Source exploitée : Rapport de la Cour des comptes
Urgence d’adaptation du modèle territorial de la Gendarmerie nationale – constats et recommandations de la Cour des comptes
Contexte
La Cour des comptes alerte sur la fragilisation progressive du modèle territorial de la Gendarmerie nationale. Si les effectifs globaux apparaissent stables, le réseau des brigades territoriales est confronté à une inadéquation croissante entre moyens disponibles et évolution des besoins opérationnels, notamment dans les zones périurbaines.
En 2025, la Gendarmerie nationale compte environ 103 000 gendarmes hors réservistes, dont près des deux tiers sont affectés aux unités territoriales (66 100 ETP). Elle exerce sa compétence sur 33 333 communes, couvrant 95 % du territoire national et 34,7 millions d’habitants.
Fragilisation du maillage territorial
Depuis le début des années 2000, le nombre de brigades a diminué sous l’effet de dissolutions et de la montée en puissance des communautés de brigades (COB), désormais majoritaires. Cette évolution, si elle a permis une mutualisation des moyens, n’a pas compensé :
- la forte croissance démographique en zone gendarmerie, notamment périurbaine;
- la hausse soutenue de l’activité (+45 % de faits constatés depuis 2010).
Le ratio gendarmes/habitants a ainsi diminué d’environ 10 % en vingt ans.
Déséquilibres d’effectifs
La Cour relève un décalage marqué entre la progression des effectifs affectés aux services centraux (+10 % en 15 ans) et la quasi-stagnation des effectifs en brigade (+1 % depuis 2010).
De nombreuses unités demeurent sous-dimensionnées :
- près d’un quart des brigades de proximité n’atteignent pas le seuil minimal de six gendarmes ;
- environ 20 % des brigades sont ouvertes au public moins de dix heures par semaine.
Cette situation limite la capacité de la Gendarmerie à assurer pleinement sa mission de proximité et de contact avec la population.
Principales recommandations
La Cour des comptes préconise notamment :
- un rééquilibrage pluriannuel des effectifs au profit des territoires les plus en tension d’ici 2030 ;
- la suppression des unités de très faible effectif ne présentant pas de contraintes spécifiques ;
- le relèvement des effectifs minimaux en zone périurbaine ;
- la suspension de la création de nouvelles brigades au profit du renforcement des unités existantes ;
- le développement de modes de contact alternatifs avec les usagers ;
- l’achèvement de la dématérialisation de la plainte et le déploiement de la visio-plainte d’ici 2026.
Enjeu
La Cour appelle à une adaptation rapide du modèle territorial afin de préserver l’efficacité opérationnelle de la Gendarmerie nationale et la qualité du service rendu à la population dans un contexte de transformation démographique et sécuritaire.
