NB : Cette note complète sans les remplacer les préconisations du Guide des bonnes pratiques pour la sûreté des espaces publics Édition Décembre 2021 ), du guide de résilience Guide « Tous responsables » édition du  20 novembre 2025 et du tutorat des services publics sur la légitime défense qu’il est indispensable de connaitre

 

ETRE ENSEMBLE CONTRE LES ATTAQUES SOUDAINES  AU COUTEAU ET ATTAQUES INSURECTIONNELLES  dans l’espace public / hors du domicile: 

COMMENT SE DEFENDRE dans le cadre de la loi (public et organisations)  

 

Cette note a pour objectif de donner des bases de bonnes conduites en contexte dégradé, faute de guide ministériel explicite sur la question de la défense d’urgence en l’absence de forces de l’ordre,  provisoire ou dans la durée. Elle est indicative, renvoie au bon sens. La règle  prioritaire est d’anticiper et éviter au mieux toute confrontation. 

 

La Prévention et l’anticipation des risques

Dans un contexte installé depuis 11 ans  de menace terroriste, mais aussi un contexte croissant d’émeutes crapuleuses avec saturation des forces de l’ordre, du mimétisme de l’attaque à l’arme blanche, qu’il s’agisse de la légitime défense (de soi ou d’autrui), de l’article L. 4121-1 du code du travail ou de la législation sur La sécurité du consommateur dans les lieux de vente (grandes surfaces, restaurants, etc…), habitants et entreprises de France sont confrontés depuis 2015 à un nouveau défi: à plus forte raison en espace fermé et pour les personnes fragiles,  la mise à l’abri voire la défense provisoire des personnes lors d’attaques soudaines de ce type. Or l’entreprise a une obligation de moyen, les citoyens doivent se défendre et assistance à personne en danger.

Au sein d’une organisation, l’établissement d’un PLAN DE SÉCURISATION DE L’ÉTABLISSEMENT (PSE), (guide page 46  (*)) s’impose. Il vise dorénavant à préserver de 2 types d’attaques : terroristes et insurrectionnelles. Les premières mesures sont de l’ordre du filtrage et le recours à des installations par des entreprises spécialisées (sas, camera, digicode, interphone, lampe LED de très grande puissance à  l’entrée d’un site, etc…). Le système de porte d’entrée doit être aussi résistant à l’usage de bélier (véhicule), le cas échéant grâce à des plots éventuellement amovibles ou de masse. Le système du sas est à généraliser.

Les sites avec agents de sécurité doivent demander aux fournisseurs qu’ils passent les agréments pour port d’arme de catégorie D (spray / lanceur de gel au poivre ou CS, bâton de défense, tasers). L’agent doit avoir une autorisation délivrée par le CNAPS. Enfin tout individu préposé au filtrage (surveillant d’écoles par exemple) doit être systématiquement équipé de protections anti couteau durant la mission (torse, cou, et idéalement haut des bras), en vente libre et classées comme « Equipement de protection individuelle / EPI ». 

Que faire en cas d’attaque 

Si la prévention ou la détection a échoué, la mise à l’abri du public peut requérir une primo intervention du public ou du personnel de l’organisation (fiche R2, p 83  (*)) afin de bloquer / freiner provisoirement un assaillant le temps que la mise à l’abri des personnes fragiles puisse se faire. 

Quant au public, en particulier dans les transports, commerces, terrasses de restaurants, office religieux, etc.. il gagne a rester vigilant, éviter de porter un casque sur les oreilles et de se concentrer uniquement sur son téléphone afin d’être attentif à son environnement et détecter les anomalies (Fiche R7  (*)). La clé reste l’anticipation et l’évitement préventif. 

L’alerte doit être envoyée aux Force de l’ordre au plus tôt de la détection d’une menace afin d’accélérer leur intervention et de s’assurer que la procédure identifie les membres du public concernés comme victime, et non comme une partie qui souhaiterait aussi en découdre. Même en cas de saturation du standard et de non réponse, cela laissera une trace essentielle dans la perception du rôle de chacun, surtout en cas de recours ultérieurs à des actes violents à des fins de légitime défense.

En cas d’attaque non anticipée (voir les réflexes indiqués dans le fiche R2  (*)), avoir à l’esprit que la mise à l’abri, parfois à préférer à la fuite (risque d’être rattrapé par un assaillant en meilleure forme), est l’approche préconisée: se réfugier derrière un gros obstacle comme un véhicule et veiller à ce qu’il reste entre l’assaillant et vous; ou s’abriter dans un commerce ou une pièce fermée à bloquer avec des meubles. Si le site ou la copropriété est sous le contrôle des assaillants, il faut chercher refuge ailleurs le temps que les forces de l’ordre reprennent la main, quand bien même des biens auquel le membre du public est attachés seraient menacés. 

La primo intervention

La défense est à prévoir pour soi ou assister autrui ou si on est acculé (fiche R2 n p83  (*) du guide ministériel précité)

Préconisations de la fiche R2, P 83  (*) prévue en cas d’attaque terroriste mais applicable plus généralement pour la légitime défense

« Si se cacher ou évacuer est impossible, et si votre vie est en danger et dans la mesure de vos moyens, résistez en dernier recours : 

Collectivement, la prise d’ascendant sur un adversaire isolé peut retourner la situation. 

  1. Tentez de neutraliser le terroriste à plusieurs 
  2. Distrayez l’adversaire (criez) 
  3. Profitez d’un moment de vulnérabilité de l’agresseur pour l’attaquer (changement de chargeur, etc.) 
  4. Protégez-vous avec un bouclier de fortune (sac, vêtement enroulé autour de l’avant bras). »

Attention, le cas d’une prise d’otages est différent d’une fusillade de masse. Lors d’une prise d’otages, ne cherchez pas la confrontation avec les terroristes et respectez leurs consignes. » 

Ces préconisations restent très insuffisantes au vu des nombreuses attaques enregistrées depuis 2015, mais aussi du nombre croissant de situation où la saturation des forces de l’ordre alonge le temps d’intervention. 

En attendant l’arrivée des forces de l’Ordre, une doctrine de primo intervention citoyenne, à des fins de légitime défense des plus fragiles gagne à être proposée par les autorités. Dans ce contexte de fulgurance ou de saturation, face à des assaillants armés d’armes blanches, ou des émeutiers, le public est livré à lui-même sans doctrine. La législation n’est pas adaptée au droit à la légitime défense proportionnelle dans l’espace public ou en copropriété (la proportionnalité ne doit pas être uniquement une limite en faveur de l’assaillant, mais un droit citoyen en terme de moyen). Il est cependant possible d’apporter les préconisations suivantes en complément de la fiche R2 page 84 (*) : 

Que faire en cas d’attaque non anticipée : objet d’urgence (liste non exhaustive)

  • La chaise

elle met une distance entre l’assaillant et vous ; ne pas la lancer car c’est un bouclier (le professeur Bernard à Arras avait lancé la chaise et donc perdu son seul bouclier). Il faut frapper l’assaillant à plusieurs / crier ; dans une paroisse, une salle de congrès, etc…  , (en Eglise , ou tout autre site où une partie des chaises sont scellées en rangée ou pas, les chaises amovibles doivent avoir une signalisation visible afin que le public sache les trouver)

  • Le sac à main / à dos

Il ne faut pas lancer ; agiter pour frapper (Henri d’Anselme s’est fait connaître comme « l’homme au sac à dos » lors de l’attaque au couteau perpétrée à Annecy le 8 juin 2023). Idéalement Frapper l’assaillant à plusieurs / crier

  • Le parapluie

Il obstrue la vue de l’assaillant , permet de frapper , de piquer

  • La canne

Elle permet de frapper , piquer l’assaillent . les canne plombée ou épées sont interdites. Une pointe acérée peut entrainer une requalification en port d’arme prohibé. Ce sera à l’appréciation d’un juge.

  • Le caddie de supermarché

C’est un très bon objet de distanciation, à garder entre l’assaillant et soi, mais n’a aucune vertu comme arme

  • Le casque de moto

Très bon objet pour frapper, mais en gardant à l’esprit qu’il s’agit de neutraliser et / ou d’éloigner un assaillant , il peut être requalifié comme arme si utilisé abusivement

  • La ceinture

Il faut utiliser une ceinture en cuir coté cuir, frapper avec la boucle métallique peut entrainer une requalification comme arme

  • Une lampe de poche LED de grande puissance

Avec un minimum  20000 candelas , 1000 à 9000  lumens  (marques Olight / Nitecore)  avec effet stroboscopique ou non , cet excellent objet de défense  ne comporte aucun risque juridique ; l’effet aveuglant permet de fuir ; très bon objet (attention à ne pas confondre avec les lasers , très dangereux , absolument interdit et passibles de poursuites pénales)

 

Cas des lanceurs de gel au poivre ou gaz CS , appelés bombes lacrymogènes, libres à l’achat

Les bombes au poivre sont classées par le législateur comme arme de catégorie D, en vente et détention libre mais interdite de port sans motif légitime. La loi dit qu’en cas de contrôle de sécurité, vous devez être en mesure de fournir un motif légitime. Pour déterminer si vous avez une raison valable d’en porter ou transporter, les forces de l’ordre, ou le juge en cas de litige, tiennent compte du lieu, des circonstances et du contexte. L’examen du motif légitime se fait au cas par cas.

Ainsi, prétendre que la bombe au poivre « servirait à mieux affronter un danger ne constitue pas un     motif légitime en soi ». Si le port n’est pas jugé légitime, le détenteur peut être passible d’une amende forfaire de 500 Euros, d’un casier judiciaire et d’une inscription au Finiada. Il est préférable de refuser l’amende et préférer la procédure judiciaire afin de défendre son point de vue face au juge. L’exécutif considère t-il que le contexte de menace systémique terroriste comme crapuleuse depuis 11 ans est un motif légitime ? Il n’est pas audible sur ce sujet. La loi devrait punir l’usage criminel d‘une bombe au poivre (ou au CS) et non le port. Il existe une tolérance circonstancielle des forces de l’ordre vis à vis des bombes au poivre (ou CS), Mais qu’en est-il des juges ?

Les bombes au poivre plutôt qu’au gaz CS sont les plus polyvalentes. En intérieur ou s’il y a risque de vent, une bombe au gel ou idéalement lanceur de mousse sont les meilleures solutions. En intérieur ou en cas de vent, le nuage d’un spray peut se retourner contre l’utilisateur. Certaines bombes de grandes marques ont une portée de 4 mètres. Toutefois inefficace en cas de surprise totale, la détection en amont et idéalement l’évitement d’un danger reste toujours la meilleure solution.

S’il s’agit de mettre en place une approche d’interdiction dans un porche d’un espace public ou d’une copropriété (ou une entrée d’appartement ou de maison) , face un ou plusieurs assaillants, le spray au CS sera utilisé afin de saturer un espace que l(es) assaillant(s) s’apprête(nt) à utiliser. C’est une excellente mesure non létale de ralentissement ou d’interdiction permettant la mise à l’abri, le confinement, le barricadement d’enfants en salle de classe ou autres personnes fragiles (patients dans un hôpital, un Ehpad, etc…), ou d’une copropriété. 

Les Bombes lacrymogènes de très grande puissance: une solution pour les organisations comme pour les particuliers, efficaces contre les attaques au couteau, ou un groupe d’assaillants. Elles seront d’autant plus efficaces quand les organisations ont un accueil protégé (les protections anti covid sont de bonnes solutions) permettant de protéger le personnel qui a alors le temps d’alerter les forces de l’ordre et le cas échéant de mettre en œuvre une approche d’interdiction. Les produits de ce type sont par exemple les pistolets lanceur de gel au poivre longue portée (de contenance <100ml) de type Piexon (Gardian Angel , JPX 2 ou 4 : 40 à 500 €) : portée de 4 à 7 mètres. Ces armes non létales ont un TRES fort pouvoir neutralisant si l’opérateur vise le torse (éclaboussures) ou la tête selon la distance et le manuel du fabricant. 

  • Ce qui n‘est pas illégal hors du domicile

Avoir par exemple un  pistolet Piexon lanceur de gel au poivre (ou le modèle plus discret le Guardian Angel) sous le comptoir de votre restaurant, un bureau d’accueil, etc.. (d’une administration, école, synagogue, Eglise, Mosquée, etc… ) ou en des points identifiés (discrets) par un personnel agrée par l’organisation comme le sont les extincteurs, défibrillateurs, etc.., est légal . Il ne s’agit pas d’un port. Ils gagnent à être sous clé lors de la fermeture de l’établissement.

Malgré la soudaineté de ces attaques, si vous évoluez dans un site sensible comme une école, même avec l’accord du chef d’établissement le port d’une bombe au poivre est toujours illégal et peut valoir un licenciement pour port d’arme. Par contre la bombe au poivre peut être à portée de main (dans un tiroir).

  • Le port hors du domicile d’une lampe LED de très grande puissance est possible.

Il faut connaître le droit actuel de la légitime défense. ATTENTION! Dans un contexte d’exercice de ce droit, la victime doit au plus vite appeler les forces de l’ordre afin que votre parole soit perçue comme celle de la victime et non de l’agresseur ! Cet appel doit aussi intervenir dès la détection de la menace ! En cas de saturation du standard à prévoir en cas d’attaque ou d’insurrection , l’appel n’en sera pas moins une trace de la bonne foi de la ou des victimes.

Au domicile, se référer aussi à l’article 112-6 du code pénal. La légitime défense du domicile suppose une démarche de retranchement et exclu tout acte de violence dirigé vers l’extérieur du domicile. Il n’y a pas de restriction de port, sauf pour les armes à feu qui doivent être sous coffre ou cadenassées. Elles sont à éviter  ou au pire envisageable avec des munitions de défense (munition de calibre 12 au poivre) ou à caoutchouc. Les armes au gel poivre ou CS sont les meilleures options, car non létale.  Dans l’urgence ou la panique, La liste d’objets possibles n’est pas limitée. L’usage d’armes blanches est formellement déconseillé. 

 

Ce document élude l’attaque à l’arme à feu contre le public, qui devrait faire l’objet de travaux spécifiques. 

 

Conclusion

Le site qui reçoit du public doit donc concevoir un PLAN DE SÉCURISATION DE L’ÉTABLISSEMENT  (*) qui doit aussi comporter un plan de primo intervention à des fins de légitime défense d’autrui. L’objectif des attaques immédiates et aléatoires est de tuer un maximum de personnes avant l’arrivée de la police. Quant aux attaques insurrectionnelles, qui peuvent aussi viser des copropriétés ou propriétés privées, leurs mobiles peuvent être multiples, comporter une part crapuleuse et une atteinte aux personnes. La copropriété comme la propriété doivent aussi intégrer un PLAN DE SÉCURISATION. En cas d’échec du plan, la primo intervention immédiate solidaire est vitale. Dans une structure publique, au mieux cela suppose une sélection de volontaires, une formation technique et juridique, du même type que celle des équipes de premier secours en entreprise. Tout le personnel (ou les fidèles d’un site confessionnel dans le cadre du programme lancé par le bureau national des cultes au sein des paroisses de France depuis le début 2025) doit être formé à l’identification et au recours immédiat à des objets usuels de protection.  Dans une copropriété, l’intrusion doit être évitée afin de prévenir que l’habitant ayant les moins bons dispositifs ou le plus vulnérable soit victime d’une intrusion aux conséquences dorénavant totalement imprévisibles.

La question de la sécurisation des sites privés comme publics en cas d’émeute est dorénavant posée; dont le confinement des copropriétés. Il doit faire faire l’objet d’une mise à jours dans le Guide des bonnes pratiques pour la sûreté des espaces publics Edition Décembre 2021 ou dans le guide de résilience  « Tous responsables » de Novembre 2025.

A l’avenir, Il y aura encore des morts et des blessés avant l’arrivée de la police, mais la prise en main énergique et déterminée de la légitime défense d’autrui dans un cadre légal, de celle des plus faibles ne pouvant fuir doit être mise en œuvre par le public de France, livré à lui-même et faisant au mieux le temps que les forces de l’ordre arrivent, temps pouvant être indéterminé en cas d’émeutes insurrectionnelles. La fraternité de notre devise doit nous inspirer face aux risques installés et en croissance. Ce en attendant une évolution de la doctrine de mise en œuvre de l’article L111-1 du code de la sécurité intérieure, et d’une densification territoriale substantielle d’un corps régalien de primo intervenants armés dans un schéma de réserve / garde nationale élargi.