L’ingéniosité mise au bénéfice de la modernisation des outils

Par les Jeunes CRSI

Si certaines inventions n’ont que peu changé dans l’histoire de la sécurité civile, tels que le célèbre outil, la hache des sapeurs-pompiers, d’autres ont bien évolué. Ainsi, la pompe à eau (ou à bras) de l’antiquité a laissé place au début du XXe siècle, aux pompes motorisées. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais cela est sans compter sur l’ingéniosité mise au bénéfice de l’amélioration et de la modernisation des outils et matériels.

Le début du XXIe siècle a permis de voir l’optimisation des lances incendies, à l’instar de la lance dysphasique (société française ZELUP et brigade des sapeurs-pompiers de Paris), qui par la combinaison de l’air avec l’eau, permet un usage raisonné de l’eau (plus économe et moins destructeur), une augmentation de l’efficacité et améliore la protection des sapeurs-pompiers. Mais cette lance entrouvre d’autres horizons dépassant sa fonction initiale d’extinction par l’eau. En effet, le transport d’air pourrait être utilisé pour les sapeurs-pompiers, la pression pneumatique pourrait être utilisée pour certains outils et enfin l’air froid pourrait être utilisée dans une finalité de rafraichissement (par exemple des tenues et le corps des sapeurs-pompiers).

Notre siècle actuel permet également de capitaliser sur la robotisation qui a marqué le siècle dernier. Ainsi, lors du célèbre incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris du 15 avril 2019, le robot téléopéré Colossus de la société françase Shark Robotics a contribué à la lutte contre le sinistre par son engagement dans les zones trop dangereuses et exposées. Son utilisation est également très courante pour les feux de parking et structures dont l’engagement des soldats du feu est rendue compliquée. C’est d’ailleurs, pour préserver la vie des sapeurs-pompiers, que ces robots sont utilisés en Ukraine, pour limiter l’exposition et les pertes humaines des personnels engagés dans des actions de secours aux populations.

Ces deux exemples illustrent les partenariats pouvant se mettre en place entre des unités militaires ou services départementaux de sapeurs-pompiers et des sociétés françaises ou européennes. L’écosystème de la sécurité civile reposant majoritairement sur des établissements publics départementaux (SDIS) à l’exception de Paris/petite couronne (BSPP) et de Marseille (BMPM) ou encore des unités nationales (BMSC), ces partenariats se font pour chaque projet, en fonction des besoins et moyens des structures publiques à l’échelle locale.

L’ère numérique offre également de nouvelles opportunités qui ont pu être investies par des certaines sociétés afin de répondre aux besoins des services d’incendie et de secours. A titre d’illustration, dans la lutte contre les feux de forêt, la société Firetracking permet l’analyse par intelligence artificielle des images de 12 sites de caméras dispersés dans les massifs d’Indre-et-Loire. Entrainée à détecter les signes d’un départ d’incendie, tels les panaches de fumées, la surveillance est donc en continu et moins couteuse en moyens humains. Les nombreux exemples liés à l’IA se multiplient en même temps que le développement de cette technologie.

Contrairement au domaine de la défense, très structuré par l’Etat, qui a créé le 1er septembre 2018 une agence de l’innovation de défense (AID) (1,173 milliard d’euros engagés en 2025 pour 187 nouveaux projets de recherches, 158 projets d’accélération de l’innovation et 20 projets d’innovations participatives internes), le domaine de la sécurité civile est décentralisé ce qui ne l’empêche pas de voir les projets d’innovation se développer.

L’avenir promet donc à la sécurité civile de nombreuses innovations et nouveautés, dans un siècle marqué par de nombreux changements (transformation climatique, retour des conflictualités, rigueur budgétaire …).

 

BSPP : Brigade de sapeurs-pompiers de Paris

BMPM : Bataille de marins-pompiers de Marseille

BMSC : Brigade des militaires de la sécurité civile

SDIS : Service départemental d’incendie et de secours