Centre de Réflexion
sur la Sécurité Intérieure
10 rue Cimarosa – 75116 PARIS
Interview de Thibault de Montbrial à l’occasion de son déplacement à Aix-en-Provence
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A propos de Gaza, l’avis de Frédéric Encel pour le média The Epoch Times : « La situation risque de se bloquer alors que nous n’en sommes qu’au début de l’application du plan de paix. »
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Le 7 octobre 2025, l’INSEE faisait paraître un rapport (n°2076) mettant en exergue qu’en 2024, 6,0 millions d’étrangers vivent en France, et que parmi eux, 0,9 million y sont nés.
- Situation générale
En 2024, la France compte 6,0 millions d’étrangers, soit 8,8 % de la population totale estimée à 68,4 millions d’habitants. Parmi eux, 5,1 millions sont nés à l’étranger et sont donc également immigrés, tandis que 0,9 million sont nés en France, essentiellement des mineurs.
Parallèlement, la France compte 7,7 millions d’immigrés, soit 11,3 % de la population. Cette population se compose de 5,1 millions d’immigrés étrangers et de 2,6 millions d’immigrés naturalisés français.
- Structure par âge
Les étrangers représentent 10,0 % des personnes âgées de moins de 13 ans et 5,6 % des 13 à 17 ans. Cette diminution avec l’âge s’explique par les acquisitions de nationalité française, possibles par déclaration anticipée dès 13 ans et automatiques à la majorité sous conditions de résidence.
Parmi les personnes étrangères nées en France, 0,7 million ont moins de 13 ans, 29 000 ont entre 13 et 17 ans, et 127 000 sont majeures.
La quasi-totalité des étrangers majeurs sont nés à l’étranger : 4,6 millions d’étrangers de 18 ans et plus sur un total de 6,0 millions.
- Comparaisons européennes
En 2024, les étrangers représentent 9,6 % de la population de l’Union européenne (UE).
La part observée en France (8,8 %) est inférieure à la moyenne de l’UE et à celle de la plupart des pays frontaliers :
- Italie : 8,9 %
- Espagne : 13,4 %
- Belgique : 13,8 %
- Allemagne : 14,5 %
- Suisse : 27,0 %
- Luxembourg : 47,2 %
Les étrangers ressortissants d’un autre pays de l’UE représentent 2,3 % de la population totale en France, contre 3,1 % en moyenne dans l’UE. Les étrangers non ressortissants de l’UE représentent 6,5 % de la population en France, soit un niveau proche de la moyenne européenne (6,4 %).
- Origines géographiques des étrangers
En 2024, la répartition des étrangers par nationalité est la suivante :
- 46 % ont la nationalité d’un pays d’Afrique ;
- 35 % d’un pays européen (dont 26 % d’un pays de l’Union européenne) ;
- 13 % d’un pays d’Asie.
L’évolution sur le long terme montre une forte diversification : en 1968, 72 % des étrangers étaient ressortissants d’un pays européen et 25 % d’un pays africain. En 2024, la proportion africaine est devenue majoritaire, tandis que celle des Européens recule à environ un tiers.
- Acquisition de la nationalité française
En 2024, 34 % des immigrés vivant en France possèdent la nationalité française.
Cette part varie selon le continent d’origine :
- Afrique : 37 % (dont 41 % pour le Maghreb)
- Asie : 35 %
- Europe : 28 %
- Amérique et Océanie : 31 %
La part d’immigrés naturalisés a augmenté de 29% en 1982 à 41% en 2009, avant de diminuer depuis la fin des années 2000. Cette baisse est liée à la réduction des acquisitions par décret observée depuis 2011, ainsi qu’à la moindre propension des immigrés européens à demander la nationalité française, du fait de la libre circulation dans l’espace Schengen.
Les différences selon la nationalité d’origine tiennent aussi aux conditions administratives (maîtrise de la langue, durée de résidence) et à la possibilité ou non de cumuler deux nationalités (impossible pour certaines, comme la Chine).
- Évolution historique
Depuis 1921, le nombre d’étrangers en France suit une évolution parallèle à celle des immigrés :
- 1921 : 1,5 million d’étrangers
- 1931 : 2,7 millions
- 1946 : 1,7 million
- 1990 : 3,6 millions
- 1999 : plus de 3 millions d’étrangers et 4 millions d’immigrés
- 2024 : 6,0 millions d’étrangers et 7,7 millions d’immigrés
L’écart entre les deux catégories s’est creusé à partir des années 1980 en raison des naturalisations. Entre 1999 et 2009, le nombre d’étrangers a progressé de +1,3% par an en moyenne, contre +2,2% pour les immigrés. Depuis 2009, la croissance est de +3,2% par an pour les étrangers et +2,4% pour les immigrés.
- Synthèse
En 2024, la population étrangère représente 8,8 % de la population française, soit une proportion inférieure à la moyenne européenne. La population immigrée, plus large, atteint 11,3 %.
Les origines géographiques des étrangers se sont nettement diversifiées, avec une prédominance africaine et un recul des nationalités européennes.
La part d’immigrés ayant acquis la nationalité française diminue depuis la fin des années 2000, après plusieurs décennies de hausse.
Plus d’informations : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8651304#
Le 29 septembre 2025 le Ministère de l’Intérieur faisait paraître un rapport sur les exportations d’armement de la France en 2024.
Ce document s’organise autour de trois grands axes : la cohérence avec les priorités stratégiques nationales, le contrôle rigoureux des exportations et le soutien constant à l’industrie française de défense. La France conçoit de façon indissociable sa politique de défense et ses engagements internationaux, cherchant à concilier responsabilité stratégique et respect du droit international. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la progression des dépenses militaires européennes, amorcée depuis plusieurs années, s’est encore accélérée. L’Allemagne occupe désormais le quatrième rang mondial en la matière, devant le Royaume-Uni, tandis que la France se situe au huitième rang et l’Italie au douzième.
Dans un premier temps, la politique d’exportation française vise à contribuer au maintien d’un équilibre international en permettant aux États agressés d’exercer leur droit légitime à la défense. À ce titre, les présidents Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont signé le 16 février 2024 un accord bilatéral de sécurité d’une durée de dix ans, valable tant que l’Ukraine ne sera pas entrée dans l’OTAN. Cet accord prévoit des engagements précis et identifie plusieurs domaines de coopération, tant civils que militaires.
Entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2024, le soutien militaire apporté par la France à l’Ukraine est estimé à 5,9 milliards d’euros, auxquels s’ajoute la contribution nationale au financement de la Facilité européenne pour la paix (FEP), dans le cadre de la solidarité européenne, pour un montant pouvant atteindre 2,3 milliards d’euros. Sur la période 2020-2024, l’Ukraine est ainsi devenue le premier importateur mondial d’armes majeures.
En second lieu, les exportations d’armement participent activement à la vitalité économique et industrielle du pays. Elles contribuent à renforcer l’autonomie stratégique de la France, à maintenir un haut niveau de compétence technologique et à soutenir l’emploi, avec près de 220 000 postes générés dans le secteur de la défense :
- Avant la guerre en Ukraine, la société KNDS produisait deux canons CAESAR par mois , grâce aux investissements publics réalisés depuis, la cadence a été portée à 6 unités mensuelles en 2024 et devrait atteindre 8 en 2025. De même, la production de missiles Mistral par MBDA a doublé, passant de 20 à 40 missiles par mois.
En 2024, les prises de commandes dans le domaine de la défense ont atteint un montant total de 21,6 milliards d’euros, tirées par plusieurs grands contrats internationaux :
- 18 Rafale pour l’Indonésie, 12 pour la Serbie et 4 sous-marins d’attaque pour les Pays-Bas.
- Le secteur aéronautique concentre environ 43 % des commandes, le secteur naval 33 %, les matériels terrestres 15 %, les radars et systèmes de communication 5 %, et enfin les missiles 4 %.
- L’année 2024 constitue la deuxième plus importante en volume de commandes après 2022 et reflète la montée en puissance des exportations françaises vers l’Europe, qui représentent désormais 60 % du total.
La France s’impose aujourd’hui comme la deuxième puissance exportatrice mondiale d’armement, ayant quasiment triplé ses livraisons majeures à destination d’États européens entre 2015-2019 et 2020-2023. Cette progression s’explique notamment par la livraison d’avions de combat à la Grèce et à la Croatie, de frégates à la Grèce, de sous-marins aux Pays-Bas, ainsi que par le soutien militaire apporté à l’Ukraine.
Au-delà du cadre européen et de l’Alliance atlantique, la France entretient des partenariats stratégiques durables avec plusieurs grandes puissances. L’Inde, par exemple, a acquis 26 Rafale Marine ; les Émirats arabes unis, l’Indonésie et le Brésil entretiennent également des coopérations denses dans le domaine de l’armement. Par ailleurs, la France poursuit son soutien aux forces africaines et moyen-orientales engagées contre le terrorisme islamiste et les extrémismes violents, tout en offrant aux pays asiatiques souhaitant se détacher de leur dépendance vis-à-vis des matériels russes une véritable alternative technologique.
- En 2024, l’Asie a représenté environ 23 % des prises de commandes françaises (contre 42 % en 2023).
- Proche et Moyen-Orient ont conservé une part stable d’environ 11 %.









