Un paradoxe saisissant : la ferveur spirituelle lors de la visite papale et l’extrême violence des lycéens la semaine suivante.
Par Viviane MEYER, membre de la commission Défense
Un paradoxe saisissant : la ferveur spirituelle lors de la visite papale et l’extrême violence des lycéens la semaine suivante.
La visite du pape Léon XIV en France a été marquée par une ferveur populaire exceptionnelle des jeunes, contrastant violemment avec les violences urbaines et lycéennes qui secouent le pays depuis plusieurs jours.
La visite du pape a semblé un moment d’unité nationale, loin des clivages politiques qui animent régulièrement la France, le pape incarnant l’ordre, la paix, la spiritualité.
Ces deux événements, survenus à quelques jours d’intervalle, illustrent une fracture profonde dans la société française, entre espoir spirituel et désespoir social.
Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Paris pour acclamer le pape, notamment des jeunes, répondant massivement à l’appel de l’Église. L’ambiance était sereine, joyeuse et bienveillante : la police a été applaudie, aucun incident n’a été signalé, et les rues de la capitale étaient ornées de drapeaux français et de sourires.
1. Les violences lycéennes : un chaos social et politique
Un discours victimaire et des revendications budgétaires, portés par une partie de la jeunesse qui se présente comme marginalisée, bien que l’État consacre déjà des moyens extrêmement importants. Les revendications budgétaires, formulées cette semaine alors que la violence sévit et que des dégradations très importantes sont constatées (même sur des lycées récemment rénovés, ce qui entraîne de nouveaux coûts extrêmement élevés, comme le lycée Mandela à Nantes, 62 millions d’euros en 2014), illustrent une nouvelle fois la propension de certaines banlieues à se poser en victimes d’une société qui ne tient pas ses promesses à l’égard de sa jeunesse. Comment tenir sa promesse devant un tel rejet de l’école ? Quelles sont leurs véritables revendications, eu égard à quels besoins ?
L’extrême gauche (LFI) est pointée du doigt pour avoir instrumentalisé ces mouvements, avec des accusations de complicité de certains enseignants et de manipulation de mineurs. Ces manipulations visent à déstabiliser le gouvernement dans une période préélectorale, en utilisant des mineurs pour attiser le chaos.
Il faut souligner le rôle des casseurs « professionnels », qui deviennent les mercenaires du chaos et sont souvent extérieurs au lycée : il est absolument évident. Le problème fondamental est l’incapacité du système à les maîtriser. C’est une guerre culturelle qui s’ébauche, avec l’école pour cible des extrêmes.
Il est à noter que la majorité des lycéens soutiennent les revendications (meilleures conditions d’études, moyens pour les établissements) mais désapprouvent les méthodes violentes. 90 % d’entre eux condamnent les violences : agressions de policiers, jets de projectiles, incendies.
2. Le paradoxe : deux France qui ne se connaissent pas et qui ne se reconnaissent pas
Une France de jeunes qui croient encore en l’avenir, en l’espoir d’une vie spirituelle apaisée autour d’une unité nationale.
Une autre France qui se détruit, qui casse, qui est violente, qui est instrumentalisée de façon probablement inconsciente par des discours politiques souvent haineux pour notre pays.
Un autre aspect est le rapport à l’autorité et aux institutions. La figure papale est choisie, désirée, alors que l’école et, plus largement, les institutions républicaines sont vécues comme imposées, voire défaillantes. Deux perceptions radicalement différentes d’une même Nation à un même moment.
Les questions qui se posent sont : comment agir véritablement ?
- Faudrait-il plus de répression concrète, d’application immédiate des peines (même courtes) pour ces mineurs extrêmement violents ?
- Faudrait-il des parents plus impliqués et concernés, car actuellement démissionnaires de leur rôle fondamental ?
- Faudrait-il des mesures matérielles, financières, judiciaires, sociales, pour redonner force et vigueur au rôle de parent, c’est-à-dire les rendre responsables des actes violents et destructeurs de leurs enfants ?
- Faudrait-il plus d’écoute aussi pour certaines des revendications des lycéens ? Il semblerait qu’un sentiment de précarité et d’abandon soit ressenti. Cette écoute devrait être suivie de mesures effectives afférentes, dans un délai assez court.
Le véritable défi est : comment faire Nation avec une jeunesse dont l’une est baignée par la transcendance et l’appartenance, et l’autre par la rupture, le rejet et les revendications ?
Comment construire la société française de demain ?
- Réinventer, réhabiliter le travail au-delà de l’emploi traditionnel ;
- Reconstruire un récit collectif au-delà de la fragmentation des imaginaires issus des réseaux sociaux, créer un narratif commun.
« Détruis-toi pour te connaître, construis-toi pour te surprendre ; l’important n’est pas d’être, mais de devenir. » F. Kafka
