« La guerre, demain ? »
Dans le cadre du Colloque de la pensée militaire de l’Armée de Terre, Thibault de Montbrial a introduit les problématiques liées à l’action des forces armées sur le territoire national.
Dans le cadre du Colloque de la pensée militaire de l’Armée de Terre, Thibault de Montbrial a introduit les problématiques liées à l’action des forces armées sur le territoire national.
Depuis la supension de ma conférence à la Sorbonne en Mai 2023 (qui fut finalement organisée sans problème en juin), aucune université française ne m’invite -ou annule au dernier moment pour des motifs spécieux-.
Je fais donc appel à invitation pour présenter mes recherches dans les universités françaises et les centres de recherche publics, seuls lieux où je ne peux plus aller.
J’ai un doctorat depuis 25 ans, une habilitation à diriger des recherches, un CV et une liste de publication consistants, je suis CR fonctionnaire titulaire du CNRS.
On peut ne pas partager mes analyses évidemment, mais faut-il en connaitre le contenu. Je demande le levée de cette censure dans le milieu académique qui est naturellement le mien.
Dans le cadre d’une réunion sur les enjeux de sécurité, Thibault de Montbtrial donnait une conférence devant 200 personnes à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours.
Il a pu aborder un certain nombre de thématiques alors qu’approchent les élections européennes 2024.
Cette initiative mobilise 900 policiers, gendarmes et douaniers, principalement dans les quartiers Nord, pour plusieurs semaines. Quelques jours auparavant, le 5 mars, les magistrats du tribunal judiciaire de Marseille avaient été auditionnés au Sénat lors d’une commission d’enquête qui avait dressé un constat alarmant sur ce problème.
Les chires du narcobanditisme à Marseille en 2023 :
Ces derniers sont recrutés de plus en plus jeunes (62% des tueurs ont moins de 21 ans), et pour beaucoup, ne viennent pas de Marseille. Ils constituent souvent les premières victimes des “narchomicides”.
“Marseille est la seule ville de France gangrénée à ce point par le trafic de drogue et par l’économie souterraine que ce trafic induit et les règlements de comptes qui en découlent”
Face aux réseaux, deux stratégies complémentaires sont mises en œuvre par les pouvoirs publics :
Une réponse judiciaire à la traîne : Face au narcobanditisme, les moyens de la justice doivent être considérablement renforcés (eectifs d’instruction, de gree, d’assistants spécialisés).
“Pour ces gens-là, la prison, c’est la même chose que l’extérieur sans les femmes. Il faudrait un régime pénitentiaire spécifique, très dur, sous forme de quartier de sécurité sans communication avec l’extérieur”,M. Nicolas BESSONE.
A Marseille, 20% de l’activité juridictionnelle est consacrée au trafic de stupéfiants, contre une moyenne de 9% au niveau national. Ce sont des dossiers qui sont longs, complexes, chronophages.
La réponse judiciaire est par ailleurs entravée par une corruption de basse intensité. Si dans les prisons, ce combat est peut-être déjà perdu (accès facile aux téléphones, drogue, etc.), il doit être mené au sein de la police et des juridictions. Des enquêtes internes sont en cours sur des fonctionnaires ou services dont les dossiers font régulièrement l’objet de nullités.
“Chaque personne a un prix et les moyens de ces réseaux sont quasiment illimités.“, Nicolas BESSONE.
Plusieurs pistes de propositions ont été évoquées. Une action résolue : au niveau pénitentiaire, au niveau de la législation et au niveau procédural. Ainsi qu’une politique de santé publique contre la consommation.
1/ Le régime pénitentiaire : La prison des Baumettes connaît une surpopulation carcérale de 188%. Outre le scandale que cela constitue pour les conditions des détenues, cela pose un vrai problème de suivi des détenus.
Les magistrats ont plaidé pour la mise en place d’un régime spécial de prisons à haute sécurité : avec isolement de ces profils (qui continuent parfois de gérer le trafic sans problème derrière les barreaux) et brouillage des cellules.
2/ La législation : 3 points de la législation pénale seraient à changer selon les magistrats :
3/ La procédure pénale : Plusieurs points de procédure seraient à simplifier :
4/ Une politique de santé publique contre la consommation : Olivier Leurent déplore que la consommation de cannabis soit largement acceptée dans la société et qu’il n’y ait plus de sentiment de transgression. Elle est mise sur le même plan que la consommation de vin.
Mais consommer du cannabis, c’est entretenir des réseaux criminels. Avec en plus, une nocivité des produits extrêmement forte. Il faut donc une véritable politique de santé publique.
“Une consommation quotidienne de cannabis, et parfois jusqu’à 10 joints par jour, mais sans l’ombre d’une conscience de transgresser la loi”, M. Olivier LEURENT.
Il ressort de cette audition que Marseille est largement gangrénée par le narcotrafic. Plus de 130 points de deal recensés. Olivier Leurent parle ainsi de “narcoville”. Cette audition confirme qu’à Marseille comme ailleurs, un choc d’autorité est urgent avant le délitement de l’Etat de droit.