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Olivier Debeney

Etude de la Fondapol sur l’immigration Afghane en Europe

By Institutions

L’immigration afghane en Europe

Le 6 juin 2025, Fondapol a publié une étude sur l’immigration afghane en France, retraçant les données statistiques des demandeurs d’asile, de leur taux d’insertion et du taux de délinquance.


Contexte et Chiffres

Depuis 2015, le nombre de demandeurs d’asile ne fait qu’augmenter en Europe. Les Afghans empruntent une nouvelle route vers l’Union Européenne passant par la Serbie (ce qui facilite l’accès).

  • En 2015 : 195.000 afghans ont fait une demande d’asile dans les pays de l’UE
    • Ouverture des frontières par Angela Merkel
    • Intensification attentats en Afghanistan
    • Procédure Dublin suivie : le demandeur d’asile fait une demande auprès de son État d’accueil, pour rejoindre un autre État.
      • En Suède, les demandes d’asile passent de 3.000 en 2014 à 41.000 en 2015.

Les pays du Nord de l’Europe choisissent une politique de fermeture des frontières, déplaçant le mouvement des réfugiés afghans vers l’Europe occidentale.


La France, pays de l’asile afghan

Il y a encore quelques années, les afghans se dirigeaient vers le Royaume-Uni et ne faisaient que transiter en France.

  • En 2024 : 8.500 demandeurs d’asile recensés au RU
    • En 2024 : 9.500 arrivés par “small boats”
  • Depuis 2015 : les demandes d’asile augmentent significativement en France
    • 2015 : 2.200 demandes
    • 2016 : 5.989 demandes
    • 2023 : 17.550 demandes dont 812 mineurs non accompagnés
    • 2024 : + de 13.000 demandes déposées
  • En France : les afghans sont n°1 parmi les demandeurs d’asile, après les ukrainiens

Des afghans peu formés

  • Depuis 2016 : un groupe de plus de 100.000 afghans s’est constitué en France
    • 89.000 adultes afghans bénéficient d’un titre de séjour en France
    • + 10.376 afghans sous procédure Ofpra qui se verront attribuer une réponse en 2025
  • Les Afghans font partie des 10 premières nationalités titulaires d’un titre de séjour en France
  • Contrat d’intégration républicaine (CIR) non obligatoire
  • Faible niveau de scolarisation
    • + de 40% déclarent ne jamais avoir été scolarisé
    • En 2021 après la chute de Kaboul, ¼ de la population vivait en zone urbaine et 30% des enfants âgés de 5 à 17 ans exerçaient une activité contraire à toute scolarisation
    • Moyenne d’âge des primo demandeurs d’asile : 27,4 ans
    • Près de 19% des Afghans déclarent avoir un niveau scolaire ne dépassant pas celui de l’école primaire
      • 10% ne savent ni lire ni écrire dans leur langue maternelle
      • 17% ont un niveau supérieur au baccalauréat
      • 18 mois après la signature CIR : 57% sont sans emploi

La délinquance afghane

  • Part des étrangers parmi les condamnés détenus : 25%
  • Comparaison Allemande 
    • En 2023 : Afghans représentent 0,5% de la population
    • En 2024 : 2,3% de la population
  • Les Afghans sont très présents pour les crimes de type mafieux
    • 9 fois fois plus représentés dans vols à main armée contre des établissements financiers
    • 8 fois fois plus dans les vols qualifiés dans les bureaux et agences postaux 
    • 7 fois fois plus dans les vols et extorsions de fonds contre les convoyeurs de fonds

Typologie de la population demandeur

  • Entre 2015 et 2024 : 85% des demandeurs sont des hommes
    • 1.064.946 personnes ont signé un CIR, 47,81% étaient des femmes
  • Nombre de femmes bénéficiant d’un titre de séjour en France < 18%
    • Difficultés pour les femmes sur les routes migratoires et au niveau culturel
  • Depuis 2021-2022 : accélération des demandes de regroupement familial et augmentation de la part des femmes.
    • En 2024 : 410 Afghanes arrivées en France en tant qu’épouses de ressortissant français
Lien de l’étude

Rapport de la Cour des comptes sur la situation budgétaire des finances publiques

By Economie

Situation budgétaire des finances publiques

La Cour des comptes a publié en février 2025, un rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques début 2025.


Quelques définitions essentielles

Selon l’INSEE, le déficit public mesure la différence entre l’ensemble des dépenses courantes, dépenses d’investissement non financier et transferts en capital qu’elles effectuent, d’une part, et l’ensemble de leurs ressources non financières.

Le projet de loi de finances (PLF) présente l’ensemble des dépenses et recettes pour l’année suivante. Il détermine ainsi le budget, c’est-à-dire la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges selon un équilibre économique et financier déterminé.


État actuel des finances publiques

L’année 2024 est caractérisée par un faible montant de recettes, prolongeant et aggravant la situation déjà préoccupante en 2023.

  • En 2023, le déficit public est de 5,5 % du PIB
  • En 2024, le déficit est de 5,7 % du PIB (environ 169,6 Md€)

La Cour des comptes souligne que la croissance économique est restée positive et qu’aucune récession ne semble être de mise.

Plusieurs facteurs sont cependant à prendre en compte dans l’aggravation du déficit : 

  • Mauvaise évaluation dans la loi de finances initiale des objectifs de réduction du déficit, une révision à la baisse a été nécessaire.
  • Pas suffisamment de recettes caractérisant un manque à gagner par la Cour des comptes.
  • Des dépenses publiques importantes et fluctuantes. Les dépenses majoritaires dans la sécurité sociale (+4 Md€ des prévisions), les administrations locales (+10,7 Md€ des prévisions) ont contribué au dépassement des prévisions initiales. Les dépenses des administrations de l’État ont été contenues.
  • Augmentation des charges liées à la dette (environ 60 Md € pour 2024)

Quelles perspectives pour 2025 ?


  • Le budget établi pour 2025 prévoit une baisse du déficit à 5,4 % du PIB. L’objectif étant d’atteindre un déficit inférieur à 3% du PIB en 2029.
  • Budget 2025 : 
    • Réduction du déficit à 139 Md € (baisse de 17,3 Md € par rapport au budget exécuté en 2024)
    • Hausse des prélèvements obligatoires estimée à plus de 25 Md€ ; pour les grandes entreprises (taxe exceptionnelle) environ 8 Md € ; pour l’imposition des plus hauts revenus environ 2 Md € et l’extinction du bouclier tarifaire énergétique pour 3,9 Md €.

La Cour des comptes alerte sur le fait que les dépenses de l’État montrent une modération avec une quasi stabilité en valeur par rapport à 2024. Le risque est que la charge de la dette ne fasse qu’augmenter revenant ainsi en 2029 à 3,2% du PIB (107 Md €) et à 3,5% en 2031 (124 Md €) devenant ainsi le premier budget de l’État.

La Cour des comptes préconise le maintien des engagements pour 2025 afin de maintenir les ajustements prévus dans la durée.

A un niveau mondial, les prévisions de croissance mondiale ont été revues à la baisse en raison de l’application de droits de douane qui atteignent des niveaux inédits et du haut niveau d’incertitude du moment.

Le Fonds monétaire international alerte sur le fait que l’intensification d’une guerre commerciale et l’accentuation de l’incertitude pourraient peser davantage sur les perspectives de croissance à court et à long termes. Il préconise ainsi que les pays oeuvrent de manière constructive pour promouvoir un environnement commercial stable et prévisible et pour faciliter la coopération internationale.

Lire le rapport

Rapport d’information sur les enjeux et perspectives de l’économie de guerre

By Défense

Enjeux et perspectives de l’économie de Guerre

Le rapport d’information n° 1162 de l’Assemblée Nationale déposé le 20 mars 2025 vise à rapporter les enjeux et perspectives de l’économie de guerre soulevés lors des auditions de la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Il apporte un éclairage sur les transformations à envisager pour renforcer la résilience industrielle de la France en temps de crise ou de conflit prolongé.


Contexte et définition

L’« économie de guerre » est définie non comme une économie en temps de guerre, mais comme une économie qui anticipe et se prépare à soutenir un effort militaire intense et prolongé en cas de conflit majeur

La loi de Programmation Militaire (LPM) 2019 – 2025, prévoit un budget global de 295 milliards d’euros. En 2023, les commandes adressées à la base industrielle et technologique de défense (BITD) ont atteint 20 milliards d’euros, marquant une accélération par rapport aux années précédentes. Sur la période 2012 – 2016, la moyenne annuelle des commandes BITD était de 9,5 milliards d’euros, et sur la période 2017 – 2022, de 15 milliards d’euros.

La LPM 2024 – 2030 prévoit un budget de 413 milliards d’euros. De manière générale, le budget alloué à la défense nationale ne cesse de croître.

Objectifs stratégiques

  •  Souveraineté et autonomie stratégique :
    • Réduction des dépendances critiques (titane, poudres, acier, minerais), notamment par la relocalisation de la production de poudre « gros calibre » à Bergerac
  •  Réindustrialisation :
    • Renforcement de la BITD :
      • 9 grands groupes industriels
      • 4 000 PME/ETI
      • 210 000 emplois directs
      • 30 Md€ de chiffre d’affaires annuel
  •  Adaptation aux conflits de haute intensité :
    • Production militaire accrue (munitions, drones, artillerie lourde, etc.) comme les canons CAESAR (Nexter) ou les Rafale (Dassault)

Diagnostic du rapport

  • Forces
    • Accélération des cadences de production (x5 entre 2022 – 2024)
    • Nouveaux outils juridiques : réquisitions, stocks stratégiques
    • Volonté politique affirmée (LPM 2024–2030)
  • Faiblesses
    • 30 % des entreprises BITD en difficulté d’approvisionnement (x2 par rapport à l’industrie générale)
    • 200 entreprises critiques en 2023 identifiées comme « goulets d’étranglement »
    • Accès au financement privé restreint (normes ESG pénalisantes)
    • Lourdeur normative, complexité administrative persistante

Propositions clés du rapport

Production & Relocalisation

  • Relancer les filières stratégiques (poudres, pyrotechnie, électronique de défense)

Simplification

  • Réforme des procédures de la Direction Générale de l’Armement
  • Création d’une force d’acquisition réactive

Financement

  • Création d’un Livret Défense
  • Mobilisation de l’épargne réglementée (Livret A, LDDS)
  • Soutien accru de Bpifrance et des banques commerciales

Europe de la Défense

  • Renforcement de la préférence européenne :
    • Objectif non atteint des 35 % de dépenses en coopération (actuel : 18 %)
    • 40 % des équipements européens sont achetés aux États-Unis
  • Soutien à :
    • EDIRPA (achats conjoints)
    • ASAP (munitions)
    • EDIP/EDIS (stratégie industrielle)

Innovation & Écologie de guerre

  • Création de l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD)
  • 2 Md€ investis dans l’IA d’ici 2030
  • Intégration des enjeux environnementaux :
    • Réduction des dépendances fossiles
    • Décarbonation des armées

Conclusions du rapport

L’économie de guerre n’est pas encore pleinement déployée mais des avancées sont constatées :

  • La disponibilité des nouveaux outils
  • Une prise de conscience stratégique amorcée
  • Un effort budgétaire engagé

Toutefois, le rapport préconise :

    • D’intensifier la mobilisation de la BITD
    • D’accroître la transparence des financements
    • De garantir une pédagogie publique sur les arbitrages budgétaires
    • D’élargir la préparation nationale (défense civile, opinion publique, éducation)
Lire le rapport