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Olivier Debeney

Guerre économique : enjeux et réponses

By Défense

Guerre économique : enjeux et réponses

La BITD française fait face à une intensification des menaces économiques, notamment contre les PME. Le rapport de l’Assemblée nationale du 16 juillet 2025 détaille ces risques et présente les mesures mises en place pour sécuriser les entreprises de défense tout en soulignant leurs fragilités financières

 

I. Niveau de menace pesant sur la BITD

La Base industrielle et technologique de défense (BITD) fait face à un niveau élevé de menaces :

    • 500 à 550 atteintes caractérisées par an contre des entités de la BITD ou de la recherche de défense.
    • 750 à 800 alertes de sécurité économique, soit plus du double par rapport à 2020.

80 % des atteintes ciblent les PME, considérées comme des maillons vulnérables, notamment via des sous-traitants moins protégés.

Typologie des menaces :

    • Physiques : vols, intrusions
    • Humaines : espionnage stratégique, économique ou technologique
    • Informatiques : cyberattaques
    • Juridiques : lawfare
    • Capitalistiques et informationnelles

 

II. Origine des menaces

  • Les menaces proviennent de tous les compétiteurs stratégiques de la France.
  • Les plus sévères proviennent de la Russie et la Chine, mais d’autres pays concurrents dans l’industrie de défense sont également impliqués.
  • Même certains alliés stratégiques, comme les États-Unis, peuvent exercer des pressions économiques.

 

III. Réactions de l’Etat français

Renforcement des moyens d’intelligence économique et réorganisation des services pour sécuriser et promouvoir les intérêts nationaux.

Acteurs clés :

    • DGA : expertise en intelligence économique et protection des entreprises
    • SISSE : coordination interministérielle de la protection économique et technologique
    • DRSD et DGSE : renseignement appliqué à la BITD

La protection de la BITD est désormais une priorité nationale, avec des moyens budgétaires comparables à ceux de la lutte contre le terrorisme.

IV. Dispositifs renforcés de sécurité économique

Investissements étrangers en France (IEF) : extension des secteurs stratégiques soumis à autorisation, durcissement des sanctions et négociations avec les investisseurs pour limiter les pertes financières.

Loi de blocage de 1968 réactivée : le nombre de saisines a été multiplié par 5.

Cybersécurité : augmentation des moyens pour renforcer la protection des entreprises.

Autres mesures : enquêtes administratives et avis de sécurité pour le personnel de la BITD, sensibilisation des étudiants d’écoles d’ingénieurs, renforcement du cadre PPST (protection scientifique et technique) et modernisation des outils numériques.

V. Cadre européen et international

Projet de création d’une équivalence européenne à la loi française de blocage de 1968.

Proposition d’un label européen type “ITAR” pour encadrer les transferts d’armes et technologies sensibles.

VI. Difficultés persistantes de financement des PME de la BITD

Accès limité aux financements, malgré un contexte plus favorable.

Financements européens (EDIP) : réservés aux matériels ≥ 65 % européens en conception et production.

Fonds publics : augmentation des budgets de Definvest et du fonds innovation défense ; renforcement du rôle de l’APE via l’affectation des dividendes publics.

Mobilisation de l’épargne privée : création d’un livret défense et souveraineté ou fléchage d’une partie du livret A / LDDS ; mise en place d’un crédit d’impôt pour orienter l’investissement vers les entreprises françaises et européennes.

Cohérence bancaire : certaines banques refusant de financer des exportations autorisées, il est envisagé de rendre les licences d’exportation contraignantes pour elles.

Conclusion

La BITD est confrontée à une montée en intensité et une diversification des menaces (800 alertes annuelles, 80 % visant les PME).

L’État répond par un dispositif renforcé incluant lois, contrôles, financements, cybersécurité et coopération européenne.

Vulnérabilité financière des PME reste un point de fragilité majeur.

Chute de la démographie, raisons et conséquences

By Economie

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Le nombre de décès a dépassé le nombre de naissances

L’information a largement été reprise dans les médias cet été : le nombre de décès a dépassé le nombre de naissances sur la période mai 2024 – mai 2025. C’est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que le solde naturel est négatif sur douze mois consécutifs.

La tendance de fond est clairement à la baisse malgré un solde naturel positif en juin et en juillet. En 2024 il était de 17 000 personnes contre 140 000 en 2019 et 260 000 en 2014. Ce basculement, attendu seulement pour 2035 par l’Insee, survient donc avec dix ans d’avance, et souligne l’effondrement rapide de la natalité en France.

L’indicateur conjoncturel de fécondité par femme enregistré en 2024 était de 1,62 enfant alors qu’il était encore de 1,87 en 2019 et de 2,01 en 2014. Seuls les territoires ultramarins ralentissent cette chute de la natalité (Mayotte, Réunion, Guyane). De son côté, la mortalité progresse, portée par le vieillissement des baby-boomers (les 65 ans et plus représentent désormais 22% de la population, ils étaient 16% en 2005). La population devrait toutefois continuer d’augmenter légèrement en raison d’un solde migratoire de +152 000 personnes annuel en 2023, 2024 et 2025 (données provisoires du ministère de l’Intérieur – ne prennent pas en compte les entrées illégales).

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la baisse de la natalité. Outre des modes de vie qui évoluent et qui se concentrent davantage sur les aspirations individuelles (indépendance, confort, réussite professionnelle, etc.), le facteur économique et le manque de confiance en l’avenir des ménages est à mettre en avant. Le coût de la vie a particulièrement évolué ces dernières années sans que les niveaux de rémunération ne suivent la même courbe. Dans les années 1970, un salaire permettait souvent de faire vivre une famille de trois enfants. Aujourd’hui, même deux revenus ne garantissent plus cette sécurité. Le pouvoir d’achat réel des ménages s’érode, et la perspective d’accueillir un ou plusieurs enfants est perçue comme un risque économique et social. L’heure est à la prudence comme en attestent les études de confiance des ménages. Moins d’enfants aujourd’hui, c’est moins d’actifs demain : une équation qui pèse déjà sur le modèle social français.

Le non-renouvellement de la population a également des conséquences pour l’économie et l’équilibre des comptes publics. Outre la question de la main-d’œuvre, il y a également celle du financement de la Sécurité sociale et du système des retraites. La France comptait 3 actifs par retraité en 1970, ils sont désormais 1,7 par retraité.

Enfin, si on mesure le dynamisme et l’esprit d’innovation d’un pays à sa jeunesse, la France risque fort de ralentir dans les années à venir.

Les agents de la fonction publique victimes de violences

By Sécurité/Justice

Selon une étude du ministère de l’Intérieur parue en 2025, les agents publics sont plus exposés aux violences que les salariés du privé (16 % contre 13 %). Les jeunes, les femmes et les professions de sécurité/santé sont les plus touchés. Si les plaintes restent rares (10 %), elles sont plus fréquentes que dans le privé. Enfin, le sentiment d’insécurité progresse, touchant un agent public sur quatre :

1. Chiffres des violences

  • En 2022, 16 % des agents publics ont été victimes d’au moins une atteinte à la personne (contre 13 % dans le privé).
  • Types d’atteintes les plus fréquentes :
    • Injures : 7 %
    • Harcèlement moral : 5 %
    • Violences sexuelles : 4 % (dont 85 % non physiques)
    • Violences physiques : 2 %

2. Contexte professionnel

  • 45 % des atteintes subies par les agents publics ont eu lieu dans le cadre du travail (contre 32 % dans le privé).
  • 93 % des atteintes concernent des agents en contact avec le public.

3. Facteurs socio-démographiques

  • Jeunes agents (<30 ans) : 18 % des victimes dans le cadre pro (alors qu’ils représentent 13 % des effectifs). Plus touchés par les violences sexuelles (29 %) et physiques (20 %).
  • Femmes :
    • Surreprésentées pour les violences sexuelles (82 %), discriminations (74 %) et harcèlement moral (69 %).
    • Sous-représentées pour les violences physiques (47 %) et les menaces (41 %).

4. Dépôt de plainte

  • Dans la fonction publique, 10 % des atteintes professionnelles font l’objet d’une plainte (contre 3 % dans le privé).
  • Taux de plainte selon le type :
    • Violences physiques : 33 %
    • Menaces : 25 %
    • Injures : 8 %

5. Sentiment d’insécurité

  • En 2023, 26 % des agents publics se sentent « souvent ou parfois » en insécurité au travail (contre 16 % des salariés du privé).
  • Professions les plus concernées :
    • Policiers, militaires, pompiers : 45 %
    • Santé et travail social : 37 %
  • Ce sentiment a augmenté de +4 points par rapport à 2022.

 

Les chiffres de l’insécurité dans les transports d’Île-de-France

By Sécurité/Justice

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Les chiffres de l’insécurité dans les transports d’Île-de-France

Selon les Statistiques publiques de la sécurité intérieure, publiées par le ministère de l’Intérieur en septembre 2025, la délinquance dans les transports en commun est marquée en Île-de-France. Le rapport souligne notamment une surreprésentation des personnes étrangères parmi les mises en cause pour vols, violences sexuelles et agressions physiques dans la région au cours de l’année 2024.

Vols sans violence :

> 82 920 victimes recensées en France

> L’Île-de-France concentre 61,6 % des victimes (51 078 vols).

> 2 248 mis en cause pour vols 

> 89 % des mis en cause étaient de nationalité étrangère.

> Soit environ 2 000 mis en accusation attribués à des personnes étrangères dans les transports d’Ile-de-France. 

Violences sexuelles :

> 1 486 victimes en 2024 soit +62% par rapport à 2016

> L’Île-de-France représente 43 % des victimes d’agressions sexuelles dans les transports en commun en France.

Agressions physiques :

> 3 722 victimes recensées dans les transports en commun.

> 43 % des agressions étaient imputées à des personnes étrangères

2/ Caractéristiques des victimes : 

>  Les femmes représente 91% des victimes d’agressions sexuelles

> Les femmes entre 18 et 29 ans représente 53% des victimes d’agressions sexuelles  

> 43% des agressions sexuelles sont à l’encontre de femmes françaises 

 

3/ Caractéristiques des mis en cause :

> 99% des mis en cause sont des hommes dans le cas des agressions sexuelles 

> 86% des violences physiques ont été commises par des hommes 

> Sur 640 mis en accusation pour violences sexuelles, 62 % des mis en cause étaient étrangers

 

Face à Face : Frédéric Encel

By Ils en parlent !

Frédéric Encel répondait aux questions d’Apolline de Malherbe dans l’émission Face à face, diffusée sur BFMTV ce mardi 16 septembre

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Vidéoprotection et IA : des technologies au service d’une meilleure résilience des territoires

By Numérique

Vidéoprotection et IA : des technologies au service d’une meilleure résilience des territoires :

Par Benoit Fayet, consultant Défense & Sécurité Sopra Steria Next, membre du Comité stratégique du CRSI


A moins d’un an des élections municipales, la sécurité est la 1ère attente des français vis-à-vis de leur municipalité et un enjeu « important » pour plus de 60% des maires. Ces données illustrent la transition de la thématique de la sécurité, autrefois résolument régalienne et étatique, devenue désormais un enjeu local. Face à ce constat et dans un contexte budgétaire contraint, les territoires s’engagent fortement et doivent encore plus se renforcer, en conjuguant moyens humains, physiques et technologiques. 

D’autant qu’à ces enjeux de sécurité s’ajoutent désormais pour les collectivités territoriales, et comme constaté durant cet été, d’autres risques notamment climatiques et naturels (inondation, incendie, …), impliquant une forte évolution de l’écosystème local de la sécurité. 

A cet égard, l’IA représente une opportunité pour les territoires pour assurer leur résilience, en s’appuyant notamment sur les outils existants, comme la vidéoprotection.

Une « mise en données » de l’espace public dans les territoires 

En septembre 2018, le rapport « Fauvergue – Thourot » consacrait la notion de continuum de sécurité. Ce concept, mis en œuvre depuis dans plusieurs lois, signifie que l’Etat appelle les collectivités territoriales à s’engager dans la réponse à apporter à une meilleure sécurité du quotidien. Cette logique de coopération a notamment permis de fortifier les relations entre les forces de sécurité intérieure dites « étatiques » (police et gendarmerie nationales), les forces de secours (pompiers,…) et les polices municipales, dont les effectifs sont en forte croissance (28 000 agents en 2025). 

En parallèle, la révolution digitale a entrainé ces dernières années une « mise en données » des territoires. Les villes produisent désormais des flux importants de données, par le biais de canaux toujours plus nombreux (services en ligne à la population, applications citoyennes, caméras de vidéoprotection,…). C’est à l’interface de la coopération voulue par le continuum de sécurité, et de la technologie dans des territoires appelés parfois « intelligents » ou « connectés », que réside la solution d’un territoire sûr pour ses citoyens.


L’avènement de la vidéoprotection dans les territoires

L’exemple de la vidéoprotection illustre l’apport de la technologie pour la sécurité d’un territoire. La vidéoprotection est devenue un outil incontournable pour les collectivités territoriales et très apprécié de la population (87 % des Français sont favorables à l’utilisation de la vidéoprotection dans l’espace public). En 2024, plus de 6 000 communes en France sont ainsi équipées de caméras (soit +20% en 10 ans). Ce succès s’explique par l’efficacité de la vidéoprotection pour la verbalisation (détection de déchets ou d’objets abandonnés, traitement d’infractions routières ou de stationnement, etc.) et pour l’aide, désormais indispensable, apportée à l’élucidation de faits et enfin pour l’optimisation de la présence des policiers municipaux sur le terrain en tant que police de proximité (ilotage, …). Enfin, elle permet d’anticiper des évènements à l’ère du changement climatique (inondation, incendie, …), d’obtenir une connaissance plus fine d’une situation et de piloter plus efficacement des opérations par exemple lors d’une manifestation (sportive, culturelle, populaire, …).

Toutefois, ce développement spectaculaire de la vidéoprotection masque certaines limites actuelles. Les dispositifs reposent essentiellement sur une supervision humaine d’agents territoriaux assermentés dans des centres de supervision urbain (CSU), efficace mais forcément limitée, un opérateur ne pouvant avoir en permanence les yeux derrière chaque écran. De même, une des limites est la non-exploitation d’une manne d’autres capteurs présents, comme évoqué auparavant.


La vidéoprotection augmentée, des gains opérationnels grâce à l’IA 

Ainsi, ces limites peuvent être traitées par de la vidéoprotection algorithmique ou appelée aussi augmentée qui consiste en l’installation et l’utilisation de logiciels d’IA, analysant les images des caméras de vidéoprotection afin de repérer et identifier des situations, des objets ou des personnes.  L’enjeu est de mieux analyser et interpréter des données et en grande quantité. Ces logiciels sont notamment basés sur des algorithmes, permettant d’isoler des informations spécifiques à partir d’images fixes ou de vidéos. Il est ainsi estimé qu’un opérateur d’un CSU, au bout d’une heure d’observation d’images ou de vidéos en temps réel, perd de sa vigilance et potentiellement 50% des évènements peuvent lui échapper.

Les développements génératifs de l’IA peuvent apporter beaucoup avec une capacité à exploiter des images en grande quantité avec des données hétérogènes. Ces solutions peuvent permettre d’appuyer l’analyse d’images issues d’un CSU et identifier ainsi des images d’intérêt (détection de véhicules, de personnes, …). L’IA permet ainsi une plus grande vigilance dans l’observation d’images de vidéoprotection, une meilleure efficacité et une accélération de la réponse à apporter à des situations données (incendie, inondation, rixe, rassemblement type point de deal, …). Ainsi, des alertes en temps réel, qui permettent de repérer, dans une grande quantité de flux vidéo, des événements que le logiciel relève de manière automatique et en notifie les agents du CSU, qui gardent le contrôle in fine et la prise de décision. A terme, un opérateur d’un centre de supervision ou un policier municipal pourrait ainsi avec des systèmes d’IA ne plus regarder de flux en temps réel mais se concentrer sur de la levée de doutes, de l’analyse et de la prise de décision.  

La vidéoprotection augmentée peut aussi être utilisée, en temps différé, pour automatiser des recherches dans des flux vidéo (requêtes de reconnaissance d’image afin de faire remonter l’ensemble des passages des vidéo correspondant à des critères définis, …). La vidéoprotection augmentée peut également raccourcir le temps de visionnage en condensant des heures ou jours de vidéos. Le rôle de la vidéoprotection augmentée dans cet usage est de sélectionner automatiquement les passages demandés et de masquer ou omettre le reste du flux vidéo.

En plus de l’apport sur ce volet de sécurité au quotidien et dans un contexte critique de changement climatique, la vidéoprotection augmentée peut aussi permettre de mieux gérer les situations de crise, anticiper les menaces (incendie, inondation, …) et in fine décider, agir ou intervenir plus rapidement. L’été 2025 a été marqué par des incendies débordant en zones péri-urbaine et urbaine, la vidéoprotection augmentée est un levier pour détecter plus rapidement des départs de feux ou d’incendies, dans une logique de captation précoce (signaux prédéterminés type émanations de gaz, …) ou de détection en temps réel avec alerte instantanée. Cela vaut également pour la surveillance des cours d’eau (en cas d’inondation ou de pollution), l’IA pouvant en outre capitaliser sur les évènements passés et dans une logique de rejeu, détecter en amont des points d’alerte. La vidéoprotection augmentée peut permettre aussi de repérer en temps réel des véhicules ou des individus présents dans des zones interdites, parce que dangereuses et d’émettre des alertes à des agents ou directement à destination des individus (proximité d’un cours d’eau, présence dans une zone à risque incendie, …). Enfin, le pilotage des forces de sécurité ou de secours et de leurs équipements (véhicules, …) intervenant sur une crise peut aussi être amélioré par de la vidéoprotection augmentée. De même, l’IA peut aussi permettre d’exploiter l’ensemble des capteurs présents dans les territoires, dans une logique d’hypervision et de sécurité globale en cas de survenance d’une situation de crise.


La vidéoprotection augmentée expérimentée lors des JO Paris 2024, dans un périmètre limité

La vidéoprotection augmentée a été autorisée à titre expérimental par la loi du 19 mai 2023, principalement pour les JO Paris 2024. Cette expérimentation concernait un nombre limité d’utilisateurs (police nationale, gendarmerie nationale, polices municipales, forces de secours …) et visait à détecter des situations sur des cas d’usage très restreints (8 situations identifiées).

Selon le rapport d’évaluation de cette expérimentation réalisée par le ministère de l’Intérieur, l’usage de la vidéoprotection augmentée a démontré un réel intérêt opérationnel mais également des limites liées à des performances techniques inégales et parfois décevantes selon les usages d’une part et la nécessité de définir les bonnes situations et disposer des bons paramétrages d’autre part. Le rapport souligne aussi la réussite de l’approche intégrée à la fois éthique, juridique et technologique qui a permis de sécuriser en amont le cadre de l’expérimentation et appréhender l’importance des données manipulées, en termes de sécurité informatique, de transparence et d’information de la population. 

Le rapport relève que si la technologie employée séduit les forces de sécurité, elle a en effet montré ses limites sur plusieurs cas d’usage et doit être améliorée, notamment sur la détection d’objets abandonnés ou sur un nombre important d’erreurs de détection liées à des faux positifs. Ainsi, l’identification préalable des bons cas d’usage, la mise en place de phases d’entrainement prenant en compte l’ensemble des conditions réelles pour une efficacité des dispositifs employés (positionnement des caméras, paramétrage selon l’éclairage ou la luminosité) sont indispensables.

Enfin, des cas d’usage ont révélé un intérêt opérationnel réel comme les dispositifs d’alerte qui ont permis de concentrer l’attention des forces de sécurité sur des faits suspects qui n’auraient pas été repérés sans l’IA, le contrôle de zones pour identifier une présence interdite ou couvrir toute une zone considérée en lieu et place d’une mobilisation importante d’agents sur le terrain, l’intégration de l’IA dans les salles de commandement qui apporte une complémentarité aux images issues de la vidéoprotection. 


Aujourd’hui, un flou juridique préjudiciable et un cadre à sécuriser 

Or, à ce stade la vidéoprotection augmentée n’est plus autorisée. En effet, la prorogation de l’expérimentation, portée par la loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports, a été censurée par le Conseil constitutionnel en avril 2025. Toutefois, un projet de loi relatif à l’organisation des JO d’hiver 2030 a été présenté en conseil des ministres en mai 2025 et voté par la commission des Lois du Sénat, avec plusieurs mesures en matière de sécurité, dont une reconduction de l’utilisation de la vidéoprotection augmentée. Ce projet de loi doit encore passer devant l’Assemblée nationale pour une adoption définitive souhaitée d’ici fin 2025, dans le contexte politique incertain du moment.

Au regard des apports opérationnels de l’IA et des besoins des collectivités territoriales, il semble nécessaire d’avancer sur un cadre législatif structurant, au-delà d’une nouvelle « expérimentation JO » via  une proposition de loi, permettant de se projeter vers une sécurisation juridique et un cadre pérenne sur des cas d’usage étendus à la hauteur des enjeux sécuritaires des territoires, des crises à répétition (violences urbaines, …) mais aussi des nouvelles menaces liées au changement climatique qui vont aller en s’amplifiant (inondation, incendie, …).

Les attentes des français à ce sujet sont clairs, l’IA dispose d’une bonne acceptation comme la vidéoprotection, 65 % des Français considérant en effet l’IA comme un outil utile pour les forces de sécurité, 63 % des Français se disant même favorables à la généralisation de la vidéoprotection augmentée, démontrant ainsi une forte adhésion.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une recrudescence des actes anti-chrétiens

By Sécurité/Justice

– Par Olivier DEBENEY, chef de cabinet

Une recrudescence des actes anti-chrétiens

Le 7 août 2025, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau demandait aux préfets de renforcer la protection des lieux de culte chrétiens à l’occasion de la fête de l’Assomption (15 août) dans un contexte de hausse des actes antichrétiens et de tensions internationales.

  • Entre janvier et juin 2025 : 401 actes antichrétiens
    (+13% par rapport à 2024 sur la même période)
  • Total en 2024 : 770 actes (-9.84%) après 854 actes en 2023 ; avec une hausse des incendies et tentatives d’incendie des lieux de culte.
  • En 2024, sur 2 513 actes antireligieux recensés :
    • 62% antisémites (1 570)
    • 31% antichrétiens (770)
    • 8% antimusulmans (173)

Le rapport du Service central du renseignement territorial (SCRT) de 2022 rapporte que les actes antichrétiens sont majoritairement des atteintes aux biens (92% en 2022) plutôt que des atteintes aux personnes (8% en 2022). Les vols représentent 31% des faits, les dégradations 39%, les inscriptions 12%, les propos et gestes menaçants 10%, les incendies 3%, les violences physiques 3%.

En 2022, la Nouvelle-Aquitaine et le Grand Est sont parmi les régions les plus touchées, avec une hausse marquée dans le Grand Est (+50 %), notamment en matière de vols et de dégradations.