Sources :
-
https://www.ifop.com/article/le-rapport-des-francais-a-leur-intercommunalite-a-2-mois-des-elections-municipales/
-
https://elabe.fr/municipales2026/
Introduction
Depuis de nombreuses années, le maire s’est ancré comme la personnalité politique préférée des Français et les élections municipales comme un scrutin qui peut changer leur quotidien. De plus, depuis les différentes lois de décentralisation qui se sont succédées, ces derniers ont compris l’enjeu des intercommunalités, découlant des municipalités. En mars prochain, c’est à propos de celles-ci que les Français vont devoir se prononcer. Alors que certains craignent une pollution par le contexte national sur le scrutin, deux études de sondage (Elabe et Ifop) ont tenté de rapporter l’avis déterminant des Français pour ce prochain scrutin.
Une prime donnée à la stabilité
Le premier constat que nous pouvons tirer de ces études est qu’en vue des prochaines élections municipales, une prime est donnée à la continuité et au maire ou président d’intercommunalité sortant. En effet, pour 56 % des électeurs, le prochain maire doit s’inscrire dans la continuité du projet municipal déjà mené (Elabe). En outre, ils favorisent une réélection du maire à 57 % et du président d’intercommunalité à 50% (Ifop). Ainsi, a contrario d’une volonté de changement à l’échelle nationale, ces derniers aspirent à plus de stabilité et semblent plutôt positifs à l’égard de la politique locale actuelle. Enfin, tournés vers une volonté de consensus transpartisan, près d’un français sur deux (45 %) appelle à une culture du compromis.
Au centre de l’élection : une vie politique locale déconnectée du contexte national
Le second enseignement que nous pouvons tirer de ces études réside dans un choix électoral fondé sur des enjeux locaux uniquement. En effet, selon les chiffres recueillis par Elabe, 53 % fonderont leur choix ainsi – 40 % en fonction des enjeux locaux et nationaux. En outre, les électeurs semblent se décorréler des étiquettes politiques des candidats. En effet, pour les prochaines élections intercommunales, à peine un électeur sur trois (36 %) prendra en compte l’étiquette politique dans son vote (Ifop).
A contrario, ils donnent une primauté aux programmes et aux projets de listes (69 %) mais aussi au bilan de l’équipe municipale sortante (57 %) ou de l’intercommunalité (50 %). Même s’il convient de noter l’importance considérable de la personnalité du candidat pour 53 % des sondés.
Au travers de ces données, nous pouvons ainsi attester d’une absence réelle du contexte national sur les élections municipales. Au contraire, la vie politique locale est bien vivante et a une primauté sur ces prochaines élections.
Des priorités claires pour les Français
Au regard des chiffres recueillis par Elabe, les Français dégagent des priorités très claires sur lesquelles baser leur vote :
- Sécurité (45 %)
- Fiscalité locale (39%)
- Accès aux soins, la santé (34 %)
- Propreté et l’entretien (25 %)
- Développement économique et l’emploi (25 %)
- Logement (23 %)
Il convient également de rappeler que si l’on peut rapporter quelques différences selon les appartenances politiques des Français, le top 3 dessiné reste le même, avec seulement une hiérarchie différente.
En outre, si la priorité est donnée aux prises de position sur la sécurité pour 59 % des sondés puis sur l’Immigration (48 %) selon l’étude Ifop, [nous pouvons constater une certaine baisse de l’influence des prises de position sur la transition écologique, une importance pour 37 % des Français. En effet, même si celle-ci garde une place prépondérante dans les métropoles, elle semble être moins au centre du scrutin que lors des élections municipales de 2018 et de l’arrivée de nombreuses municipalités vertes.]
Une certaine méconnaissance du système électif d’intercommunalités
Le dernier enseignement que nous pouvons tirer de ces études réside dans une certaine méconnaissance des Français vis-à-vis du scrutin et du système de fléchage lors des élections municipales. En effet, seuls 31 % des Français savent que les habitants des communes de plus 1 000 habitants élisent les conseillers intercommunaux en même temps que les conseillers municipaux (Ifop). S’ils ont bien compris le rôle accru joué par cette dernière depuis ces dernières années, ils sont 9 français sur 10 à souhaiter plus de transparence, estimant que les candidats à la présidence de l’intercommunalité se déclarent avant le scrutin.
Conclusion
In fine, ces études permettent de démontrer qu’a contrario du contexte national, les électeurs aspirent à plus de stabilité et à une culture du consensus inter partisan, préférant le bilan et le programme à l’étiquette politique. De plus, le scrutin est marqué par des priorités claires, en particulier la sécurité, la fiscalité locale et la santé. Enfin, même si l’intercommunalité a pris de plus en plus d’importance, ils sont nombreux à méconnaitre le système qui l’élit. Néanmoins, à deux mois des scrutins, plus de 6 électeurs sur 10 n’ont pas encore fait leur choix définitif (Elabe), apportant encore plus de suspens pour ces prochaines élections municipales.
