– par Claire-Marine GROS, adjointe au Directeur de Cabinet, CRSI
À l’approche de la saison estivale, cette note synthétise les données du baromètre Odoxa-Verisure pour Le Figaro (1 005 personnes interrogées les 20 et 21 mai 2026) et les chiffres officiels du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) pour 2025, afin d’éclairer l’état du sentiment d’insécurité en France et ses manifestations spécifiques pendant les vacances.
1. Une perception dégradée de la sécurité
Le baromètre Odoxa-Verisure livre un constat préoccupant : 58 % des Français estiment que leur sécurité est mal assurée. Ce chiffre doit être mis en regard de la trajectoire récente : après une amélioration sensible (48 % de jugements négatifs en février 2025), la tendance s’est inversée depuis six mois (58 % en mai 2026).
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Sécurité jugée « mal assurée » : 58%
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Sécurité jugée « très mal assurée » : env. 21%
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Sécurité jugée « assez bien assurée » : 37%
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« Sentiment d’insécurité » personnel (« souvent » ou « de temps en temps ») : 67%
62 % des femmes jugent la sécurité mal assurée, contre 54 % des hommes. Le clivage politique est encore plus marqué : 79 % des sympathisants RN et 72 % des sympathisants LR partagent ce jugement, contre 65 % chez les sympathisants de gauche et 84 % chez les proches du parti au pouvoir.
À plus long terme, 77 % des Français estiment qu’il y a davantage d’insécurité aujourd’hui qu’il y a dix ans, 76 % qu’il y en a plus qu’il y a vingt ans, et 75 % plus qu’il y a cinquante ans.
2. Des indicateurs statistiques en hausse en 2025
Le dernier bilan du SSMSI (Ministère de l’Intérieur) pour 2025 confirme la remontée de plusieurs indicateurs après une période de stabilisation :
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Agressions physiques : +5%
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Violences intrafamiliales : +5%
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Violences sexuelles : +8%
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Viols et tentatives de viol : +9%
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Victimes d’homicide : +1% (982 victimes)
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Tentatives d’homicide : +5%
S’agissant des atteintes aux biens, 212 000 cambriolages de logements ont été enregistrés en 2025, soit environ 600 faits par jour. Ce volume, en légère baisse nationale (−3 %), reste très élevé et marque une recrudescence dans les zones rurales et périurbaines.
3. Les vacances, vecteur d’anxiété : données détaillées
3.1 Inquiétude pour le domicile pendant l’absence
56 % des Français se déclarent inquiets pour la sécurité de leur domicile avant de partir en vacances — soit une hausse de 9 points en sept ans. En réponse, 77 % prévoient de mettre en place un moyen de protection pendant leur absence.
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S’entendre avec voisins/amis pour des passages réguliers : 48%
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Mettre en place un système d’alarme télésurveillée : 33%
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Informer la police/gendarmerie (Opération Tranquillité Vacances) : 28%
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Mettre les objets de valeur en sécurité : 26%
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Piloter l’éclairage à distance : 11%
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Compter sur le chien : 7% (14 % il y a 5 ans)
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Aucune mesure particulière : 23%
Note : l’usage des solutions technologiques (alarme, éclairage à distance) a progressé de 8 % en quatre ans.
3.2 Crainte du squat
54 % des Français disposant d’un bien « squattable » (88 % du panel) craignent que des inconnus profitent de leur absence pour occuper leur résidence, leur jardin ou leur piscine. Ce phénomène n’est pas nouveau : dès 2019, les tribunaux civils avaient rendu près de 1 130 décisions en réponse à des demandes d’expulsion d’occupants sans droit ni titre.
3.3 Insécurité perçue dans les activités de loisirs
L’enquête révèle que 85 % des personnes interrogées font de la sécurité du lieu de vacances un critère déterminant dans le choix de leur destination (+ 9 points en quatre ans par rapport à 76 % en 2022).
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Faire du jogging seul dans un endroit inconnu : 78%
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Laisser sa résidence de vacances sans surveillance : 73%
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Fréquenter bars, bals, boîtes de nuit : 72%
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Se promener dans un endroit peu fréquenté : 70%
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Laisser son véhicule stationné (parking de plage) : 69%
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Visiter une ville ou un site touristique inconnu : 59%
* (% des répondants percevant « beaucoup ou un peu » d’insécurité dans ces activités — Odoxa-Verisure, mai 2026)
Les grandes villes en France (80 %) et à l’étranger (76 %) figurent en tête des lieux perçus comme peu sûrs, suivies des stations balnéaires (62 %). La campagne et la montagne, jadis synonymes de quiétude, sont désormais considérées comme anxiogènes par près d’un tiers des Français.
4. Le home jacking : une menace en progression
Le home jacking — intrusion dans un domicile occupé, généralement pour dérober des clés de véhicule sous la contrainte — connaît une progression continue. Contrairement au cambriolage classique, sa nature violente génère un traumatisme psychologique durable chez les victimes.
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Cas recensés en 2022 (OCLCO) : 475
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Cas recensés en 2023 (+8 %) : 515
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Estimation 2024 : env. 550
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Part des cambriolages commis en présence des occupants (2024) : env. 40 % (vs 31 % en 2022)
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Objectif principal : vol de véhicule (ONDRP) : 75% des cas
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Régions les plus touchées : Île-de-France, Hauts-de-France, PACA
À noter : en juin 2026, un réseau de home jacking opérant depuis la région nantaise a été démantelé, avec un préjudice estimé à plus de deux millions d’euros. Le coordinateur du réseau dirigeait les opérations depuis sa cellule de détention. Le recours croissant à cette méthode s’explique en partie par le renforcement des systèmes antivol électroniques des véhicules modernes, qui pousse les malfaiteurs à récupérer les clés directement auprès des propriétaires.
Sources
- Baromètre Odoxa-Verisure pour Le Figaro, enquête réalisée auprès de 1 005 personnes interrogées par internet les 20 et 21 mai 2026
- SSMSI — Ministère de l’Intérieur, Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique
- OCLCO (Office Central de Lutte contre le Crime Organisé) — statistiques home jacking 2022-2024
- ONDRP / Daitem — données cambriolages et home jacking 2024-2025
- Le Figaro, « Angoissés par l’insécurité, les Français appréhendent la période des vacances », 24 juin 2026
