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Olivier Debeney

Le Figaro : « l’hyperviolence frappe les policiers au quotidien dans notre pays »

By Ils en parlent !

Alors que tous les syndicats de police ont appelé à la mobilisation pour protester contre la politique judiciaire de Christiane Taubira, Thibault de Montbrial dresse un sombre état des lieux de la condition actuelle des policiers de France.

LE FIGARO. – L’intégralité des syndicats de police a appelé à la manifestation devant le ministère de la Justice et devant les tribunaux. Cet événement est-il exceptionnel ?

Thibault DE MONTBRIAL. – Le phénomène est tout à fait exceptionnel. Il s’explique par l’accumulation de problèmes de différentes natures, par un mélange de désespoir et d’exaspération

Quelles sont les causes du ras-le-bol des policiers ?

Ce qui a déclenché ces manifestations, ce sont les conditions dans lesquelles l’individu qui a grièvement blessé un policier en Seine-Saint-Denis la semaine dernière avait pu s’évader, en profitant d’une permission de sortie en dépit de son exceptionnelle dangerosité. Mais il s’agit de la goutte qui a fait déborder le vase.

Tout d’abord, se pose la question des suites judiciaires données au travail des policiers. La lutte contre la délinquance représente une chaîne. Les premiers maillons de cette chaîne sont les policiers: ce sont eux qui sont sur le terrain, physiquement exposés. Puis se trouvent les parquets qui décident de l’opportunité des poursuites, les tribunaux qui jugent, et les juges d’application des peines qui gèrent les conditions dans lesquelles les délinquants purgent leur peine, et notamment les questions de permission de sortie et de libération conditionnelle…

Or, les policiers ont la nette impression que cette longue chaîne ne fonctionne pas de façon cohérente et solidaire, et constatent des dysfonctionnements de plus en plus réguliers. Ce sentiment est nourri par le fait que les policiers arrêtent parfois ceux qu’ils appellent leurs «clients» plus d’une dizaine de fois sur un délai très court parce qu’à chaque fois qu’ils sont arrêtés, ils sont remis en liberté quelques jours plus tard. Ce sentiment d’impuissance s’est transformé en révolte à l’occasion du dramatique fait divers la semaine dernière en Seine-Saint-Denis.

Par ailleurs la procédure pénale exige des policiers toujours plus de paperasse. Le temps d’enquête utile est restreint par le travail administratif, ce qui contribue évidemment à entretenir un sentiment de frustration.

Autre sujet sensible: les policiers ne ménagent ni leur temps ni leur peine mais se heurtent à de grosses difficultés pour obtenir la récupération et le paiement des heures supplémentaires. S’y ajoutent des conditions matérielles de travail dégradées: des véhicules usés ou en panne, un manque de téléphones de fonction qui oblige les policiers à payer les communications de service depuis leurs téléphones personnels…

L’opération Sentinelle a également engendré une charge de travail supplémentaire très lourde suite aux attentats de janvier 2015: des effectifs de sécurité publique ont été prélevés pour des missions de sécurisation de sites qui sont venus s’ajouter aux missions traditionnelles.

La question des migrants et les incidents de plus en plus fréquents qui entourent les sites de Vintimille, Calais ou de la région parisienne – et dont il est permis de penser que la tendance n’ira pas à la baisse – posent également des problèmes d’organisation et d’hébergement, comme on l’a vu la semaine dernière à Calais. Les conditions matérielles de travail se sont fortement dégradées ces derniers mois.

Le dernier point noir, peut-être le plus crucial, est celui de la violence. Il existe en France plus d’une centaine de territoires où le policier n’est plus respecté comme étant le représentant de la loi, mais dans lesquels il est considéré comme appartenant à une bande rivale. Il est attaqué comme tel. Des guet-apens sont aujourd’hui organisés contre la police de tous les jours en dans notre pays! La lecture de la presse quotidienne régionale est édifiante à ce sujet. Des policiers sont attaqués, régulièrement blessés, à deux doigts de faire usage de leur arme. Leur grande maîtrise fait que pour le moment, il n’y a pas eu de drame mais ça ne durera pas infiniment.

Face à cette hyper violence, l’encadrement de l’usage de l’arme par les policiers est très restrictif. Il y a un vrai problème de compréhension de la légitime défense en France. La délinquance classique (non terroriste) se caractérise par des actions violentes désinhibées, au moyen d’armes de plus en plus dangereuses ou d’armes par destination – jets d’objets, parfois d’électro-ménager du haut d’immeubles… Si les policiers utilisent leurs armes (pas forcément à feu) pour se défendre – sortie d’encerclements dans certaines banlieues, par exemple – ils sont systématiquement mis en cause pour des violences prétendument illégitimes. C’est devenu un sport pour les voyous de déposer des plaintes, que les Parquets rechignent très souvent à classer sans suite de peur d’être accusés de protéger la police. Un comble! Il est certes normal que les policiers soient comptables de leurs actes ; mais ils doivent être soutenus et par leur administration et par l’administration judiciaire quand, du fait de leurs conditions de travail et de la dégradation du tissu social, ils sont amenés à utiliser la violence pour se défendre.

En matière terroriste, il y a un enjeu clef concernant l’utilisation des armes par les primo-intervenants – les forces de l’ordre qui arrivent en premier sur une scène d’attaque. Un problème de formation, d’entraînement et d’équipement se fait sentir: ces policiers qui sont en première ligne contre le terrorisme ne sont pas en position de faire face à la mission de façon satisfaisante. Ils revendiquent un meilleur matériel: des armes longues, des gilets pare-balles avec une meilleure protection, et l’entraînement qui va avec, y compris avec leur pistolet. C’est un peu technique, mais il faudra également adapter les règles de légitime défense à ces situations spécifiques.

Aujourd’hui, les policiers sont soumis à un double stress: au stress opérationnel s’ajoute un stress juridique. La question du droit d’utiliser leur arme occupe leur esprit à un point tel qu’elle amoindrit leur réactivité opérationnelle, leur efficacité,et les expose physiquement à un risque accru, du fait de toutes les pensées parasites que le décalage entre la façon dont sont actuellement appliquées les règles relatives à la légitime défense et la réalité génère en eux.

La secrétaire générale adjointe de l’Union syndicale des magistrats a souligné que ces derniers «n’étaient pas toujours informés des incidents en détention». Comment expliquer cette mauvaise transmission des informations entre les services pénitentiaires et les juges d’application des peines ?

L’USM n’a pas tort. De nombreux incidents se produisent en détention et leur banalisation conduit à leur minoration. Tous ne font pas l’objet d’une transmission. Il arrive également que des dossiers soient montés avec une certaine complaisance. Les détenus produisent régulièrement des éléments faux (promesse d’embauche, attestation d’hébergement etc.) à l’appui de leur demande de sortie. L’administration n’a souvent pas les moyens de vérifier les renseignements transmis.

La politique de Christiane Taubira est-elle directement responsable de cette colère généralisée chez les policiers? Ou bien le problème remonte-t-il aux précédents quinquennats ?

Le malaise existe depuis longtemps, notamment au sujet des conditions matérielles de l’exercice professionnel, et de la légitime défense. Ce qui est certain en revanche, c’est que le discours constant tenu depuis mai 2012 par Madame Taubira a opéré un changement d’état d’esprit tangible chez les délinquants. De nombreux policiers m’ont ainsi raconté dès la fin de l’année 2012, alors que Madame Taubira multipliait ses déclarations contre le principe de la détention et présentait son grand projet de contrainte pénale, que les délinquants arrêtés les narguaient en leur disant: «vous ne pourrez plus nous mettre en prison.» C’est évidemment un raccourci, mais il illustre les effets du message martelé par Mme Taubira.

L’idéologie qu’elle a ainsi véhiculée – ce qui est certes son droit – a été interprété par la rue comme étant un message de faiblesse de la part de l’Etat. Les policiers l’ont ressenti sur le terrain et en ont directement subi les conséquences. En politique, l’état d’esprit généré au sein de la population concernée par les déclarations des dirigeants compte et influe sur le réel. En l’espèce, cette manifestation constitue pour le pouvoir une sorte d’addition après trois années de politique pénale dogmatique et bien souvent en dehors des réalités à la fois dans ses actes, mais également ses déclarations d’intention.

Lire l’article sur lefigaro.fr

TVlibertés : « Face au terrorisme islamiste, l’heure n’est plus au déni »

By Ils en parlent !

Face à ceux qui ont décidé de faire régner un califat sur la plus grande partie possible de la planète, l’auteur de «  Le sursaut ou le chaos » considère que l’heure n’est plus au déni ou aux précautions oratoires. Nous sommes attaqués….alors il est temps de se réveiller pour gagner cette nouvelle guerre.

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Voir sur tvlibertes.com

« Run, Hide, Fight »: la remarquable vidéo du FBI, réaliste et pragmatique, sur la conduite à tenir en cas d’attaque terroriste dans un lieu public

By Dernièrement

Remarquable vidéo du FBI, réaliste et pragmatique, sur la conduite à tenir en cas d’attaque terroriste dans un lieu public.

Pendant ce temps-là, on apprend à tous les jeunes collégiens de 6ème à ne « jamais se défendre, quoi qu’il arrive » et à contacter un adulte référent. Un peu comme le numéro d’urgence à la SNCF… Il est temps de se responsabiliser collectivement, et de réapprendre à vivre avec la violence car nos ennemis, eux, ne vont pas s’arrêter.

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Voir la vidéo sur Youtube

France 24 : «Attaque du Thalys : comment garantir la sécurité dans les transports ?»

By Ils en parlent !

François Hollande a décerné lundi matin la Légion d’honneur aux trois jeunes Américains et au Britannique du Thalys Amsterdam-Paris dont le « courage » a permis d’éviter « une tragédie » vendredi face à Ayoub El Khazzani qui tentait d’ouvrir le feu à la kalachnikov. L’heure est aussi à la polémique sur la sécurité dans les transports en commun.

Partie 1

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Partie 2

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Voir la vidéo sur France 24

Partie 1
Partie 2

Le Figaro : «Les actes de malveillance se multiplient sur le territoire national»

By Ils en parlent !

Après l’incendie criminel d’un site petrochimique et les différentes scènes de violence en France la nuit du 13 au 14 juillet, l’avocat Thibault de Montbrial s’inquiète de ce climat de très haute tension.

Mardi matin ont explosé deux cuves de produits chimiques entraînant un incendie sur un site pétrochimique dans les Bouches-du-Rhône. La thèse de l’acte malveillant est pour l’heure privilégiée. Cela fait suite à l’attaque terroriste d’un site de gaz industriel en Isère. Le ministre de l’Intérieur vient d’envoyer une note urgente aux préfets demandant de renforcer la vigilance sur tous les lieux industriels sensibles du territoire. Comment expliquer l’accumulation de délits de cette nature?

Ces actes s’inscrivent dans la continuité de la multiplication d’attaques plus ou moins graves de nos infrastructures.

Après les éléments révélés ce matin (cisaillage du grillage, présence d’un détonateur électrique), Bernard Cazeneuve évoque désormais lui même «un acte criminel»

Mais en toute hypothèse, il faut souligner le fait que les actes de malveillance (pour reprendre ce qui semble être le nouveau vocable à la mode) se multiplient sur le territoire national. Ce constat n’a d’ailleurs pas échappé au Ministre de l’Intérieur, qui vient encore d’appeler au renforcement des mesures de sécurité sur les sites dit «Seveso» comme il l’avait déjà fait après l’attentat commis sur le site de Saint-Quentin Fallavier il y a trois semaines.

S’il faut rester extrêmement prudent sur les auteurs de ce qu’il convient d’appeler un attentat, force est de constater que ces attaques multiples sur notre territoire correspondent en tous points aux incitations contenues dans les vidéos diffusées par l’État Islamique depuis des mois. Que le mot d’ordre ait été directement entendu par des islamistes ou bien qu’il s’agisse d’un passage à l’acte d’opportunité dont les motivations seront établies par l’enquête, on ne peut une fois de plus que constater la similitude entre les modes opératoires utilisés, et les suggestions que les vidéos islamistes multiplient sur internet à l’effet de créer le maximum de confusion sur notre territoire.

Incendie à l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon provoqué par des tirs de pétards, médiathèque incendiée à La Courneuve, tirs de mortier dans le XIXe arrondissement de Paris et dans le Val-de-Marne où plus d’une trentaine de véhicules ont été incendiés, propagation d’un incendie de scooter à 26 voitures dans le XVIe arrondissement, violences urbaines dans le Val-de-Marne… Les festivités du 14 juillet donnent lieu chaque année à des débordements, souvent causés par des jeunes. Comment expliquer la défiance d’une partie de la jeunesse à l’égard de ce qui incarne une forme d’autorité?

Cela fait des années que les incidents se multiplient à différentes occasions telles que les festivités de la Saint Sylvestre ou celles du 14 juillet.

On peut constater que ces phénomènes prennent un peu plus d’ampleur à chaque fois, et que dans le même temps, ils font l’objet d’une sous-médiatisation systématique.

La vérité, c’est que la plupart des villes de notre pays sont désormais concernées par de tels débordements.

Il est évidemment difficile de ne pas faire le lien entre ces comportements de défi à l’égard de l’ordre établi et la perte de repères et la déstructuration d’une partie de la jeunesse qui vit en France. Il est tout aussi difficile de ne pas rapprocher l’esprit qui anime ces agissements, d’autres comportements tels que la vague d’hostilité à la minute de silence organisée à la mémoire des victimes des attentats du mois de janvier, dont l’ampleur avait été considérablement sous-estimée à l’époque.

Le manque d’adhésion à notre contrat social par les individus concernés est manifeste et la question se pose du basculement d’une partie d’entre eux dans la violence organisée s’il survenait un incident significatif générateur d’un brusque accroissement de tension.

A Vaulx-en-Velin, Vénissieux, aux Ulis, les forces de l’ordre (policiers et parfois pompiers) ont été attaquées – tirs de projectiles – et caillassées ; une voiture de police a été incendiée à Neuilly-Plaisance. La réaction à ces actes est-elle appropriée? Estimez-vous que des consignes ont été données afin de minimiser ces attaques?

On pourrait ajouter une bonne dizaine d’incidents à ceux que vous évoquez.

Le fait est qu’aujourd’hui, les équipages des services publics, (police, pompiers, premiers secours..) sont très fréquemment pris à partie.

À ce jour, il n’y a pas eu de drame, même si l’on en vient à banaliser les blessures parfois sérieuses subies par les fonctionnaires dans ces circonstances.

Ce qui est manifeste, c’est que les forces de l’ordre reçoivent des instructions extrêmement strictes de ne riposter qu’à minima lors de ces graves débordements.

On peut d’ailleurs faire un parallèle avec les consignes qui sont données à ces mêmes forces de l’ordre lors des débordements occasionnés à la suite de certains matchs de football, comme l’ont illustrés les évènements qui ont suivi les victoires de l’équipe d’Algérie lors de la coupe du monde 2014.

La priorité des autorités consiste manifestement à éviter que des «jeunes» ne soient blessés ou tués afin de ne pas générer d’escalade, quitte à laisser commettre des exactions parfois conséquentes.

Le problème, c’est que plus la riposte de l’État est limitée, plus ces comportements se retrouvent en pratique encouragés, au point que leur répétition confine à la banalité. Or, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’actes très graves et que la frontière est ténue entre de petits groupes mobiles qui tirent des mortiers ou qui caillassent les véhicules de secours, et le passage à l’acte avec des armes létales qui ne sont jamais loin dans les banlieues dont on parle.

Il s’en faudrait de peu pour que ces violences urbaines, hélas ainsi banalisées, deviennent dans de véritables scènes de guérilla qui coûteraient la vie à des fonctionnaires et feraient basculer le pays dans une autre dimension.

Lire l’article sur lefigaro.fr

Le Figaro : «Une fraction de la jeunesse française combat son propre pays»

By Ils en parlent !

Un récent rapport de la commission sur la surveillance des filières et des individus djihadistes révèle que l’hypothèse d’une attaque de type kamikaze commise sur le territoire français n’est plus exclue par les experts terroristes. Que cela vous inspire-t-il ? Le risque d’attentats suicides vous paraît-il sérieux ?

Thibault de Montbrial : Le risque d’attentats suicides (tels que ceux qui ont frappé Londres en 2005 par exemple) est évidemment élevé sur notre territoire, dans la mesure où la France fait partie des pays directement visés par la guerre menée par l’État Islamique. Or l’attentat suicide figure parmi les techniques de guerre ouvertement revendiquées par celui-ci dans ses messages vidéos, techniques qui sont fréquemment mises en œuvre sur le terrain syro iraquien.

Ces derniers mois, plusieurs jeunes français y ont d’ailleurs commis de tels actes.

Il est donc hélas probable que notre territoire finisse tôt ou tard par devenir la cible de tels attentats, dont il faut souligner qu’ils peuvent aussi bien être commis par des hommes que par des femmes.

Ces derniers peuvent-ils déstabiliser la société française ? Comment ?

Je décris dans mon livre l’état de communautarisation avancé de notre société. La cohésion nationale s’en trouve profondément fragilisée et il n’est effectivement pas exclu qu’une série d’attentats spectaculaires déstabilise en profondeur une société déjà très ébranlée en janvier dernier. A cet égard, voir le quotidien Le Monde titrer après les 17 morts de janvier: «Le 11 septembre français» démontre à quel point nos élites sont friables dans leur appréhension du phénomène. Quel titre aurait-il fallu trouver si l’attentat planifié en avril dernier contre les deux églises de Villejuif avait été couronné de succès et causé une centaine de morts?

Une autre dimension échappe par ailleurs souvent à l’analyse: l’une des principales conséquences d’une série d’actes terroristes spectaculaires serait de conduire à une quasi-paralysie de l’activité dans notre pays, dont les effets désastreux sur notre économie seraient tangibles en quelques semaines.

Dans votre livre, Le sursaut ou le chaos, vous défendez la notion d’ «ennemi intérieur» et vous expliquez que «le pays est en guerre contre une partie de sa jeunesse». N’exagérez-vous pas ?

Le constat est extrêmement simple: d’une part, l’État Islamique nous livre une guerre, qu’il revendique ouvertement à longueur de vidéos, sans dissimuler le moins du monde la réalité de son projet. D’autre part, des milliers de jeunes français sont concernés par le djihad ou se radicalisent sans partir, mais avec la même détermination. Les intéressés sont donc des français engagés dans une guerre dont il est ouvertement assumé par ses instigateurs qu’elle est menée notamment contre la France. À la guerre, les adversaires s’appellent des ennemis et lorsque ceux-ci ont la même nationalité que le pays qu’ils attaquent et dans lequel ils vivent on ne peut que constater qu’il s’agit d’ennemis de l’intérieur.

Faut-il vraiment craindre «la guerre civile»?

La guerre civile est un risque réel auquel notre société est exposée si la situation actuelle continue à être observée avec les préjugés, la naïveté et aussi parfois la lâcheté qui ont conduit aux différentes politiques menées en France sur ces questions depuis quarante ans.

Mais il n’y a pas de fatalité, et il est permis d’espérer que notre pays pourrait échapper aux violences les plus graves, à la condition préalable cependant que chacun accepte enfin de raisonner avec lucidité à partir de la situation telle qu’elle est, et non telle qu’on aimerait qu’elle soit pour des raisons plus ou moins honnêtes intellectuellement.

La seule chance d’éviter un affrontement entre les communautés résidera dans la réappropriation ferme d’un socle commun de valeurs autour desquelles rassembler notre corps social et dans l’abandon d’un multiculturalisme suicidaire qui nous y précipite.

Dans un entretien au Figaro, le journaliste Jean-Michel Quatrepoint redoute la constitution d’un super état islamique à la porte de l’Europe après la chute de Bachar el-Assad. Partagez-vous son analyse ?

Bien sûr. En quelques mois, l’État Islamique a opéré une percée considérable en Libye et fragilisé en profondeur le régime tunisien. Par ailleurs, les plus hautes autorités algériennes constatent une résurgence de l’Islamisme radical, et redoutent une multiplication des passages à l’acte terroristes.

Si l’on ajoute à cette expansion spectaculaire l’allégeance de Boko Haram à l’État Islamique en mars dernier, il existe effectivement des raisons objectives de partager la vision de Jean-Michel Quatrepoint.

Je cite d’ailleurs dans mon livre des propos de l’Amiral Stavridis, ancien chef d’État-Major de l’OTAN, qui évoquait il y a quelques mois le risque d’assister dès cet été à des attaques terroristes contre des navires en méditerranée, mais aussi contre des plages ou des ports d’Europe du sud. Les récents gains territoriaux de l’EI confortent de tels scénarios, comme la chute de l’aéroport de Syrte au début du mois de juin.

Comment stopper l’expansion de l’islamisme radical ?

Il est impossible de répondre simplement à une question aussi complexe.

Mais le préalable indispensable à toute réponse consiste d’abord à raisonner juste. Il est crucial d’admettre enfin que l’Islamisme radical sunnite est une idéologie guerrière engagée dans une logique de conquête territoriale, et que ses objectifs affichés ne se limitent pas au territoire irako-syrien, mais menacent bel et bien l’Europe.

Dans votre livre, vous comparez la situation à celle de 1914 «lorsque les dirigeants et les peuples marchaient vers la guerre sans prendre la pleine mesure de ce qui se préparait». Faisons-nous preuve de naïveté ?

Notre continent a bénéficié d’une situation tout à fait exceptionnelle sur le plan historique: 70 ans de paix.

Nos élites (politiques, administratives, économiques, médiatiques…) sont aujourd’hui constituées par la troisième génération de citoyens qui n’ont pas connu de guerre.

Petit à petit, la nécessité de se défendre, le rapport à la violence et à la mort, l’idée même que l’on puisse s’en prendre à un système politique dont nous nous sommes persuadés que sa suprématie morale nous protégerait, nous ont conduit à perdre de vue l’idée que nous pouvions être attaqués. En ce sens, oui, notre société a fait preuve d’une naïveté considérable.

Les attentats de janvier ne nous ont-ils pas ouvert les yeux ?

J’ai sincèrement cru que ce serait le cas. La convergence entre la communautarisation de notre pays et la guerre menée par l’Islam Sunnite radicale a abouti à ce que de jeunes français attaquent sur notre territoire des personnes du fait de leur profession ou opinion (les journalistes de Charlie Hebdo), de leur religion (les victimes juives de l’Hyper Casher) ou encore de leur appartenance à la Police Nationale ou Municipale. Ce constat objectif aurait dû enfin permettre un débat public sur l’ensemble des considérations qui ont pu amener notre pays dans cette situation. Mais en dépit de quelques prises de paroles fortes, dont celle de Manuel Valls à l’Assemblée le 13 janvier 2015, les discours de convenance ont très vite repris le dessus, bien aidés il est vrai par la très habile utilisation du concept intimidant d’islamophobie par tous ceux qui souhaitent interdire un débat réel sur les conditions d’intégration de l’Islam en France.

Dans votre livre, vous évoquez une réforme de l’Islam de France vitale. A cet égard, que pensez-vous des derniers propos polémiques de Dalil Boubakeur ?

Je considère comme urgentissime de voir les intellectuels de la communauté musulmane française dire haut et fort que le moment est venu pour cette religion de rompre le lien entre ce qui relève d’une part du spirituel, c’est-à-dire de la croyance de chacun et de la sphère privée, et d’autre part du temporel, c’est-à -dire de la politique et de l’organisation sociale.

Bernard Godard, ancien haut fonctionnaire et grand connaisseur de l’islam, souligne dans son ouvrage «la question musulmane en France» que l’islam est devenu un régulateur social sur notre territoire. Ce n’est pas acceptable: dans la République française, c’est le rôle de la loi que de réguler les rapports entre les individus.

Dans cet esprit, il va de soi que les propos de Dalil Boubakeur sont une fois de plus empreints d’une grande ambiguïté. Mais l’ambiguïté est le lot de la prise de paroles de toutes les personnalités musulmanes depuis plusieurs années, et je cite dans mon livre un certain nombre d’exemples à cet égard.

Les attentats de janvier nous renvoient une réalité qu’il n’est plus possible de nier: une partie de la jeunesse française, musulmane, contribue à la guerre menée notamment contre notre pays par l’État Islamique, au nom d’une idéologie qui est celle de l’Islam radical sunnite. Et si les individus immédiatement dangereux ne sont «que» quelques milliers -ce qui est en soit déjà considérable-, les réseaux sociaux et les retours de terrain des différents services de renseignement montrent que les sympathisant sont significativement plus nombreux.

Constater que notre Président de la République est incapable de nommer les choses et de parler de terrorisme islamiste est navrant, alors qu’il paraît au contraire essentiel de souligner que l’islam est à la base de ces évènements, et que seuls des penseurs d’un islam éclairé sont légitimes pour expliquer la distinction qui existe à leurs yeux entre la religion musulmane, qui est une affaire individuelle de conscience, et une vision idéologique et régulatrice de la vie sociale qu’il est désormais temps de condamner ouvertement. Or seuls les musulmans sont légitimes à opérer cette explication vitale.

À défaut d’une sortie rapide de cette ambiguïté récurrente, il n’est pas certain que notre corps social morcelé par le communautarisme ait la résilience suffisante pour résister à des attaques terroristes dont beaucoup hélas ne s’imaginent pas encore l’ampleur qu’elles pourraient prendre.

Lire l’article sur lefigaro.fr

Le Figaro : «Le danger terroriste doit provoquer un électrochoc en France»

By Ils en parlent !

INTERVIEW – L’avocat redoute que de nouveaux attentats sur le sol français suscitent un cycle d’affrontements et de représailles entre communautés.

Depuis plusieurs années, Thibault de Montbrial tire la sonnette d’alarme sur le terrorisme. Après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes en janvier, l’avocat s’est attelé à un livre. Son titre est explicite: Le Sursaut ou le Chaos (Plon, mai 2015). Pour celui qui a créé le Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, la France ne peut plus fermer les yeux face à l’islamisme et au communautarisme.

LE FIGARO. – Cinq mois après les attentats de janvier, la France n’a, regrettez-vous, pas pris la mesure du danger terroriste. Qu’attendiez-vous?

Thibault de MONTBRIAL. – Un électrochoc. Qu’on allait enfin pouvoir réfléchir à la destruction massive de notre lien social et à la façon de le reconstruire. Au lieu de ce sursaut, que s’est-il passé? Quelques déclarations de…

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BFM TV : Invité de « Qui êtes-vous ? », présenté par Hedwige Chevrillon

By Ils en parlent !

Le 5 juin, Thibault de Monbrial, avocat au barreau de Paris et président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), était l’invité de Qui êtes-vous ?, présenté par Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.

 

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Voir la vidéo sur BFM TV : Partie 1/2

 

 

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Voir la vidéo sur BFM TV : Partie 2/2