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Proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale par Monsieur le Député Charles Rodwell le 11 février.

Prévention des risques aux attentats : un nouveau texte à l’Assemblée Nationale 

– par Lilou LECLERCQ, membre Jeunes CRSI

Depuis plusieurs années, la France fait face à une menace terroriste persistante et  évolutive, conduisant l’État à renforcer progressivement les instruments juridiques de  prévention, de protection et de sécurisation de l’ordre public.  

La proposition de loi déposé en décembre 2025 à l’Assemblée Nationale s’inscrit dans  cette dynamique en consolidant les dispositifs de suivi des personnes à risque et en  adaptant le régime de rétention administrative applicable aux étrangers représentant une  menace grave.

I. Renforcement des dispositions relatives au suivi et à la prévention des risques  terroristes

A – Création de nouveaux outils administratifs et judiciaires 

Ce texte vise à mieux anticiper et prévenir les comportements susceptibles de constituer  une menace grave pour l’ordre public.  

Il y a ainsi dans ces dispositions, la création d’une injonction d’examen psychiatrique,  permettant à l’autorité administrative, dans un cadre strictement défini, de solliciter une  évaluation médicale lorsqu’un individu présente des signes de radicalisation ou de  dangerosité ayant la possibilité de déboucher sur un passage à l’acte. De plus, s’instaure  un dispositif de rétention de sûreté terroriste applicable à certaines personnes ayant été  condamnées pour des infractions terroristes et présentant, à l’issue de leur peine, une  particulière dangerosité.  

Objectif : prévenir la récidive par une mesure privative.  

B – Extension des dispositifs de prévention existants 

Au-delà de la création de nouveaux instruments, la proposition de loi élargit et consolide  les mécanismes déjà en vigueur. Les dispositions législatives visent à élargir le champ de la mesure judiciaire, afin de  permettre un suivi des individus dangereux. De plus, une des autres mesure prévues par ce texte vise à améliorer la transmission  d’informations dans le cadre d’un suivi psychiatrique. Ce dispositif instaure une coordination renforcée entre les autorités sanitaires et  administratives, afin de mieux signaler les situations dans lesquelles l’état d’un patient  présente un risque manifeste pour la sécurité publique. L’ensemble de ces dispositions participe ainsi à une logique de consolidation du dispositif  législatif préventif déjà existant.

 

II. Adaptation du droit administratif français en matière de sécurité administrative et  du droit des étrangers 

A – Encadrement renforcé de l’identité et de l’état civil 

Le texte renforce les contrôles relatifs au régime de changement de nom, afin de prévenir  d’éventuels détournements, à des fins de dissimulation d’identité.  Cet encadrement accru sécurise les données d’état civil sans pour autant supprimer cette  liberté, prévenant ainsi plus efficacement les pratiques frauduleuses. 

B – Réaménagement du régime de rétention administrative des étrangers  

De plus, il propose d’instaurer un maintien en rétention administrative des étrangers  condamnés pour des infractions à caractère terroristes. Une adaptation au cadre juridique  existant aux exigences spécifiques de la lutte contre le terrorisme et aux impératifs de  sécurité nationale. 

En définitive, cette proposition de loi s’inscrit dans l’ambition régalienne de l’État de  pérenniser une réponse sécuritaire face à une menace terroriste protéiforme et croissante.  En articulant l’extension des prérogatives administratives, singulièrement en droit des  étrangers à un renforcement inédit du suivi psychiatrique et judiciaire, le texte cherche un  point d’équilibre entre efficacité opérationnelle et sauvegarde de l’État de droit et des  normes constitutionnelles qui en découlent. 

Toutefois, l’aboutissement de cette réforme reste suspendu à une double exigence : la  viabilité de son financement face à l’alourdissement des procédures, et surtout, sa  capacité à transiter outre le contrôle de constitutionnalité. 

 

Articles de la proposition de loi :  

Article 1er (art. L. 229‑7 [nouveau] du code de la sécurité intérieure) : Injonction d’examen psychiatrique  Article 2 (art. 706‑25‑23 à 706-25-25 [nouveaux] du code de procédure pénale ) : Rétention de sûreté  terroriste  

Article 3 : (706-25-16 du code de procédure pénale) Extension du champ d’application de la mesure  judiciaire de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion  

Article 4 (art. L. 3211-11-1, L. 3211-12-7, L. 3212-5 et L. 3212-9 du code de la santé publique ) :  Amélioration de l’information des préfets et des services de renseignement dans le cadre ou à l’issue d’une  mesure de soins psychiatriques sans consentement  

Article 5 (art. L. 228-2, L. 228-4, L. 228-5 et L. 229-5 du code de la sécurité intérieure) : Instauration d’un  sursis à exécution applicable aux jugements annulant le renouvellement d’une mesure individuelle de  contrôle et de surveillance et création  

d’une voie d’appel contre les ordonnances refusant l’exploitation de documents saisis lors d’une visite  domiciliaire  

Article 6 (art. 60 et 61-3-1 du code civil , art. 706-53-8 706-25-10 et.706-25-12 du code de procédure pénale)  : Encadrement de la procédure de changement de nom à l’état civil  

Article 7 (art. L. 742-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) : Rétablissement de  la base légale permettant le maintien en rétention administrative pendant 210 jours des étrangers condamnés  pour des infractions à caractère terroriste  

Article 8 (art. L. 742-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) : Extension du  régime dérogatoire de rétention administrative aux étrangers dont le comportement représente une menace  actuelle et d’une particulière gravité pour l’ordre  

public, à raison de faits d’atteinte aux personnes pénalement constatés  

Article 8 bis (nouveau) (art. L. 741-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) :  Réitération du placement en rétention administrative sur le fondement d’une même décision d’éloignement  Article 9 : Compensation des charges pour l’État et les organismes de sécurité sociale