Une nouvelle étude de l’INSEE dresse un portrait à charge de la situation de l’emploi en France au deuxième trimestre 2026
Par Florestan Tétaz, chargé de mission au CRSI
Avec 2,7 millions de personnes concernées, soit 261 000 chômeurs de plus qu’il y a un an, le taux de chômage grimpe à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, selon le dernier rapport de l’Insee publié le 7 août. Une progression de 0,2 point sur trois mois, la sixième hausse trimestrielle consécutive. Il faut remonter au troisième trimestre 2020, alors en pleine crise sanitaire, pour retrouver un niveau comparable ; et avant cela, à l’automne 2019. Le taux demeure toutefois encore nettement inférieur à son pic de 2015 (-2,2 points).
Aucune génération n’échappe à cette remontée. Les plus jeunes restent les plus exposés, avec un taux de 21,6 % chez les 15-24 ans, en hausse de 0,4 point sur le trimestre. Mais la dégradation gagne aussi les actifs en milieu de carrière : les 25-49 ans atteignent 7,5 %, leur plus haut niveau depuis début 2021, tandis que les 50 ans ou plus grimpent à 5,5 %, un sommet inédit depuis début 2022. Entre les sexes, l’écart se resserre légèrement sur le trimestre : le chômage des femmes progresse de 0,4 point, à 8,2 %, quand celui des hommes reste stable, à 8,5 % ; même si, sur un an, la hausse demeure comparable pour les deux sexes (+0,8 point).

Autre indicateur en tension : le chômage de longue durée poursuit sa lente remontée, à 2,1 % de la population active, son plus haut niveau depuis 2022. Symétriquement, le taux d’emploi des 15-64 ans recule de 0,3 point, à 69 %, un repli qui concerne presque toutes les générations, à l’exception notable des 60-64 ans, dont le taux continue de progresser. Le halo autour du chômage, ces 1,9 million de personnes qui souhaitent travailler sans être comptabilisées comme chômeurs, reste globalement stable.
L’Insee souligne un effet statistique propre à la loi pour le plein emploi, entrée en vigueur en 2025 : les bénéficiaires du RSA et les jeunes inscrits à France Travail, désormais suivis de plus près, contribuent à eux seuls à près de la moitié de la hausse cumulée du taux de chômage observée depuis six trimestres. Un rappel que la photographie du marché du travail dépend aussi de la manière dont on le mesure.

