Bien-être animal et agriculture : Nécessité et choix.
Par Aurore, membre du groupe CRSI NASA (Nature, agriculture et santé animale)
Le CRSI a lancé un nouveau groupe de réflexion sur les thèmes de la nature, de l’agriculture et de la santé animale, le groupe NASA. En effet, ces trois sujets sont fortement liés à notre sécurité alimentaire et sanitaire, mais aussi à notre souveraineté alimentaire. Nous venons de passer une période caniculaire qui a décimé, en France, comme déjà en 2003, des millions de poulets issus d’élevages intensifs, pour ne pas dire industriels. Il n’est nullement question de remettre ici en cause ce type d’élevage qui, de toutes les façons, ne suffit pas aux besoins des Français friands de viande de poulet, mais de réfléchir sur l’intérêt de favoriser le bien-être des animaux de rente puisqu’il va de pair avec une amélioration possible des revenus des agriculteurs et une satisfaction grandissante de certains consommateurs.
La notion de bientraitance* animale est récente. L’article 18 du règlement du Conseil de l’Union Européenne n° 1099/2009 rappelle que « le bien-être des animaux est une valeur communautaire ». Bien-être des animaux, bientraitance, nous n’entrerons pas dans un débat sémantique. Pour plus de précision, les lecteurs iront sur le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail : https://www.anses.fr/fr/content/lanses-propose-une-definition-du-bien-etre-animal-et-definit-le-socle-de-ses-travaux-de.
La notion de bien-être animal ne va pas forcément de soi lorsque l’on évoque les animaux qui vont nous nourrir… Ils sont destinés à mourir, leur sort est connu.
Cela empêche-t-il de les faire naître, de les élever, de les transporter et de les abattre dans des conditions les plus optimales possibles ? Non, puisque leur bien-être est corrélé à leur santé et que leur santé est corrélée à la nôtre tout autant qu’elle est en lien avec le rendement que ces bêtes donnent à leurs éleveurs.
Cet article n’a pas pour objectif de faire le tour complet de ce sujet, cela est impossible en quelques lignes ! Mais montrer en quoi certaines normes ont pu améliorer les conditions de vie des animaux d’élevage, comment il est possible de progresser encore et surtout sur quelles bases le consommateur fait son choix, et donc oriente les productions de denrées alimentaires en amont, éclairera le lecteur sur l’intérêt pour tous de favoriser au maximum le bien-être des animaux qui nous nourrissent.
En Europe, une majorité de citoyens trouvent qu’il est important de protéger le bien-être des animaux d’élevage, cf. graphique 1 ci-dessous.
Eurobaromètre spécial 533. Attitudes des Européens à l’égard du bien-être animal, 2023.
Win Win
Le bien-être animal entre en ligne de compte à plusieurs niveaux :
– bien-être des animaux au quotidien, pour diminuer leur stress et améliorer leur plaisir, pour qu’ils conservent aussi la meilleure santé possible. Bien nourris, bien logés, bien traités, donc moins à risque d’être malades, ils recevront moins de traitements. Ces traitements passent quasi systématiquement par la prescription de médicaments, qui possèdent un temps d’attente**, retardent la commercialisation des denrées (œufs, lait, viandes) et réduisent les marges des éleveurs.
– et donc amélioration des rendements des productions animales qui assurent notre souveraineté alimentaire et font vivre nos agriculteurs,
– mais aussi, bien-être des éleveurs, qui sont attachés à leurs animaux et ne souhaitent, pour la plupart, en aucun cas, ni les voir malades, ni les maltraiter. Certains éleveurs sont d’ailleurs parfois révoltés par les conditions d’abattage qui sont offertes à leurs animaux.
– et enfin, satisfaction des consommateurs de plus en plus exigeants quant à la qualité, l’origine et la traçabilité des denrées animales qu’ils achètent et consomment et à la manière dont sont abattus les animaux de rente.
Améliorer le bien-être des animaux en agriculture semble donc, au départ de la chaîne, un pari gagnant-gagnant, pour les animaux, pour leurs éleveurs et pour les consommateurs.
Logements aux normes
Dès les années 80, l’INRAE*** recrute une éthologue et une vétérinaire pour conduire des recherches sur l’adaptation des porcs et des ruminants à leur milieu d’élevage. L’objectif était de savoir si les animaux étaient adaptés à leurs conditions de vie et s’ils n’étaient pas en danger. Depuis, le nombre de travaux scientifiques sur le bien-être animal ne cesse de croître.
L’émergence des réglementations européennes, de normes pour les bâtiments d’élevage notamment, devait permettre à l’animal de rente de vivre le mieux possible. Toutefois, ces normes, si elles sont bien évidemment nécessaires, ne doivent pas changer sans cesse. Les agriculteurs investissent de lourdes sommes dans leurs bâtiments qui, parfois, ne sont plus « aux normes » deux ans plus tard ! Le bien-être animal ne doit pas rimer avec tracasserie administrative continuelle.
Il existe donc des normes pour définir des conditions minimales offertes à certaines espèces pour vivre en élevage. Elles choquent parfois, et à juste titre. Inutile d’entrer dans le détail du nombre de centimètres carrés minimaux pour que la poule se sente bien… Le consommateur tranche. Ainsi, par exemple, la part des œufs achetés issus de poules en cage a été presque divisée par quatre lors des dix dernières années suite notamment aux nombreux documentaires montrant la réalité derrière le terme « poules en cage ».
Par ailleurs, ces grands élevages sont très sensibles aux infections. Par exemple, les vaccins récemment utilisés contre la grippe aviaire n’étaient pas obligatoires pour les élevages français de canards de moins de 250 animaux. Une densité d’animaux élevée favorise la propagation des germes, même à l’heure où l’Organisation mondiale de la santé animale vient de valider la déclaration française concernant le recouvrement de son statut indemne d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) chez les volailles ; il ne faut pas l’oublier ! Les élevages industriels produisent donc des denrées animales en masse, mais quand tout va bien (pas de virus, pas de canicule, etc.).
Au moindre accroc sanitaire ou climatique, les décès sont à la mesure du nombre d’animaux élevés sur site, souvent des millions en ce qui concerne les volailles. En Bretagne, lors des épisodes caniculaires de juin et juillet derniers, les équarrissages ne pouvaient plus assurer les cadences face à une hausse anormale de la mortalité animale. La préfecture a dû autoriser l’enfouissement des animaux décédés sur les exploitations. Pour des volumes supérieurs à trois tonnes de cadavres, un hydrogéologue mandaté par la DDPP devait venir sur place s’assurer du bien-fondé de la parcelle choisie pour enfouir les cadavres. D’ordinaire, ces enfouissements sont strictement interdits, notamment pour protéger les nappes phréatiques d’une éventuelle pollution microbiologique.
Une réflexion sur l’intérêt de développer encore ces élevages intensifs est à poursuivre. Ils permettent de produire plus, de nous nourrir, de garantir notre souveraineté alimentaire, certes, mais ils semblent plus fragiles lors de la survenue de problèmes sanitaires ou climatiques. Et la tendance est à l’augmentation de la fréquence de ces deux phénomènes…
Que se passerait-il si la France n’avait que des élevages industriels et subissait des épisodes caniculaires tels qu’une proportion majeure d’animaux mourait en très peu de temps ? Que mangeraient les 69 millions de Français ? Ne doit-on pas plutôt diversifier les types d’élevage pour assurer notre souveraineté alimentaire ? Quels critères retenons-nous pour guider les décisions politiques à venir ?
Dans l’esprit du grand public, favoriser le bien-être de l’animal de rente est souvent associé à une densité plus basse en élevage et à un accès des animaux à l’extérieur. Il faut encore savoir ce que l’on entend par « extérieur » ! (https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/elevage-plein-air-quelles-realites-sur-le-terrain/) Parfois, des espèces qui souffrent de la chaleur, les porcs en particulier, vivront de manière plus confortable, même en nombre, dans des bâtiments climatisés qu’à l’extérieur par 40 °C… Le comportement fouisseur des cochons s’exprime mieux en plein air et pourtant moins de 3 % des porcs élevés en France ont accès à l’extérieur. Cela est peut-être regrettable, mais l’élevage en plein air a aussi des inconvénients, le bonheur n’est pas toujours dans un pré, sans haies, sans points d’ombre et sans point d’eau, où les parasites et les prédateurs circulent et où passent des animaux sauvages porteurs de virus !
Les conditions de vie de nos animaux d’élevage sont une chose, celles de leur fin de vie, une autre…
Aide à mourir
Dans les années 60, l’OABA****, association précurseur pour défendre la cause des animaux d’abattoirs, a fait pression pour qu’un décret (n° 64-334 du 16 avril 1964) rende obligatoire, en France, l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort par saignée. Où va se nicher le progrès !? Dans le Code rural et ses articles R214-63 à R214-81. Plus tard, le règlement du Conseil de l’Union Européenne n° 1099/2009 assure dans son article 3 que « toute douleur, détresse ou souffrance évitable est épargnée aux animaux lors de la mise à mort » et précise dans l’article 4 que l’étourdissement est obligatoire avant l’abattage.
Dans les années 70, le nombre d’abattoirs en France était de l’ordre du millier ; les quatre cinquièmes (hors porc) ont disparu aujourd’hui. Ainsi, les animaux sont désormais très souvent transportés sur de longues distances, puis parqués en lot, loin de leurs repères habituels. Tous ces éléments constituent des facteurs de stress importants. Le bien-être animal doit passer par des conditions de transport dignes et contrôlées, je pense souvent à cette poule perdue par un camion et tétanisée sur la file centrale d’une autoroute…
Les Français souhaitent majoritairement que le temps de transport, à des fins commerciales, des animaux vivants soit réduit, cf. graphique 2.

Eurobaromètre spécial 533. Attitudes des Européens à l’égard du bien-être animal, 2023.
En 2018, la loi Egalim présente de nouvelles mesures dont l’objectif est notamment de renforcer le bien-être animal en abattoir. Elle autorise l’abattage à la ferme pour une durée expérimentale de 4 ans. Une des expériences françaises d’abattage mobile a ainsi pu être lancée en Bourgogne par une éleveuse de bovins, Emilie Jeannin, entre août 2021 et février 2023 (Le Bœuf Ethique). Ce projet, alternatif aux abattoirs traditionnels, est inspiré d’un modèle scandinave qui existe depuis 2014. Il a démarré grâce au soutien de plateformes de crowfunding et aux réseaux sociaux, preuve que la demande du consommateur existe pour ce type de circuits. Cette expérimentation fédéra quarante éleveurs de sa région.
Son intérêt fut triple : assurer le bien-être animal au moment de l’abattage, améliorer la qualité de la viande produite et proposer un circuit court, plus vertueux. Il semble même que le rendement de la carcasse soit plus élevé de 5 % car, par exemple, les bovins ne perdent pas de poids pendant le transport.
L’abattage à la ferme évite en premier lieu un transport fatigant et stressant pour les animaux, surtout par fortes chaleurs. À la ferme, « Ce système est fait pour que l’animal ne se rende compte de rien » souligne Marie-Pierre Ellies, enseignante en production animale à Bordeaux Sciences Agro et chercheuse à l’INRAE. Le bovin est abattu dans les secondes qui suivent sa montée dans le camion-abattoir, le pari de la bientraitance animale est gagné.
L’expérience a pris malheureusement fin, malgré un chiffre d’affaires de 1,1 million d’euros en 13 mois d’activité déclarée :
– moins d’animaux abattus que dans un abattoir où ils sont tués à la chaîne et étourdis dans moins d’un cas sur deux, contrairement à l’abattage à la ferme où ils sont systématiquement rendus inconscients avant d’être saignés. Seulement 3 à 6 bêtes par heure sont abattues à la ferme contre jusqu’à 80 à l’heure en abattoir classique.
– subventions des investissements limitées à 35 % au lieu de 60 à 80 % pour les abattoirs classiques.
– désengagement brutal de la Banque publique d’investissement qui n’a pas suivi l’éleveuse lors de l’inflation de 2022.
– pression des lobbies industriels.
À côté de ces abattoirs mobiles, se sont créés des caissons d’abattoirs, sur le modèle allemand, où les animaux sont abattus et saignés à la ferme, puis leur carcasse est transportée pour être débitée dans un abattoir classique. Citons en exemple une association d’éleveurs dans l’Hérault : https://www.labatmobile34.com/. De même, un projet similaire porté par des éleveurs, dans la région de Nantes, devrait ouvrir, avec du retard, en 2027. L’objectif dépasse le bien-être animal et rejoint le désir de souveraineté alimentaire locale et d’éco-responsabilité, le projet SALVAE est soutenu par Nantes Métropole.
Les Français souhaitent un renforcement des contrôles lors de l’abattage, cf. Graphique 3 ci-dessous.

Eurobaromètre spécial 533. Attitudes des Européens à l’égard du bien-être animal, 2023.
Le monde scientifique a donc établi des normes de bien-être, les décideurs politiques les ont suivies (et parfois un peu trop en compliquant et en changeant sans arrêt les normes), certains agriculteurs ont même essayé d’aller plus loin, jusqu’au bout de la chaîne, jusqu’à refuser un transport stressant et vouloir un abattage éthique pour leurs bêtes.
Mais qui décide finalement de favoriser le bien-être animal ?
Jusqu’au bout de la chaîne
Depuis quelques années, le consommateur a quelques pistes pour faire son choix : acheter bio où le cahier des charges prend en compte en partie le bien-être animal. Ainsi, aujourd’hui, la viande bovine bio est forcément issue d’animaux étourdis avant saignée. Pour la viande bovine non bio, il faut jongler avec les codes d’abattoir, ce qui est faisable, mais faire ses courses avec une liste de codes édictés par l’OABA est peu pratique…Les plus motivés iront sur ce lien : https://oaba.fr/liste-abattoirs/
D’autres étiquetages prônent un accès des animaux à l’extérieur car le plein air est vu par beaucoup comme un gage de bien-être, mais attention aux idées reçues (cf. plus haut).
Depuis peu, une démarche « étiquette bien-être animal », lancée il y a sept ans, issue d’une association de partenaires (associatifs, commerciaux, producteurs et industriels) permet de faire enfin la différence entre tous les niveaux (classés de A à E pour le niveau lié aux conditions les moins favorables au bien-être animal).
C’est un étiquetage de plus, vous me direz ? Oui !
Cela s’ajoute aux logos des filières particulières, comme celle du Label Rouge qui ne garantit pas, chez les bovins, un étourdissement systématique avant saignée…
Il devient difficile pour le consommateur de faire le tri dans ces étiquettes, d’autant plus que si les produits sont achetés chez les détaillants, vous ne les verrez pas… Il faut être toujours prudent avec ces logos, même si des associations anciennes et très sérieuses comme l’OABA sont des gages de qualité ; le diable est parfois dans les détails que personne ne va chercher…
La filière agricole dépend donc de ceux qui lui achètent les denrées qu’elle produit… Le meilleur aliment du monde, produit avec le plus grand respect, s’il ne se vend pas, ne sera plus produit !
Si nous, consommateurs, acheteurs et donc décideurs, ne sommes pas exigeants en matière de bien-être animal, la filière n’investira que le strict minimum sur ce point, sauf à comprendre que la santé animale, dont le bien-être fait partie, est un facteur déterminant de ses revenus.
Le 7 juillet dernier, la Commission Européenne, présentait sa nouvelle stratégie en matière d’élevage. La question du bien-être animal y est souvent abordée : « […] le secteur des poules pondeuses repose principalement sur la mise à mort des poussins mâles d’un jour, il est possible de répondre aux exigences éthiques des citoyens en mettant un terme à cette pratique en s’appuyant sur les technologies de sexage in ovo, qui sont désormais disponibles […] D’ici fin 2026, la Commission a l’intention de proposer une révision ciblée des règles en matière de bien-être animal pour les poules pondeuses et les poulets de chair, […] D’ici au deuxième trimestre 2027, une proposition similaire portera sur le bien-être des porcs, notamment le passage des cages aux systèmes d’enclos ». Attendre et espérer*****
Le bien-être animal est donc devenu une exigence à la fois réglementaire et commerciale, attendue par certains consommateurs. Tous ne peuvent pas ou ne veulent pas mettre le prix dans des denrées produites avec le plus de respect possible pour les animaux de rente dont elles sont issues. Ne soyons pas aveugles aux réalités, parfois le législateur lambine sous la pression de lobbies et les consommateurs ne font pas tous leurs choix en fonction du bien-être des animaux dont ils se nourrissent, et pas toujours pour des raisons financières…
Il y a ce que l’on dit vouloir faire et ce que l’on fait.
* Bientraitance : moyens mis en place par l’humain eu égard de l’animal considéré, visant à satisfaire ses besoins physiologiques, comportementaux et à l’éviction des paramètres susceptibles d’engendrer un mal-être. (Mounier et al. 2021).
**Le temps d’attente défini dans l’Autorisation de mise sur le marché d’un médicament est la période minimale entre la dernière administration d’un médicament vétérinaire à un animal et l’obtention de denrées alimentaires provenant de cet animal qui, dans les conditions normales d’utilisation, est nécessaire pour garantir que ces denrées alimentaires ne contiennent pas de résidus en quantités nocives pour la santé publique. (Au minimum 7 jours pour le lait et les œufs, 28 jours pour la viande).
*** INRAE : Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement.
**** OABA : Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, créée en 1961. Pour en savoir plus https ://oaba.fr/qui-sommes-nous/
***** le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas, 1844-1846
Sources :
Graphique 1 : https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2996
Graphique 2 : https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2996
Graphique 3 : https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/2996
https://www.cnr-bea.fr/plateforme-de-ressources/
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03979330/document
https://oaba.fr/abattage-mobile-ferme/
https://metropole.nantes.fr/actualites/vers-la-creation-d-un-abattoir-de-proximite-fin-2025
https://www.abattoir-salvae44-85.com/
https://www.etiquettebienetreanimal.fr/
https://www.anses.fr/system/files/SABA2021AUTO0161Ra.pdf
https://data.europa.eu/doi/10.2875/676603
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000776442/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:52026DC0576

