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Thibault de Montbrial - Sécurité Intérieure

Figarovox – Juvisy : « La violence en bandes devrait être au cœur de la campagne présidentielle »

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Samedi soir, des jeunes ont semé la terreur dans un quartier calme de Juvisy. Pour Thibault de Montbrial, ces bandes mues par une haine de notre pays atteignent un degré de violence paroxysmique.

FIGAROVOX. – Une bande venue d’Athis-Mons a semé la terreur samedi soir dans un quartier calme de Juvisy. Ce type de violence semble s’installer dans le pays. Est-ce le cas ?

Thibault de MONTBRIAL. – Les violences commises en bande se multiplient sur le territoire national.

Ces phénomènes sont le plus souvent observés dans les transports. Certains TER de la région PACA en sont ainsi régulièrement la cible, comme d’autres en Rhône-Alpes et en région parisienne.

Mais les forces de l’ordre sont les premières victimes de ces violences de groupe.

Tout le monde conserve à l’esprit la dramatique attaque de deux équipages de police survenue à Grigny le 8 octobre 2016, au cours de laquelle deux policiers avaient été grièvement brûlés.

Depuis le début 2017 et pour ne s’en tenir qu’aux seuls événements dont j’ai pu avoir connaissance, des policiers ont été victimes de violences graves et ont dû battre en retraite avec des blessés lors du tournage d’un clip de rap à Mantes-la-Jolie, après un contrôle à Bobigny, ou encore dans une banlieue de Nancy.

La tendance est donc nettement à l’accentuation de ce phénomène de «bandes». Leur violence toujours plus désinhibée n’est guère freinée par des moyens policiers très vite submergés par le nombre. Quant au système judiciaire, il est dépassé, d’une part du fait de la difficulté de rassembler les preuves contre les participants à ces razzias, et d’autre part, en raison de l’entrave que constitue l’ordonnance de 1945 applicable aux nombreux participants mineurs: lorsque ceux-ci sont arrêtés, leur remise en liberté assortie d’une lointaine convocation chez le juge des enfants n’a en effet pas grand-chose de dissuasif.

Certains des casseurs seraient rentrés dans un appartement privé pour le saccager. N’y a-t-il pas un risque d’un basculement collectif dans l’autodéfense ?

Non seulement la propriété privée n’est pas un frein à la violence, mais elle constitue manifestement une incitation.

Comme certains des commentaires recueillis par la presse auprès de riverains de Juvisy concernés le montrent, de tels phénomènes ne peuvent sur la durée qu’inciter les résidents à envisager leur sécurité différemment.

Plutôt que le terme péjoratif d’autodéfense, je préfère l’expression légale de légitime défense, qui permet à un individu qui est soumis à une agression d’utiliser la violence pour se défendre ou défendre des tiers (famille, voisins…). À cet égard, il est intéressant de rappeler que le Code pénal prévoit une présomption de légitime défense spécifique pour «celui qui accompli l’acte pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence» (article 122-6-2e).

Lorsque l’irruption dans un appartement se produit la nuit, cette présomption se combine à celle prévue par le 1er alinéa de ce même article 122-6 du Code pénal, qui présume de la légitime défense de «celui qui accomplit l’acte pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité».

Il va de soi que si, dans un monde idéal, il appartient à la police et à la gendarmerie de protéger les populations, personne ne pourra sérieusement reprocher à un père de famille de défendre sa famille y compris par la violence si les forces de l’ordre n’ont pu empêcher l’agression subie, qu’elles aient été débordées ou que, trop peu nombreuses, elles soient tout simplement absentes.

Les politiques proclament leur refus des zones de non-droit mais ont-ils selon vous pris la mesure de cette violence endémique ?

On sent un embarras politique autour de cette question. Si certains ont la lucidité de reconnaître l’existence de «zones de non-droit» sur notre territoire, d’autres dans un mélange d’angélisme, de déni et d’incantation, prétendent toujours qu’elles n’existent pas.

La réalité permet de jouer sur les mots: s’il n’existe aucun endroit du territoire qui soit totalement et en permanence inaccessible aux forces de l’ordre et aux services de secours, certaines zones ne font plus l’objet que d’intrusions ponctuelles d’effectifs en nombre, pour les besoins d’une opération précise et pour une durée limitée. Mais en pratique, les forces de l’ordre n’y sont plus présentes au quotidien, état d’urgence ou pas.

D’une façon générale, les hiérarchies préfectorales et policières n’hésitent plus à décourager, voire à interdire verbalement aux équipages de sécurité publique de se rendre dans tel ou tel quartier, sous le prétexte édifiant de ne pas «provoquer». La même logique conduit à stationner les unités de CRS ou de gendarmes mobiles à l’extérieur des périmètres les plus chauds. La crainte quotidienne des autorités est qu’un «incident», comme on appelle pudiquement les guets-apens contre les policiers, gendarmes ou pompiers par des bandes agressives et souvent armées, ne conduise les fonctionnaires à ouvrir le feu pour se dégager, ce qui constituerait l’étincelle que chacun redoute avant un enchaînement de grande violence.

Il faut avoir la lucidité de comprendre deux choses. D’abord, ces bandes sont constituées autour d’une logique ethnico-territoriale, et leur développement est une des nombreuses conséquences néfastes de la communautarisation de la société. Ensuite, corollaire du point précédent, ces bandes sont mues par une haine de notre pays, qui s’exerce contre ses représentants (les forces de l’ordre) et ses habitants, comme dans les transports ou bien à Juvisy samedi.

Il s’agit donc d’un phénomène d’une gravité extrême, à la fois par ses causes éthiques et par son expression.

À cet égard, je suis sidéré de constater que la question de ces violences en bandes ethnico-territoriales est quasiment absente des débats politiques actuels, qu’il s’agisse des primaires de droite ou de gauche ou des déclarations publiques des autres candidats. À supposer que l’explosion générale de violence redoutée par la plupart des professionnels ne survienne pas d’ici à la prochaine élection, il est crucial que notre prochain président de la République prenne conscience de ce que les tensions ont désormais atteint sur différents points de notre territoire un degré paroxysmique, et nécessiteront d’autres initiatives que les éternelles condamnations de circonstance pour éviter une réaction en chaîne dont chaque jour nous rapproche.

BFM TV : « Cette année 2017 signera-t-elle la fin de Daesh ? »

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François Hollande était ce lundi en déplacement à Bagdad, en Irak, pour une visite qu’il a placée sous le signe de la lutte contre les jihadistes.

Le chef de l’État a prédit que 2017 sera « une année de victoire contre le terrorisme », alors qu’un nouvel attentat ensanglantait la capitale irakienne. – Avec: Béatrice Brugère, secrétaire générale FO magistrats et ex-juge antiterroriste. Mohamed Sifaoui, journaliste, spécialiste des questions de terrorisme et auteur de « Pourquoi l’islamisme séduit-il ? Éléments de réponse » (Éd. Armand Colin). Thibault De Montbrial, avocat, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure et auteur de « Le sursaut ou le chaos » (Éd. Plon). Et le Général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre et professeur de stratégie à Sciences-Po. Auteur de « La dernière bataille de France » (Éd. Gallimard). – 19h Ruth Elkrief, du lundi 2 janvier 2017, sur BFMTV.

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Le Figaro : « Attentat de Berlin : décryptage d’un incroyable fiasco sécuritaire et politique européen »

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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que l’enquête se poursuit, Thibault de Montbrial revient dans un entretien fleuve sur les attentats de Berlin. Pour lui, le véritable défi qui est posé à l’Europe est celui de l’islamisme et non seulement du terrorisme.

Deux semaines après les attentats de Berlin, l’enquête se poursuit et les révélations se multiplient. La police berlinoise avait surveillé Anis Amri de mars à septembre 2016 car elle soupçonnait cet individu classé «dangereux» depuis des mois de vouloir acheter des armes pour commettre un attentat. Peut-on parler de négligence?

Thibault de Montbrial: Même s’il est difficile de se prononcer de la base de premiers éléments d’enquête nécessairement incomplets, il semble que la sécurité intérieure allemande ait en l’espèce, pour le moins, fait montre d’une certaine légèreté.

Pour autant, en même temps que sont révélés ces possibles dysfonctionnements, il faut noter que les dirigeants allemands ont aussitôt engagé une analyse critique de leur politique anti-terroriste avec une certaine lucidité, du moins dans le propos. Il faudra voir si au-delà des mots, l’audit annoncé débouche sur la mise en œuvre de modes opératoires plus performants.

L’Allemagne a-t-elle sous-estimée la menace terroriste?

Très clairement oui. Pourtant, depuis le début 2016, les coups de semonce se multipliaient: attaque d’un policier par une adolescente germano-marocaine de 16 ans à Hanovre (février, 1 blessé) ; attaque des passagers d’un train à l’arme blanche par un jeune demandeur d’asile de 17 ans à Wurtzbourg (juillet, 5 blessés) ; attentat suicide d’un réfugié Syrien de 27 ans lors d’un festival à Ansbach (juillet, 15 blessés) ; projets d’attaques d’un aéroport berlinois par un réfugié syrien (octobre) et d’un marché de noël à Ludwigshafen par un enfant de 12 ans d’origine irakienne (fin novembre) sans compter l’identification d’une taupe au sein du renseignement intérieur allemand il y a quelques semaines: on ne peut pas dire que les avertissements aient manqués.

Mais pour un certain nombre de raisons qui tiennent tant à son histoire qu’à l’euphorie qui a accompagné la vague migratoire de 2015/2016, les allemands se sont sans doute crus plus à l’abri que des pays comme la France et n’ont que peu adapté leur arsenal juridique (pas de texte de procédure anti-terroriste spécifique) et sécuritaire (peu ou pas de vidéo surveillance ; peu de présence policière sérieusement armée sur le terrain).

Les observateurs qui comparent l’attaque de Berlin à celle de Nice ont raison pour le mode opératoire, mais pas pour l’effet psychologique. Celle de Berlin est la première attaque islamiste d’ampleur subie par l’Allemagne alors que celle de Nice est venue s’ajouter à une liste hélas déjà longue d’attaques massives réussies (Charlie, 13 novembre) ou ratées (Villejuif, Thalys) que la France avait connues depuis 18 mois.

D’un point de vue psychologique, l’attaque de Berlin correspond, pour les allemands, à ce qu’a constituée l’attaque de janvier 2015 pour les français. Il sera intéressant d’observer la réaction de nos voisins sur le moyen terme, aussi bien dans l’adaptation juridique que de la posture sécuritaire. Il est d’ores et déjà manifeste que le débat sera central au cours de la période électorale qui s’ouvre outre-Rhin.

Il est navrant que la réponse du Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker aux derniers évènements soit d’encourager à toujours plus d’ouverture.

Amri a aussi pu échapper à une expulsion d’Allemagne après le rejet de sa demande d’asile. Le jeune homme, sous le coup d’une condamnation dans son pays pour vol, avait fui la Tunisie par la mer en mars 2011. En Italie, il a purgé jusqu’en mai 2015 près de quatre années de détention pour un incendie criminel. Après l’attentat, il a transité par la France. Cela interroge sur les frontières de l’Europe et le droit européen …

Le parcours d’Amri est consternant. Après avoir incendié le centre de réfugiés qui l’avait accueilli à son arrivé début 2011, l’intéressé a pu rester en Europe à l’issue de ses quatre années de détention en Italie ; repéré par les Allemands pour sa radicalisation, il a fait l’objet d’une surveillance pour le moins légère ; après le rejet de sa demande d’asile, il est demeuré sur le territoire européen ; enfin, après l’attentat et bien qu’il ait fait l’objet d’une fiche de recherche dans toute l’Europe, il a pu tranquillement traverser quatre frontières (Allemagne/Pays-Bas, Pays-Bas/Allemagne, Allemagne/France, France/Italie) tout en portant une arme sans être inquiété le moins du monde. Ces évènements successifs illustrent la faillite de la construction européenne en matière de sécurité, mélange d’angélisme idéologique et d’impuissance à appliquer ses propres textes.

Pour ce qui concerne le cas particulier des conséquences sécuritaires de la libre circulation au sein de l’espace Schengen, je suis frappé par le parallèle entre le parcours d’Amri et celui de Medhi Nemmouche fin mai 2014.

À l’époque, l’auteur de l’attaque du musée juif de Bruxelles (4 morts) avait pu tranquillement monter dans un autocar en Belgique et n’avait été arrêté à Marseille que par l’heureux hasard d’un contrôle douanier inopiné. Il avait passé la frontière belgo/française avec une kalachnikov dans son sac sans la moindre difficulté. Trente mois plus tard, et bien que les pays intéressés aient entretemps fait application des mécanismes dérogatoires du traité de Schengen permettant de reprendre les contrôles aux frontières, l’homme le plus recherché d’Europe a donc pu lui aussi franchir quatre frontières avec une arme à feu sans être inquiété le moins du monde, et c’est là encore un contrôle inopiné qui a permis sa neutralisation.

À chaque attentat, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le gruyère européen est traversé de part en part par ceux qui sont venus s’y attaquer. Il est à cet égard particulièrement navrant que la réponse du Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker aux derniers évènements soit d’encourager à toujours plus d’ouverture. Vient un moment où on ne peut plus s’étonner que l’irresponsabilité de tels discours renforce l’attractivité de certains populismes.

Il faut avoir conscience que la formidable vague migratoire qui s’est abattue sur l’Europe depuis deux ans porte le germe de difficultés à venir qui dépassent d’ailleurs largement le terrorisme.

En Allemagne, le débat s’est également focalisé sur l’accueil des migrants. Il est avéré que des djihadistes se glissent parmi ces derniers. Un principe de précaution doit-il être mis en place?

Non seulement il est avéré que des djihadistes se glissent parmi les migrants, mais tout le monde a oublié que le programme avait été annoncé dès l’hiver 2015! En effet, les services de sécurité italiens avaient indiqué dans une note que l’État islamique allait contribuer à organiser une vague migratoire sans précédent à compter de l’été, afin d’une part de déstabiliser l’Europe par le nombre de migrants et d’autre part de permettre, par les conséquences de la submersion sur l’efficacité des contrôles, l’infiltration de ses combattants au sein du territoire européen.

Force est de constater que le programme annoncé a été exécuté à la lettre. Outre les auteurs d’attaques ou de projets d’attaques en Allemagne rappelés ci-dessus, il faut se souvenir que plusieurs des auteurs de l’attaque du 13 novembre sont passés par la route des migrants. C’est également le cas de l’auteur de l’attaque du Thalys d’Août 2015, qui l’a détaillé récemment sur procès-verbal devant le Juge d’Instruction, ou encore de l’assaillant du commissariat du 18ème arrondissement de Paris, abattu par des policiers le 7 janvier 2016.

Dès lors, il est par hypothèse certain que d’autres individus sont ainsi entrés en Europe par la route des migrants et qu’ils attendent des instructions et/ou des moyens pour agir.

Dans ces conditions, je suis sidéré d’entendre encore certains hommes politiques français nier encore la réalité que constitue l’infiltration des migrants par les djihadistes, alors qu’elle a d’ores et déjà été judiciairement établie à de multiples reprises.

S’il n’est évidemment pas question d’opérer un amalgame mécanique entre migrants et djihadistes, il faut avoir conscience que la formidable vague migratoire qui s’est abattue sur l’Europe depuis deux ans porte le germe de difficultés à venir qui dépassent d’ailleurs largement le terrorisme. Anesthésiés par l’émotion d’une photo, nos dirigeants ont ouvert tout grand leurs portes à des centaines de milliers de personnes dont ils ont pour la plupart été incapables de contrôler l’origine et l’identité.

Depuis, outre la problématique de l’infiltration terroriste, il est avéré que beaucoup ne fuient pas la guerre mais s’inscrivent dans une logique de migration économique et l’Allemagne a brutalement découvert à l’occasion de la Saint-Sylvestre 2015 non seulement à Cologne, mais dans plus d’une dizaine de villes, des difficultés imprévues liées à cette nouvelle immigration. Nos dirigeants ont cru que, parce qu’ils fuyaient la précarité, les nouveaux migrants allaient accepter de renoncer à leur culture et l’expérience montre aujourd’hui que la réalité est significativement plus complexe.

Cette affaire illustre de façon criarde la faillite de l’Union Européenne à appliquer son propre droit, puisque le taux d’exécution des expulsions liées au refus d’asile est inférieur à 5%

Enfin, cette affaire illustre de façon criarde la faillite de l’Union Européenne à appliquer son propre droit, puisque le taux d’exécution des expulsions liées au refus d’asile est inférieur à 5%: ainsi en pratique, il est acquis que quelle que soit son origine sociale et son objectif (fuir la guerre ou immigration économique), un migrant qui arrive à pénétrer sur le territoire de l’Union Européenne a plus de 95% de chance d’y rester quoi qu’il arrive.

Cette politique devrait à mon sens être totalement revue, selon des modalités de fermeté (sur le modèle australien par exemple) qui mériteraient à elles seules un article entier ; en toute hypothèse, il est irresponsable d’accueillir ces gens en sachant à l’avance qu’on ne pourra pas expulser ceux qui ne remplissent pas les critères de l’octroi de l’asile, car cela constitue un appel d’air que la complicité de certaines associations avec les passeurs, récemment dénoncée par l’agence FRONTEX, ne risque pas d’atténuer.

Près de deux ans après la tuerie de Charlie Hebdo, l’Europe est-elle prête à relever le défi de l’islamisme et du terrorisme?

Le véritable défi qui est posé non seulement à l’Europe, mais à l’Occident, est celui de l’islamisme. Nombreux sont ceux qui évoquent encore «le terrorisme» comme s’il s’agissait d’une entité autonome. Il faut rappeler une fois encore que le terrorisme n’est qu’un moyen, mis au service d’une cause: l’islamisme, qui est une doctrine politique de conquête.

Or, le terrorisme n’est lui-même qu’un des moyens d’action de cette doctrine. En effet, pour s’en tenir à la France, nombreux sont ceux qui, dans le monde associatif notamment, sont aujourd’hui engagés dans un combat communautariste qui a vocation à saper notre lien social. Le CCIF est par exemple aussi actif qu’habile en la matière, combinant logique victimaire, culpabilisation de notre société et revendications communautaristes incessantes. Du côté de l’UOIF, la logique et les objectifs sont régulièrement mis en lumière, comme encore récemment dans l’excellente enquête de Bernard de la Villardière diffusée sur M6 qui a en particulier mis en exergue la duplicité de certains élus locaux.

Il faut rapprocher ces agissements des chiffres révélés par l’Institut Montaigne cet automne: 28 % de ceux qui se réclament de religion, de culture ou de tradition musulmane considèrent la charia comme supérieure à la loi de la république (avec une terrifiante proportion de 50 % chez les jeunes…). Il apparaît ainsi que le défi qui est proposé aux occidentaux par l’islamisme radical dépasse de loin la seule violence du terrorisme commis en son nom.

L’Occident traverse aujourd’hui une grave crise d’identité. Notre survie comme civilisation ne passera que par une réappropriation du socle millénaire sur lequel nous nous sommes construits

Cette «guerre» peut-elle être gagnée uniquement par une politique sécuritaire? Le combat est-il également idéologique et psychologique?

Bien entendu. C’est la nécessaire conséquence du constat qui précède. L’islamisme de conquête est loin de reposer exclusivement sur la violence. En toute hypothèse, il est essentiel de tenter d’éviter la fracture que les islamistes veulent nous imposer. Pour tenter d’y parvenir, il est absolument crucial de «réarmer» notre société sur les plans idéologiques et psychologiques. Les travaux de l’universitaire Gilles Kepel démontrent notamment que l’attirance d’une fraction de la jeunesse française pour le djihadisme repose pour beaucoup sur une quête de sens et une transcendance proposée par l’islam.

L’Occident traverse aujourd’hui une grave crise d’identité. Notre survie comme civilisation ne passera que par une réappropriation du socle millénaire sur lequel nous nous sommes construits: un rationalisme issu de la culture gréco-latine et une gouvernance humaniste issue des Lumières, qui ont offert à l’Homme le cadre le plus libre d’organisation sociale connue à ce jour: liberté de croire, de ne pas croire ou de changer de croyance ; égalité homme/femme ; choix de nos dirigeant.

Ceux qui considèrent que l’Occident en général, et l’Europe en particulier, doit renier ses racines et s’accommoder d’un multiculturalisme qui gommerait ce socle millénaire commettent à cet égard une erreur stratégique calamiteuse. D’abord, ils offrent à notre ennemi l’un de ses arguments majeurs de recrutement, qui repose sur le constat de notre propre vacuité. Ensuite, et quelles que soient les intentions qui président à leurs errances, leur attitude n’est perçue que comme une faiblesse qui renforce la détermination islamiste. Enfin ils oublient que, dans la construction des individus comme celle des peuples, seule la connaissance et l’acceptation de son identité permet de se structurer et donc d’une part, de vivre selon des règles admises par chacun, et d’autre part, de tendre la main aux autres avec la confiance que confère cette solidité intérieure.

Dans son livre Les revenants, le journaliste David Thomson annonce le retour de nombreux djihadistes français potentiellement dangereux. Que faire?

David Thomson a longtemps prêché dans le désert. En 2014, il était raillé par nombre d’intellectuels qui, entre dogmatisme et aveuglement, n’ont pas compris ce qui était en train de nous arriver. Certains de ces «idiots utiles de l’islamisme» (Boualem Sansal), qu’ils sévissent dans les médias, le monde associatif ou la classe politique, n’ont d‘ailleurs pas fini de nous faire du mal.

Aujourd’hui, le sérieux des travaux de David Thomson fait enfin l’objet de la reconnaissance qu’ils méritent. Et effectivement, l’intéressé souligne la dangerosité inhérente au retour des djihadistes, non seulement français, mais plus généralement francophones, les plus aguerris.

Il met également en exergue l’échec des entreprises dites de «déradicalisation»-

Il faut avoir une claire conscience de ce que ces combats impliquent: nous allons être confrontés non seulement à des guerriers expérimentés en mesure d’engager des actions de type militaire sur notre territoire, mais également capables de recruter et de former des combattants qui eux, ne seront jamais partis au djihad. Le terreau islamiste est hélas fertile dans notre pays.

Enfin, pour répondre directement à votre question, la logique des assassinats ciblés me paraît parfaitement cohérente avec l’objectif qui consiste à gagner cette guerre.

Libération faisait récemment sa une sur les «zones d’ombre» de la guerre contre l’EI et évoquait des assassinats ciblés. Que cela vous inspire-t-il?

J’ai été un des premiers à dire et à écrire que la logique de conquête que nous oppose l’islamisme est une guerre. Compte-tenu de la gravité de la situation actuelle, j’ai aujourd’hui la conviction que la réponse à l’islamisme constituera la grande priorité à laquelle devra s’atteler le prochain Président de la République.

En effet, notre société m’apparaît bien plus fragilisée que beaucoup ne le pensent. Le renforcement constant du communautarisme combiné aux dangers extrêmes que fait peser sur notre sécurité le retour des combattants djihadistes les plus aguerris, nous exposent à un vrai risque d’effondrement. Dès lors, il faut en tirer les conséquences et, puisque c’est une guerre, se donner les moyens de la gagner.

Cela impliquera de renforcer significativement les budgets régaliens traditionnels: la Défense, l’Intérieur, la Justice, l’Éducation.

Citons quelques uns des multiples chantiers qui m’apparaissent importants.

À l’aune de la menace, il me semble nécessaire de repenser la protection du territoire national dans une logique de temps long.

L’opération Sentinelle ne peut durer éternellement selon les modalités actuelles et un nouveau modèle coordonné entre différentes forces (sécurité privée armée pour protéger certaines cibles molles, patrouilles dynamiques de police ou de gendarmerie selon les zones de compétence, forces militaires en réserve pour le cas d’une crise aigüe et/ou pour opérer un bouclage de zone s’il s’avérait nécessaire…) devra, à mon sens, être envisagé.

À propos de la Défense, le général de Villiers a eu parfaitement raison d’attirer vigoureusement l’attention sur la déperdition de l’outil militaire français à l’horizon 2020 si un effort budgétaire conséquent n’était pas mis en place dès l’an prochain.

En ce qui concerne la prison, dont il faut avoir conscience qu’il s’agit d’une des institutions dont l’évolution inquiète le plus les services de renseignement à l’heure actuelle, il deviendra vite indispensable de créer quelques établissements exclusivement dédiés aux islamistes, ce qui permettra à la fois de contenir le prosélytisme et d’optimiser la surveillance des détenus.

Enfin, pour répondre directement à votre question, la logique des assassinats ciblés me paraît parfaitement cohérente avec l’objectif qui consiste à gagner cette guerre. Quelle que soit leur nationalité, éliminer les individus qui ont juré notre perte et pris les armes contre nous me paraît tout à la fois correspondre à un impératif de sécurité et répondre à l’exigence de couper les racines du mal pour tarir la source de propagande, de recrutement et d’entraînement des islamistes, optimisant ainsi les chances de succès du «réarmement» idéologique et psychologique évoqué ci-dessus.

Si de telles opérations m’apparaissent donc absolument indispensables, il est tout aussi nécessaire de ne pas en évoquer l’existence officielle (et naturellement de ne pas en discuter publiquement des modalités), pour des raisons évidentes d’efficacité des missions et de sécurité de leurs auteurs, tout au long de la chaîne de commandement.

Après 70 ans d’une paix inédite en Europe, nous redécouvrons progressivement le tragique de l’histoire. L’Europe et la France en particulier sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Les décisions et actes qu’il faudra prendre dans les mois qui viennent et dans les toutes prochaines années seront difficiles et nécessiteront un courage certain. L’expression est sûrement galvaudée, mais on peu dire, avec une gravité certaine, que notre avenir et celui de nos enfants en dépendent.

Lire l’article sur lefigaro.fr

Femme Actuelle : « Face à la menace, faut-il impliquer les civils ? »

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Dans une société ou règne encore la peur d’actes terroristes, certains voudraient que les citoyens soient formés à intervenir. Est-ce judicieux ?

Chaque citoyen a un rôle à jouer. Après soixante-dix ans de paix, on a perdu l’habitude de se défendre. On compte sur l’état-providence pour veiller à la sécurité, mais il ne peu pas tout…

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Le Figaro : « Il y a clairement une population qui est en guerre contre la police »

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Plusieurs rassemblements de policiers ont eu lieu ces deux dernières nuits à Paris et en province. Pour Thibault de Montbrial, on assiste à une désinhibition absolue de l’emploi de la violence contre les policiers et les gendarmes .

FIGAROVOX. – Une dizaine de jours après l’attaque au cocktail Molotov commise à Viry-Châtillon, une manifestation de policiers a été organisée sur les Champs-Elysées, suivie de plusieurs autres en province. Est-ce inédit? Qu’est-ce que cela traduit?

Thibault de MONTBRIAL. – Si elles ne sont pas inédites, de telles manifestations sont rarissimes. Les policiers ont exprimé leur exaspération mais davantage encore leurs craintes face à une violence toujours plus forte. Il faut bien comprendre que la fonction de policier comme celle de gendarme – et plus généralement les personnes dépositaires de l’autorité publique – n’est plus du tout respectée pour ce qu’elle est. Au contraire: il y a aujourd’hui une désinhibition absolue de l’emploi de la violence contre les forces de l’ordre aussi bien dans le cadre de leurs missions qu’en dehors du service.

La fonction de policier comme celle de gendarme n’est plus du tout respectée pour ce qu’elle est.

En service, le nombre d’attaques au cocktail Molotov contre les policiers depuis la rentrée constitue un exemple éloquent. On se souvient de l’image du CRS en feu il y a quelques semaines, œuvre de l’extrême gauche lors de la manifestation contre la loi Travail. Il y a 10 jours, l’attaque de Viry-Châtillon au cours de laquelle les criminels ont bloqué les portières de la voiture puis caillassé la policière qui avait réussi à s’extraire, en feu, du véhicule a fortement marqué les esprits. Et il y a encore eu plusieurs jets de cocktails Molotov ce week-end à Bastia.

L’utilisation d’armes qui peuvent tuer et en tout cas très gravement blesser est en passe de devenir monnaie courante, de même que les agressions en bande: à Lyon, il y a deux semaines, deux policiers en civil ont été identifiés en marge d’une manifestation et molestés assez gravement par un groupe d’une vingtaine de personnes.

Le danger ne cesse plus avec la fin du service, et il y a désormais une véritable pression hors service.

Mais le danger ne cesse plus avec la fin du service, et il y a désormais une véritable pression hors service. L’attentat de Magnanville a constitué une bascule depuis laquelle les incidents – dont beaucoup ne sont pas médiatisés – se multiplient: policiers reconnus dans la rue et suivis, menacés, parfois agressés. Ainsi la tension s’accumule autour des forces de l’ordre, d’autant que ces comportements connaissent une croissance exponentielle.

Et pendant ce temps, les appels à la violence contre les policiers se banalisent (comme on l’avait déjà vu avec le tract scandaleux de la CGT au printemps), aussi bien sur internet que sur les murs de la Sorbonne…

Quand on regarde les chiffres globaux de la délinquance, on n’a pas l’impression d’assister à une telle explosion du climat sécuritaire. Par ailleurs, les Français, dans tous les études d’opinion, plébiscitent les forces de l’ordre pour le service qu’elles rendent. Cela signifie-t-il que la violence se concentre majoritairement dans des territoires très particuliers?

La formidable usure psychologique de nos forces de l’ordre résulte de ce que ses membres réalisent désormais que tout peut leur arriver, à tout moment.

Il faut évidemment distinguer la population dans son ensemble de la fraction qui alimente la violence. Concernant les statistiques, je serais étonné que le nombre de fonctionnaires blessés en service en année pleine ne soit pas en augmentation pour 2016, surtout avec les perspective pénibles des évacuations de la jungle de Calais (haut lieu de violences quotidiennes aussi spectaculaires que tues par les médias) et la ZAD de Notre-Dame-des Landes. Il y a en tout cas une accélération des affaires graves contre les forces de l’ordre ces derniers mois.

De surcroît, les chiffres ne disent pas tout. En effet, outre les agressions physiques, le ressenti des policiers et gendarmes est également nourri par la répétition des menaces et des gestes et propos agressifs à leur égard. Il y a clairement une population qui est en guerre contre la police. Et la formidable usure psychologique de nos forces de l’ordre résulte de ce que ses membres réalisent désormais que tout peut leur arriver, à tout moment, au cours de leurs missions comme en dehors du service.

Faut-il parler dans ce cas de «zones de non-droit», dont l’existence a été formellement démentie par le Premier ministre?

Il est manifeste qu’il y a des zones de non-droit et, au-delà de la posture politique, le Premier ministre le sait fort bien. Il s’agit de territoire dont les services d’urgence ne sont pas totalement absents, mais où ils ne se déplacent plus qu’avec une escorte, ne restent que le minimum de temps et sont quasi-quotidiennement exposés à des embuscades.

Dans la manifestation, un policier s’est écrié: «Nous sommes à bout». Est-ce que l’Etat dispose des moyens nécessaires, notamment budgétaires, eu égard à la gravité de la situation?

L’État est une machine lourde et cette violence croît beaucoup plus rapidement que les capacités de l’État à la contrer.

Ce serait malhonnête intellectuellement de dire que l’Etat ne mesure pas le phénomène. Il y a eu des avancées, parfois assez rapides quand on connaît les pesanteurs administratives, on l’a vu avec l’adaptation à la menace terroriste et l’acquisition des fusils d’assaut G-36 et le «durcissement» des BAC (brigade anti-criminalité) et des PSIG (pelotons de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie). Hélas l’État est une machine lourde et cette violence croît beaucoup plus rapidement que les capacités de l’État à s’y adapter et à la contrer, que ce soit en terme matériel ou «juridiquo-psychologique» comme le montre l’inadaptation des règles de légitime défense.

Et par ailleurs, il est vrai que beaucoup, dans la magistrature, la presse et une partie de la classe politique, ont une vision où le dogmatisme le dispute à une forme d’angélisme pour créer une incrédulité qui les empêche d’appréhender aussi bien la profondeur du mal, que l’ampleur de ses possibles conséquences à court terme.

Dans Un président ne devrait pas dire ça, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme prêtent à François Hollande l’emploi du mot de «partition» du pays en précisant: «Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition». Ces violences policières extrêmes et diffuses ne font-elles pas tristement écho à cette formule de partition que le président de la République aurait employée?

Cette violence trouve son fondement dans des dérives communautaristes et parfois ethniques alimentées par une haine incroyable de notre pays.

Le terme de «dislocation» de la société française me paraît plus approprié. Les violences contre les forces de l’ordre participent évidemment à ce phénomène, mais il existe de nombreux éléments convergents. Ce sont par exemple les agressions qui se multiplient contre les établissements scolaires et le corps enseignant de manière générale. Rien que pour ces deux derniers jours, une proviseure a été frappée, son lycée de Tremblay-en-France attaqué au cocktail Molotov puis les policiers intervenants visés par des tirs de mortier. Tandis qu’à Argenteuil, l’un des deux agresseurs d’un maître de CE2 frappé devant ses élèves s’est écrié: «Il n’y a qu’un seul maître, c’est Allah» selon les termes rapportés par une source syndicale. Or l’Éducation nationale est un pilier du domaine régalien. Autrement dit, tout ce qui représente les institutions de l’État, au-delà des seules forces de l’ordre, est aujourd’hui soumis à une violence qui trouve son fondement pour l’essentiel dans des dérives communautaristes et parfois ethniques alimentées par une haine incroyable de notre pays. Il faut donc être aveugle ou inconscient pour ne pas nourrir d’inquiétude pour la cohésion nationale.

Lire l’article sur lefigaro.fr

Boulevard Voltaire : «Viry-Châtillon – il n’y a pas de coupeurs de route qu’en Afrique…»

By Ils en parlent !

Alors que quatre policiers ont été blessés (le pronostic vital de l’un des agents est « engagé ») dans une attaque au cocktail Molotov samedi à Viry-Châtillon, Bernard Cazeneuve a parlé d’« une bande de sauvageons qui ont agi avec lâcheté », et qui seront« rattrapés »

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Voir la vidéo sur le site bvoltaire.fr

Le Figaro : « Thibault de Montbrial : en matière de sécurité, le sursaut n’a pas eu lieu pour éviter le chaos »

By Ils en parlent !

Pour Thibault de Montbrial, le climat de violence et de provocation communautaires s’aggrave considérablement.

FIGAROVOX. – De l’affaire de Sisco à celle de Toulon, plusieurs faits divers sont devenus symboliques des tensions culturelles qui traversent la France avant de retomber. Les médias ont-ils réagi trop vite au mépris des faits?

Thibault de MONTBRIAL. – Ces incidents se multiplient et leur nombre est supérieur à ceux qui sont ainsi rapportés. Pour les médias, toute la difficulté consiste à faire le tri entre les faits eux-mêmes, mais également les rumeurs et les tentatives d’intoxication que la tension croissante dans le pays a pour inévitable conséquence de générer.

Aujourd’hui, certains médias évoquent les affrontements entre Corses et maghrébins à Sisco comme une simple bagarre de villageois tandis que l’agression de Toulon est présentée comme un acte de violence gratuite. Ces affaires sont-elles isolées ou traduisent-elles un climat de guerre civile larvée dans certains territoires?

Un procureur m’expliquait qu’il y avait «quasi systématiquement» une dimension communautaire derrière les violences commises dans son ressort.

Certains médias multiplient les efforts pour tenter de dissocier les violences de leur contexte. Or, s’il convient nécessairement d’être prudent et d’analyser chacun des faits de façon autonome, il n’est pas interdit de regarder le tableau d’ensemble qui révèle une réalité extrêmement inquiétante: nombre de ces incidents portent en toile de fond une dimension ethnico-religieuse.

Un procureur de province m’expliquait récemment qu’il y avait désormais «quasi systématiquement» une dimension communautaire en toile de fond derrière les différentes violences commises dans son ressort.

Ces faits sont-ils symptomatiques d’une violence liée à l’immigration et à l’islam qui s’est répandue depuis plusieurs années dans le pays?

Ces violences m’apparaissent plus précisément comme le résultat d’un communautarisme militant qui conduit certains individus à considérer que les règles de vie définies par l’Islam, c’est-à-dire la charia, doivent s’imposer par tous les moyens aux personnes qui vivent sur un territoire déterminé. La violente agression survenue à Nice au début de l’été contre une jeune femme qui servait de l’alcool dans un bar pendant le ramadan en constitue une parfaite illustration. Et il apparaît régulièrement que des affaires de droit commun classiques sont teintées de propos tels que «sale blanc» ou «sale kouffar» en rapport avec l’origine ou la religion.

Les médias semblent écartelés entre devoir d’informer, de dire le réel, et volonté de ne pas attiser les passions. Comment trouver le juste équilibre?

Il m’a été rapporté des situations dans le cadre desquelles, par souci d’apaisement, la dimension communautariste d’une infraction n’a pas été prise en compte par le Parquet.

Le risque est-il de verser dans le déni du réel, voire de banaliser une violence qu’il est urgent de combattre?

Péguy disait: «il faut dire ce que l’on voit, mais surtout il faut voir ce que l’on voit». Le déni expose à un double danger. D’abord, ne pas prendre la mesure du réel empêche par hypothèse de réfléchir aux solutions qu’il convient de lui opposer. Imagine-t-on un médecin opérer sur la base d’un diagnostic erroné, volontairement de surcroît?

Le deuxième risque consiste à voir se renforcer encore la défiance d’une partie de notre population envers les médias et les institutions en considérant que «on lui ment», sur la base du décalage qu’elle observe entre les faits qu’elle vit au quotidien et la façon dont ils sont rapportés dans le débat public. Autrement dit, la révélation de la réalité, aussi déplaisante soit-elle, m’apparaît comme le meilleur garant de la stabilité de notre société déjà fort ébranlée.

Enfin, notre pays est de plus en plus le théâtre de provocations qui sont ensuite exploitées dans des logiques victimaires par des associations aux visées communautaristes assumées, comme le CCIF.

Votre dernier livre s’intitule, Le sursaut ou le chaos. Après une brève période de sursaut, assiste-t-on au retour du politiquement correct?

L’évolution de ces derniers mois est très préoccupante. La multiplication et la diversité des incidents le démontrent. Outre les faits divers évoqués plus haut, rappelons les actes terroristes de basse intensité après les attaques dramatiques de Nice et de Saint-Étienne du Rouvray: attaque du commissariat de Toulouse le 30 Août, projets du «groupe des femmes» arrêtées l’autre semaine, mineurs interpellés ces derniers jours à Paris…. Il faut ajouter cette difficulté persistante d’une partie importante des observateurs à comprendre que les attaques prétendument menées par des «déséquilibrés» résultent des multiples incitations de l’État Islamique, qui ont précisément vocation à déclencher le passage à l’acte de personnes fragilisées, et que dissocier ces actes de la dimension terroriste à laquelle la France est exposée constitue une erreur d’analyse de l’ordre du contresens.

Enfin, notre pays est de plus en plus le théâtre de provocations qui sont ensuite exploitées dans des logiques victimaires par des associations aux visées communautaristes assumées, comme le CCIF. On peut également ajouter des opérations sidérantes telles que le «camp d’été décolonial», une réunion interdite aux blancs (!) qui s’est déroulée fin août près de Reims sans que le Préfet ne l’ait estimée contraire à l’Ordre public et où seuls des journalistes sélectionnés ont été admis. Cette manifestation est notamment à l’origine d’un article à charge contre la société française absolument surréaliste publié par le New-York Times la semaine dernière, qui constitue un cas d’école de ce mélange de provocation et de victimisation d’une partie de la communauté musulmane auxquelles nos institutions sont si réticentes à opposer la fermeté qui devrait s’imposer, comme la pathétique réaction du Préfet de la Marne l’a démontré. La sombre convergence de ces constats augure mal du sursaut nécessaire.

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BFM TV : François Hollande face au terrorisme: « Les politiques en France doivent changer leur logiciel »

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