L’objectif est de renforcer la défense de l’Europe dans le respect de l’indépendance française.
par Laurent Bregeon, membre de la Commission Défense & Relations internationales
Il est évident que la France veut renforcer sa dissuasion nucléaire face aux nouvelles menaces, tout en développant sa contribution à la défense européenne.
Il faut prendre en compte que le contexte évolue perpétuellement, avec la guerre en Ukraine, de nouveaux arsenaux, des défenses antimissiles, des alliances et des menaces conventionnelles grandissantes.
Ainsi, le principe de la dissuasion doit rester fondé sur la souveraineté de la décision, l’indépendance des moyens et la définition des intérêts vitaux de la France, sous la responsabilité du président de la République.
Elle repose donc sur la crédibilité politique et opérationnelle, qui s’appuie sur les forces nucléaires et l’industrie.
Cette dissuasion est vectorisée par des composantes air, terre et mer, assurant la discrétion, la survivabilité, la rapidité, la réactivité, la visibilité, la capacité de signalement et, en dernier recours, la frappe.
Objectif :
La dissuasion avancée que propose la France à ses partenaires européens consiste à participer davantage à la coopération stratégique et aux exercices liés à la dissuasion.
Les partenaires européens ne partagent pas la décision d’emploi de l’arme nucléaire. La France conserve sa souveraineté.
La dissuasion nucléaire doit être complétée par des moyens conventionnels : défense sol-air, missiles, drones, capacités balistiques.
La France envisage de pouvoir déployer ses FAS dans des pays européens en période de crise. Le cadre opérationnel reste à définir.
Ces déploiements posent la question de la démocratie avec le Parlement, notamment au regard de l’article 35 de la Constitution.
Pour ce faire, la modernisation et le rehaussement sont initiés, avec une augmentation de la capacité en consacrant 57 Md€ à la dissuasion dans la LPM 2024-2030.
Basé sur cette stratégie, il en ressort les recommandations suivantes :
- Préserver l’indépendance nucléaire française
- Maintenir les deux composantes : SNLE + FAS
- Financer durablement leur renouvellement
- Renforcer les FAS
- Moderniser les SNLE
- Protéger les sites nucléaires par la défense sol-air
- Préparer un avion de 6e génération à capacité nucléaire
- Développer une capacité balistique conventionnelle souveraine
- Préparer les infrastructures pour les SNLE jusqu’en 2090
- Associer davantage le Parlement aux déploiements européens
Problématique :
Il s’agit de garder et de préserver la force de dissuasion sans abandonner la souveraineté française, tout en proposant une protection de dimension européenne.
Conclusion :
La « dissuasion nucléaire avancée » cherche donc à renforcer la sécurité européenne sans transformer la dissuasion française en dissuasion nucléaire partagée.
À retenir :
Une contribution européenne accrue, mais une décision nucléaire qui reste française.
