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Radicalisation - Sécurité Intérieure

Valeurs actuelles : « 15 000 fichés S pour radicalisation »

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Carte de France localisant les 11 820 personnes signalisées pour radicalisation.
Source © Ministère de l’Intérieur.

Alors que Gérard Collomb présente un projet de loi phare de lutte contre le terrorisme, la réalité dont le ministre de l’Intérieur a conscience le montre : l’extrémisme islamiste n’est pas près de disparaître du paysage.

L’entourage du ministre de l’Intérieur révèle les derniers chiffres à Valeurs actuelles « 15 000 fichés S environ sont liés à un motif de radicalisation. » La carte de France des personnes radicalisées le montre : les islamistes sont présents sur tout le territoire. Personne n’est épargné. Le fléau est tel que le ministère de l’Intérieur, s’il est parvenu à mieux suivre et connaître ces individus, fait face à une menace grandissante de l’islamisme radical. En témoigne l’échec de plusieurs associations de lutte contre la radicalisation, comme celle de la médiatisée Dounia Bouzar. En dépit des perquisitions, saisies, assignations à résidence, écoutes administratives et fermetures de mosquées, la menace est toujours là. Et installée pour longtemps. Le risque n’a pas diminué.

À chaque tentative d’attentat ou attaque terroriste, la même accusation contre les services de renseignements revient : « Le terroriste était fiché S ! » En boucle, les chaînes d’information et les Français constatent, effarés : l’individu « était connu des services », selon la formule consacrée. Et pourtant, du côté des forces de police, une autre voix se fait entendre, plus silencieuse… presque inaudible : « Si la personne était fichée S, c’est la preuve que la police a bien fait son travail ! » Incompréhension totale entre deux mondes.

Une grande majorité des terroristes ont une fiche S

Car effectivement, il n’est pas acceptable aux yeux des Français que presque tous les terroristes qui s’en sont pris à notre modèle de société soient fichés S, donc suivis par nos policiers et nos gendarmes. Mohammed Merah, Sid Ahmed Ghlam, Omar Ismaïl Mostefaï, Chérif et Saïd Kouachi, Amedy Coulibaly sont autant de terroristes islamistes qui étaient connus de nos services de renseignements pour leur radicalisation. Problème : pour chacun d’entre eux, le passage à l’acte s’est avéré presque indétectable.

D’où l’idée portée par Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite et relayée par Georges Fenech, qui fut le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Paris, de créer un « Guantánamo à la française », soit un camp d’internement pour les fichés S. Sur le modèle de la prison mise en place par George W. Bush pour interner tous les islamistes considérés par les autorités américaines comme dangereux, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001.

Populaire à droite, le projet d’interner les personnes fichées S pour “atteinte à la sûreté de l’État” n’est pas allé plus loin après la disqualification de François Fillon à l’issue du premier tour de la présidentielle. Car, de son côté, Emmanuel Macron a toujours écarté l’idée. Le 2 février 2017, dans des échanges entre les membres de son équipe de campagne, une préconisation suscite l’unanimité : il n’y aura « pas d’internement extra-judiciaire des fichés S, un contresens en matière de renseignements et contraire à l’existence de l’État de droit ».

Autrement dit : pour l’équipe du candidat Emmanuel Macron, si les individus fichés S doivent être internés, c’est uniquement parce qu’ils ont violé la loi. En aucun cas s’il n’y a pas eu de passage à l’acte ou l’imminence d’une action. “Un contresens en matière de renseignements” ? Explication : si les personnes recensées dans le fichier sont internées, elles sauront qu’elles ont une fiche S. Ce qui serait un échec pour les services de renseignements qui ne pourraient plus continuer à les suivre discrètement et donc efficacement.

La fiche S est avant tout un outil de travail interne à la police et à la gendarmerie, qui concerne les personnes qui peuvent, selon la DGSI, « porter atteinte à la sûreté de l’État et à la sécurité publique ». Elle est une des 21 catégories du fichier des personnes recherchées (FPR), qui contient 400 000 individus parmi lesquels des mineurs fugueurs (M), des évadés (V), des débiteurs envers le Trésor (T), ceux frappés d’opposition à la résidence en France (R) ou encore d’interdiction du territoire (IT). Pour chaque catégorie, la fiche indique aux fonctionnaires de police, de gendarmerie ou encore des douanes, les motifs de recherche et la conduite à tenir en cas de contrôle.

En juin 2017, 24 000 fiches S

Les fiches S vont de S1 à S16, ce qui ne correspond pas au niveau de dangerosité d’une personne mais « au comportement à adopter lors d’une interpellation », précise le ministère de l’Intérieur pour éviter toute polémique sur une supposée gradation. Enfin, la fiche S, comme le rappelle l’ancien patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini, permet d’« observer un individu qui n’a rien fait de répréhensible, sous les écrans radar, pendant plusieurs mois et d’identifier s’il présente une dangerosité par son mode de vie, ses fréquentations et ses voyages, et s’il doit faire l’objet de moyens opérationnels lourds de surveillance. La fiche peut s’enrichir mais aussi s’appauvrir pour finalement disparaître ».

On retrouve ainsi parmi les fichés S, des hooligans, des activistes d’extrême gauche, des “zadistes”, des Black Blocs et des militants proches du PKK… Mais aussi des combattants djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie (S14). Mohammed Merah, lui, était fiché S5.

Si on estimait en 2015 à plus de 20 000 le nombre total de fichés S en France, de 10 500 à 12 000 d’entre eux l’étaient pour radicalisation islamiste ou liaison avec la mouvance islamiste. Il existe en juin 2017, un total de « 24 000 fiches S », nous apprend le ministère de l’Intérieur, qui commente :

« Ce nombre témoigne du travail important de suivi réalisé par les services. »

Parmi elles, 15 000 liées à un motif de radicalisation.

Qu’en est-il de la qualité des informations recueillies ? « Après avoir distribué des fiches S comme des bonbons après les attentats, il a fallu faire le tri, rappelle un commissaire de police, avant d’ajouter : c’est difficile à expliquer, mais on a effectivement dû lever les fiches S qui n’avaient plus lieu d’être pour se concentrer sur les personnes les plus dangereuses. »

Problème : même en faisant un tri, comment les 4 300 policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), auxquels il convient d’ajouter les 2 500 fonctionnaires du Service central du renseignement territorial (SCRT) et les gendarmes de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), peuvent-ils surveiller et suivre l’ensemble des fichés S, plus nombreux qu’eux ? Un officier de la DGSI nous fait remarquer : « Pour suivre sérieusement une seule personne, il faut au moins une équipe pour le jour et une pour la nuit. Mais aussi des véhicules pour faire des filatures, des moyens techniques pour faire des écoutes administratives. On arrive vite à quinze ou vingt policiers pour suivre une personne. » Autant dire des moyens gigantesques.

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D’où l’idée proposée à droite par certains et soutenue par Philippe Payri du syndicat FPIP, proche du FN, d’accroître encore les moyens des services de renseignements et de permettre « les interpellations préventives pour éviter un passage à l’acte de personnes dont on connaît la dangerosité avérée ». De son côté, le secrétaire général du syndicat Alliance Police nationale, Jean-Claude Delage, le reconnaît : « La principale des libertés, c’est la sécurité. Le plus important, c’est que les outils créés soient utiles et efficaces pour protéger nos concitoyens. Pour assurer la sécurité, il faut admettre certaines privations de liberté. Avec des contrôles, bien entendu ! » Il plaide en outre pour que tous les policiers puissent faire plus facilement des vérifications d’identité.

La fiche S de Yassin Salhi avait été levée

De son côté, Luc Larcher, secrétaire général adjoint du syndicat Unsa officiers, demande que la loi soit tout bonnement appliquée : « L’arsenal administratif et pénal existe. Il s’agit simplement mais fermement d’avoir la volonté politique de le mettre en oeuvre. Ce sera notre seul salut. » Le commandant de police appelle à « dépoussiérer tout l’arsenal des fichés S […]. Et faire preuve de pédagogie avec les politiques et les médias […]. Que fait-on avec les vrais radicaux ? », interroge-t-il.

Après l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015, pendant lequel Hervé Cornara est décapité par un de ses employés, Yassin Salhi, le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve est face au mur en apprenant que le terroriste était connu par les services de renseignements et avait été fiché S entre 2006 et 2008. Il explose lorsqu’il apprend que la fiche S a été « levée » en 2008, « en l’absence de doutes ». C’est à ce moment qu’il évoque le fléau des « signaux faibles de la radicalisation » et décide de créer un nouveau fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Le FSPRT recense de manière très large toutes les personnes signalées pour radicalisation passée et présente, mais aussi des personnes « qui disent par exemple ne pas cautionner les actes terroristes mais approuvent intellectuellement une attaque kamikaze », commente un préfet de la Place Beauvau. Ce qui représentait en mars dernier une population de plus de 11 820 personnes en plus des 4 000 cibles que les services ont identifiées d’eux-mêmes et qu’ils souhaitent surveiller de près. Soit un total de près de 16 000 personnes suivies alors par les limiers de l’antiterrorisme. Un rapport du Sénat rendu public le 12 avril dernier évoque un chiffre encore plus élevé de 17 393 individus. Le cabinet de Gérard Collomb indique qu’aujourd’hui 18 000 personnes sont inscrites dans ce fichier. Une masse d’individus qui ne cesse de croître.

Car rien n’est moins rassurant, comme le pointe l’avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), Thibault de Montbrial : « Pour illustrer l’ampleur de la menace, il est édifiant que ni l’auteur de la tentative d’attentat des Champs-Élysées ni celui de Notre-Dame de Paris ne figuraient dans ce fameux fichier [FSPRT]. » Et Montbrial de conclure en renvoyant à l’audition parlementaire de Patrick Calvar, l’ancien patron de la DGSI, en mai 2016 devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats : « Le FSPRT est le moyen pour nous de discuter en permanence avec nos collègues des autres services pour évaluer les cas dont nous n’aurions pas décelé la dangerosité », estimés à 4 000. « Un travail de fiabilisation des données inscrites au fichier a été mené de manière permanente », nous indique-t-on.

L’ampleur de la menace serait toutefois sous-estimée : si les auteurs des deux derniers attentats en France n’étaient pas dans ce fichier de personnes dangereuses, cela signifie que le nombre des terroristes prêts à passer à l’acte à tout moment est bien supérieur à 4 000. Ce qui conduit à poser la question préoccupante : de combien est sous-estimée la masse des terroristes non suivis par les services de renseignements ?

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28 minutes - Narcotrafiquants - Sécurité Intérieure

Arte TV : « Les narcotrafiquants brésiliens / Terrorisme : l’état d’urgence sans fin ? »

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Envoyé spécial du « Monde », Bertrand Monnet s’est immergé dans le « Primeiro Comando da Capital », puissante mafia brésilienne à São Paulo et premier marché mondial du crack. TERRORISME : L’ÉTAT D’URGENCE N’AURA-T-IL PAS DE FIN ? Débat avec Thibault de Montbrial, avocat pénaliste, Françoise Dumont, présidente de la Ligue des droits de l’Homme, et Marie Goupy, philosophe.

LES NARCOTRAFIQUANTS BRÉSILIENS « Ne crois jamais en ce que tu n’observes pas » est son crédo. Bertrand Monnet conduit de nombreuses enquêtes de terrain notamment en Colombie, au Canada, au Japon, en Italie, au Nigeria et en Somalie. Il y étudie l’activité des criminels qui menace le commerce mondial afin de l’enseigner au mieux à ses étudiants de l’EDHEC. Cette fois, c’est en tant qu’envoyé spécial pour « Le Monde » que Bertrand Monnet s’est immergé dans le « Primeiro Comando da Capital », puissante mafia brésilienne à São Paulo et premier marché mondial du crack. Il publie deux papiers sur cette enquête à « Cracolandia » dans le grand quotidien. Bertrand Monnet, professeur à l’EDHEC, est présent sur le plateau de « 28 Minutes » pour partager avec nous son expérience.

TERRORISME : L’ÉTAT D’URGENCE N’AURA-T-IL PAS DE FIN ? Le sixième projet de loi de prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre est en passe d’être présenté au Conseil des ministres. La présidence Macron s’inscrit clairement dans la pérennisation des mesures sécuritaires avec un projet de loi antiterroriste qui vise à sortir de l’état d’urgence en le faisant entrer dans le droit commun. À quoi servent concrètement ces mesures ? Alors qu’Amnesty France a publié un rapport mettant en avant l’atteinte au droit de manifester causée par l’état d’urgence, quel bilan peut-on en tirer depuis sa mise en place en novembre 2015 ? Comment concilier protection et libertés individuelles ? Pour en débattre, nous recevons Thibault de Montbrial, avocat pénaliste au Barreau de Paris, Françoise Dumont, présidente de la Ligue des droits de l’Homme, et la philosophe Marie Goupy.

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Europe 1 - Sécurité Intérieure

Europe 1 – Attentats en Europe : « Vivre avec, c’est savoir s’adapter »

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Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris, invité lundi sur Europe 1, a assuré lundi qu’il était nécessaire pour la France de s’adapter sur le plan législatif et sécuritaire pour lutter efficacement contre le terrorisme.

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Vivre avec les attaques terroristes, « ce n’est pas juste allumer des bougies et faire des prières, c’est savoir s’adapter. Savoir être capable de regarder les yeux dans les yeux ceux qui nous attaquent, de comprendre que la logique de l’islam radical est une logique de conquête. Ils sont là pour nous détruire et ils ne cessent pas de le dire dans leurs discours sur les réseaux sociaux notamment ». Sur Europe 1, lundi matin, deux jours après l’attentat survenu à Londres, faisant au moins sept morts, Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure, a estimé qu’il fallait aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme.

« Donner la capacité de riposter par le feu ». « La lutte contre le groupe État islamique, c’est un cheval à trois pattes », étaye-t-il. « La première patte, c’est l’anticipation, le renseignement, il faut tout faire pour éviter les attentats. La deuxième, c’est la sécurité, il faut être adulte, donner la capacité de riposter par le feu le plus vite possible. Cela permet de limiter le nombre de morts », explique l’avocat.

« Être beaucoup plus intransigeant ». « Et la troisième patte, c’est une logique politique : combattre avec détermination l’islamisme radical. Il faut oser dire que le salafisme est l’antichambre du terrorisme. Il faut aller beaucoup plus loin et être beaucoup plus intransigeant avec les gens qui ne sont pas dans la violence mais qui sont dans l’antichambre de cette violence », plaide-t-il.

« Savoir détecter des signaux ». Selon lui, s’adapter concerne aussi le mode de vie des citoyens. « Cela ne veut pas seulement dire ‘je vais boire une bière en terrasse’, mais dire ‘je vais en terrasse prendre une bière mais j’ai un minimum d’anticipation et je suis capable de déceler des signaux faibles qui peuvent être des signaux précurseurs d’une attaque' », précise-t-il. « Il faut que notre population soit éduquée à ces questions. Cela fait partie des grands chantiers des années qui viennent. Il faut s’adapter pour ne pas renoncer mais pour dominer. »

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Thibault de Montbrial - Sécurité Intérieure

Le Figaro : Violence antiflic : «L’impuissance constitue un encouragement»

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour l’avocat Thibault de Montbrial, la violence d’extrême gauche trouvera des prétextes quel que soit le candidat élu.

LE FIGARO. – La violence contre les CRS qui, le 1er Mai, a fait plusieurs blessés graves était-elle prévisible?

Thibault de MONTBRIAL. – Non seulement cette violence extrême était prévisible, mais elle avait été anticipée par les pouvoirs publics. Depuis plusieurs semaines, en effet, différents services de renseignements avaient alerté le gouvernement sur la volonté de groupuscules d’extrême gauche de profiter du calendrier électoral pour manifester violemment. Un appel à une large mobilisation autour du concept de «nuit des barricades» pour dénoncer la «mascarade électorale» avait ainsi fleuri sur les réseaux sociaux. Avant même le 1er Mai, il avait ainsi été anticipé de très graves violences pour le soir du premier tour, à tel point que le ministère de l’Intérieur avait discrètement fait recenser les capacités (moyens humains et matériels) de riposte en cas de violence dans chaque département.

Si cette soirée de premier tour a finalement été globalement moins …

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Vignette actu CRSI sécurité intérieure

Franceinfo : « Attaque sur les Champs-Elysées : il y a « des individus dangereux qui ne sont pas fichés S, ce qui augmente encore l’inquiétude »

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Au lendemain d’un rassemblement de policiers au Trocadéro et avant l’hommage officiel qui sera rendu la semaine prochaine par la mairie de Paris, une autre manifestation est organisée samedi 22 avril sur le Champ de Mars, près de la Tour Eiffel, en hommage à Xavier Jugele, policier de 37 ans assassiné jeudi soir sur les Champs-Elysées.

Invité sur fraceinfo, Thibault de Montbrial, avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, s’est interrogé sur l’absence de « mesure d’assignation à résidence prise à l’encontre » de Karim Cheurfi, l’auteur de l’attaque. « S’il avait été fiché S, il aurait été vraisemblablement assigné à résidence », a-t-il avancé. Tout cela montre, selon Thibault de Montbrial, qu’« il peut y avoir des individus extrêmement dangereux qui ne sont pas fichés S et c’est ce qui augmente encore l’inquiétude ». 

franceinfo : Karim Cheurfi avait été placé en garde à vue en février sur la base de renseignements selon lesquels il projetait de s’en prendre à des membres des forces de l’ordre, mais relâché faute de preuves. Y a-t-il eu, selon vous, des manquements dans son suivi ?

Thibault de Montbrial : La première question que l’on peut se poser, c’est de savoir pourquoi dans le cadre de l’état d’urgence il n’y a pas eu de mesure d’assignation à résidence. Si les éléments de renseignement sont suffisants pour inquiéter, l’état d’urgence permet cette assignation à résidence.

Quand il y a des éléments qui permettent de penser qu’il veut s’en prendre à des policiers, et qu’il l’a déjà fait en 2001, c’est vrai qu’on aurait pu prendre des précautions supplémentaires.

– Thibault de Montbrial

à franceinfo

Par ailleurs, d’après les informations fournies par le procureur, cet individu était sous contrôle judiciaire et il a violé les conditions de ce contrôle judiciaire en se rendant en Algérie. Quand il est rentré en France, il n’a pas été placé en détention, alors que c’est une possibilité qui s’offre aux juges quand on ne respecte pas un contrôle judiciaire.

Karim Cheurfi n’était pas fiché S. S’il l’avait été, cela aurait-il changé quelque chose ?

S’il avait été fiché S, il aurait été vraisemblablement assigné à résidence. Je pense que c’est ça qui a fait la différence. Le fait qu’il n’était pas fiché S et que pourtant il ait commis cet attentat montre que la fiche S, qui est un outil d’évaluation, n’est pas un outil parfait, mais dans les deux sens. Il peut y avoir des individus extrêmement dangereux qui ne sont pas fichés S et c’est ce qui augmente encore l’inquiétude. Je pense que la fiche S est un élément qui a été repris par les médias et les politiques comme quelque chose qui peut être facilement expliqué au public alors que c’est quelque chose de complexe. Il y a eu une simplification autour de cette question. On a fait croire aux gens que fiche S = terroriste potentiel et que s’il n’y a pas de fiche S tout va bien, alors qu’il faut beaucoup affiner. C’est parfois dommage que les non spécialistes déforment le trait.

Les policiers et les gendarmes qui sont déployés dans le cadre de Vigipirate deviennent-ils des cibles, car de plus en plus visibles ?

En même temps, il faut bien protéger les lieux sensibles et la population. En cas d’attaque terroriste par des armes à feu, c’est la rapidité de la riposte par le feu qui va limiter le nombre de victimes. Il faut qu’il y ait un pré-positionnement de gens armés. La question peut se poser s’il faut que ce soit des unités visibles en uniforme ou s’il ne faut pas réfléchir à des unités qui seraient en civil et qui seraient moins visibles. Il y a des pays, comme Israël, qui ont fait ce choix et il y aura une réflexion à mener sur l’opération Sentinelle. En Allemagne, aucun militaire ne patrouille. Aux États-Unis, il y en a qui patrouillent dans certains aéroports, mais ils n’ont pas de fusils. Je pense que l’un des enjeux en terme de sécurité intérieure, c’est la réorganisation de la protection des lieux publics. Et je pense qu’il faudra changer le modèle.

Source
Thibault de Montbrial - Sécurité Intérieure

Le Figaro : « Thibault de Montbrial : « Les terroristes cherchent à profiter de la séquence électorale » »

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FIGAROVOX/TRIBUNE – L’avocat spécialiste du terrorisme réagit à l’attaque des Champs-Élysées, jeudi soir, qui a causé la mort d’un policier.

LE FIGARO. – Un attentat a été commis jeudi aux Champs-Élysées et un autre déjoué à quelques jours du premier tour…

Thibault de MONTBRIAL. – La menace terroriste n’avait jamais baissé depuis deux ans, sept attentats ayant été déjoués rien que depuis le début de l’année 2017. Et la période actuelle constitue sans doute un pic d’exposition. En effet, il ne faisait guère de doute que les islamistes allaient profiter de la séquence électorale qui s’ouvre (présidentielle et législatives). Car, outre son retentissement mondial, une attaque de grande ampleur leur offrirait une occasion unique de peser sur la vie politique française en influant directement sur le cours voire sur l’organisation même du scrutin. Dans cette logique, il …

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