSS).

Les pays nordiques offrent un système très équitable, mais avec des temps d’attente très longs s’agissant de l’accès aux soins.

L’Allemagne et les Pays-Bas disposent de systèmes efficaces, mais un peu plus coûteux pour l’usager.

Il est donc impératif de prendre la dimension de ce problème majeur pour la France, qui ne peut assumer un coût extrêmement important de la santé, avec néanmoins des déserts médicaux, des temps d’attente absolument intolérables même dans les services d’urgence, et un manque de médecins évident. À cela s’ajoute une fraude exponentielle, dont le montant pourrait contribuer à colmater certaines brèches intolérables au lieu de remplir des poches indélicates. À titre d’information, l’Assurance Maladie a détecté en 2025 pas moins de 723 millions d’euros de préjudices, confirmant une fraude structurelle importante et croissante, contre 466 millions d’euros en 2023.

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La souveraineté française en matière de santé

By Santé

par Viviane MEYER, adhérente du CRSI

Souveraineté sanitaire : la France face à ses fragilités et ses ambitions

Un réveil brutal : la leçon du COVID-19

La crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 a constitué un électrochoc majeur pour la France. Elle a mis en lumière de façon brutale les fragilités structurelles accumulées depuis des décennies.

État des lieux : un déclin industriel préoccupant

L’industrie pharmaceutique française en recul. Il a été divisé par deux depuis 2005, soit un recul de près de 15 ans. La France est passée de 1er producteur européen de médicaments à celle de 3ème producteur soit derrière l’Allemagne et l’Italie. Les pénuries de médicaments se sont multipliées, touchant des produits essentiels comme l’amoxicilline ou le paracétamol.

Le secteur souffre d’une dépendance structurelle aux importations. Une large part des principes actifs des médicaments est produite en Asie, notamment en Chine et en Inde. Cette dépendance expose la France à des ruptures d’approvisionnement en cas de crise géopolitique ou sanitaire.

Réponse de l’État

La stratégie Innovation Santé 2030, lancée par le gouvernement, vise à placer la France au premier rang européen en termes de recherche et de souveraineté dans le domaine de la santé par la relocalisation. Elle s’attache effectivement à relocaliser des productions pharmaceutiques stratégiques sur le territoire français et européen ainsi qu’à développer les biotechnologies, la médecine de précision et les thérapies innovantes. Les principaux piliers sont l’innovation, sur l’ensemble de la chaîne pharmaceutique, les conditions commerciales que notre pays offrira, et l’approvisionnement, soit notre place sur le réseau logistique européen, voire mondial.

Mais soulignons que la France est particulièrement en pointe s’agissant de la production de médicaments complexe.

Réponse au niveau européen

La « Health Emergency Response Authority (HERA) » a été créée au niveau de l’Union européenne pour anticiper et répondre aux urgences sanitaires transfrontalières. Par ailleurs, elle vise à coordonner les stockages stratégiques de médicaments et équipements ainsi qu’à renforcer la résilience collective des États membres face aux crises. C’est donc une sécurité pour tous les pays de l’UE, que cette approche anticipative permet.

Faut-il une souveraineté absolue pour la santé ?

La souveraineté française ne signifie pas une autonomie totale, elle est impossible et pas véritablement souhaitable. Nous sommes en effet, interdépendant et réciproquement pour tous les autres pays membres de l’UE. À titre d’exemple, 98% des médicaments mis à disposition des patients français sont produits en Europe, ce qui illustre que la souveraineté se construit à l’échelle continentale. Les innovations européennes, en filières industrielles, constituent une formidable opportunité pour restaurer la souveraineté sanitaire française et européenne, à condition d’agir dans une cohérence stratégique.

En conclusion :

La France se trouve à un moment charnière de sa politique industrielle en matière de santé, les décisions prises aujourd’hui conditionneront son autonomie stratégique pour les décennies à venir. La France par son savoir-faire scientifique, a un véritable rôle à jouer, elle ne doit pas laisser cette opportunité lui échapper par une surabondance législative inutile et paralysante. 4 points majeurs pour envisager une politique industrielle de Santé pour notre pays :

– La relocalisation industrielle pharmaceutique

– L’investissement massif dans la recherche et l’innovation

– La souveraineté numérique des données de santé

– La coopération européenne comme levier d’interdépendance choisie

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Et si on organisait la contre publicité du « STUP » ?

By Santé, Sécurité/Justice

– Tribune par LL & D Brogi

Alors que le narcotrafic prospère dans l’ombre, il serait temps de révéler  au grand jour ce que nos enfants s’injectent dans les veines et se mettent  dans les narines. 

Modèle unique et universel, l’économie de marché repose sur des principes  intangibles : la rencontre entre une offre et une demande, la concurrence qui tend  à réduire les prix quitte à affecter parfois la qualité … L’économie de marché  respecte les règles ou les contourne, s’applique aux biens et aux services, concerne  les produits légaux et illégaux comme les stupéfiants. 

Tous les Etats occidentaux étant confrontés sur leurs sols respectifs aux  conséquences du trafics de stupéfiants, on peut sans naïveté poser le constat que  l’ensemble des gouvernants font face depuis plusieurs décennies à des forces  occultes qui les tiraillent, les contraignent, les dépassent voire les servent*, au  point que le trafic poursuit inexorablement sa progression. 

Pour autant les faits sont têtus : en 2024, les services français (police,  gendarmerie, douanes et marine nationale) ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne, soit  une augmentation de 130 % par rapport à 2023 (23 tonnes), selon des chiffres du  ministère de l’Intérieur. 

Le narcotrafic est principalement apprécié à travers les sommes d’argent  astronomiques que ce trafic mondial génère, de la violence qu’il engendre, des  victimes dont la jeunesse émeut l’opinion chaque jour un peu plus, des marches  blanches et rassemblements en guise de réponses symboliques. 

Victimisé, le profil du consommateur est difficile à esquisser : il est « madame et  monsieur tout le monde », « addict » ou tenté par l’expérience de l’interdit, adepte  d’un produit récréatif régulier ou d’un booster d’énergie décuplée, acteur d’une  occasion qui se présente, junior comme sénior, en tout cas largement influencé  par un effet de mode, l’idée de ne pas passer pour ce que l’on n’est pas, ou adopter  définitivement le style de vie magnifié à partir des années 70. 

La dimension santé publique est quant à elle réduite aux débats caricaturaux tels  que l’opportunité de légaliser les drogues malnommées « douces », la pertinence  d’installer des salles de shoot, l’obligation de sécuriser les espaces publics où les  « camés » s’effondrent, la nécessité de reprendre les quartiers où se barricadent  les parrains et leurs armées, les « territoires perdus de la République ». 

Après avoir créé un Parquet national anticriminalité organisée (les 16 magistrats  du PNACO sont nommés à compter du 5 janvier 2026.), après avoir clamé que  « chaque consommateur avait du sang sur les mains », le Président souhaite que le montant des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage de stupéfiants  soit porté à 500€. Au-delà d’un nouvel effet d’annonce, peut-on raisonnablement  imaginer que cette hausse du montant de l’AFD (dont on sait que le taux de  recouvrement est et demeurera marginal) ait un réel effet sur le comportement  des consommateurs ?

Il reste un angle mort dans la lutte contre la consommation de stupéfiants :  savons-nous précisément de quoi se composent ces psychotropes ? 

Investir toutes les consciences 

Alors que nous sommes capables d’imposer sur les boites de médicaments le détail  des substances qui les composent et les effets indésirables qu’ils peuvent produire,  alors que nous sommes capables d’imposer le nutri-score sur les aliments, il n’est  pas venu à l’esprit de la puissance publique d’en faire de même pour les stupéfiants  alors que ce serait si simple. 

Faisons une expérience de pensée :  

Les forces de l’ordre saisissent chaque année plusieurs tonnes de drogues  différentes et partout sur le territoire. 

Si les laboratoires d’analyses de la Police et de la Gendarmerie se penchaient sur les drogues saisies, ils pourraient assurément lister les produits qu’elles  contiennent. La valeur de ces analyses ne pouvant être remise en cause, cela  présenterait de nombreux intérêts dans le temps et l’espace : elles permettraient  d’une part d’identifier les évolutions de la composition par type de drogue, d’autre  part, de préciser ce qui est vendu aux consommateurs dans la profondeur du  territoire puisque plus aucune commune n’est épargnée. 

Jusque-là rien de rare ; la nouveauté consisterait à le faire savoir. 

Ainsi, une médiatisation de masse de ces analyses pourrait alors être  périodiquement organisée dans les médias nationaux et locaux, à des moments  clés, par exemple à la rentrée scolaire ou avant les périodes de vacances, sur les  zones géographiques accueillant vacanciers français ou étrangers. 

Imaginez l’impact d’un spot télévisé diffusé en « prime time », détaillant que les  centaines de kilos saisis à Marseille ou au Havre sont coupés avec des substances  aussi repoussantes que les pires armes chimiques que les traités interdisent. 

Communiquer pour faire savoir, communiquer pour comprendre, communiquer pour s’extraire des fausses croyances, des mythes et des impensés, communiquer  pour exposer une vérité crue. 

Peut-être alors le « stup » serait moins « fun » aux yeux des consommateurs ? 

Si les toxicomanes savaient, si leurs proches étaient informés, il y a fort à penser que le marché des stupéfiants s’en trouverait au moins perturbé au mieux entravé,  les vies préservées et la société plus apaisées. 

Une chose est sûre, communiquer sur la composition des stupéfiants alimenterait  les débats des repas de familles dominicaux et ce serait assurément la première  contre-publicité originale et efficace. 

Adapter l’arsenal des sanctions est vertueux, communiquer autrement est  disruptif ! 

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* Pour mémoire, en 2018, l’’INSEE a décidé d’intégrer le trafic de drogue dans le calcul du PIB français,  conformément aux recommandations d’Eurostat avec un impact significatif sur les chiffres économiques (+2,5  milliards d’euros sur le PIB, +3 milliards d’euros sur la consommation finale des ménages).