Source exploitée : Insécurité et délinquance en 2025 – Ministère de l’Intérieur
Une hausse marquée du phénomène en 2025
Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent une augmentation importante des refus d’obtempérer en 2025. Au total, 28 200 infractions ont été recensées, soit environ 77 faits par jour et une hausse d’environ 11% sur un an, après plusieurs années de baisse.
Ce phénomène est aujourd’hui considéré comme un enjeu majeur de sécurité routière et de sécurité publique. Il constitue désormais l’un des délits routiers les plus fréquents en France, derrière la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants.
Par ailleurs, plus d’un tiers de ces infractions impliquent une mise en danger directe de la vie d’autrui, ce qui accentue la gravité du phénomène et les inquiétudes des autorités.
L’actualité du début de semaine : multiplication d’incidents violents
L’actualité du début février 2026 confirme cette aggravation du phénomène avec plusieurs faits marquants.
Accidents et blessés parmi les forces de l’ordre
Dans la nuit du 1er au 2 février 2026, en Seine-et-Marne, un véhicule a volontairement percuté un camion-plateau contre des policiers de la BAC, blessant plusieurs fonctionnaires. Au total, neuf policiers ont été blessés en seulement 24 heures dans différents refus d’obtempérer survenus sur le territoire.
Plusieurs autres incidents similaires ont été signalés dans les mêmes 48h, notamment :
- un refus d’obtempérer à Saint-Cyr-l’École,
- une « course-poursuite » entre Toulouse et Carcassonne sur près de 100 km,
illustrant la dangerosité croissante de ces comportements.
Exemple récent particulièrement violent
Un autre fait divers survenu récemment à Nantes montre la gravité potentielle de ces situations. Après une course-poursuite, un conducteur a roulé à contresens et a percuté un véhicule de police, blessant plusieurs agents qui ont dû être désincarcérés.
Les refus d’obtempérer ne sont plus de simples infractions routières, mais peuvent rapidement devenir des situations mettant en danger la vie des policiers et des citoyens.
Une préoccupation croissante dans la société et chez les forces de l’ordre
Face à cette évolution, les syndicats policiers dénoncent un sentiment d’impunité chez certains conducteurs et une diminution du respect de l’autorité.
Le ministre de l’Intérieur a également évoqué un recul du respect des règles et une banalisation des comportements dangereux, considérant ces infractions comme un véritable fléau de sécurité publique.
Un sondage publié début février 2026 indique que 86 % des Français sont favorables à des peines de prison ferme pour les auteurs de refus d’obtempérer mettant la vie d’autrui en danger.
Un durcissement de la réponse pénale
Face à l’augmentation du phénomène, la réponse judiciaire s’est renforcée. Le refus d’obtempérer entraîne notamment :
- un retrait automatique de six points sur le permis,
- des sanctions pénales aggravées en cas de mise en danger d’autrui,
- et, depuis 2025, la possibilité de qualifier certains faits d’homicide routier lorsqu’un refus d’obtempérer entraîne la mort d’une personne.
Dans les cas les plus graves, notamment lorsque d’autres infractions sont associées (alcool, stupéfiants ou conduite sans permis), les peines peuvent atteindre 10 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende.

